Thèse de docteur en Pharmacie








télécharger 2.88 Mb.
titreThèse de docteur en Pharmacie
page6/37
date de publication21.01.2020
taille2.88 Mb.
typeThèse
ar.21-bal.com > loi > Thèse
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   37





  • La ciguatera ou ichtyosarcotoxisme

Elle est provoquée par la consommation de poissons rendus vénéneux par un dinoflagellé. Elle survient par épidémies dans les zones coralliennes, il n’y a pas en principe de danger de contamination en haute mer ; elle est très fréquente en Polynésie, présente dans l’océan Indien, aux Antilles (surtout du Nord) ; le risque est très variable d’une île à l’autre, et les zones indemnes côtoient les zones atteintes, la situation changeant d’une année à l’autre.

Paresthésies, engourdissements des membres, asthénie, diarrhées, vomissements, prurit seront alors observés ; le principal risque est la survenue d’une paralysie respiratoire.


  • Les autres intoxications

Elle survient dans 60% des cas de consommation de diodons, tétrodons ou apparentés ; elle est mortelle six fois sur dix, et toujours dans les 24 heures suivant l’ingestion. L’intoxication par clunéidés (sardines, harengs, anchois) est rare : c’est le tableau d’une indigestion banale.

L’intoxication par consommation de foie de requin présente un risque très accru d’intoxication histaminique par scombridés du fait de la chaleur.

Les crustacés (langoustes et crabes), les mollusques (bénitiers, lambris, tritons…), les orusins et certaines tortues (tortue Caret à Ceylan) peuvent également être vénéneux et provoquer un tableau proche de l’ichtyosarcotoxisme.


    1. Les principales pathologies rencontrées en mer: (11, 12, 153, 157)


Historiquement, il était classique de distinguer plusieurs types de pathologies rencontrées :

  • Maladie de départ : Elles sont essentiellement dues à l’état physique et psychologique des recrues, les causes en sont une alimentation défaillante, un alcoolisme latent, une mauvaise hygiène et un long voyage à pied pour atteindre le lieu d’embarquement.

  • Maladies dues à l’alimentation : Elles comprennent alors les pathologies carentielles avec le célèbre scorbut, la « peste des mers », qui est une avitaminose C ; l’héméralopie, moins connue, mais procédant du même mécanisme ciblé, cette fois, sur la vitamine A et qui se manifeste par une diminution prononcée de la vision vespérale ; la typhoïde, engendrée par l’eau ou par les éléments souillés par des déjections contenant le bacille d’Esbeth et se transmettant de l’homme à l’homme

  • Maladies contractées à bord des vaisseaux : Ce sont essentiellement celles dues au manque d’hygiène et aux conditions de vie à bord : le typhus exanthématique, connu sous le nom de fièvre des vaisseaux, l’agent vecteur y est le pou corporel ou la puce ; la peste bubonique, due au bacille de Yersin découvert en 1894, dont le réservoir est le rat et se transmettant par la puce. Les rhumatismes, dont la cause principale est l’humidité régnant en permanence sur les vaisseaux, atteignent les marins dès leurs premiers embarquements. Les maladies pulmonaires sont également dues à l’humidité. La gale du corps, est une maladie purement parasitaire provenant d’un manque d’hygiène flagrant. La dysenterie ou « flux de sang » peut être aussi une maladie d’escale. Cette affection est due à l’amibe dysentérique ; la contamination se fait par voie buccale avec des aliments souillés de matières fécales par des doigts sales, des eaux polluées, des légumes ou des fruits infectés par un manque d’hygiène évident. Mais à bord, il y a aussi les accidents de toute nature : ceux liés à la manœuvre du navire, les noyades, les brutalités et les punitions, les incendies, les naufrages, les abordages, les batailles navales, les mutineries. Cette pathologie est souvent du ressort de la chirurgie.

  • Maladies d’escale : Sous cette rubrique, on peut souligner les bagarres et les rixes, le paludisme, provoqué par la piqûre d’un moustique, le pion, maladie tropicale due à un parasite voisin de celui de la syphilis, cette dernière étant aussi très présente aux escales ; la blennorragie et le chancre rejoignent ce chapelet d’affections provoqué par de longues abstinences. La fièvre jaune ou « vomito-nègre » a pour réservoir de virus le singe qui transmet la maladie à l’homme par ; là aussi, un moustique. Citons encore la variole ou « petite verette », les intoxications alimentaires et enfin les maladies psychiques avec notamment la mélancolie ou mal du pays.


Contrairement aux gens de mer, il n’existe pas à l’heure actuelle d’études véritablement sérieuses concernant les pathologies rencontrées par le plaisancier.
Néanmoins, une étude a évalué quantitativement l’incidence et le type de problème médical surgissant pendant une course amatrice autour du monde, la British Telecom Race ; course qui se rapproche des conditions de navigations de plaisanciers hauturiers, puisque la course est une cirucumnavigation en équipage avec escales. Les traumatismes comportent 36% d’abrasions et de contusions, 15,7% de brûlures, 11% de fractures fermées, 11% de plaies, 6,7% de traumatismes crâniens et 8,4% de traumatismes divers comme luxation, traumatisme abdominal, corps étranger, écrasement, hygroma. Les problèmes de santé sont surtout dermatologiques avec 21,2% de toutes les affections, eczéma, dermite du siège, folliculite, abcès, candidose…les autres problèmes retrouvent une prédominance d’infections des voies aériennes supérieures, 18,9% ; des troubles gastro-intestinaux : douleur abdominale, constipation, diarrhée, hémorroïde, 22, 5% ; 15,5% de mal de mer, environ 10% de problèmes urinaires et 5% de problèmes ophtalmiques et dentaires.
Ainsi, les pathologies rencontrées en mer sont très variables, avec pourtant une plus grande proportion d’accidents traumatiques et de pathologies digestives. Cependant, les caractéristiques de l’environnement ont toujours une influence sur cette pathologie, ne serait-ce que par la charge d’angoisse que la maladie entraine quand elle survient à distance de toute organisation médicale classique. Cet éloignement qui va de quelques heures à quelques jours, voire plusieurs semaines, va dans certains cas transformer une pathologie initialement anodine, en un problème beaucoup plus délicat à résoudre. Dans les affections graves, ce décalage sera même fatal.
Cette troisième partie décrira les principales affections en mer ; elle ne peut pas être exhaustive étant donné que tout peut arriver en mer !

Les affections pulmonaires notamment ne seront volontairement pas traitées, car en grande croisière, le milieu marin étant bactériologiquement sain, les problèmes sont rares, mais les défenses respiratoires n’étant plus sollicitées, on constate une sensibilité accrue à ce type d’infection après une traversée océanique mais également au cours des escales. On pourra alors observer des angines, otites externes, sinusites, rhinites…


      1. Les pathologies traumatiques : (2, 3, 11, 12, 23, 46, 47, 48, 49, 50, 168)


Tous les grands navigateurs, de Bernard Moitessier à Michel Desjoyaux, n’ont pas été épargnés à un moment donné de faire face à une affection ou à celle d’un de leurs équipiers. L’exemple le plus actuel n’est autre que la fracture de Yann Elies après une déferlante !

Une étude effectuée par le C.C.M.M. a révélé que le type de lésion et la région anatomique varient suivant le type d’activité et donc de navire :

  • à la pêche, nette prédominance des lésions du membre supérieur (48%), dont 9 cas d’amputation de doigts, plaies (28 cas) et traumatismes main/poignet,

  • Au commerce, répartition plus équilibrée entre membre supérieur (32%), tête/cou (29% ; dont 14 lésions oculaires) thorax (20%),

  • Sur les navires à passagers, traumatismes à part égale entre les membres inférieurs et supérieurs de la tête, liés à des chutes,

  • à la plaisance, traumatismes crâniens (coup de bôme) et thoraciques.




        1. Plaies des mains et des pieds : (14, 16, 23, 24, 51)




    • Etiologie :

Elles sont les plus fréquentes car la voile est essentiellement un sport manuel. Sur un bateau, les lésions sont dans la plupart des cas, unitaires et seules les chutes d’extérieur vers l’intérieur du bateau peuvent les multiplier. L’origine du traumatisme est unique et bien différencié. La surface traumatisée est souvent faible, même minime, parfois ponctiforme (torons des câbles, épines de poissons). Mais lorsqu’elle est profonde elle pourra occasionner la section :

  • d’un nerf, se signalant par la perte de la sensibilité,

  • d’un tendon, ressenti par la disparition du mouvement,

  • d’un muscle, remarqué par un saignement important.

A l’extrême, les traumatismes pourront être responsables d’amputation.
Les petites plaies se multiplieront lors des manœuvres, se surinfectent et deviennent douloureuses. Yves Parlier, « l’Extraterrestre » en aura beaucoup souffert lors du Vendée Globe 2000-2001 : il eut ainsi les « mains noires » dues à l’inclusion de fibre de carbone après la réparation mémorable de son mât sur l’île Steward, une pulpite sévère et chute des ongles et de plus une escarre sacrée secondaire à la malnutrition et aux carences en vivres au cours de sa remontée de l’Atlantique.
Les pieds seront moins exposés dans la mesure où le port de chaussures de pont à l’extérieur comme à l’intérieur devrait être obligatoire pour chaque déplacement. En effet, les antidérapants de pont ne sont pas prévus pour une déambulation pieds-nus ; de plus, lorsque le pont est mouillé, c’est un véritable piège.
Il ne faut pas perdre de vue que sur le pont, comme dans le cockpit, l’accastillage ou les espars peuvent présenter un danger permanent pour les mains et les pieds, ou même la tête chez le débutant. De plus, une connaissance parfaite de leur emplacement s’avère indispensable la nuit par manque de vision.


  • Conduite à tenir :


Toutes plaies des mains et des pieds nécessitent des soins immédiats pour éviter l’effet d’érosion dû au contact avec l’eau salée. La plaie doit être examinée minutieusement afin de détecter d’éventuels débris qui peuvent la souiller. Dans ce cas, il sera nécessaire de les extraire et de la désinfecter le plus soigneusement possible ; une désinfection devant toujours s’opérer du centre de la zone atteinte vers la périphérie.
Selon le degré d’ouverture de la plaie, le choix du traitement se traduira par la pose d’un simple pansement sec, la pose de bandelettes autocollantes, de part et d’autre des bords de l’atteinte, consistant en une suture sans fil, voire par une suture proprement dite. Avant toute intervention, il est important de se laver soigneusement les mains en insistant sur les ongles.
Une surveillance de la plaie doit s’opérer régulièrement afin d’observer la présence éventuelle de rougeur, de chaleur autour de la zone lésée. D’autre part, l’augmentation de la température générale ne doit pas être négligée, signalant alors un mécanisme infectieux. Le pansement doit toujours être refait après une nouvelle désinfection. Une antibiothérapie locale, voire générale peut également être envisagée. Lorsqu’une plaie cousue est infectée, il faut couper un à deux fils pour évacuer le pus et ensuite effectuer une nouvelle désinfection.
Si la blessure atteint l’œil, il est nécessaire d’utiliser un collyre antibiotique et anti-inflammatoire et éventuellement de le recouvrir d’un pansement. Un avis médical sera recommandé.
Pour le cas particulier de l’écrasement de l’extrémité d’un doigt, il faudra, après anesthésie locale, exciser les parties mortes et remettre la pulpe en place par suture cutanée minutieuse.


        1. Contusion de la tête :


C’est réellement un accident fréquent, en raison d’une part de l’exiguïté intérieure de certains bateaux, ne permettant pas une hauteur sous-barrot suffisante, et d’autre part par la présence de la bôme qui en changeant d’amure au cours de manœuvre est une menace constante. Les marins de la Marine Nationale portent d’ailleurs un béret plat avec un pompon qui à l’origine servait à les protéger des heurts occasionnés du temps de la marine à voile !
Ces contusions sont réellement à redouter par leurs conséquences. Tous les stades peuvent être trouvés, de la simple contusion avec « bosse » à l’hématome intracrânien. De plus, elles s’accompagnent souvent de plaies du cuir chevelu qui pourront nécessiter la pose de points de suture. Il sera conseillé à l’équipage de surveiller l’état de vigilance de leur camarade après un tel choc. Une perturbation de la vigilance, du langage, accompagnée d’un état de somnolence nécessitera une évacuation rapide ; comme le fut Hans BOUSCHOLTE en 1995 lors de la course du Figaro.


        1. Traumatismes du rachis : (12, 14, 24)


Ils sont multiples et peuvent être source de croisières gâchées. Ils peuvent être occasionnés par des chocs directs avec la bôme, une chute. Les efforts violents imposés à la musculature rachidienne comme soulever une ancre par exemple peuvent induire des lumbagos. Ces efforts souvent violents sont de courte durée et sans transition avec de longue période d’inactivité.

De plus,

  • pour le barreur, avec une barre franche ; l’effort statique se fera en position assise asymétrique avec rotation de la tête à 80° environ par rapport au corps en permanence ce qui sera source de cervicalgies par contractures des trapèzes,

  • avec une barre à roue, l’effort statique se fera en position debout ; les efforts se répercuteront au niveau lombaire,

  • quels que soient la place et le rôle de l’équipier, la charnière dorsolombaire joue un rôle d’amortisseur des mouvements du bateau,

  • les plaisanciers devront aussi souvent adopter une position de cyphose à cause d’une distance trop grande entre le barreur et sa barre ou encore pour tracter une écoute ou encore soulever l’ancre,

  • les vibrations du moteur pourront être également d’amplitude suffisante pour induire des microtraumatismes au niveau de la colonne lombaire qui peut entrer en résonnance.


Ces microtraumatismes peuvent provoquer des rachialgies à tous les étages, particulièrement des lombalgies dites de posture et des cervicalgies. Ils nécessiteront alors un repos complet au lit, prescription d’anti-inflammatoires et de décontractants musculaires.


        1. Les entorses : (16, 24, 52)

  • Etiologie :

Les entorses ne sont pas rares : le nombre d’obstacle est grand et peut perturber l’appui, qui est déjà pénalisé par les mouvements du bateau. Armel Le Cléac’h en fut victime durant le Vendée Globe 2008-2009. Les entorses des doigts sont fréquentes, causées par les écoutes et drisses que l’on a tendance à entourer autour des doigts et de la main pour résister à la force.

Il s’agit dans la grande majorité des cas d’entorses de stade I, dites bénignes, souvent douloureuses, peu handicapantes, mais elles peuvent être plus graves s’il y a notamment une rupture ligamentaire complète.


  • Conduite à tenir :

Il sera nécessaire d’agir selon le protocole GREC : Glace, Repos, Elévation du membre, Compression de la lésion :

  • mettre le sujet au repos sur une couchette,

  • glacer l’articulation concernée, l’emploi de poches de froid (Physiopack®) est conseillé, ou de compresse d’eau froide (eau de mer), pour réduire l’œdème, et favoriser une vasoconstriction responsable d’un effet antalgique. Le froid a également en effet anesthésiant,

  • réaliser une contention avec une bande adhésive dont l’élasticité aura été amoindrie par étirement préalable,

  • une pommade anti-œdémateuse peut être localement appliquée pour diminuer le volume de l’entorse,

  • le patient peut débuter une rééducation, en aidant bien sûr l’articulation à se mouvoir de nouveau, doucement.


L’articulation atteinte doit être immobilisée pendant une dizaine de jours par l’emploi d’un bandage ou d’une demi-coquille. Il est conseillé de changer le bandage régulièrement en veillant à ne pas trop le serrer.
Pour les entorses touchant les membres inférieurs, il est recommandé de ne pas s’appuyer pendant la première semaine pour permettre à l’œdème de se réduire par une position déclive en regard de l’articulation concernée. De même, le port de bottes sera alors conseillé pour augmenter la contention.
D’autre part, la possibilité d’une fracture à la place d’une entorse est à craindre si les troubles persistent, voire s’amplifient, lors de la mobilité. Dans ce cas, il conviendra de traiter l’affection comme il se doit.


        1. Les fractures : (16, 52)




  • Etiologie :

Le terrible accident de Yann Eliès lors du Vendée Globe 2008-2009 est un exemple.

Elles sont assez fréquentes également et particulièrement redoutées.
Les fractures du crâne peuvent malheureusement se voir, celles des quatre membres ainsi que des clavicules seront plus rarement constatées.



  • Conduite à tenir :

Le plus important est de vérifier toutes les demi-heures que le membre ne devient pas froid, bleu, moite en aval de la fracture faisant craindre une interruption de la circulation dans le membre, due à la fracture elle-même ou au traitement entrepris (bandage ou attelle gonflable trop serrés) ; si la fracture est en cause, il faut exercer et maintenir une traction, celle-ci peut lever la compression d’une artère.

A moins de 24 heures des secours, mieux vaut laisser un membre fracturé immobilisé (ex. écharpe au membre supérieur) dans la position la moins inconfortable pour le blessé. A moins de 48 heures du port, les attelles plâtrées ne semblent pas nécessaires, de même que les tentatives de réduction de luxation…
A bord, les soins seront ainsi essentiellement palliatifs, afin de diminuer les douleurs. Une attelle devra être posée pour maintenir le membre blessé dans une position antalgique ainsi que pour ressouder la partie cassée après une réduction. Les antalgiques oraux seront alors fortement appréciés. L’immobilisation doit bloquer la partie cassée ainsi que les articulations antérieures et postérieures, afin d’éviter tout mouvement volontaire ou non. Elle permet ainsi de minimiser la douleur et d’éviter les lésions des nerfs et ou de vaisseaux par déplacement d’esquilles osseuses.
Cette immobilisation était faite, autrefois, par le biais d’attelles taillées dans des planchettes de bois. Elles sont maintenant remplacées par des coquilles thermoformables par exemple.
Pour précision, dans le cas extrême d’une fracture ouverte, un traitement oral préventif par des antibiotiques sera nécessaire, ajouté à une désinfection soigneuse de la plaie qui est recouverte d’un épais bandage pour prévenir tout risque d’infection.
Une traction sur le membre atteint peut être effectuée au moyen de poids raccordés à son extrémité afin de dégager un nerf comprimé par le déplacement de la fracture. Auparavant, il est nécessaire de rechercher la perte de sensibilité se traduisant par l’absence de réaction au test de picotements ou de pincements. La traction exercée peut aussi permettre de diminuer le volume de la fracture causé par le chevauchement des parties cassées.
Ces fractures pourront être à l’origine d’un état de choc qui impose des mesures d’urgence, ainsi que de lésions nerveuses, vasculaires et musculaires. En tout état de cause, il parait difficile, qu’une fracture, ne fasse pas l’objet d’une intervention médicale d’urgence pour sa réduction. Cette intervention devra être d’autant plus rapide que la fracture est ouverte et que le risque d’aggravation et de surinfection est grand.


        1. Les luxations ; (16, 17, 23)




  • Etiologie :

L’articulation est encore le siège de traumatismes mais dans ce cas, elle se retrouve déboîtée. En conséquence, les surfaces articulaires ne sont plus en vis-à-vis. Les luxations touchant principalement le coude, l’épaule et enfin la mâchoire.
Thomas Coville réussi avec beaucoup de courage, lors du Vendée Globe 2000 à se remettre le pouce en place, qui était luxé à cause d’une drisse qui lui avait échappée.


  • Conduite à tenir

A moins de 12 heures d’un port, il faudra immobiliser l’articulation mais si l’on est éloigné, il convient de remboîter l’articulation, uniquement en l’absence d’éventuelles fractures. Ces dernières peuvent être décelées par la présence d’un gonflement, d’une ecchymose, d’une douleur aigue amplifiée par le toucher et enfin par des crépitations osseuses ressenties au niveau de la partie gonflée lors de la mobilité.
Avant de remettre les surfaces articulaires en contact, l’une avec l’autre, il convient d’entreprendre auparavant, un traitement antalgique, soutenu par la prise de dérivés morphiniques si possible, surtout pour les luxations de l’épaule ou du coude. Par contre, un antalgique codéiné pourra suffire pour d’autres luxations, comme celles des doigts. Une bonne décontraction musculaire en administrant des myorelaxants sera également utile.

Dans tous les cas, la remise en place de l’articulation nécessite une traction douce mais puissante dans sa progression. Elle se fait dans le sens de l’axe du membre, visant ainsi à rapprocher, puis à remboîter l’articulation. Un déclic doit se faire entendre et signe alors la fin de la réduction et donc la remise en place de l’articulation. Celle-ci a plus de chance d’aboutir si elle est exécutée peu après le traumatisme.
Par la suite, le fonctionnement, à nouveau, de l’articulation se fera de façon progressive et ménagée, en évitant naturellement les efforts.
Il est recommandé une immobilisation :

  • pour les articulations de l’épaule et du coude, par le biais d’une écharpe, pendant 8 jours,

  • des doigts par une attelle pendant quelques jours,

  • pour la luxation de la mâchoire par une bande permettant juste de l’entrouvrir pendant 24 heures.




        1. Les tendinites et déchirures musculaires : (12, 53)


Les muscles, lors des manœuvres travaillent dans un plan peu physiologique. De plus, les efforts sont séparés par de grande période d’inactivité, parfois dans le froid. Ainsi, élongations, déchirures musculaires voire ruptures musculaires seront à craindre. Des crampes de froid peuvent s’observer également en général lorsque le plaisancier reste exposé au froid et aux embruns lors d’une manœuvre ce qui entrainera des douleurs musculaires intenses.


        1. Les brûlures : (13, 14, 16, 24, 25, 32, 54, 55, 162)




  • Etiologie :

Les brûlures dues aux cordages et aux ultra-violets ont déjà été distinguées précédemment, mais il faut aussi faire état des brûlures occasionnées par le renversement de liquides chauds en préparation des repas dans la cuisine. Ces maladresses, graves de conséquences, sont engendrées par les embardées du navire dues au tangage et roulis combinés. Le système de réchaud à cardans a permis d’y remédier un peu car il est le plus souvent disposé avec le sens du roulis mais pas celui du tangage.
Elles peuvent provenir également d’une source de chaleur comme le gaz peut être à l’origine d’explosion, quand il y a stockage de produits dangereux à proximité ; du moteur également, des systèmes de chauffage, de l’électricité du secteur (exemple d’un individu qui travaille à bord d’un bateau en manipulant de l’outillage électrique en atmosphère humide), de l’acide des batteries qui se répand ou qui gicle avec risque de brûlures oculaires. De tels incidents mettent en péril la vie de tout un équipage et les structures du bateau lui-même.
Les brûlures de premier et deuxième degrés devront être traitées sans attendre en raison de l’effet de détersion de l’eau salée. Le risque infectieux sera accru chez le jeune enfant et la personne âgée mais aussi chez le diabétique et l’immunodéprimé.
Le troisième degré est le plus grave. Cette brûlure est signalée par une peau noirâtre. La perte cutanée est importante, l’atteinte est profonde. La barrière cutanée est fragilisée et ne peut plus jouer son rôle protecteur, à ce niveau. Le risque infectieux est alors important et une possible déshydratation peut faire son apparition. La cicatrisation sera lente et parfois même aléatoire. Une évacuation médicale se révélera nécessaire. Il faudra également rejoindre le port de toute urgence :

- si la brûlure siège au niveau de la face, des mains, des plis de flexion, des organes génitaux, des orifices naturels,

  • si le sujet est un enfant de moins de 12 ans, une personne âgée, un diabétique,

  • la surface atteinte est supérieure à 10% de la surface corporelle.




  • Conduite à tenir :

La conduite à tenir après toute brûlure est de refroidir immédiatement la ou les zones atteintes pour tenter de limiter au maximum l’extension de l’affection. Par la suite, le traitement consiste à protéger la brûlure de l’environnement extérieur par des pansements, des compresses stériles, après avoir effectué une désinfection soigneuse de celle-ci et éventuellement appliqué une crème hydratante type BIAFINE®, OSMOSOFT®, CICATRYL®. Les douches froides ou les brumisations d’eau apporteront également un soulagement.
Pour les atteintes les plus profondes, il est recommandé d’enlever les tissus morts, d’appliquer une pommade antibiotique afin d’éviter toute surinfection et de recouvrir la plaie à l’aide d’une compresse stérile, et éventuellement de tulle gras. Le renouvellement du bandage, ne s’opère pas tous les jours ; mais, une surveillance régulière de la zone atteinte permettra de passer à un pansement protecteur sec quand la brûlure aura cessé de suinter. Le membre brulé sera surélevé afin de limiter l’œdème et la perte hydrosodée.


Il faudra également se consacrer surtout au traitement général :

  • réhydrater per os ou par voie rectale,

  • administrer sédatifs et antalgiques,

  • bien sûr ne jamais faire de piqûre dans la zone brûlée,

  • après avis médical, un antibiotique pourra être très utile.


A moins de 12 ou 24 heures d’un port, mieux vaut réduire au minimum les gestes locaux :

- ne pas enlever les vêtements,

- ne pas appliquer de produit, ne pas toucher aux phlyctènes, ne pas souffler sur la brûlure : le risque infectieux déjà majeur n’en serait qu’accru,
La vaccination antitétanique trouvera également son entière justification. La mise à nue de la barrière cutanée offre ici une opportunité pour le bacille tétanique, Clostridium tetani.


        1. Les hémorragies : (14, 23, 24, 32, 56)

  • Etiologie

Les causes en sont multiples. Les plus redoutables seront les hémorragies internes, qui peuvent survenir par rupture splénique suite à une chute avec choc de l’hypochondre gauche sur un winch ou un chandelier et entrainer ainsi un état de choc. Ces dernières restent relativement rares.


  • Conduite à tenir

Les saignements veineux seront soignés par une compression locale avec une compresse, un linge propre…puis un bandage serré avec des bandes Nylex®. Le saignement s’arrêtera rapidement.

Les saignements artériels nécessiteront un appel radiotéléphonique tout en exerçant un point de compression en amont de la lésion. La compression consiste à appuyer fortement pendant plusieurs minutes à un point ou l’artère principale est accessible. Ce point se situe entre le cœur et la plaie. Ainsi, il sera donc utile aux plaisanciers de connaître la localisation des principaux points de compression : le point de compression carotidien, sous-clavier et fémoral.

Le principe de la compression est l’écrasement de l’artère qui interrompt ainsi mécaniquement le flux hémorragique et permet ainsi la constitution d’un caillot.

Lorsqu’un corps étranger se trouve dans une plaie difficilement accessible, les garrots pourront être utiles. Il s’agit d’un geste ultime qui doit se faire si possible après avis médical. Le plaisancier devra alors utiliser un lien large pour éviter de cisailler la peau.


  • Cas particulier de l’hématome sous-unguéal

Il sera fréquent en bateau car les chocs sont nombreux. Il s’agit d’un épanchement de sang sous l’ongle, sans plaie. Cet hématome est très douloureux. Il faudra l’évacuer à l’aide d’une aiguille rougie qui percera l’ongle, puis désinfecter.
Il conviendra de rejoindre les secours au plus vite lorsque ces plaies ont un retentissement général, entrainant une déperdition sanguine importante ou encore provoquant un déficit périphérique sensitif ou moteur.



1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   37

similaire:

Thèse de docteur en Pharmacie iconThèse de docteur en Pharmacie

Thèse de docteur en Pharmacie iconThèse Présentée à la Faculté de Pharmacie de Montpellier

Thèse de docteur en Pharmacie iconThèse présentée pour l’obtention du grade de Docteur

Thèse de docteur en Pharmacie iconThèse soutenue publiquement par Sang-Ha suh le 10 Juillet 2006
«avec projection», de cette thèse aux membres du Conseil scientifique et à leurs expliquer pourquoi cette thèse ne devait pas être...

Thèse de docteur en Pharmacie iconThèse soutenue publiquement par Sang-Ha S. le 10 Juillet 2006 Le...
«avec projection», de cette thèse aux membres du Conseil scientifique et à leurs expliquer pourquoi cette thèse ne méritait pas d’être...

Thèse de docteur en Pharmacie iconAvis d’Appel Public à la Concurrence – construction d’une pharmacie provisoire

Thèse de docteur en Pharmacie iconLicenciée ès-Sciences; Docteur ès-Lettres

Thèse de docteur en Pharmacie iconUne femme va dans une pharmacie, achète pour 2500F de produits amaigrissants....

Thèse de docteur en Pharmacie icon8-10, square du Docteur Blanche. 75016 Paris

Thèse de docteur en Pharmacie iconAccord-cadre mono-attributaire
«L’intégration au sein des lignes de conditionnement, d’un système de sérialisation et d’agrégation des médicaments au profit de...








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
ar.21-bal.com