Période antique et pré-islamique








télécharger 149.7 Kb.
titrePériode antique et pré-islamique
page3/5
date de publication24.03.2017
taille149.7 Kb.
typeDocumentos
ar.21-bal.com > loi > Documentos
1   2   3   4   5

Le pouvoir législatif


Créée en 1906, l'Assemblée nationale consultative (équivalent de l'Assemblée Nationale en France) qui était complétée du Sénat devient l'unique corps législatif en 1979. Avec la révision de la Constitution en 1989, elle est nommée l'Assemblée consultative islamique ou Majlis en persan. Les députés sont élus au suffrage universel direct tous les 4 ans. Ils votent les lois et peuvent initier une mesure de remise en cause du Président mais la décision finale revient au Guide. Cinq sièges sont réservés aux minorités religieuses. Un candidat doit recueillir 25% des voix pour être élu au premier tour.
Le Conseil des Gardiens de la Constitution (équivalent au Conseil constitutionnel en France) étudie les propositions de loi du Parlement, veille à ce qu'elles ne soient pas en contradiction avec l'Islam et confirme leur application. Il contrôle la validité des candidatures sur une base essentiellement idéologique pour les élections présidentielles, législatives et de l'Assemblée des experts. Ce Conseil est au nombre de 12 dont 6 juristes religieux nommés par le Guide et 6 juristes de spécialités diverses nommés par le chef du pouvoir judiciaire. Ce Conseil est connu pour son conservatisme.
En 1988, l'ayatollah Khomeini crée le Conseil de discernement de l'intérêt supérieur du régime (équivalent à la Cour de Cassation en France) qui tranche les nombreux litiges entre le Parlement et le Conseil des Gardiens. Ceux-ci bloquaient depuis des années l'adoption de lois. Il est composé des six mollahs du Conseil des gardiens de la Constitution, des chefs des pouvoirs législatif et judiciaire, du Président de la République, du ministre concerné par l'ordre du jour et une dizaine de personnalités nommées par le Guide.



    • Le pouvoir judiciaire


Dieu étant juste et ayant crée un monde juste, la société doit donc être basée sur la justice. La République Islamique d'Iran applique un droit fortement inspiré de la charia. La charia ou loi islamique est considérée comme indissociable de l'Islam. Elle forme un ensemble de règles qui régissent la vie des musulmans, le rapport avec Allah et entre croyants, la vie politique et les actes quotidiens. La charia est cité dans le Coran comme étant la voie à suivre pour les croyants. Cette loi prend principalement sa source dans le Livre et les hadith, les paroles et les ordres prononcés par le Prophète. La nouvelle Constitution de 1979, modifiée en 1989, soumet dans son article 4, toute législation civile, pénale, financière, économique, culturelle, politique ou militaire au respect des principes religieux définis par le clergé.
Le pouvoir judiciaire est exercé par les tribunaux judiciaires. Il veille au respect «des ordres divins», à régler les litiges, à protéger les droits publics, à développer et à appliquer la justice islamique. Le chef du pouvoir judiciaire qui doit être un théologien est nommé par le Guide. Il nomme à son tour, après consultation des membres du Conseil de discernement, le Président de la Cour de cassation et le procureur en chef qui doivent aussi être des théologiens. Il recrute les magistrats, décide du lieu et de la nature de leur fonction et de leur promotion. Le ministre de la Justice est nommé parmi les personnes que le chef du pouvoir judiciaire propose au Président de la République. Il ne règle que les questions liées aux rapports du pouvoir judiciaire avec le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif. Son rôle n'est qu'administratif. La destitution des juges ne peut se faire qu'après un procès, leur déplacement nécessite leur consentement et dans les deux cas la décision du chef du pouvoir judiciaire après consultation du Président de la Cour de cassation et du procureur général.



      • Les oppositions dans l'application de la charia


La stricte application de la charia dans le droit se heurte à la réalité de la société contemporaine iranienne et amène à de nombreux blocages législatifs et à des dissensions entre les juristes. Ces oppositions forment principalement deux courants qui sont hostiles envers la modernité: les conservateurs et les réformateurs. Les experts de la loi islamique soutenant l'application stricte de la charia défendent que toute éventualité et bouleversements liés au temps, à l'espace, aux sciences et aux techniques avaient été prévu par le Prophète. Les juristes qui prônent par contre une charia dynamique, envisagent une loi adaptée à la modernité qui maintiendrait ses principes essentiels et qui serait complétée de modifications et d'idées nouvelles. Ce courant revendique des méthodes très critiquées généralement attribuées aux écoles sunnites, telles que le raisonnement par analogie, le recours à l'équité et la prise en compte de l'intérêt général. Ce courant remporte de plus en plus de succès auprès des étudiants des écoles théologiques dont la plus influente à Qom. Ce courant de réformateurs est aussi présent ailleurs dans le monde musulman et depuis plusieurs siècles.
L'élection de Mohammad Khatami, un réformateur, en 1997, a montré la volonté de changement des iraniens. Néanmoins, les difficultés créées par les conservateurs pour faire valider les lois des réformateurs ont empêché le moindre changement .



      • La peine de mort


Selon le droit iranien, 109 délits sont passibles de la peine de mort. Les infractions concernées sont la remise en cause de Dieu, la trahison, l'espionnage, le meurtre, le trafic de drogue, le viol, la sodomie répétée, l'adultère, la prostitution, l'abandon de la foi musulmane (l'apostasie) et les «troubles à l'ordre public». Les méthodes d'exécution comprennent la pendaison, la décapitation ou la précipitation du haut d'une falaise qui est réservée aux crimes homosexuels. L'Iran est l'un des seuls États à exécuter des mineurs, selon la loi, un garçon peut être exécuté à partir de quinze ans et une fille à partir de neuf ans. D'après un recensement mise en place à partir de l'année 2000, le nombre d'exécution serait aux alentours de 110 par an.



  • Critique de la société et remise en cause de la charia


Depuis la fin des années 1990, un mouvement plus radical que celui des réformateurs nommé postislamiste se développe. Ce groupe qui se détache graduellement et complètement des conservateurs et réformateurs, remet en cause la nécessité d'imposer la charia. Il rassemble des juristes et des intellectuels mais surtout des anciens hauts fonctionnaires de la République Islamique de 1979. Ces membres jouissent d'une légitimité certaine et d'une immunité contre toute condamnation pour critique de la société. Ces partisans qui ne sont ni des laïcs ni des opposants du régime mais d'anciens militants de la Révolution islamique démontrent que l'islamisation de la société est un échec.
Le discours est révolutionnaire, tout en dénonçant les contradictions flagrantes de la charia avec la modernité, ils placent la charia sous l'œuvre des sciences humaines et non plus divine. Ainsi créée par l'homme en réponse à la réalité sociale et politique de l'époque de la révélation divine, la charia serait imparfaite et sujette à révision. Certains intellectuels de ce courant se réclament des droits de l'Homme et de la démocratie, des concepts considérés jusqu'alors comme des notions occidentales donc dangereuses et non adaptées au monde musulman. Ces deux concepts leur semblent pourtant nécessaires pour empêcher toute violence sociale.

Les remises en cause de la charia concernent particulièrement le code pénal et politique qui est selon eux contraire à la justice sociale. Les postislamistes y maintiennent les rituels et certaines parties du droit civil qu'ils considèrent conformes avec la raison. Les membres de ce courant ne se détachent pas complètement de l'argumentation religieuse, il se revendiquent religieux formant un mouvement religieux. Ils considèrent le Coran comme un support, un message qui ne doit pas être interprété littéralement. Les postislamistes se réclament de la liberté de parole, de la liberté des partis politiques et de la presse. Ils rejettent la domination du système par la religion et défendent à la place d'une culture religieuse, une culture politique et sociale.
Entreprendre de grandes réformes ou avouer que certains préceptes de la charia sont inapplicables la désacraliserait et remettrait en cause le système.



  • La vie politique


L'Iran a régulièrement des élections présidentielles et législatives mais seuls les candidats et les partis approuvés par le régime peuvent se présenter. Les partis doivent être islamistes, ce qui interdit les partis traditionnels et la remise en cause du système politique. Il y a actuellement 223 partis, associations ou organisations qui sont autorisés à opérer. Environ 70 partis essentiellement libéraux, démocrates et communistes se sont exilés après la Révolution de 1979. Il existe parmi les partis iraniens autorisés deux grands courants, les conservateurs et les réformistes. Les conservateurs se divisent entre les radicaux se regroupant autour d'Ahmadinejad et les pragmatiques autour Rajsandjani. Ces deux groupes ne sont pas d'accord sur les politiques intérieures et extérieures du pays. Les conservateurs s'opposent à tout changement et défendent la ligne dure des débuts de la Révolution de 1979. Les réformateurs sont pour une certaine libéralisation politique.
Les oppositions au régime ou politique sont muselées par des actions du gouvernement comprenant l'emprisonnement mais aussi l'exécution pour toutes sortes de motifs de journalistes, de manifestants, d'étudiants ou d'hommes politiques. Conformément à la Constitution, de nombreux journaux, revues et livres sont interdits à la publication et censurés. Une célèbre expression des années 1990 disait qu'en Iran, la liberté d'expression existe mais ce qui n'existe pas, c'est la liberté après l'expression. Les médias de masse, les radios et les télévisions sont sous le contrôle de l'État. Aucune radio ou chaine privées ne sont tolérées. L'État entreprend souvent des campagnes contre les antennes paraboliques qui reçoivent des émissions de l'étranger. Les mesures prises ont pour but d'étouffer un éventuel débat politique ou critique du système.


III - Religion


  • Le chiisme




    • Les origines


De son vivant, Mahomet n'a jamais clairement défini de successeur. Aucun de ses fils n'a survécu et la nature de la direction du culte qui devait se perpétrer n'a pas été spécifié. Après la mort du Prophète, la communauté musulmane est amenée à débattre sur les critères d'une succession légitime. Deux groupes se forment avec un successeur différent. Ali, cousin et beau-fils de Mohamed, il est le fils de son oncle et le mari de sa fille Fâtima née de sa première épouse Khadija. Le second candidat est Abou Bakr, son premier converti et le père de sa treizième et dernière femme Aisha qui lui fut mariée à l'age de 6 ans. Elle a été d'une aide très importante dans le rassemblement des paroles de Mohamet pour la rédaction des hadiths. Le choix d'Abou Bakr comme premier calife est pris pendant que la majorité des croyants sont occupés avec les funérailles. Les supporters d'Abou Bakr se nomment par la suite les «peuples de la sunna» puis sunnites. Les adeptes d'Ali s'appellent les «partisans (shia en arabe, parti) d'Ali» puis chiites.
Après l'assassinat du troisième calife Uthman, le califat revient à Ali en 656. Les trois premiers califes sont vus comme des usurpateurs par les chiites. Lui reprochant de ne pas être assez proche de la volonté d'Allah, certains fidèles quittent Ali et forment le troisième et dernier courant de l'Islam, le kharidjisme qui est de nos jours représenté par 3% des musulmans et principalement concentré en Oman. Suite au massacre d'une rébellion kharidjite, Ali se fait assassiner par représailles en 661. La succession échappe à Hasan, le fils ainé d'Ali au profit de Muawiya, un cousin du précédent calife omeyyade Uthman. Hussain, second fils d'Ali est promis au Califat pour calmer son ardeur mais Muawiya ne tient pas sa parole et désigne son fils Yazid. Après de nombreuses révoltes, Hussein et ses fidèles sont tués à Kerbala en Irak en 680. Le califat se maintient ensuite au sein de la dynastie des Omeyyades.
La doctrine chiite se développe en parallèle du sunnisme et ne sera complète qu'au X ème siècle. Les chiites espèrent diriger la communauté musulmane mais sans succès. Les califes sunnites connaissant ces espérances, les persécutent tous. Les persécutions constantes des chiites sont des éléments à la compréhension des rites, des pèlerinages et des motivations chiites que l'ont retrouvera dans les supplices des martyrs.



    • Les chiismes


Le chiisme représente 10 à 15% des musulmans et est présent en Iran, au Liban et en Arabie Saoudite. Hormis sa branche principale qui est la plus élaborée, il existe le chiisme ismaélien et le zaidisme. Entre 20 et 30 millions répartis surtout en Inde, au Pakistan et en Afrique de l'est, les ismaéliens reconnaissent comme septième imam Ismail. L'ismaélisme est caractérisé par un fort ésotérisme. Il fut important du IX et XII ème siècle de l'Asie centrale à l'Egypte pour son esprit missionnaire.
Le zaidisme reconnaît comme cinquième imam Zaid, le fils du quatrième imam et n'est présent plus qu'au Yémen, où ils sont majoritaires. Les zaidites ne reconnaissent pas les imams comme parfaits (sans défauts), n'attendent pas le retour de l'imam caché et bannissent le mysticisme.



  • Le chiisme duodécimain




    • La religion d'État de l'Iran


L'Iran est, avec l'Irak et Bahreïn, un des pays du monde musulman à avoir plus de la moitié de sa population majoritairement chiite. Ce courant est majoritaire dans le chiisme et rassemble 80% des chiites. Depuis la Révolution Islamique de 1979, l'Iran est le seul État dont la religion officielle est le chiisme duodécimain jafariste ou encore imamisme. Cette religion touche 90% des iraniens.
La foi musulmane est imprégnée des religions pré-islamiques de même qu'en la croyance répandue de la sorcellerie et des esprits. Des idées soufies sont employées par des philosophes, théologiens et intellectuels chiites. Par rapport au sunnisme, le chiisme fait preuve d'un plus fort dualisme, surtout dans sa représentation de la confrontation du bien et du mal. L'influence de l'ésotérisme du manichéisme pré-islamique est responsable pour la tendance chiite à toujours rechercher un sens caché dans les textes sacrés.



    • Les particularités de l'imamisme


L'un des dogmes principaux de l'imamisme est que le successeur de Mahomet doit être un leader politique et religieux qui doit s'inspirer du Coran et de la charia. Le chiisme reconnaît comme autorité première le Coran puis les hadiths du Prophète rapportés par ses compagnons, ceux de sa fille Fatima, d'Ali et des imams. Les grands principes du droit musulman restent proches de ceux du sunnisme.
Les sept piliers du chiisme nécessaires pour affirmer et renforcer sa foi comprennent les cinq piliers du sunnisme qui sont:

  1. l'attestation de foi de la croyance en Dieu et de la prophétie de Mahomet,

  2. les cinq prières quotidiennes en direction de La Mecque,

  3. le jeune du ramadan,

  4. l'aumône aux plus pauvres et

  5. le pèlerinage à La Mecque et à Médine si possible financièrement.

Les deux autres piliers qui ne sont pas appliqués par les sunnites sont:

  1. le Jihad, la lutte pour la protection des terres islamiques, des croyances et des institutions et

  2. faire de bonnes actions, éviter toutes mauvaises paroles, pensées et actions.


Les chiites maintiennent que le successeur légitime de Mahomet est Ali. Il est vénéré comme le premier imam et ses descendants, dont ses fils Hasan et Hussain en premier lieu, poursuivent la lignée des imams jusqu'au douzième. En 874, Mahomet devient le douzième imam à l'age de cinq ans mais il est caché du public pour empêcher tout assassinat et ne serait en contact qu'avec ses proches. Vers 939, la croyance populaire pense qu'il ne serait pas mort mais aurait quitté la terre, c'est le début de «l'occultation». Les chiites attendent le retour du «Mahdi», «l'imam caché» renvoyé par Allah, le sauveur qui reviendra à la fin des temps pour établir définitivement la vraie religion et la justice d'Allah. Suivront la fin du monde et le jugement dernier.
Dans le chiisme, le terme «imam» est traditionnellement utilisé que pour Ali et ses onze descendants alors que dans le sunnisme il désigne celui qui dirige la prière à la Mosquée.
Le supplice des martyrs est un thème central chez les chiites, les martyrs Ali mais surtout Hussain sont très importants. Tous les imams sont considérés comme des martyrs même si cela ne s'accorde pas avec les faits. Lors de son martyr, il est dit que Hussain serait devenu mi-homme mi-dieu. Les classes inférieures s'identifient particulièrement aux souffrances de Hussain et de ses fils également tués lors de la guerre contre les Omeyyades, cela s'explique par leur condition difficile et le fort taux de mortalité infantile. Le personnage d'Hussain et sa lutte pour la justice sont souvent repris pour symboliser l'opposition au pouvoir.
Des femmes religieuses enseignent aux filles et femmes comme le font les mollahs pour les hommes. Elles étudient aux cotés de leur compères et reçoivent un titre sanctionnant leur savoir. Les villages veulent généralement une mosquée et un mollah et même si ces derniers ne sont pas très éduqués, ils sont assez souvent à la tête de la hiérarchie du lieu. Les mollah des villes sont mieux instruits et ont plus de prestiges si leur école de formation est ancienne. Le clergé chiite, contrairement aux autres branches de l'Islam, est très hiérarchisé. Il a à sa tête un ayatollah, un expert en droit musulman.


1   2   3   4   5

similaire:

Période antique et pré-islamique iconI. Christianisme et humanisme : les arts visuels entre recherche d’expressivité et idéal antique
«canôn» de Polyclète, mesure, proportion des corps → idéalisation du corps à travers la sculpture. Période dite classique. Oui

Période antique et pré-islamique iconMémoires de ma vie, 1 ère édition Pierre Patte Avignon, 1759; Editions...
«Copier l’antique à la cour de Louis xiv», D’après l’antique, cat d’exposition du musée du Louvre, p. 60-68, Paris, rmn, 2000

Période antique et pré-islamique iconCM2 Période 1 Sciences Pour le maitre Qu’est-ce qu’un volcan ? Répartition sur la période

Période antique et pré-islamique iconLeçon n°24: Histoire de l’art islamique

Période antique et pré-islamique iconPériode Yamato (250 à 710) Période Kofun (250 à 538)

Période antique et pré-islamique iconRéunion n°3 Gestion de Projet charte du projet tic 9 juillet 2008...
«Phase de définition ou pré-étude» du projet et permet, après validation par le Comité de Pilotage, de lancer le projet

Période antique et pré-islamique iconIslamique de Développement (bid) et Gouvernement de la République...

Période antique et pré-islamique iconCM1b histoire des Arts et Arts Visuels Par période Période 1
«actuelle» à la manière des frères Limbourg et fabriquer un calendrier complet avec les œuvres de la classe

Période antique et pré-islamique iconGéographie de la Grèce antique

Période antique et pré-islamique iconLittératures antique, française et








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
ar.21-bal.com