Mémoires géographiques








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corps est tout velu, dont les moustaches sont pendantes jusques sur la poitrine, & qui ont l'épée attachée par la pointe derrière la tête ; dont le pays, suivant ces géographes, devrait au moins commencer vers le 43e degré, c'est-à-dire, tout auprès de Hontchun, où nous n'avons trouvé qu'un petit nombre de Koel ka ta tse, confondus maintenant, ainsi que nous l'avons déjà remarqué, avec les Mantcheoux, tant pour le langage que pour les manières.

C’est pourquoi, sans examiner davantage si les auteurs chinois ont entendu par Ye tze, ce que nous connaissons sous le nom de Jesso, il suffit de savoir que tout ce qu'ils ont dit de cette partie du continent & de ses habitants n'a rien de réel, & qu'on doit s'en tenir à ce que les relations du Japon nous ont appris de l'île de Jesso, qui en doit être assez voisine, & où se retirèrent même quelques chrétiens japonais, qui y furent assistés par l'illustre père Jérôme des Anges, qu'on fit mourir l'an 1623 à Yendo, à la tête d'une troupe de 50 martyrs.

Au-dessus du Saghalien oula occupé par les Ke tcheng ta tse, il n'y a certainement que quelques villages de cette nation, tout le reste du pays est désert, & n’est fréquenté que par les chasseurs de zibelines. Il est traversé par une chaîne de montagnes fameuse dans ces quartiers, qu'on nomme Hinkan alin. Il y a aussi quelques rivières assez belles. Touhourou pira se jette dans l'océan Oriental, venant d'une autre chaîne de montagnes placée au 55e degré, qui marque les points du partage des eaux. Ainsi Oudi pira va vers la mer du Nord, & appartient aux Moscovites, tandis que Silimphi pira vient au sud dans les terres de nos Tartares.

Ceux qu'on appelle Jlan hala, sont vrais Mantcheoux. Ce mot Jlan signifie trois, & Hala signifie surnom ou nom commun d'une famille : ce qui fait comprendre qu'ils sont composés de trois familles : réunies enfin ensemble, après la conquête du reste de la nation, d'où ils étaient fort éloignés, parce qu'ils s'étaient mêlés avec les Yu pi ta se.

p.014 L'empereur leur a donné des terres près de Ningouta le long de Hourha pira & du Songari oula, au bord desquels sont à présent presque tous leurs villages. Leurs femmes, leurs enfants, leurs domestiques sont encore habillés la plupart comme les Yu pi ta se ; mais ce que n'ont pas ceux-ci, ils ont des chevaux & des bœufs, & font ordinairement une bonne récolte.

On trouve encore dans ces quartiers quelques vestiges de villes, Fenegué hotun était sur le Hourha pira, à cinq ou six lieues du Ningouta d'aujourd'hui, & n’est plus qu'un petit hameau. Odoli hotun était fort par son assiette. On n'y peut venir que par une langue de terre, qui fait comme une levée au milieu des eaux. On y voit encore de grands escaliers de pierre, & quelques autres restes d'un palais, ce que l'on ne voit nulle part ailleurs, non pas même à Ningouta.

C'est ce qui pourrait faire croire que tout ce qu'on trouve de monuments dans la Tartarie orientale, est l'ouvrage, non des Mantcheoux d'aujourd'hui ; mais des Mantcheoux du douzième siècle, qui sous le nom de Kin tchao étaient les maîtres du nord de la Chine, & avaient fait bâtir en divers endroits de leur pays, des places & des palais dont ils ne purent pas ensuite profiter, parce qu'ils furent coupés par les Tartares Mongous ou Mongols, & les Chinois joints ensemble ; de sorte que ce qui en resta dans cette horrible défaite, ne put se sauver que par l'occident de leur ancien pays, dans les lieux qu'occupent aujourd'hui les Tartares nommés Solon ta tse, qui se disent originairement Mantcheoux.

Suivant cette remarque, on doit penser que Poutai oula hotun est leur ouvrage, il n'en reste qu'une pyramide d'une hauteur médiocre & des ruines de murailles, hors desquelles sont les maisons qu'habitent aujourd'hui les Mantcheoux. Elle est à huit ou neuf lieues de Kirin oula hotun sur le Songari, qui s'appelle en cet endroit là Poutai oula, dont elle a tiré son nom, & peut être comptée la quatrième ville, ou plutôt la dernière, puisque dans tout ce gouvernement de Kirin oula, il n'y en a que quatre dont celle-ci est la moindre, parce qu'elle n'a pas une juridiction égale à celle des trois autres, mais d'ailleurs est plus agréable, parce qu'elle est située dans une plaine plus fertile & plus habitée.

Rien au reste n'est plus célèbre dans l'histoire des Mantcheoux que le Songari oula, & la montagne d'où il sort, nommée en tartare Chanyen alin, & en chinois Tchang pé chan, la montagne toujours blanche : d'où ils prétendent tirer leur origine, qu'ils mêlent de plusieurs circonstances fabuleuses. Car tel a toujours été le génie des nations illustres, de trouver quelque chose de merveilleux dans leur premier commencement, & de se prétendre descendus d'aïeuls presqu'au-dessus de la condition humaine.

Ce qu'il y a de vrai, c'est que les Mantcheoux n'ont dans tout ce qu'ils ont alors occupé de terres, aucune rivière qui puisse se comparer avec le Songari oula. Elle est partout vaste & profonde, partout navigable & féconde en poissons, nullement dangereuse, médiocrement rapide, même dans son confluent avec le Saghalien oula, ainsi que nous l'avons remarqué sur le lieu.

La montagne qui lui donne naissance est aussi la plus fameuse de toute cette Tartarie orientale ; elle s'élève de beaucoup au-dessus de toutes les autres & se fait voir de fort loin. La moitié de cette montagne est couverte de bois : l'autre est découverte & n’est que de tuf : ce qui la fait paraître blanchâtre en tout temps : ce n’est donc point la neige qui la rend blanche, comme l'ont imaginé les Chinois, car il n'y en a jamais, au moins en été.

Sur le sommet s'élèvent cinq rochers comme autant de troncs pyramidaux extraordinairement hauts, sur lesquels les vapeurs & les brouillards, qui sont perpétuels dans le pays, venant à se p.015 condenser, distillent ensuite une eau dont ils sont toujours humides. Ils enferment dans leur milieu un lac creusé fort profond d'où sort la belle fontaine qui forme le Songari. Les Mantcheoux pour rendre cette montagne plus merveilleuse, disent ordinairement qu'elle produit trois grands fleuves, Tou men oula que nous avons déjà décrit. Yalou oula, Cihou oula, lesquels après avoir côtoyé les limites de la Corée, se réunissent ensemble pour entrer dans la mer de ce royaume.

Mais cela même n’est pas exactement vrai, comme on verra par la carte, & on ne peut attribuer l'origine de tous ces fleuves au Tchang pe chan, qu'en comprenant aussi les montagnes voisines, qui de ce côté-là séparent le royaume de Corée de l'ancien pays des Mantcheoux, lequel fait aujourd'hui partie du gouvernement de Kirin oula.

TROISIÈME GOUVERNEMENT

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Le troisième gouvernement est celui de Tçitcicar ville nouvelle, bâtie par l'empereur, pour assurer ses frontières contre les Moscovites. Il est situé près le Nonni oula rivière considérable qui se jette dans le Songari. Elle est habitée par des Mantcheoux, Solons, & surtout par les anciens habitants du pays de Tçitcicar nommés Tagouri.

Cette nation assez peu nombreuse s'est soumise aux Mantcheoux dès le temps du père de l'empereur, dont elle implora la protection contre les Moscovites, qui, avec des barques armées passant du Saghalien oula dans le Songari oula, couraient toutes les rivières qui entrent dans l'un & dans l'autre, & se faisaient craindre de toutes les diverses nations tartares placées sur les bords.

Les Tagouris sont grands, robustes, accoutumés de tout temps à semer & à bâtir, quoiqu'ils fussent toujours entourés de Tartares qui ne s'appliquent point à l'agriculture, & qui n'ont point de maisons. La ville de Tçitcicar est entourée d'une palissade de gros pieux fort serrés & médiocrement hauts, mais assez bien terrassés en dedans.

Presque tous les soldats qui la gardent sont tartares, mais les marchands, les artisans, & les gens de service sont la plupart des Chinois, ou attirés par le commerce, ou exilés par la justice. Les maisons des uns & des autres sont hors du mur de bois qui ne renferme presque que les tribunaux & la maison du général tartare. Elles ne sont que de terre, rangées en rues, médiocrement larges, & toutes renfermées dans une seconde enceinte de terre.

Du général de Tçitcicar dépendent les nouvelles villes de Merguen hotun & de Saghalien oula hotun. Merguen est à plus de 40 lieues de Tçitcicar : elle est beaucoup moins peuplée, & n'a qu'une enceinte. Le pays de l'une & de l'autre n'est que médiocrement bon, car la terre est sablonneuse : mais celui de Saghalien oula hotun est fertile même en froment. C’est une plaine le long de ce beau fleuve, où l'on a bâti plusieurs villages. La ville est près du bord austral, bâtie comme Tçitcicar, autant habitée & plus abondante en denrées.

Sur le bord septentrional, mais à 15 lys chinois plus haut, sont les restes d'une ancienne ville, nommée Aykom, bâtie par les premiers empereurs de la famille dernière Tai ming. Car par une vicissitude surprenante des choses humaines les Tartares occidentaux ou Mongoux ta tse, non seulement furent chassés par les Chinois dont ils avaient été les maîtres tant d'années, mais en furent encore attaqués dans leur propre pays avec tant de vigueur, qu'après s'être retirés bien avant, ils furent obligés à leur tour de faire des lignes, p.016 dont nous avons vu encore quelques restes, & bientôt après ne pouvant plus soutenir des ennemis acharnés à leur perte, ils se virent contraints de passer le Saghalien oula, & c'est pour les arrêter au-delà, que la ville de Aykom fut bâtie sous Yung lo.

Il paraît qu'elle se soutint assez longtemps, puisque ce ne fut que vingt ans après que les Tartares s'étant rétablis, & étant rentrés dans leur ancien pays, tentèrent de se venger des Chinois, par des irruptions subites sur leurs terres, & par la désolation des provinces boréales : s'ils furent défaits, ou plutôt accablés par l'armée comme infinie de l'empereur Suen ti, ils ne laissèrent pas de se maintenir dans leur pays ; les généraux chinois n'ayant pas su ou voulu profiter d'une si grande victoire, pour les obliger à repasser le Saghalien oula & y rebâtir Aykom.

Ce nom est connu également des Chinois & des Tartares : & plusieurs même à Peking le donnent à la nouvelle ville, quoiqu'elle ne soit pas bâtie dans le même lieu ; mais on doit l'appeler Saghalien oula hotun : c'est-à-dire, la ville du fleuve Noir, puisqu'on la nomme ainsi dans tous les actes publics, & dans les ordres qu'on expédie aux gouverneurs de ces quartiers.

De cette ville dépend en effet tout ce que les Mantcheoux. possèdent sur ce fleuve ; il n'y a qu'un nombre assez petit de villages, & une longue suite de déserts très vastes & pleins de bois, qui font un pays bon pour la chasse des martres zibelines, dont les Moscovites de Niptchou se seraient enfin rendus les maîtres, si la ville de Yacsa, qu'ils avaient bâtie à quelques journées de l'ancien Aykom en remontant le Saghalien avait subsisté ; mais dans le traité de paix de 1689, il fut conclu qu'elle serait démolie, pour ôter par là tout ombrage & tout sujet de querelles aux chasseurs des Tartares de ce pays. Ils font bonne garde, ils ont des vedettes fort avancées, & un nombre de barques armées sur le Saghalien oula.

Dans ce fleuve entrent quelques rivières telles que Song pira Corfin pira, &c. qui sont considérables par la pêche des perles. Les pêcheurs n'y font pas beaucoup de façons. Comme l'eau dans ces petites rivières n'est pas grande, ils s'y jettent sans contrainte, & prenant au hasard tout ce qu'ils rencontrent d'huîtres, ils ressautent sur le rivage.

Ils disent qu'on n'en trouve point dans le fleuve même ; mais c'est apparemment qu'ils n'ont osé plonger dans une eau si profonde, comme nous l'avons appris de leurs mandarins. Ils en pèchent aussi dans d'autres petites rivières qui se jettent dans Nonni oula & dans Songari, telles que font Arom, Nemer, qu'on trouve sur le chemin de Tçitcicar à Merguen : mais dans toutes celles qui sont à l'ouest de Saghalien oula hotun, en remontant le fleuve vers les terres des Moscovites, ils assurent qu'ils n'ont jamais pu en trouver.

Les perles ont ainsi leurs limites, & ne se prodiguent point à toutes sortes d'eaux : elles sont fort louées par les Tartares, & ne seraient apparemment estimées que médiocrement par nos connaisseurs, à cause du défaut de couleur & de figure. L'empereur en a des chapelets, chacun au nombre de cent & davantage, d'assez grosses, & toutes semblables ; mais elles sont choisies entre mille : car tout ce qu'on en pêche depuis tant d'années, n'appartient qu'à lui.

Les peaux des zibelines de ce pays sont aussi fort estimées par les Tartares, sur tout parce qu'elles sont de durée & d'un bon usage : mais quelle peine ne coûtent-elles pas aux chasseurs les Solons ta tse ! Ils sont originairement Tartares orientaux : ils se disent descendus de ceux qui se sauvèrent de la défaite générale de leur nation l'an 1204 ainsi que nous avons déjà remarqué. Ils sont encore plus robustes, plus adroits & plus braves que les habitants de ces p.017 quartiers. Leurs femmes montent à cheval, tirent de l'arc, & vont à la chasse des cerfs & d'autres bêtes fauves.

Un grand nombre de ces Tartares demeure à présent à Niergui : c’est un assez grand bourg peu éloigné de Tçitcicar & de Merghen. Nous les vîmes partir le premier d'octobre pour la chasse des martres zibelines, vêtus d'une robe courte & étroite de peau de loup, ils avaient une calotte de la même peau sur la tête, & l'arc sur le dos : ils menaient quelques chevaux chargés de sacs de millet, & de leurs longs manteaux de peau de renard ou de tigre, dont ils s'enveloppent pour se défendre du froid, surtout la nuit. Leurs chiens sont faits à la chasse, ils savent grimper, & connaissent les ruses des martres.

Ni la rigueur d'un hiver qui gèle les plus grandes rivières, ni la rencontre des tigres qu'il faut souvent combattre, ni la mort de leurs compagnons, ne les empêchent pas de retourner chaque année à une entreprise si pénible & si dangereuse qu'ils ne pourraient sans doute soutenir, si elle ne faisait toutes leurs richesses. Les plus belles peaux sont pour l'empereur, qui en donne un prix fixé pour un certain nombre. Les autres se vendent assez chèrement, même dans le pays, & ne se trouvent pas en grand nombre ; parce qu'elles sont d'abord achetées, partie par les mandarins des lieux, & partie par les marchands de Tçitcicar.

Les limites de ce gouvernement du côté de l'ouest & de la Tartarie des Moscovites sont deux rivières médiocres : l'une vient du sud, au-dessous du cinquantième, se jeter dans le Saghalien oula, presqu'au quatrième degré de longitude orientale, compté du méridien de Peking ; elle s'appelle Ergoné, & n’est distinguée que parce qu'elle sert de bornes à l'empire. De l'autre côté du fleuve, un peu nord-ouest de l'embouchure d'Ergoné vient aussi du nord la petite rivière Aigué Kerbetchi, dont le cours est encore moins long.

De là on compte encore cinquante lieues jusqu'à Niptchou la première ville des Moscovites, presque sous le méridien de Peking, située aussi sur le bord boréal du même Saghalien oula, & ainsi appelée de la rivière Niptchou, qui dans cet endroit se jette dans le fleuve. Elle est bâtie, dit-on, à peu près comme Tçitcicar. Elle a sa garnison composée de soldats, la plupart Sibériens & Tartares dépendants, mais commandée par des officiers moscovites. Sa hauteur a été trouvée l'an 1689 par les pères Thomas & Gerbillon de 51 degrés & 45 minutes, & elle s'accorde fort bien avec celle que nous avons prise à Saghalien oula hotun, & à trente-une lieues de cette ville, en remontant le fleuve, jusques dans un lieu où sont les gardes tartares, nommé Ouloussou moudan.

Ce qui est au-delà de Niptchou, des terres des Moscovites, & du Saghalien oula, vers sa source, n'a été mis sur notre carte, que sur le rapport des Mongous, qui ne demeurent pas loin des limites & des autres Tartares lesquels ont été bien aises d'avoir une idée générale de la situation de leur pays, par rapport à celui qui est hors des bornes de l'empire. Ainsi pour avoir une connaissance certaine & exacte de ces vastes régions, il faut attendre que les Moscovites en aient donné des cartes dressées par des mathématiciens envoyés exprès pour en faire la géographie : car celles qui ont paru jusques ici, ne peuvent avoir été faites que sur des mémoires réglés par les jours de chemin, ou par l'estime, ou sur des relations incertaines, puisque dans la description des limites de cet empire & des pays voisins, on remarque partout des fautes considérables, & encore plus de confusion.

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II

DES TERRES DES MONGOLS ou MONGOUS

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p.018 Il faut parler maintenant de l'autre partie de la Tartarie orientale, laquelle, ainsi que nous l'avons déjà remarqué, est gouvernée immédiatement par ses princes particuliers qui relèvent de l'empereur. Elle appartient toute aux Tartares Mongols ou Mongous, que les Chinois appellent Tsao ta tse, & n’est pas moins vaste que celle qui dépend des gouverneurs mantcheoux, puisqu'elle a plus de trois cents lieues en largeur de l'est à l'ouest, sur la longueur d'environ deux cents du nord au sud, qui n'est pas égale partout comme on le verra dans la carte.

Mais sous ce nom général de Mongous que de nations différentes ! Elles s'étendent jusqu'à la mer Caspienne ; tous ces peuples habitent sous des tentes, vivent de leurs troupeaux, vont d'un pâturage à un autre ; mettent leur habileté à savoir tirer de l'arc, à courir à cheval, & à donner la chasse aux bêtes fauves. Ils ont cependant leurs limites. Et s'il leur est permis d'errer dans cette étendue de terres déterminée par la coutume, ce serait faire un acte d'hostilité que de se placer au-delà.

Leurs terres, à parler en général, ne sont pas de nature à être cultivées. Il nous a paru que celles de Cortchin, Ohan, Naymann, que nous avons traversées deux fois dans notre retour de Pétouné & de Tçitcicar, sont les moins bonnes. Cortchin n'a que des plaines assez stériles ; faute de bois, ils se servent de fiente de cheval & de vache, qu'ils font sécher pour faire bouillir leurs marmites, & au défaut de fontaines ils creusent des puits.

Naymann, que quelques-unes de nos cartes françaises nomment royaume de Nagmans, & Ohan sont deux pays beaucoup plus petits & meilleurs que Cortchin, ils sont entremêlés de petites hauteurs qui nourrissent des arbrisseaux, fournissent du bois à brûler, & entretiennent une abondante chasse, surtout une multitude presque incroyable de cailles qui volaient sans crainte, même entre les pieds de nos chevaux.

Ces trois pays & celui de Tourmedé, ou Tourbedé, qui les joint à l'est, sont à peu près semblables, c'est-à-dire, secs, sablonneux, nitreux, & fort froids : cependant ils ne laissent pas de fournir à l'entretien d'un bon nombre de princes tartares. La seule maison de Cortching avait, quand nous passâmes, 8 à 9 de ces princes, tous distingués par des titres de dignités autant différentes entre elles, que le sont nos rangs de ducs, de marquis, de comtes, &c. Le nombre n'en est pas fixé, puisqu'il dépend de la volonté de l'empereur, qui est à leur égard le grand Han 1 des Tartares, & qui élève les uns, ou abaisse les autres, suivant les informations qu'il fait faire de leur bonne ou mauvaise conduite.

Quand ils sont sans titre ou sans gouvernement de soldats, on les nomme Tai gui, ou, suivant la prononciation chinoise, Tai ki, ils ne laissent pas d'être respectés par les Tartares de leur pays, comme les maîtres, car ces Tartares sont en effet esclaves de leurs maisons.

Les terres de Cartching sont sans comparaison meilleures. Comme les princes qui y dominent à présent, sont originairement chinois, & qu'ils n'appartiennent à l'ancienne maison que par p.019 alliance, ils y ont attiré un grand nombre de leurs compatriotes, qui y ont bâti beaucoup de villages, & qui ont par leur travail amélioré les terres voisines, dont ils tirent de quoi vivre & de quoi faire le commerce avec les autres Tartares, en leur vendant une partie de leur moisson.

On y trouve des mines, surtout d'un bel étain, & de grandes forêts de haute futaie, qui fournissent une partie du bois à bâtir, dont on se sert à Peking. C’est par ce commerce que le trisaïeul de la famille présente s'enrichit, & qu'ayant par les richesses procuré à l'ancien maître de Cartching de grands avantages, il gagna tellement son amitié, qu'il obtint sa fille en mariage, & devint héritier de tout ce qu'il possédait. S'étant mis ensuite sur le pied de prince Tartare, il imita leurs manières, & peu à peu il gagna le reste des sujets, & se vit bientôt la maître de tout ce qu'avait possédé son beau-père.

Pour se le conserver, il s'attacha aux Mantcheoux, qui tentaient alors la conquête de la Chine, & les aida de ses biens & de ses troupes, ne doutant pas du succès dans la confusion où il savait qu'était l'empire chinois, par le soulèvement de deux fameux rebelles 2. Sa récompense fut la possession pacifique de tout le Cartching une alliance de sa famille avec la nouvelle maison impériale Tsing tchao & la dignité de tsing vang, qui est le plus grand titre d'honneur qu'un empereur chinois puisse donner à un prince de sa dépendance, & qu'on a traduit dans les relations, par le nom de régulo du premier ordre.

Le Cartching n'a guère plus de 42 de nos grandes lieues, en le prenant nord & sud : mais il s'étend beaucoup plus de l'est à l'ouest, où sont en partie les lieux de chasse de l'empereur, & peu loin de là les belles maisons de plaisance, où ce grand prince passe ordinairement tout l'été : car les chaleurs sont dans tous ces quartiers là beaucoup plus tolérables qu'à Peking ; quoiqu'on ne compte jusqu'à Geho, où est bâtie la plus belle, qu'environ 40 lieues en passant par Kou pe keou, une des portes de la grande muraille, qui est presque au milieu du chemin qui y conduit.

Au-delà de cette porte, après qu'on a passé le pays de la chasse, en allant vers le nord, on trouve les terres des princes d'Onhiot 1 & de Parin qui sont alliés à la maison impériale depuis bien des années. Le pays de Parin est le plus étendu, & est assez semblable d'ailleurs à celui d'Onhiot, qui n’est que médiocrement bon. Il n'a aussi qu'un petit nombre de maisons bâties auprès du palais de la princesse fille de l'empereur, où logent les gens qui l'ont suivi. Nous en fûmes très bien reçus : & il est vrai que, même parmi les Tartares, les princes ont dans leur air & dans leurs manières, je ne sais quoi, qui les fait distinguer de leurs sujets.

Ceux-ci ne sont traités, ni ici, ni ailleurs, d'une manière trop dure ; & s'ils ne se nommaient point esclaves en parlant à leurs maîtres, on ne croirait pas qu'ils le fussent, tant ils ont d'accès auprès d'eux, & de facilités à en être écoutés sur les moindres affaires. Mais cette espèce de familiarité ne diminue en rien leur respect : ils sont persuadés dès leur plus tendre enfance, qu'ils ne sont nés que pour servir, & leurs maîtres pour commander.

Parin & Onhiot ont aussi plusieurs princes : le gendre de l'empereur avait alors le titre de tsing vang, ou régulo du premier ordre, & un des princes d'Onhiot celui de kiun vang, ou régulo du second ordre. Sa mère avait bâti un petit palais près d'une petite rivière nommée Sirgha ou Sibe : pour lui, il campait ordinairement sur le bord, tantôt dans un endroit, & tantôt dans un autre.

Mais parmi les nations Mongous ou Mongols dépendantes à présent de l'empereur, la plus nombreuse & la plus renommée est celle des Kalka : car elle p.020 occupe encore aujourd'hui plus de deux cents lieues de pays est-ouest, & les bords des plus belles rivières de cette Tartarie.

Celle de Kalka pira dont ils ont pris le nom, est maintenant presque la moins fréquentée. Ils la font sortir d'une fameuse montagne nommée Suelki, ou Siolki, éloignée de Parin de 84 lieues, & de Tçitcicar de 64. Ils prétendent qu'elle est aussi la source de plusieurs autres rivières ; mais il n'y en a aucune qui soit remarquable, ou par la longueur de son cours, ou par l'abondance de ses eaux.

Le Kalka pira entre dans un assez grand étang nommé Pouir, qu'il traverse, & court en sortant directement vers le nord, jusqu'à un lac encore plus grand appelé Coulon nor, dont nous allons parler. Ce qui mérite ici d'être observé, c'est qu'après la sortie de Pouir il change de nom & s'appelle Ourson, afin qu'on ne mette pas deux rivières où l'on n'en trouve qu'une : erreur fort commune même à Peking, où les Tartares, qui n'ont pas été sur les lieux, parlent peu exactement de ce quartier, apparemment à cause de ces changements de nom.

Les rivières de Kerlon, de Toula, de Touy, de Selingué, qui n'ont pas une origine si célèbre parmi la nation, sont cependant bien plus habitées le long des bords : elles arrosent des campagnes plus vastes & plus fertiles en fourrages. Leurs eaux d'ailleurs plus nettes & plus saines, abondent encore en bons poissons, surtout en truites.

Le Kerlon vient de l'ouest à l'est, se jeter dans le grand lac de Coulon nor, dont les eaux se déchargent dans le grand fleuve Saghalien oula, par un canal d'une nouvelle rivière, qui quittant le nom de Kerlon sans reprendre celui de Kalka, ou d'Ourson, quoiqu'elle soit composée des eaux de ces deux rivières, est nommée Ergoné qui, comme nous l'avons dit, sert de ce côté là de limites à l'empire mantcheou.

Comme on a marqué sur la carte la position & l'étendue du lac Coulon nor, sans avoir égard aux géographies chinoises, aussi bien que le cours de ces rivières, avec la différence des noms par rapport au pays, nous n'en dirons rien davantage : une plus longue description ne ferait peut-être qu'embarrasser une chose très claire dans la carte.

Le Kerlon n'est pas profond, il est guéable presque partout, d'un fond de sable, d'une bonne eau, de la largeur de 60 pieds ordinaires ; ayant le long de ses bords les meilleurs pâturages de la Tartarie. On voit encore sur son bord septentrional les restes d'une grande ville, que nous n'avons pas oubliée dans la carte de l'empereur, où nous avons marqué ces sortes de villes, par des petits carrés sans couleur.

Ces villes ne sont point fort anciennes : car il paraît comme certain qu'elles ont été toutes bâties dans les terres des Mongols par les successeurs mongous, du fameux Coblai han ou Cobeli, comme prononcent les Tartares orientaux, ou Co pi li, suivant le nom donné à ce prince par les Chinois, qui se servent du P pour le B qu'ils n'ont pas.

Celui qui l'avait précédé nommé Mango han, ou Mangeou, dont il est fait mention dans la relation du cordelier Rubrequis à S. Louis en l'année 1253, n'était maître que du nord de la Chine, & demeurait presque toujours hors de la grande muraille, dans un lieu de Tartarie nommé Kara coran, ainsi que le rapporte ce religieux. Mais Coblai poussa ses conquêtes au sud l'an 1260, & après des guerres tantôt continuées, tantôt suspendues durant l'espace de 19 ans, il demeura maître paisible de toute la Chine. Aussi dans les annales chinoises est-il censé le premier empereur de la famille impériale, & l'ancêtre des Mongous connus sous le nom d'Yuen tchao l'an 1279.

p.021 Ainsi il est très probable que ces villes n'ont été bâties qu'après le commencement du règne de Coblai ; c'est-à-dire, après l'an 1260, suivant le calcul chinois, qui est en ceci conforme au nôtre. Rubrequis parle de Kara coran comme d'un village, & on connaît d'ailleurs le génie de la nation, qui préfère l'usage des tentes aux commodités de quelque maison que ce soit.

Mais après avoir pris l'esprit chinois & s'être civilisés sous la domination de Coblai, prince aussi accompli que le sont les Chinois, on peut sans doute supposer que ne voulant pas paraître inférieurs à ceux qu'ils venaient de vaincre, ils commencèrent à bâtir dans leur Tartarie un assez bon nombre de villes, dont on voit encore les ruines en plus de vingt endroits différents, & peut-être encore en d'autres dont nous n'avons pas connaissance.

Les Mongous d'alors auront donc fait ce que font les Mantcheoux d'à présent, depuis l'heureux gouvernement de l'empereur Cang hi, par la magnificence duquel on a bâti des villes dans la Tartarie la plus éloignée, & de très belles maisons de plaisance dans la plus voisine, surtout à Geho & à Kara hotun dont le nom ressemble assez à Kara coran & signifie ville noire. Mais la situation est entièrement différente : ainsi l'époque des fondations de ces villes tartares doit être placée sur la fin du 13e siècle ; & comme par une révolution surprenante, les Chinois devinrent à leur tour victorieux sur la fin du siècle suivant, & qu'elles furent détruites ou abandonnées, il n'est pas surprenant, si dans une si petite durée elles n'ont pu élever des monuments magnifiques, capables d'éterniser leur mémoire.

La ville qui était sur le Kerlon était carrée, & avait de tour 20 lys chinois, ou deux de nos lieues. On en voit encore les fondements, de grands pans de muraille, & deux pyramides à demi ruinées. Son nom était Para hotun, c'est-à-dire, la ville du tigre ; parce qu'on prétend qu'elle fut bâtie à l'occasion d'un cri de tigre, qu'on prit pour un bon augure.

Il y a non loin de là un lieu nommé Kara ousson, où est un petit lac d'eau, & une belle fontaine dans une plaine assez fertile, où l'on rencontre des troupeaux de chèvres sauvages, des mules sauvages, &c. Savoir si c'est là qu'était Kara coran, la cour de Mango han, ou même de Kajou sou 1 son prédécesseur, vers lequel fut envoyé le dominicain de Lonjumeau, avec des présents magnifiques par S. Louis l'an 1249, c’est ce qu'il n'est pas facile de déterminer. Car d'un côté on ne voit pas qu'un si grand empereur de la Tartarie & de la Chine septentrionale, pût demeurer ailleurs que dans les pays qui sont au-dessous du fleuve Saghalien oula : tout ce qui est au-delà ne peut être habité que par des sauvages ; ce qui sans doute ne convient pas au maître de tant de nations, chargé du gouvernement du plus grand empire du monde, & à une cour pleine non seulement d'officiers capables d'expédier les affaires, mais encore, si l'on en croit la relation, d'ambassadeurs des pays les plus éloignés, & de prisonniers de presque toutes les nations du monde. Mais d'un autre côté la route de ces deux ambassades ne s'accorde pas avec la position des montagnes & de ces rivières, qui toutes, suivant les observations, font au-dessous du 50e degré de latitude, dans cette partie de la Tartarie.

Le Kerlon n’est, par exemple, qu'à 48 degrés & tant de minutes, & Kara ousson est à une hauteur encore moindre. Il serait plus facile de supposer que ces voyageurs, privés du secours des mathématiques & de la boussole dans une si longue route vers l'est, ont p.022 insensiblement décliné vers le sud, au lieu, comme ils le supposent, de s'être élevés si fort vers le nord, jusqu'au soixantième. La Tartarie d'ailleurs, soit au nord, soit en venant vers le sud, même vers le 41e où est Kara hotun, ne manque pas de bois à brûler, elle en manque seulement dans les plaines dont nous avons parlé qui sont situées au-dessous du 50e.

Cependant il est rapporté que dans la tente ou dans l'appartement même de l'empereur, il y avait un brasier entretenu du bois de quelques épines, de racine d'absinthe, & de fiente de bœufs. Après tout, quand on ne saurait dire précisément où était cette cour, & le village de Kara coran, la chose n'en serait pas moins certaine. Car si la géographie ancienne de nos Gaules souffre tant de difficultés, même avec le secours de tant de monuments anciens, & de tant de livres, on en doit encore trouver de plus grandes dans des pays comme ceux-ci, & surtout dans la Tartarie, qui étant un pays tout ouvert & sans défense, devient toujours la proie du plus fort.

C’est sur le chemin de Tchang kia keou vers le Kerlon, qu'on trouve une inscription singulière, & peut-être l'unique dans le pays des Mongous, à une lieue d'un endroit nommé Holoustai où est un petit lac. On y trouve de gros morceaux de marbre blanc enfoncés en terre. Sur le plus élevé sont quelques caractères chinois, qui marquent que sous Yong lo, l'armée chinoise commandée par l'empereur en personne, arriva jusques là le 14e mai 1 suivant notre calcul, d'où il paraît qu'il ne poussa pas les Mongous qu'il poursuivait, au-delà du Kerlon & qu'il se contenta de les tenir loin de la grande muraille, & des vrais limites de la Chine.

L'autre rivière appelée Toula va de l'est à l'ouest : elle est en bien des endroits plus grosse, plus rapide, plus profonde que le Kerlon ; elle est de plus bordée de bois & de très belles prairies. Les montagnes qui sont à son nord, ont leur sommet couvert de gros sapins, & font un assez bel effet à la vue. Les Mongous de cette Tartarie en parlent avec admiration.

La rivière de Toula se joint à une autre nommée Orgon ou Ourhon, qui vient du sud-ouest : après avoir coulé ensemble vers le nord, & s'être enflée de quelques autres, comme de Selingué pira, elle se jette enfin dans le plus grand des lacs de toute la Tartarie nommé Pai cal, qui appartient aux Moscovites. Le Selingué même n'appartient pas entièrement à nos Kalkas. Les Moscovites sont maîtres du bas de la rivière : ils ont bâti sur le bord opposé près des limites des deux empires, une petite place qu'ils nomment Selingeskoi, & en delà de celle-ci, la ville d'Ergouski, beaucoup plus peuplée, & autant marchande que le peut être une ville de Tartarie.

En allant de là jusqu'à Tobolsk, la capitale de la Sibérie & de la Tartarie septentrionale, on trouve de distance en distance des places & des villages, où l'on peut loger assez commodément, & ce n'est qu'en deçà du Selingué sur les terres de cet empire, qu'on est obligé d'habiter & de vivre à la manière tartare, presque jusques à l'entrée de la grande muraille.

Le Touy pira roule des eaux aussi claires & aussi saines que le Kerlon : il arrose des plaines aussi fertiles que celles qui sont autour de Toula, & après avoir coulé assez loin, il se perd dans la terre, près d'un petit lac sans en ressortir, & sans reparaître nulle part.

La nation des Kalkas a grand nombre de princes, & est comme divisée en cantons. Quelques-uns ont eu le nom de han, c'est-à-dire, d'empereur ; quoiqu'il soit certain qu'ils n'ont jamais été maîtres de toute la Tartarie, mais seulement des terres appartenantes à leur maison & à quelques autres tout à fait p.023 voisines & peu considérables.

Avant la guerre, qui s'alluma en l'année 1688 entre les Tartares Eluths & les Kalkas, ceux-ci avaient encore trois princes qui prenaient le nom de Han. L'un deux nommé Chasactou han était le plus avancé vers l'ouest : il fut pris & tué par les Eluths. Le second appelé Tousictou han prit la fuite, sans être suivi de la plupart de ces gens, qui se retirèrent dans les bois, que nous avons dit être au-delà de la rivière de Toula. Le troisième qui se nomme Tche tchin han accoutumé à camper près de Kerlon, se retira suivant la rivière jusqu'à Coulon nor, & était prêt à passer l'Ergoné, s'il se voyait forcé d'entrer dans les terres soumises aux Mantcheoux dont il implorait l'assistance.

Après la guerre & la mort du prince Caldan roi des Eluths, qui prétendait que les Kalkas & leurs han avaient toujours relevé de sa famille, l'empereur se trouva le maître de ce qui restait de ces princes & des peuples de cette nation, massacrés en partie par ce cruel ennemi.

L'an 1691 Tche tchin han avec les princes kalkas de sa maison, qui avaient eu recours à Sa Majesté, l'avaient reconnu pour leur premier souverain à des conditions assez honorables, eu égard à l'état où ils se trouvaient réduits. Le han fut confirmé dans la dignité, à condition qu'elle ne passerait pas à son successeur, & qu'il se contenterait de celui de tsing vang, c'est-à-dire, régulo du premier ordre, ainsi que son oncle, qui dès le même jour fut revêtu de cette dignité par l'empereur, qui tenait les États de Kalka. Cinq autres furent faits pei le, c'est-à-dire, régulos du troisième ordre ; un autre fut fait cong, ce qui est à peu près la même chose que comte. Deux furent faits chassac, c'est-à-dire, chefs d'étendards ou de bannières.

Pour entendre ceci, il faut supposer que les Tartares, soit à Peking, soit ailleurs, Mantcheoux & Mongous, aussi bien que les Chinois, qui les ayant suivi des le commencement de la conquête de l'empire, sont, si l'on ose hasarder ce terme, tartarisés, se divisent en différents corps, & sont rangés sous des bannières.

Ceux de Peking, comme nous le dirons dans la suite, sont sous huit bannières, distinguées par des couleurs qu'ont déterminées les lois de la nouvelle monarchie. Les Mongous hors de la grande muraille étaient ces dernières années rangés sous 49 bannières, dont le dénombrement serait ici ennuyeux & inutile, puisqu'il n'est pas fixe, & qu'il croît à proportion du nombre des familles.

Les bannières des Mongous n'ont pas un nombre égal de
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