Congrès Marx International V section Sociologie Paris-Sorbonne et Nanterre 3/6 octobre 2007








télécharger 200.76 Kb.
titreCongrès Marx International V section Sociologie Paris-Sorbonne et Nanterre 3/6 octobre 2007
page3/8
date de publication24.03.2017
taille200.76 Kb.
typeDocumentos
ar.21-bal.com > loi > Documentos
1   2   3   4   5   6   7   8

1.4. Trois types de gouvernement des forums sociaux
La forme organisationnelle des forums sociaux est particulièrement malléable. En tolérant une grande variété d’événements auto-organisées en son sein, elle offre un milieu favorable à l’innovation institutionnelle et rend possible l’expérimentation de différentes procédures de coordination circonscrites à des aires différentes de l’espace du forum (Staggenborg, 1989). Dans ces conditions, il n’est pas surprenant que les propositions institutionnelles visant à apporter diverses solutions d’ingénierie participative aux processus des forums sociaux soient nombreuses et émanent de toutes sortes d’acteurs. Les modes de coordination et de légitimation des instances organisatrices des forums se sont en effet profondément transformés de la première à la cinquième édition du FSM. Par tâtonnement et ajustement progressif, et surtout en jouant sur les variations d’échelle entre les différents forums mondiaux, continentaux, nationaux ou locaux, différentes configurations institutionnelles ont été mise en oeuvre. Il est cependant possible de dégager un mouvement d’ensemble dans les multiples aménagements institutionnels qui ont été apportés aux structures de gouvernement des forums. C’est en effet vers une radicalisation des principes de fonctionnement en réseau que s’oriente actuellement la plupart des choix d’organisation effectués par les promoteurs des forums mondiaux et européens : auto-organisation des événements, procéduralisation des règles de coordination, pluralité des stratégies d’action issues des différents espaces des forums et transformation des forums en lieux d’expérimentation des alternatives sociales et politiques. Cette dynamique est le produit d’un parcours en mode essai/erreur dans lequel les critiques internes et externes portées à l’encontre des modes d’organisation existants ont joué un rôle déterminant. Certains segments du militantisme « alter » exercent en effet une vigilance sourcilleuse sur l’organisation de leur mouvement et conçoivent celui-ci comme un espace de préfiguration des changements globaux pour lesquels ils militent. Bien que cette sensibilité soit loin d’être également répartie, et qu’elle soit surtout portée par des think tank proche du monde intellectuel, certaines organisations font de la question démocratique l’enjeu premier et principal des forums sociaux. Elles multiplient ainsi les rappels à l’ordre, les publications et les propositions d’amendement aux processus des forums sociaux.
Les transformations des structures organisationnelles des forums peuvent s’interpréter comme la mise à l’épreuve successive de différentes manières de gérer la délicate tension entre le projet « unificateur » du forum, qu’il vise à communaliser les représentations et les programmes (P1) ou à définir des stratégies de mobilisation (P2), et les contraintes d’horizontalité propre à la forme réseau. Ces dernières rendent en effet difficile la mise en place d’un système de gouvernement du forum, puisqu’il est requis que celui-ci doit, d’une part, faire montre d’ouverture et de transparence et, d’autre part, refuser de tirer profit des ressources que lui confère sa réussite pour prononcer en son nom des mots d’ordre ou des appels à la mobilisation. Dans leur principe même, ces contraintes posent trois types de risque aux organisateurs : celui d’une dilution des forces réunies par l’espace des forums en étendant les liens d’interdépendance vers toute sorte d’acteurs qui composent l’environnement relationnel des participants (partis politiques, fondations, organisation internationales, entreprises, etc.), celui de la paralysie résultant de la conjonction entre l’élargissement du nombre des organisateurs et l’adoption de la règle du consensus et celui d’un éclatement des lignes d’action multipliant, de manière éventuellement contradictoires, les mots d’ordres, les campagnes, les tactiques de lobbying et les appels à mobilisation. Comme on le verra, en portant l’accent sur l’une ou l’autre de ces contraintes, l’ouverture du réseau (C1), le refus de la délégation (C2) ou le maintien du consensus (C3) les acteurs modifient l’équilibre initial entre élaboration d’alternatives et action collective qui a donné naissance au projet du forum. Ils se soumettent alors à un jeu de critiques croisées particulièrement vif qui révèlent les fortes tensions politiques interne au forum. Aussi, est-ce à travers un ensemble de compromis mêlant des techniques de coordinations traditionnelles et des solutions organisationnelles « radicales » que les promoteurs de la forme forum s’attachent aujourd’hui à redéfinir les modes de coordination internationale des réseaux de la critique de la globalisation néo-libérale. Afin de simplifier la présentation de ce parcours dans les technologies de coordination de la forme forum, nous nous arrêterons sur trois configurations organisationnelles différentes qui suivent grossièrement un déroulement chronologique : la mise en place, d’abord, par un groupe d’ONG, d’associations et de mouvements sociaux brésiliens des premiers forums sociaux mondiaux (modèle cooptatif), les forum sociaux européens, ou un mode de fonctionnement différent été adopté (modèle assemblée) et, enfin, la dernière session du Forum social mondial, en 2005, que les organisateurs brésiliens et le conseil international du FSM ont décidé de réviser profondément (modèle agglutination).
2. Le réseau des fondateurs
Les premières instances mises en place pour organiser le FSM de Porto Alegre en janvier 2001 sont caractéristiques de l’émergence des formes réseaux. C’est en effet la mobilisation d’un très petit groupe d’acteurs franco-brésilien aux liens interpersonnels étroits qui a pris l’initiative en février 2000 de lancer le FSM de Porto Alegre, dans un contexte où, de façon concurrente, de multiples initiatives prenaient forme pour donner des objectifs et un cadre de mobilisation plus stable à la coalition de mouvements qui s’était retrouvée plusieurs fois avec succès lors des contre-sommets. Initiée par Oded Grajew, co-ordinateur d’une association brésilienne d’entrepreneurs citoyens (CIVES) et Francisco Whitaker, secrétaire exécutif de la Commission Justice et paix de l’épiscopat brésilien (CBJP), l’initiative du forum social, après discussion avec Bernard Cassen, président d’ATTAC et directeur du Monde diplomatique, est confiée à un petit réseau d’organisations avec lesquelles les fondateurs entretiennent des liens personnels anciens et profonds. Ce premier groupe va rapidement créer un Comité d’organisation brésilien (COB), instance fermée de huit organisations (Cassen, 2003). Six d’entre elles sont de « petites », mais influentes, organisations de la société civile brésilienne : l’association brésilienne des organisations non gouvernementales (Abong), l’Institut brésilien d’analyses sociales et économiques (IBASE), le Réseau social de la justice et des droits humains (CJG) et les associations des trois fondateurs, Attac-Brésil, CBJP et CIVES. Les deux dernières sont des organisations de masse : le syndicat CUT (Central Ùnica dos Trabalhadores) et le mouvement des sans terre (MST – Movimento dos Trabalhadores Rurais Sem Terra). C’est ce comité qui, seul, organisera le premier FSM en évitant délibérément de chercher à élargir sa représentativité en internationalisant sa composition (ibid., p. 62 et suiv.). Les organisations brésiliennes, puissance invitante, s’instituent ainsi en organisatrices unique assumant les décisions relatives à la planification de l’événement et à la sélection des invitations qu’elles vont lancer pour convier les organisations et mouvements qui s’étaient retrouvés lors des précédents contre-sommets.
2.1. L’architecture participative des forums sociaux
C’est donc le COB qui donne à la forme forum son architecture générale. Ses membres en font un espace dédié à la prise de parole, en multipliant les scènes sur lesquelles pourront s’exprimer professionnels et profanes. Les forums sociaux se caractérisent, en effet, par leur programmation proliférante. A la différence des congrès ou des colloques, la liste des événements inscrits au programme est interminable. Afin d’ouvrir les possibilités d’expressions le plus largement possible, une architecture a trois niveaux est constituée avec des séances plénières (28, par exemple en 2002), des séminaires (100) et des ateliers (700) ; le tout concentré en quatre jours. Ce système étagé de distribution des lieux de parole permet de programmer les prises de parole selon trois processus distincts et, relativement, antagonistes. De façon descendante, le choix des thèmes et des orateurs des séances plénières est un attribut du COB. A l’inverse, de façon remontante, les ateliers sont des activités auto-organisées proposées par une ou plusieurs organisations, choix qui n’est jamais contesté dès lors que l’organisation proposante adhère à la Charte de Porto Alegre. De façon intermédiaire, les séminaires sont proposés par des coordinations d’organisations de plusieurs nationalités, la cohérence thématique et les propositions redondantes étant parfois amendées par le COB. Ces différents modes de programmation recouvrent aussi des différences très sensibles dans les modalités d’organisation des débats. Les plénières reproduisent le format du meeting ou de la conférence académique : 8 orateurs en tribune s’adressent à de grandes salles de plusieurs milliers de personnes, sous l’autorité d’un animateur. Les séminaires et les ateliers réunissent dans de petites salles un nombre moins important de participants et s’ouvrent beaucoup plus à une très grande variété de situations de parole : libres discussions avec la salle, exercices participatifs, ateliers de réflexion, etc. Dans ce processus mixte, mêlant programmation centralisée et propositions auto-organisés, c’est d’abord et avant tout le premier processus qui focalise toute l’attention des organisateurs et auquel sont réservés la plupart des ressources du forum (salle, traduction, communication). Les choix thématiques des plénières reflètent les axes thématiques que les organisateurs ont souhaité donner au forum et c’est le COB qui dresse le programme, construit les panels de personnalités, et envoie les invitations.
2.2. Cooptation et jeux d’influence
Les critiques à l’égard du contrôle exercé par le réseau coopté des fondateurs se sont très rapidement déployées, même si la réussite des premiers forums et l’enthousiasme des participants a aussi contribué à les doter d’une visibilité et de ressources symboliques qui leur permettra, par la suite, de revendiquer un rôle de gardien historique des principes de la charte de Porto Alegre. Revendiqué comme facteur de succès des premiers forums qui ont su impliquer une multiplicité d’acteurs, le respect de la contrainte d’ouverture à la diversité du mouvement (C1) peut cependant être retourné contre les pratiques de son centre organisateur. Le pouvoir d’influence « occulte » (Klein, 2001) du COB a ainsi pu apparaître comme la fixation d’une asymétrie de position à l’intérieur du mouvement, induisant un ensemble d’effets propres à la forme, opaque et informelle, des réseaux de pairs : appariement sélectif générant du corporatisme, formation de coalitions distributives réservant les principales ressources du forum (notamment le temps de parole et la visibilité) aux groupes les plus proches, positionnement privilégié de quelques nœuds de réseaux bénéficiant de liens privilégiés avec certains acteurs et s’en réservant l’exclusivité, caractère informel des jeux d’influence, rapports de force masqués entre « gros » et « petits » acteurs derrière une prétendu égalité de position, etc. Ces critiques soulignent toutes le manque de légitimité du noyau fondateur brésilien. La nécessité d’un contrôle brésilien sur un forum à vocation « globale » apparaît en effet difficilement justifiable. Par ailleurs, la composition du comité, tous hommes, blancs, relativement âgés et intellectuels (Klein, 2002), ne facilite guère la représentativité de ce « komintern » ainsi que le souligne un jeune activiste argentin lors d’un dialogue avec Susan George : “To have a “secretariat” of a network is the opposite of having a network. This could lead to struggles for power, struggles which could end up destroying the existing networks. Instead, the Forum should offer economic and technical support for the network to actually happen rather than try to centralise or give the network a voice or a space, a location” (Adamovsky, George, 2004, p. 133).
Devançant ces critiques, le COB a cependant créé dès juin 2001 le « WSF International Advisory Comittee » qui sera rebaptisé Conseil International (International Council, IC) lorsque, de structure de conseil du COB, il acquérra une pleine légitimité pour s’imposer comme le principal centre de décision du processus des forums sociaux. S’il va permettre une internationalisation du centre organisateur du forum et un réel élargissement des mouvements représentés, sa compositon reste elle aussi cooptative. En effet, le CI commence par réunir un ensemble d’organisations dont la liste a été rédigé par le COB le dernier jour du premier FSM (Teivanen, 2004, p 123). L’extension du CI qui a progressivement acquis le statut de structure légitime de décision s’est faite progressivement et par un mécanisme de cooptation. En février 2003, il comptait 113 organisations. Devenue de plus en plus insatisfaisante, et objet de critiques récurrentes, la sélection par cooptation des nouveaux entrants a été modifié lors du Conseil international de Miami en juin 2003. Une procédure de dépôt de candidature et de sélection par la commission Extension du Conseil International a été mise en place. Les règles de sélection des organisations participantes au CI y sont l’objet de lourds et difficiles débats. Il a, par exemple, été longuement débattu le point de savoir si les postulants au CI devaient être activement engagés dans plusieurs pays, critère de sélection par la transnationalisation des mouvements candidats qui s’avère suffisamment sélectif pour que les membres actuels du CI gardent la main sur le processus.
L’ouverture du CI contribue à « démocratiser » la structure des forums, mais elle n’apporte pas de véritable réponses au caractère extrêmement élitiste de la participation à une instance internationale de ce type et de la difficulté de s’y engager et de s’y faire accepter pour les petites organisations ne disposant pas de liens fort avec les organisations historiques (Osterweil, 2004). Heikki Patomäki et Teivo Teivainen (2004) estiment que 120 personnes y sont influentes et que 1000 à 2000 personnes qui y accèdent par roulement au titre de leur organisation participent à la discussion collective, mais n’ont pas d’influence réelle sur les décisions. Trois types d’acteurs ont un rôle important dans le CI. Les « grosses » organisations comme Via Campesina, les grands syndicats et les principales ONG, bénéficient d’une écoute plus attentive, mais d’autres organisations, de taille plus réduite, disposent elles aussi d’une capacité d’influence, notamment parce qu’elles symbolisent des réalités considérées comme indispensables à la réussite des forum sociaux : secteurs sociaux exploités et/ou opprimés, continents pas assez représentés au CI. La Marche mondiale des femmes ou de petites ONG ayant eu un rôle précurseur dans l’établissement de liens en Afrique ou en Asie, comme Focus on the Global South, en sont des exemples. Reste les absents, ou ceux qui sont très faiblement présents, pour des raisons économiques (Afrique), par la faiblesse relative de leur « société civile » (Russie, Chine et Asie centrale) ou parce que la culture dominante régnant au sein du CI est très éloignée de leurs traditions militantes (Etats-Unis). Le CI, composé sans critères préétablis, compte aussi des représentants d’organisations ou d’ONG peu connectées à des réalités militantes et qui n’ont donc que peu de comptes à rendre. Structure favorisant les relations d’influences informelles, le réseau apparaît alors comme un instrument de pouvoir particulièrement efficace au bénéfice de ceux qui, dotés de positions multiples et familiers des jeux d’acteurs internationaux savent le mieux circuler dans ces espaces flous. L’imprécision des statuts et des organes de décision permet à quelques acteurs, véritables « courtiers » en relations (McAdam, Tarrow, Tilly, 2001), sans qu’ils disposent de statut ou de mandat explicite, de jouer d’une grande influence sur les décisions du CI.
Dans le prolongement de la dénonciation du pouvoir implicite des « gros acteurs », une autre critique s’est élevée contre l’instauration d’une coupure au sein des FSM, entre une élite professionnalisée de porte-parole et d’intellectuels monopolisant les micros des séances plénières et les militants engagés dans des mobilisation concrètes et locales qui s’attachent à convaincre et à créer des liens dans les ateliers. Cette différenciation sociale inscrite dans l’architecture étagée du forum recoupe des écarts entre l’agenda thématique des plénières, plus intellectuel, global et stratégique, d’une part, et celui des séminaires et ateliers, plus concret, local et tactique, d’autre part. Cette critique se porte aussi à l’encontre de la spectacularisation du forum et de la vedettarisation de certaines figures de l’altermondialisme (Noam Chomsky, Arundhaty Roy, Ignacio Ramonet, Lula, etc.). La programmation des forums sociaux par le COB, que valide désormais le CI, leur réserve une place de choix et en fait des « têtes d’affiche » destinées à attirer le public et les journalistes. Ce faisant, elle reproduit des formats de communication particulièrement asymétriques que les participants, lors des séminaires et ateliers, ne cessent de dénoncer.
1   2   3   4   5   6   7   8

similaire:

Congrès Marx International V section Sociologie Paris-Sorbonne et Nanterre 3/6 octobre 2007 iconSynthèse des deux réunions du groupe transversal (11 octobre 2007 / 16 octobre 2007) 167

Congrès Marx International V section Sociologie Paris-Sorbonne et Nanterre 3/6 octobre 2007 iconBmw media Information 9/2007 Page b mw au Salon international de...
«bmw efficientDynamics» et sa mise en œuvre dans un grand nombre de nouveaux modèles constituent le centre d’intérêt de la présentation...

Congrès Marx International V section Sociologie Paris-Sorbonne et Nanterre 3/6 octobre 2007 iconInha, les 4 et 5 octobre 2012, Salle Vasari
«Esthétique et politique des cartes» sous la direction de Manola Antonioli (École Nationale Supérieure d’Art de Dijon – École Nationale...

Congrès Marx International V section Sociologie Paris-Sorbonne et Nanterre 3/6 octobre 2007 iconS société Internationale de Sociologie des Religions International...

Congrès Marx International V section Sociologie Paris-Sorbonne et Nanterre 3/6 octobre 2007 iconJean-Luc Moulène Selected Biography Born in France, 1955 Lives and...

Congrès Marx International V section Sociologie Paris-Sorbonne et Nanterre 3/6 octobre 2007 iconJean-Luc Moulène Selected Biography Born in France, 1955 Lives and...

Congrès Marx International V section Sociologie Paris-Sorbonne et Nanterre 3/6 octobre 2007 iconLe Laboratoire de Recherche sur Le Maroc et Le Monde Ibérique et...

Congrès Marx International V section Sociologie Paris-Sorbonne et Nanterre 3/6 octobre 2007 iconBac+4, Maîtrise en Sciences de gestion, Université Panthéon-Sorbonne Paris 1

Congrès Marx International V section Sociologie Paris-Sorbonne et Nanterre 3/6 octobre 2007 iconLe sejour de karl marx a alger
«débusquer» le barbier et le photographe, tous deux témoins, chacun à sa manière, de la dernière barbe et de la dernière photographie...

Congrès Marx International V section Sociologie Paris-Sorbonne et Nanterre 3/6 octobre 2007 iconL’atelier international de terrain : 6 et 7 octobre (Ghardaïa) 10
«Plan International d’Action pour un tourisme solidaire et responsable 2006-2010» qui formule une série de recommandations visant...








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
ar.21-bal.com