Cxiv michele le Sage








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Les sanfédistes devant Altamura


C’est une chose bizarre et qui présente un singulier problème à résoudre au philosophe et à l’historien que le soin que prend la Providence de faire réussir certaines entreprises qui marchent évidemment à l’encontre de la volonté de Dieu.

En effet, Dieu, en douant l’homme d’intelligence et en lui laissant le libre arbitre, l’a chargé incontestablement de cette grande et sainte mission de s’améliorer et de s’éclairer sans cesse, et cela, afin qu’il arrivât au seul résultat qui donne aux nations la conscience de leur grandeur, c’est-à-dire à la liberté et à la lumière.

Mais cette liberté et cette lumière, les nations doivent les acheter par des retours d’esclavage et des périodes d’obscurité qui donnent des défaillances aux esprits les plus forts, aux âmes les plus vaillantes, aux cœurs les plus convaincus. Brutus meurt en disant : « Vertu, tu n’es qu’un mot ! » Grégoire VII fait écrire sur son tombeau : « J’ai aimé la justice et haï l’iniquité ; voilà pourquoi je meurs dans l’exil. » Kosciusko, en tombant, murmure : Finis Poloniae !

Ainsi, à moins de penser qu’en plaçant les Bourbons sur le trône de Naples, la Providence n’ait voulu donner assez de preuves de leur mauvaise foi, de leur tyrannie et de leur incapacité, pour rendre impossible une troisième restauration, on se demande dans quel but elle couvre de la même égide le cardinal Ruffo en 1799 et Garibaldi en 1860, et comment les mêmes miracles s’opèrent pour sauvegarder deux existences dont l’une devrait logiquement exclure l’autre, puisqu’elles sont destinées à accomplir deux opérations sociales diamétralement opposées, et dont l’une, si elle est bonne, rend naturellement l’autre mauvaise.

Eh bien, rien de plus patent que l’intervention de ce pouvoir supérieur que l’on appelle la Providence dans les événements que nous racontons. Pendant trois mois, Ruffo devient l’élu du Seigneur ; pendant trois mois, Dieu le conduit par la main.

Mystère !

Nous avons vu, le 6 avril, le cardinal échapper au danger d’avoir les reins brisés par son cheval, frappé lui-même d’un coup de sang.

Dix jours après, c’est-à-dire le 16 avril, il échappa non moins miraculeusement à un autre danger.

Depuis la mort du premier cheval avec lequel il avait commencé la campagne, le cardinal montait un cheval arabe, blanc et sans aucune tache.

Le 16, au matin, au moment où son Éminence allait mettre le pied à l’étrier, on s’aperçut que le cheval boitait légèrement. Le palefrenier lui fit plier la jambe et lui tira un caillou de la corne du pied.

Pour ne point fatiguer son arabe, ce jour-là, le cardinal décida qu’on le conduirait en main et se fit amener un cheval alezan.

On se mit en marche.

Vers onze heures du matin, en traversant le bois de Ritorto Grande, près de Tarsia, un prêtre qui était monté sur un cheval blanc et qui marchait à l’avant-garde, servit de point de mire à une fusillade qui tua roide le cheval sans toucher le cavalier.

À peine le bruit eut-il éclaté que l’on avait tiré sur le cardinal, – et, en effet, le prêtre avait été pris pour lui, – qu’il se répandit dans l’armée sanfédiste et y souleva une telle fureur, qu’une vingtaine de cavaliers s’élancèrent dans le bois et se mirent à la poursuite des assassins. Douze furent pris, dont quatre étaient sérieusement blessés.

Deux furent fusillés ; les autres, condamnés à une prison perpétuelle dans la forteresse de Maritima.

L’armée sanfédiste s’arrêta deux jours après avoir traversé la plaine où s’élevait l’antique Sybaris, aujourd’hui maremmes infectés : la halte eut lieu dans la buffalerie1 du duc de Cassano.

Arrivé là, le cardinal la passa en revue. Elle se composait de dix bataillons complets de cinquante hommes chacun, tirés tous de l’armée de Ferdinand. Ils étaient armés de fusils, de munition et de sabres seulement, un tiers des fusils, à peu près, manquait de baïonnette.

La cavalerie consistait en douze cents chevaux. Cinq cents hommes appartenant à la même arme suivaient à pied, manquant de monture.

En outre, le cardinal avait organisé deux escadrons de campagne, composés de bargelli, c’est-à-dire de gens de la prévôté et de campieri. Ce corps était le mieux équipé, le mieux armé, le mieux vêtu.

L’artillerie consistait en onze canons de tout calibre et en deux obusiers. Les troupes irrégulières, c’est-à-dire celles que l’on appelait les masses, montaient à dix mille hommes et formaient cent compagnies de chacune cent hommes. Elles étaient armées à la calabraise, c’est-à-dire de fusils, de baïonnettes, de pistolets, de poignards, et chaque homme portait une de ces énormes cartouchières nommées patroncina, pleine de cartouches et de balles. Ces cartouchières, qui avaient plus de deux palmes de hauteur, couvraient tout le ventre et formaient une espèce de cuirasse.

Enfin, restait un dernier corps, honoré du nom de troupes régulières, parce qu’il se composait, en effet, des restes de l’ancienne armée. Mais ce corps n’avait pu s’équiper faute d’argent et ne servait qu’à faire nombre. En somme, le cardinal s’avançait à la tête de vingt-cinq mille hommes, dont vingt mille parfaitement organisés.

Seulement, comme on ne pouvait pas exiger de pareils hommes une marche bien régulière, l’armée paraissait trois fois plus nombreuse qu’elle n’était, et semblait, par l’immense espace qu’elle occupait, une avant-garde de Xerxès.

Aux deux côtés de cette armée, et formant des espèces de barrières dans lesquelles elle était contenue, roulaient deux cents voitures chargées de tonneaux pleins des meilleurs vins de la Calabre, dont les propriétaires et les fermiers s’empressaient de faire don au cardinal. Autour de ces voitures se tenaient les employés chargés de tirer le vin et de le distribuer. Toutes les deux heures, un roulement de tambours annonçait une halte : les soldats se reposaient un quart d’heure et buvaient chacun un verre de vin. À neuf heures, à midi et à cinq heures, les repas avaient lieu.

On bivouaquait ordinairement auprès de quelques-unes de ces belles fontaines si communes dans les Calabres et dont l’une, celle de Bandusie, a été immortalisée par Horace.

L’armée sanfédiste, qui voyageait, comme on le voit, avec toutes les commodités de la vie, voyageait, en outre, avec quelques-uns de ses divertissements.

Elle avait, par exemple, une musique, sinon bonne et savante, du moins bruyante et nombreuse. Elle se composait de cornemuses, de flûtes, de violons, de harpes, et de tous ces musiciens ambulants et sauvages qui, sous le nom de Zampagnari, ont l’habitude de venir à Naples pour la neuvaine de l’Immocolata et de la Natale. Ces musiciens, qui eussent pu former une armée à part, se comptaient par centaines, de telle façon que la marche du cardinal semblait non seulement un triomphe, mais encore une fête. On dansait, on incendiait, on pillait. C’était une armée véritablement bien heureuse que celle de Son Éminence le cardinal Ruffo !

Ce fut ainsi qu’elle parvint, sans autre obstacle que la résistance de Cotrone, jusqu’à Matera, chef-lieu de la Basilicate, dans la journée du 8 mai.

L’armée sanfédiste venait à peine de déposer ses armes en faisceaux sur la grande place de Matera, que l’on entendit sonner une trompette, et que l’on vit s’avancer, par une des rues aboutissant à la place, un petit corps d’une centaine de cavaliers conduits par un chef portant l’uniforme de colonel et suivi d’une coulevrine du calibre trente-trois, d’une pièce de canon de campagne, d’un mortier à bombe et de deux caissons remplis de gargousses.

Cette artillerie avait cela de particulier qu’elle était servie par des frères capucins, et que celui qui la commandait marchait en tête, monté sur un âne qui paraissait aussi fier de ce poids que le fameux âne chargé de reliques, de la Fontaine.

Ce chef, c’était De Cesari, qui, obéissant aux ordres du cardinal, faisait sa jonction avec lui. Ces cent cavaliers, c’était tout ce qui lui était resté de son armée après la défaite de Casamassima. Ces douze artilleurs enfroqués et leur chef, monté sur cet âne si fier de le porter, c’étaient fra Pacifico et son âne Giacobino, qu’il avait retrouvé au Pizzo, non seulement sain et sauf, mais gros et gras, et qu’il avait repris en passant.

Quant aux douze artilleurs enfroqués, c’étaient les moines que nous avons vus manœuvrant courageusement et habilement leurs pièces aux sièges de Martina et d’Acquaviva.

Quant au faux duc de Saxe et au vrai Boccheciampe, il avait eu le malheur d’être pris par les Français dans un débarquement que ceux-ci avaient fait à Barletta.

Le cardinal fit quelques pas au-devant de la troupe qui s’avançait, et, ayant reconnu que ce devait être celle De Cesari, il attendit. Celui-ci, de son côté, ayant reconnu que c’était le cardinal, mit son cheval au galop, et, passant à deux pas de Son Éminence, sauta à terre et le salua en lui demandant sa main à baiser. Le cardinal, qui n’avait aucune raison de conserver au jeune aventurier son faux nom, le salua du vrai, et, comme il le lui avait promis, lui donna le grade de brigadier, correspondant à celui de notre général de brigade, en le chargeant d’organiser la cinquième et la sixième division.

De Cesari arrivait, comme le lui avait commandé le cardinal, pour prendre part au siège d’Altamura.

Juste en face de Matera, en marchant vers le nord, s’élève la ville d’Altamura. Son nom, comme il est facile de le voir, lui vient de ses hautes murailles. La population, qui montait à vingt-quatre mille hommes en temps ordinaire, s’était accrue d’une multitude de patriotes qui avaient fui la Basilicate et la Pouille, et s’étaient réfugiés à Altamura, regardé comme le plus puissant boulevard de la République napolitaine.

Et, en effet, la considérant comme telle, le gouvernement y avait envoyé deux escadrons de cavalerie commandés par le général Mastrangelo de Montalbano, auquel il avait adjoint, comme commissaire de la République, un prêtre nommé Nicola Palomba d’Avigliano, un des premiers qui eut, avec son frère, embrassé le parti français. La difficulté d’entasser dans notre récit les détails pittoresques que présente l’histoire, nous a empêché de montrer Nicola Palomba faisant le coup de fusil, sa soutane retroussée, à Pignasecca, contre les lazzaroni, et entrant dans la rue de Tolède en tête de nos soldats la carabine à la main. Mais, après avoir donné au combat l’exemple du courage et du patriotisme, il avait donné à la Chambre celui de la discussion en accusant de malversation un de ses collègues nommé Massimo Rotondo. On avait regardé l’exemple comme dangereux, et, pour satisfaire cette ambition inquiète, on l’avait envoyé à Altamura comme commissaire de la République. Là, il avait pu donner l’essor à ce caractère inquisitorial qui semble être l’apanage du prêtre, et, au lieu de prêcher la concorde et la fraternité parmi les citoyens, il avait fait arrêter une quarantaine de royalistes, qu’il avait enfermés dans le couvent de Saint-François, et dont il pressait le procès au moment même où le cardinal, réuni à De Cesari, s’apprêtait à assiéger la ville.

Il avait sous ses ordres, – car il réunissait en lui le triple caractère de prêtre, de commissaire républicain et de capitaine – il avait sous ses ordres sept cents hommes d’Avigliano, et, avec le concours de son collègue, il avait renforcé Altamura d’un certain nombre de pièces d’artillerie et surtout de nombre d’espingoles qui furent placées sur les murailles et sur le clocher de l’église.

Le 6 mai, les Altamurais firent une reconnaissance extérieure, et, dans cette reconnaissance, surprirent les deux ingénieurs Vinci et Olivieri, qui étudiaient les abords de la ville.

C’était une grande perte pour l’armée sanfédiste.

Aussi, dans la matinée du 7, le cardinal expédia-t-il à Altamura un officier appelé Rafaello Vecchione, avec le titre de plénipotentiaire, afin de proposer à Mastrangelo et à Palomba de bonnes conditions pour la reddition de la place. Il réclamait, en outre, les deux ingénieurs qui avaient été pris la veille.

Mastrangelo et Palomba ne firent aucune réponse, ou plutôt ils en firent une des plus significatives : ils retinrent le parlementaire.

Dans la soirée du 8 mai, le cardinal ordonna que De Cesari partit avec tout ce qu’il y avait de troupes de ligne, et une portion des troupes irrégulières pour mettre le blocus devant Altamura, lui recommandant expressément de ne rien entreprendre avant son arrivée.

Tout le reste des troupes irrégulières et une multitude de volontaires accourus des pays voisins, voyant partir De Cesari à la tête de sa division, craignirent que l’on ne saccageât sans eux Altamura. Or, ils avaient conservé un trop bon souvenir du pillage de Cotrone pour permettre une telle injustice. Ils levèrent donc le camp d’eux-mêmes et marchèrent à la suite de De Cesari, de sorte que le cardinal resta avec une seule garde de deux cents hommes et un piquet de cavalerie.

Il habitait à Matera le palais du duc de San Candida.

Mais, à moitié chemin d’Altamura, De Cesari reçut l’ordre du cardinal de se porter immédiatement, avec toute la cavalerie, sur le territoire de Laterza, pour y arrêter certains patriotes qui avaient révolutionné toute la population, de manière que les bourboniens avaient été obligés de quitter la ville et de chercher un refuge dans les villages et dans les campagnes.

De Cesari obéit aussitôt et laissa le commandement de ses hommes à son lieutenant Vincenzo Durante, qui poursuivit son chemin ; puis, à l’heure et au lieu convenus, c’est-à-dire à deux heures et à la taverne Canito, fit faire halte à ses troupes.

Là, on lui conduisit un homme de la campagne qu’il prit d’abord pour un espion des républicains, mais qui n’était en somme qu’un pauvre diable ayant quitté sa masserie, et qui, le matin même, avait été fait prisonnier par un parti de républicains.

Il raconta alors au lieutenant Vincenzo Durante qu’il avait vu deux cents patriotes, les uns à pied, les autres à cheval, qui prenaient le chemin de Matera, mais que ces deux cents hommes s’étaient arrêtés aux environs d’une petite colline voisine de la grande route.

Le lieutenant Durante pensa alors, avec raison, que cette embuscade avait pour objet de surprendre ses hommes dans le désordre de la marche et de lui enlever son artillerie, et particulièrement son mortier, qui faisait la terreur des villes menacées de siège.

En l’absence de son chef, Durante hésitait à prendre une décision, quand un homme à cheval, envoyé par le capitaine commandant l’avant-garde, vint lui annoncer que cette avant-garde était aux mains avec les patriotes et lui faisait demander secours.

Alors, le lieutenant Durante ordonna à ses hommes de presser le pas, et il se trouva bientôt en présence des républicains, qui, évitant les chemins où pouvait les attaquer la cavalerie, suivaient les sentiers les plus âpres de la montagne, pour tomber à un moment donné sur le derrière des sanfédistes.

Ceux-ci prirent à l’instant même position au sommet d’une colline, et fra Pacifico mit son artillerie en batterie.

En même temps, le capitaine commandant la cavalerie calabraise, jeta en tirailleurs contre les patriotes une centaine de montagnards, lesquels devaient attaquer de front les Altamurais, tandis qu’avec sa cavalerie il leur couperait la retraite de la ville.

La petite troupe, qui avait des chances de succès tant que son projet était ignoré, n’en avait plus du moment qu’il était découvert. Elle se mit donc en retraite et rentra dans la ville.

L’armée sanfédiste se trouva dès lors maîtresse de continuer son chemin.

Vers les neuf heures du soir, De Cesari était de retour avec sa cavalerie.

En même temps, de son côté, le cardinal rejoignait l’armée.

Une conférence fut tenue entre Son Éminence et les principaux chefs, à la suite de laquelle il fut convenu que l’on attaquerait sans retard Altamura.

On prit, en conséquence, et séance tenante, toutes les dispositions pour se remettre en marche et l’on arrêta que De Cesari partirait avant le jour.

Le mouvement fut exécuté, et, à neuf heures du matin, De Cesari se trouvait à portée du canon d’Altamura.

Une heure après, le cardinal arrivait avec le reste de l’armée !

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