Thèse de docteur en Pharmacie








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Tableau 9: Comparaison des différents traitements de l’eau de boisson (123)
L’idéal reste d’associer plusieurs méthodes.


      1. Principaux instruments et accessoires médicaux utiles :


Il est très difficile de proposer une liste, in extenso, de tout ce qu’il faudrait embarquer : il ne sert en effet à rien au navigateur de prendre avec lui un matériel dont il ne saurait pas se servir ; nous essaierons de signaler le matériel indispensable et le matériel « optimal », avant de passer en revue les pansements et les moyens de contention et les sutures.


        1. Les instruments : (11, 43)


Il sera recommandé d’avoir à bord :

- un thermomètre, et ce particulièrement si des enfants sont à bord ;

  • quelques seringues à usage unique avec aiguille montée (IM et SC), en fonction des médicaments emportés. Le corps servira également à rincer un œil ou une plaie et les aiguilles pourront être utilisées pour l’extraction d’une écharde, pour percer une ampoule…,

  • une paire de ciseaux afin de pouvoir découper un pantalon, une botte,

  • des épingles de sûreté qui serviront non seulement à faire tenir une bande mais aussi des contentions de fortune faites avec des vêtements,

  • une pince à écharde (extraction d’un dard d’insecte, d’une piqûre d’oursin…) et/ou éventuellement une pince à disséquer sans griffe pour le nettoyage des plaies (extraction de corps étranger, pour pincer sans risquer de traumatiser la berge d’une plaie…),

  • quelques lames de bistouri (sous emballage stérile) qui permettront l’incision d’abcès ou l’évacuation de corps étrangers,

  • des coussins réutilisables (types 3M Nexcare Coldhot®) pour cryothérapie et thermothérapie ou à usage unique qui présentent alors l’avantage de ne pas nécessiter de réfrigérateur.

  • si possible quelques ligatures non résorbables type Flexocrin®,

  • éventuellement une ou deux paires de gants de chirurgie à usage unique mais une hygiène rigoureuse des mains sera aussi efficace.

  • des doigtiers en latex qui permettront de protéger un doigt et son pansement ou mieux, de l’Elastogum® qui est une bande extensive auto-adhérentes, imperméable à l’eau, perméable à l’air, qui ne colle pas à la peau et est occlusive en 2 tours.


Il sera également utile de posséder à bord :

  • une lampe frontale,

  • un briquet, certains venins étant sensibles à la chaleur,

  • quelques trombones pour l’évacuation des hématomes sous-unguéaux) sauf si le plaisancier a déjà des aiguilles

  • un rasoir à main qui permettra de limiter la prolifération bactérienne aux alentours d’une plaie, mais également une meilleure adhérence d’un pansement.

  • des cotons tiges pour tamponner avec précision des petites zones d’antiseptiques, enlever un corps étranger dans l’œil,

  • un petit miroir sera utile pour les solitaires pour inspecter des zones non accessibles directement à l’œil.


Certains préconisent d’embarquer des kits dentaires qui sont composés :

  • d’un miroir dentaire,

  • d’un excavateur (sorte de griffe pour nettoyer l’intérieur de la dent)

  • de précelles (sorte de pince à épiler qui servent à introduire dans le trou un petit coton imbibé de produit,

  • d’un désinfectant-antidouleur type Eugenol®,

  • d’une pâte d’obturation CAVIT®, CIRE ROSE®.


Ils semblent ne présenter qu’un intérêt commercial, l’apprentissage de la technique de plombage étant difficile tout comme les risques de complications. Peu d’études prouvent leur intérêt. Le bilan dentaire reste avant tout primordial. Ils permettraient éventuellement de faire les premiers soins d’urgence sur une carie, une dent cassée. Mais une consultation dentaire devra dans tous les cas être envisagée rapidement.
Des bandelettes réactives pourront être éventuellement emportées pour des navigations lointaines afin de faire le diagnostic d’une infection urinaire ou la présence de sucre dans les urines.
Il sera également indispensable de se munir d’une batterie de pansements adaptés aux conditions de navigation mais aussi parfois de sutures et d’attelles.


        1. Les pansements : (3, 14, 24, 25, 43, 60, 52)


Toute plaie menaçant d’être atteinte par l’eau de mer doit être protégée par un pansement, alors même qu’à terre l’exposition à l’air serait éventuellement préférable.
Il est donc indispensable de trouver dans la pharmacie de bord, des compresses stériles pour nettoyer une plaie, du sparadrap, une paire de ciseaux, ainsi qu’une bande de gaze pour pouvoir maintenir une compresse en place. Pour le soin des petites plaies, des pansements tout préparés sont pratiques.
Les pansements en polyuréthanne semblent les mieux adaptés pour le plaisancier. En effet, ils sont perméables à l’air mais imperméables à l’eau et aux bactéries. Ils sont très fins, souples et flexibles, permettent d’être mouillés sans se décoller (Tricoderm®, Urgo Aqua Film®…). En revanche, ils ne doivent pas restés en place longtemps car malgré leur capacité d’évaporation, ils peuvent entrainer des problèmes de macération.
Les pansements liquides en spray sont les plus pratiques (Urgo®, Compeed®): Ils peuvent être appliqués sur les petites plaies qui guérissent difficilement (sel, humidité, bains). Son application stoppe les petits saignements et rend la plaie imperméable à l'eau tout en la laissant respirer. Le film s'élimine naturellement après quelques jours. Ces pansements seront particulièrement adaptés en bateau : ils évitent ainsi que le pansement classique se décolle et leur film assure la protection externe primaire.
Les pansements hydro-colloïdes ou « seconde peau » seront particulièrement appréciés pour le plaisancier sur des lésions non infectées notamment les ampoules. Il sera préférable néanmoins, d’éliminer la peau morte si la cloque est percée. (Compeed®, Urgo Activ Ampoules®, Tricosteril soins actifs®…). : Ils protègent une plaie tout en la laissant respirer. Un de leur composants forme, avec les liquides issus de la plaie ; un film blanc protecteur qui accélère considérablement la cicatrisation. Ils seront donc très utiles pour les nombreuses ampoules qui peuvent survenir durant une croisière.
Les pansements alcoolisés sont composés, de compresses imbibées d’alcool à 60° entourés d’une bande cohésive. Ils prolongent l’effet préventif du froid sur les gonflements (oedèmes). Ils seront posés par exemple après application de glace sur des entorses, et laissés en place une heure. Une alternance glace-pansement peut se faire. Les pansements alcoolisés ne seront efficaces que s’ils sont maintenus humides.
Les tulles gras sont indispensables à bord pour le traitement des brûlures. Il existe également des pansements prêts à l’emploi (Urgomed®) qui présentent de plus l’avantage d’être anti UV et imperméables à l’eau et aux bactéries.
Les pansements occlusifs seront parfois utiles pour faire pénétrer lentement dans la peau une pommade ou une crème anti-inflammatoire ou myorelaxante. Ce pansement sera plus habituellement pratiqué sur avis médical.
Pour des plaies plus étendues, le plaisancier pourra faire :

- des pansements secs qui seront alors indiqués pour des plaies sans perte de substance cutanée (faible risque d’adhésion à la plaie), peu souillée ; comme par exemple les coupures simples,

- des pansements humides, qui seront quant à eux, indiqués pour des plaies souillées, contuses, avec perte de substance cutanée possible, sans indication de suture ; comme par exemple les morsures. Il existe 2 techniques : après nettoyage rigoureux, il est possible d’appliquer des compresses imbibées d’antiseptiques (l’imbibition devant être fréquemment renouvelée) au contact directement de la plaie ou bien de pommade antiseptique (Betadine® ou Hexomdedine® en tube) est possible. Puis la plaie sera recouverte de compresses stériles maintenues en place par du sparadrap, de Tensoplaste® ou encore éventuellement un filet (type Surgifix®), ce qui sera particulièrement intéressant pour les extrémités. Lorsque la plaie paraîtra propre et non suintante, le pansement humide sera remplacé par un pansement sec,
Le choix du matériel doit être le plus simple possible en restant dans une gamme de prix raisonnable : pour le pansement primaire, une interface stérile de type tulle gras ou plus simplement de la vaseline et pour le pansement secondaire, des compresses stériles et une bande cohésive légèrement compressive de plusieurs tailles. Les nombreux pansements dits étanches, existent mais aucune étude n’a été mise en œuvre pour démontrer leur efficacité en mer.
Les sets de pansements Mediset® ont l’avantage de comprendre tout le nécessaire pour réaliser un pansement de plaie (champs stériles, compresses, plumasseau, pince…). On peut les acquérir par lot ou à l’unité.



        1. Les pansements compressifs : (11, 14, 25, 43)


Ils sont indiqués pour toute plaie accompagnée d’une hémorragie externe importante résistant à la compression manuelle de 5 minutes. Le pansement compressif est le procédé de choix pour un non médecin, qui convient à la grande majorité des plaies hémorragiques.
Ainsi, le plaisancier pourra utiliser des coussins hémostatiques d’urgence (CHUT®) qui sont obligatoires pour toute navigation au-delà de 6 miles d’un abri. Ils ont l’avantage de se gonfler de sang et de s’opposer ainsi à la pression sanguine qui siège à l’intérieur du vaisseau touché. Les pansements plumasseaux ou américains auront les mêmes indications et sont beaucoup moins chers.


        1. Contention élastique :


Pour les entorses bénignes (« foulures ») sont fréquentes à bord ; l’immobilisation temporaire suffit, à l’aide de Tensoplaste® après dégraissage de la peau (savon puis alcool ou Hexomedine®) et rasage éventuel.
Pour le poignet et le genou, les bandes Coheban® dont les spires adhèrent entre elles sans adhérer à la peau sont très commodes.


        1. Les attelles : (32, 36)


Les fractures des doigts sont les plus fréquentes en bateau. Les autres (rachis, bassin, fémur, humérus) sont rares, impliquant des traumatismes très violents ; si l’on ne dispose pas d’attelle, il faut improviser. De nombreuses possibilités existent pour fabriquer une attelle de fortune : des planchettes, des lattes de grand-voile, une canne à pêche, des cartons, immobiliser un avant-bras ou un poignet ou encore des cuillères pour les doigts. Celle-ci pourra alors rendre de grands services mais pas sur le rachis cervical
Pour répondre à la prévalence des traumatismes en mer, il existe plusieurs moyens d’immobilisation mais tous ne sont pas adaptés :

  • Les attelles modelables sont la référence (San-splint®, E-bone®, Immoflex®, Medistore®, Aluform® etc..). Elles sont légères, imperméables, stockables roulées ou pliées sous un faible volume, réutilisables après désinfection. Elles sont polyvalentes, adaptables par pliage ou découpage à la région anatomique à immobiliser. Elles peuvent être transformées en collier cervical, et sont le seul système multi-usage à permettre une immobilisation efficace du rachis cervical.

  • Les attelles gonflables sont fragiles et présentent un risque d’effet garrot en cas de gonflage excessif. Elles sont réservées à des lésions sans déformation et sont surtout efficaces sur des segments distaux de membre (poignet, avant-bras, cheville, jambe) et seront peu utiles sur les segments proximaux (cuisse, bras). Bien que pratique, très légers et résistants à l’eau, ces dispositifs ont pour principal défaut leur fragilité.

  • Les attelles modelables en aluminium (Axmed® par exemple) sont inadaptées : à usage unique, non polyvalentes, en plusieurs tailles selon le membre à mobiliser. Leur doublure en mousse prend l’eau. Néanmoins, elles sont souples et peuvent s’adapter à toutes les déformations.

  • Les attèles rigides sont très simples à utiliser.

  • Les colliers cervicaux ne sont pas recommandables, ils se présentent en plusieurs tailles avec une doublure prenant l’eau et se dilatant.

  • Les attelles Scotchcast 3M® constituées de résine de 8 couches prêtes au moulage après humidification sont très utiles pour une immobilisation articulaire plus strict. Cependant leur utilisation nécessite une formation.




        1. Le plâtre : (3, 43)


Son caractère circulaire, rigide lui octroie une plus grande résistance au choc et une meilleure immobilisation. Mais sa réalisation est délicate et vivement déconseillé pour un plaisancier sans formation médicale. De plus, une immobilisation d’un membre inférieur nécessiterait un traitement préventif des complications thromboemboliques par héparine de bas poids moléculaires. L’ablation d’une résine peut s’avérer également très délicate sans matériel adéquate. Enfin, une mauvaise confection d’un plâtre pourrait aboutir à des points de compression cutanée qui provoqueront une ischémie locale qui aboutira alors à une nécrose, à une escarre sous plâtre s’il n’est pas levé. Des compressions nerveuses, vasculaires, thromboemboliques, infectieuses seront également à craindre.

Il sera donc préférable d’utiliser des attelles ou de réaliser des attelles rigides non circulaire dans l’attente d’un éventuel secours médical et en cas de fracture ouverte, protéger la plaie après désinfection par une compresse stérile, administrer une antibiothérapie prophylactique ; pas de plâtre, ni d’attelle en regard de la plaie. En cas de fracture de la mâchoire, il sera conseillé de ne pas utiliser de contention rigide, ni élastique, mais un bandage en fronde à nouer sur le crâne pour soutenir la mâchoire inférieur, sans interdire une alimentation liquide ou semi-liquide.


        1. Les sutures : (3, 14, 43)


En mer, de bonnes conditions d’hygiène, de luminosité et d’installation ne sont pas faciles à réunir. Anesthésier, puis suturer une plaie sans expérience est difficilement réalisable à bord par un non-médecin. Une suture mal faite sera extrêmement difficile à corriger.
Cependant, d’autres solutions existent en fonction des plaies :

  • les agrafes faciles à stocker. Elles peuvent souvent être posées sans anesthésie surtout sur le cuir chevelu. Leur ablation nécessite une pince.

  • Les colles synthétiques se présentent en ampoules ou stylo applicateur. Elles rendent étanches les plaies ce qui est un avantage en mer. Les colles se détachent spontanément en quelques jours.

  • Les sutures adhésives cutanées ou strips seront également très intéressantes à bord (Steri-Strip, Micropore®). En effet, ce sont des rubans dont l’adhérence et la résistance sont excellentes, dépourvus de pouvoirs irritant et allergisant, permettant l’évaporation ; ils permettront de fermer la plupart des coupures observées à bord d’un voilier. Ils conviennent parfaitement comme mode unique de fermeture des plaies minimes en longueur et surtout en profondeur et ils ont des gros avantages en bateau : leur résistance à l’eau, leur facilité de mise en place même dans des conditions difficiles (gros temps, forte houle, manque d’espace…)


De plus, par rapport au classique point de suture par fil, ils permettent :

  • de ne pas provoquer de traumatisme par leur mise en place

  • l’uniformité du rapprochement des bords de la plaie,

  • l’asepsie de la pose par rapport au fil conventionnel,

  • de ne pas ressentir de douleur (intéressant pour les enfants)


remarque : Un nouveau kit est apparu en 2008, Leukosan Skinlink labo BSN : Les bandes seront posées comme des strips mais leur adhésion sera renforcée grâce à une colle qui va humidifier les zones trouées.
La technique d’application, bien que simple, doit être rigoureuse. Néanmoins, ils ne peuvent remplacer le point classique dès que la plaie dépasse 3cm de long ou que le plan sous-dermique est atteint ; ils peuvent en revanche différer de 24 à 36 heures la suture.
Ainsi, pour des navigations lointaines, il parait souhaitable d’emporter également un set de suture pour des plaies plus profondes ou sur des zones de tension. Les sets de sutures comportent un plateau stérile avec pince, ciseaux, pince porte-aiguille, champs stériles…Il suffit d’ajouter un fil de suture (Monoderm®, Ethicrin®…).Mais ces sets ne seront utiles que si une formation médicale adaptée a été suivie.
Dans tous les cas, il faudra recouvrir la plaie de compresses stériles et maintenir par un bandage ; éviter de mettre cette zone en tension ; l’isoler de l’eau de mer et de l’humidité. Parfois la plaie ne sera pas suturale, car trop complexe ou septique. Il faudra laisser la cicatrisation se faire en milieu propre et gras.



      1. Les principaux médicaments gênant la pratique de la voile : (2, 52, 100, 101)


Si le terme de dopage est plutôt réservé à la compétition, en plaisance la prise de certains médicaments peut être responsable d’altération de la vigilance, d’inattention.
Par ailleurs, l’absorption d’alcool seul peut être source de problèmes : mésentente de l’équipage, potentialisation de l’effet de certains médicaments.
Toute prise d’un médicament pouvant altérer la vigilance en mer nous semble un important facteur d’insécurité. Il faudra alors imposer au sujet concerné de porter son harnais de sécurité, voire de rentrer dans sa couchette.
Outre les médicaments potentiellement dangereux en cas d’épisodes de chaleurs ou de grand froid, précédemment évoqués, de nombreux médicaments seront susceptibles d’interférer avec la pratique de la voile :


        1. Les médicaments à l’origine de douleurs musculaires et de crampes :

  • antibiotique de la famille des quinolones, responsable également de tendinites,

  • fibrates, statines,

  • les diurétiques peuvent favoriser la survenue de crampes,

  • les glucocorticoïdes,

  • médicaments contre l’acné comme l’isotrétinoïne,

  • médicaments antipaludiques : Lariam®, Nivaquine®, Savarine®

  • certains traitements contre le cancer et le sida ;

Les somnifères et les anxiolytiques de la famille des benzodiazépines peuvent également être responsables d’une baisse du tonus musculaire.


        1. Les médicaments responsables de vertiges

Ils seront particulièrement redoutés en bateau afin d’éviter les risques d’une chute en mer. Les médicaments qui en sont le plus souvent responsables sont :

  • les anti-inflammatoire non stéroïdien

  • les antalgiques de la famille des opiacés

  • les médicaments prescrits contre l’anxiété, la dépression, les troubles du sommeil, les psychoses…

  • les médicaments contre l’hypertension artérielle comme les IEC

  • certains antibiotiques de la famille des cyclines, des quinolones et des aminosides,

  • les antihistaminiques H2

  • certains médicaments contre l’épilepsie : carbamazépine, Gardénal®, Epitomax®, etc...)

De nombreux médicaments peuvent également provoquer des troubles de l’équilibre : diurétiques, médicaments contre l’asthme, les vomissements, la migraine…


        1. Les médicaments responsables de troubles de l’attention

- Les médicaments contre l’anxiété et les troubles du sommeil (benzodiazépines), la dépression, les psychoses

- Les médicaments contre les allergies, le rhume ou la toux sèche, contenant un antihistaminique.

- Les médicaments contre la toux ou la douleur contenant de la codéine,

- Les médicaments contre la maladie de Parkinson,

- Certains médicaments contre les nausées comme le Primpéran® par exemple
Nous citerons en particulier les neuroleptiques dont les effets indésirables (sédation, indifférence affective, état dépressif, syndrome confusionnel, dyskinésies, photosensibilisation, trouble du rythme) peuvent avoir de lourdes conséquences : traumatismes, chute, brûlures.

Les anxiolytiques eux, indépendamment de leurs actions sédatives, myorelaxante, pourront entraîner une perte de vigilance également, avec parfois une amnésie voire des effets paradoxaux à type de désinhibition, agressivité, surtout en ce qui concerne les hypnotiques.

Leur association à l’alcool est contre indiqué.



        1. Les médicaments photosensibilisants : (13, 16)


Ils pourront être à l’origine de :

    • dermite photo-toxique : c’est un érythème localisé aux zones découvertes, parfois compliqué de pétéchies, d’œdèmes et de bulles. La photo-toxicité dépend du pouvoir photo-toxique du médicament et de la dose employée. Le traitement consiste au retrait du médicament causal, à une « cure d’obscurité » et si nécessaire, à l’application de pommade contre l’eczéma,

    • dermite photo-allergique : cette affection est de type urticarien avec des papules, de l’eczéma, des vésicules, voire des bulles. Elle touche des régions non exposées à la lumière. Elle est due à l’action combinée d’un produit chimique et du soleil. Elle s’explique par un mécanisme allergique passant par un stade de sensibilisation, ce qui explique l’apparition de réactions violentes après plusieurs contacts.


Ces réactions pourront être consécutives à une exposition de courte durée au soleil. Les navigateurs doivent donc tenir compte de leurs traitements antérieurs et se méfier du rayonnement solaire, en se protégeant en conséquence. De nombreux médicaments contiennent des substances photosensibilisantes (annexe 2).

Ils doivent évidemment être exclus de la pharmacie de bord.


  1. Propositions :

    1. Prévention : (150, 157)


L’institut maritime de prévention (IMP) permet de récolter l’ensemble des données médicales pour les accidents en mer sur les navires professionnels. Cet aspect indispensable pour permettre l’analyse de causes et proposer des mesures préventives est encore insuffisant.
On retrouve par contre très peu d’articles ou de base de données dans le domaine de la course au large et de la plaisance. Les connaissances effleurent seulement en cas d’accidents particulièrement médiatisés. C’est souvent  seulement les bruits de pontons qui permettent de connaître quelques accidents s’étant produits ici ou là et leur conséquences. Cela est dommageable car ne permet l’adaptation de mesures préventives que dans les cas extrêmes.
En mer sans doute plus qu’ailleurs mieux vaut prévenir que guérir. Les soins dentaires par exemple,  devraient être priorisés avant le départ, plutôt que de laisser croire qu’un kit de Dentanurse® sera suffisant.

Il faut prévenir l’évolution de pathologies évolutives depuis le départ. Le dépistage fait aussi partie de la préparation notamment un dépistage des capacités d’adaptation à l’effort, une préparation physique, des conseils de gestion du sommeil, sont qu’une partie des mesures préventives prises. Il est impossible de citer toutes les mesures préventives qui pourraient être prises, les principales sont résumées dans le tableau ci-dessous.


Le bateau en lui-même


  • Le pont

- Pour éviter une chute à la mer, vérifier l’état des filières, et des lignes de vie, sur lesquels on croche son harnais et le porter dès que les conditions se détériorent pour les adultes, en permanence pour les solitaires ou les enfants, de mêle porter une brassière de type auto-gonflable (qui a le mérite de gêner peu les mouvements) ou port d’une veste de quart incluant un poumon gonflable pouvant également intégré un harnais offrant de plus l’avantage d’une certaine protection contre l’eau froide,

- Vérifier l’accastillage, intérêt d’un plan de pont bien conçu qui diminue les traumatismes et des winchs suffisamment puissants pour la taille du bateau, ce qui évite des efforts inconsidérés donc des lombalgies. Ils doivent être entretenus et nettoyés car un cliquet qui lâche peut entrainer un retour de manivelle et un traumatisme de membre supérieur ou des côtes. Le balcon, les chandeliers et les filières devront être également suffisamment résistants.

- Fermer les panneaux des écoutilles pendant la navigation : Leur ouverture peut entrainer des chutes avec lésions parfois sévères.

- Eviter de laisser l’ancre sur le pont car elle peut être source de traumatismes.





  • Le gréement

- Vérifier le gréement dormant : un hauban qui casse en mer entraîne la chute du mât.

- Pourchasser les gendarmes : petits brins d’acier cassés sur un câble, se détachant de quelques millimètres et responsables de graves plaies des mains.

- Etre à l’affût de tout largage intempestif de cordage car la rupture d’une écoute ou autre bout peut être à l’origine d’un traumatisme.

- La bôme peut être raccourcie, rehaussée et/ou muni d’un frein de bôme.





  • Les aménagements intérieurs

- Revêtir la descente, souvent humide, d’un antidérapant et munie de mains courantes.

- Disposer des mains courantes un peu partout et en particulier dans le coin cuisine.

- Pour la cuisine, vérifier le cardant et le réchaud ; fermer et bloquer les ustensiles utilisés sur le réchaud ; fixer les couteaux et les fourchettes afin d’éviter d’être transformés en projectiles.

- Rembourrer les angles vifs sont car ils sont très dangereux par mer formée, et quel que soit le temps pour les enfants.

- Arrimer les objets lourds.





  • Les manœuvres :

- Ne jamais se trouver à l’extérieur d’une manœuvre courante.

- Retirer bagues et alliances qui peuvent être à l’origine d’un « ring finger » décallotement du doigt avec arrachement des parties molles et du paquet vasculo-nerveux. De même pour colliers et bracelets.

- Ne jamais laisser la manivelle sur la poupée du winch.

- Exercer des tractions verticales de bas en haut à la force des cuisses et non avec le dos courbé. L’avantage y est double, maintenir un niveau de musculation du membre inférieur et protéger la colonne d’un accident discal.

- Travailler de façon coordonnée, un geste peut être fort dangereux pour un équipier non encore à son poste.

- Porter des bottes ou des chaussures appropriées durant les manœuvres.

- Mettre des gants : si cela devient systématique en régate, ce n’est pas le cas de la croisière. Cela évite pourtant de nombreuses petites plaies, sources d’infections.

- S’entraîner régulièrement reste la meilleure des préventions, accroissant la synchronisation, la coordination de l’individu et la cohésion de l’équipage


Mal de mer

Outre l’amarinage qui reste la meilleure des préventions, il sera recommandé de :

- Supprimer toutes boissons alcoolisées,

- Eliminer les repas copieux, manger léger,

- Bien se couvrir,

- Grignoter fréquemment des fruits secs, biscuits, fromages secs,

- Eliminer les odeurs en aérant suffisamment l’habitacle par exemple,

- Eviter de lire,

- Avoir une hygiène générale scrupuleuse,

- Boire peu et souvent, chaud de préférence,

- Eviter de partir lors des conditions météorologiques difficiles,

- Dormir suffisamment,

- Se rapprocher du centre du bateau, là où les mouvements sont perçus avec le moins d’acuité,

- S’occuper en participant à la vie à bord, barrer notamment,

- Commencer à naviguer par de petites étapes,

- Afin de moins solliciter le vestibule et l’appareil visuel, il est conseillé de garder la tête fixe, les yeux fermés ou rivés sur l’horizon. 

- La prise d’un antinaupathique au début d’une croisière, pendant les deux ou trois premiers jours nécessaires à l’amarinage, ou à l’annonce de mauvais temps, est un bon système de prévention également.

Prévention des accidents dus à la chaleur


- L’exercice physique (jogging) en atmosphère de plus en plus chaude, en produisant de la chaleur en excès favorise l’adaptation à la chaleur. Il faudra également prévoir des vêtements clairs, aérés, en fibres naturelles absorbantes (lin, laine, coton) pour laisser la sueur s’évaporer et se couvrir la tête.

- Ne pas attendre d’avoir soif pour boire. Au repos, il faut boire à 20°C 2 litres, à 30°C, 3 litres, à 40°C, 4 litres. Durant l’effort, l’idéal est de boire ½ litre d’eau par heure. L’adjonction d’une petite quantité de sel de table et aux boissons (sauf contre-indication) aide à prévenir l’épuisement thermique en particulier durant la période d’acclimatation.

- faire des brumisations fréquentes avec de l’eau fraîche,

- interdire toute exposition prolongée dans une pièce chaude au soleil, 

- Chez le nourrisson, la prévention repose sur le port de vêtements légers par temps chaud, sur l’emploi d’un simple drap en guise de couverture, sur l’aération du bateau, la prise de nombreux biberons d’eau après les repas.


Rayonnements

- Laisser à la peau le temps de mettre en œuvre ses moyens de défense ; l’exposition doit donc être progressive, ce qui n’est pas toujours facile à réaliser. Le plaisancier devra également se méfier de la faussé sécurité d’un temps couvert et du vent.

- Porter des vêtements en fibres synthétiques (coton, soie…), tissés serrés, de préférence de couleur sombre car ils absorbent plus les UV ou en superposant un vêtement blanc sur un sombre, de porter un chapeau à larges bords.

- Utiliser des crèmes, laits et sticks solaires « haute protection » pour le corps et des écrans totaux pour les parties très exposées comme le nez, les oreilles, les lèvres qui sont souvent le siège de brûlures graves. Le solaire doit être appliqué en quantité suffisante sur toutes les parties exposées sans oublier les oreilles, le dessus des pieds, la nuque….et le nez ! Ne pas oublier également de renouveler l’application toutes les deux heures et après chaque bain même si le produit utilisé est « waterproof ».

- Certaines études laissent entrevoir l’intérêt des anti-radicalaires comme la vitamine E (noix, noisettes, amandes), la vitamine C (fruits et légumes), les caroténoïdes (Phytobronz®), les extraits végétaux (gingko biloba, thé vert), les oligo-éléments (cuivre, sélénium, manganèse)

- Toujours avoir à bord des lunettes à verres filtrants de catégorie 3 au minimum, équipées de branches à crochets et de lanière, de même que la « charlotte », chapeau mou à larges bords qui protège efficacement les yeux, le visage et le crâne. Pour les lunettes, les teintes grises, brunes, ou vertes seront conseillées contrairement à la teinte bleue qui sera à éviter en raison d’une filtration insuffisante.

Froid : (125)

- Porter une tenue adaptée et ne pas non plus négliger le visage, les mains, mises à rude épreuve, ainsi que les pieds que le froid atteint sournoisement. Les vêtements modernes, dit « respirant » utilisant des fibres synthétiques à haut pouvoir isolant sont recommandés. Ils permettent une bonne élimination de la transpiration tout en restant agréable. L’air contenu entre les couches de vêtements augmentant l’isolation vis-à-vis du froid, l’idéal sera une protection par un système respirant multicouche avec :

  • au contact de la peau : des sous-vêtements polyester dont le rôle est d’absorber la transpiration. Il faut éliminer l’humidité de la peau qui favorise les échanges thermiques et le contact direct avec le froid ;

  • en couche intermédiaire : une polaire pour la régulation thermique ;

  • en couche superficielle : un cire équipé d’une couche microporeuse pour l’élimination de l’humidité interne et éviter toute entrée d’humidité.

- Eviter les manches trop serrées qui entravent la circulation notamment au niveau du poignet. Il sera recommandé de ne laisser que le minimum de peau sans vêtements et de bien couvrir la tête, celle-ci étant à l’origine de 50% de la chaleur corporelle perdue chez une personne habillée ; de plus, il a été démontré qu’à -4°C la déperdition calorique par la tête peut compter pour la moitié de la production de chaleur d’un homme au repos.

- Porter le plus possible des vêtements secs.

- Porter de gants secs et chauds pour éviter les engelures

- Avoir une bonne alimentation et une hydratation suffisante. Ainsi, elle devra être plus riche en sucres lents et en graisses (lipides). Il faudra également continuer à boire beaucoup d’eau, car contrairement aux idées reçues, la perte d’eau est également souvent importante par temps froid.

- Les exercices physiques d’endurance (jogging, vélo, nage) qui mettent en jeu les réserves caloriques de l’organisme tout en stimulant les vaisseaux de la surface sont une excellente préparation.

- Assécher ses mains et déposer un film protecteur gras et fortifiant sur la peau. Le plaisancier pourra également prendre le temps de chauffer de l’eau à 38°C, l’additionner d’un antiseptique doux et y plonger ses mains au retour d’une manœuvre.


Hypothermie


Outre les mesures préventives du froid, il sera conseillé en cas de chute en mer :

- Seul, d’adopter la position « HELP » dans l’eau. Elle n’est possible à tenir qu’avec un gilet da sauvetage ou des réserves de flottabilité et consiste à grouper les jambes repliées sur la poitrine comme un fœtus et serrer les bras. En effet, les échanges de chaleur sont proportionnels à la surface de contact entre les deux corps. Il faut donc minimiser les échanges thermiques entre la peau et le milieu ambiant en diminuant la surface de la peau en contact avec l’eau.
Figure 8: Position « Help »

Source : http://www.sisl.ch/technique/hypothermie.htm
A plusieurs

Prendre la position grappe ou Huddle. Elle permet de rester groupés, de se réchauffer les uns les autres et de limiter les mouvements d’eau froide et chaude dans les vêtements.

Figure 9: Position « Huddle »

Source : http://www.sisl.ch/technique/hypothermie.htm

En pratique, dans l’eau à 10° C, ces positions permettent un temps de survie de 4 heures, soit le double d’un nageur et moitié plus que celui d’un sujet immobile debout.


Hydrocution

- avant le bain, éviter toute exposition prolongée et immobile en plein soleil, ainsi que tout effort physique très intense avec transpiration.

- Mouiller la peau avant de se mouiller.

- Eviter de se baigner après un repas copieux et bien arrosé


Noyade


En mer :

- éviter les chutes

- apprendre à se déplacer sur le pont les jambes souples pour ne pas perdre l’équilibre, le corps incliné vers le centre du bateau pour tomber sur le pont si on glisse.

- Prendre l’habitude de se tenir à quelques choses de solide (main courante, hauban...) : « une main pour l’homme, una autre pour le bateau ».

- Marcher à « quatre pattes » quand le vent forcit et que la mer se creuse.

- Etre vigilant pour prévenir les manœuvres ou les mouvements du bateau.

- Ne jamais se baigner seul et se méfier des courants

- S’assurer qu’il existe un moyen de remonter à bord

- Se méfier de la vitesse ou de la dérive d’un bateau souvent sous-estimées.


Lutte contre les facteurs infectieux :


- Eradiquer les lésions infectieuses avant l’embarquement,

- Porter des sous vêtements en coton et pas trop serrés ;

- Boire au moins 1,5 litres d’eau par jour

- S’obliger à uriner régulièrement ;

- Renforcer l’hygiène quotidienne en luttant particulièrement contre la macération : laisser les cirés et les bottes mouillées à proximité de la descente, de façon à éviter de répandre l’humidité dans le bateau ; rincer les vêtements raidis par le sel une fois à l’eau de mer, une fois à l’eau douce, de façon à pouvoir sécher, rincer à l’eau douce les parties du corps exposées, s’imposer une hygiène corporelle minimum : il veut mieux une douche d’eau de mer que pas de douche du tout pendant des semaines.

- Avoir rigoureuse des mains (en l’absence d’eau ou de savon, un gel hydro-alcoolique peut être utilisé),

- Sélectionner les aliments : cuire les fruits de mer, crustacés et poissons, peler les fruits, conserver les aliments à l’abri des mouches, se renseigner localement sur les risques de toxicité notamment des poissons de mer (ciguatera)

- Contrôler l’eau,


Hémorroïdes :



- Respecter une hygiène sobre, riche en légumes verts, fruits, beurre, miel et éviter l’abus d’alcool, d’excitant comme le café, les viandes grasses, les plats épicés,

- Eviter le plus possible la station assise prolongée et les sièges trop moelleux.


Accidents de plongée :


- Ne pas dépasser une vitesse de remontée supérieure à 30 cm par seconde (vitesse inférieure à celle des petites bulles qui accompagnent le plongeur) ;

- Respecter des paliers de décompression.

- Remonter lentement dès l’apparition d’un sentiment d’étrangeté.

- Equilibrer la pression de l’eau en insufflant de l’air dans ses oreilles (la trompe d’Eustache reliant les voies respiratoires à l’oreille moyenne, située derrière le tympan) : c’est la manœuvre de Valsalva. Cette manœuvre doit être effectuée régulièrement au cours de la descente, surtout dans les 10 premiers mètres : pincer le nez et bloquer la glotte, faire une expiration forcée progressive pour déboucher les oreilles.

- Se renseigner localement sur les principaux animaux marins à risque.
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