Note concernant les noms de personnes








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Sort de l’Expédition numéro Un.

Ceux qui promettaient depuis longtemps, à Giarou et à Irina, qu’ils piloteraient le premier Grand Vaisseau, tinrent leur promesse. Moins de cinq ans après leur triomphal retour, ils prirent le chemin de Proxima du Centaure.

Leur programme ne comportait qu’une seule halte au cours de laquelle ils devaient vérifier et, éventuellement corriger leur positionnement avant de repartir vers Proxima du Centaure et surtout de dépasser l’orbite extrême de Pluton ! Ensuite ils devraient affronter le vide intersidéral. Les automatismes les plus performants se chargeraient de presque tout. Ils économisèrent donc leur temps de vie normale autant qu’ils le purent. Les techniciens qui s’étaient occupés de l’étude des systèmes de propulsion alors qu’ils se baladaient dans notre système solaire, avaient réalisé de magnifiques progrès ! De ce fait, les temps absolus de la première étape se trouvèrent réduits d’un bon tiers. Ainsi, avec un peu de chance, Irina et peut-être même Giarou, arriveraient vivants auprès du soleil voisin car ce voyage devait durer plus de soixante dix années, comptées en vie ralentie sous hibernation, ce qui correspondait aux années lumières de temps absolu qui les séparaient de leur but.

Juste avant leur unique halte, les automates les réveillèrent et les mécanismes les remirent en capacité d’accomplir leur travail. Mais, durant ce long sommeil, les « entités » insistèrent sur le fait que le passage de la frontière invisible séparant l’influence de notre soleil et la zone ou celle-ci devenait négligeable, présenterait de lourdes difficultés. Il leur faudrait éveiller tous les autres passagers et ne repartir pour passer cette limite que lorsque tous les vivants à bord seraient suffisamment éveillés pour être opérationnels. Elles précisaient que les quatre vaches, les six lapins, les volailles et les autres animaux embarqués devaient subir le même sort que les humains !

Ils ne comprenaient pas le pourquoi de cette exigence, du moins pas entièrement. D’accord, un couple de mécaniciens pouvait se montrer utile en cas de chocs avec des corps extérieurs imprévus. Sans doute quelques météorites ou comètes pouvaient errer ça et là. De même, pouvaient-ils admettre que les deux médecins puissent devoir s’occuper d’éventuels troubles de l’équilibre dans leurs corps si l’espace sidéral possédait des propriétés inconnues qui engendraient pour eux le moindre risque. Mais pourquoi éveiller les deux bâtisseurs, les géographes, les biologistes ? Quant aux animaux aucune explication ne leur parut évidente ni ne leur vint à l’esprit !

Un autre détail les interpellait : pourquoi leur faudrait-il toujours réveiller le couple de spécialistes alors qu’un seul d’entre eux pouvait suffire pour, dans la plupart des cas pensables, s’occuper d’eux, leurs uniques « clients » ?

Giarou envisagea l’hypothèse que tous, humains et animaux devaient vieillir exactement au même rythme et que les temps absolus ou ceux passés en hypothermie devaient rester identiques.

La question qui les préoccupa venait de ce que leurs instructions de base interdisaient formellement le réveil des gens congelés et des animaux avant qu’ils n’atteignent le système solaire visé ! Du moins sauf dans le cas d’une impérieuse nécessité telle que : avarie du vaisseau, maladie infectieuse ou mort de l'un des pilotes. Devaient-ils obéir aux ordres ou suivre les indications que suggéraient les « présences » ? Ils en débattaient encore lorsqu’ils reçurent un message expédié depuis la Terre :

« Veuillez immédiatement éveiller tous vos compagnons avant le grand saut. Ils doivent assister à cette phase du voyage selon les dernières études menées par nos psychologues. L’absence d’un tel arrêt, correspondant à une séparation d’avec notre système solaire, entraînerait de futures nostalgies, des troubles du comportement et une altération de leur sociabilité. Il faut impérativement que vous improvisiez et organisiez une festivité ou une cérémonie symbolique au cours de laquelle, chacun, consciemment, dira expressément « adieu » à tout ce qu’il a connu auparavant. Bonne fortune ! »

Ils s’exécutèrent en décidant, hypocritement, que le terme « tous vos compagnons » impliquait également les animaux.

Le passage de la ligne…

Douze humains, dont dix sortaient tant bien que mal de la congélation et venant d’être remis en état d’éveil, plus, dans les cales, tous les animaux embarqués, participèrent - chacun à sa façon - à la petite fête du franchissement de la ligne. Ne possédant aucun repère pour l’organiser, Giarou se souvint de sa jeunesse dans la marine et décida de créer une nouvelle tradition ressemblant, dans sa symbolique, à celle du passage de l’équateur que les navigants tenaient à conserver depuis le temps où les voiliers seuls parcouraient les océans.

Des boissons alcoolisées se trouvèrent chichement distribuées aux les humains et les bêtes reçurent double ration de nourriture. La question d’improviser des déguisements ne se posa même pas et Giarou ne se transforma pas en Neptune. Irina ne se déguisa pas, non plus, en sirène ! Tous se rendaient parfaitement compte du ridicule de ce genre de manifestation. De plus ils ne possédaient rien qui permette la création de costumes, mêmes improvisés. Pourtant, il fallait trouver un symbole qui marque les esprits des passagers et des pilotes. Irina, se souvenant de ses expériences chez les peuplades primitives, parla de marques sur le visage qui remplaceraient les scarifications. Cette idée plut à Giarou et ils décidèrent que, juste avant le passage de la ligne, les impétrants dessineraient au milieu de leur front, la forme d’un œil mais que l’iris et la prunelle de cet organe ne se verraient complétés, par un dessin plus précis et les couleurs voulues, qu’après le « passage ». Ensuite ce signe resterait au milieu de leur front jusqu’à ce que les lavages quotidiens l’effacent.

Mais il restait à résoudre un point plein de difficultés, question  dont ils devaient impérativement trancher sans erreur ! La limite de notre système solaire ne pouvait correspondre à une ligne théorique simple et nette. Il existait toute une zone floue avant et après ! On en ignorait les dimensions et donc le temps qu’il faudrait pour obtenir la certitude absolue qu’à telle ou telle distance on savait avec l’assurance voulue que le franchissement venait de devenir réel et avéré.

Comment agit-on dans ces cas là ? Il suffit de fixer un moment arbitraire mais situé à l’intérieur d’une fourchette logique. La pendule de bord marquait six heures et dix minutes en temps absolu terrien. Irina proposa de ne pas trop retarder le passage de la ligne et de fixer ce franchissement à sept heures. « Pourquoi pas ? » Lui répondit Giarou. En réalité, ils ressentaient tous les deux une sorte d’angoisse que les autres ne partageaient pas. Les « présences », rencontrées psychiquement par leurs esprits, au cours de leurs passages dans les limbes, les avaient avertis, et à plusieurs reprises, de ce qu’il devraient subir un grand choc au moment de leur sortie effective de notre système solaire. Lors du franchissement de la « ligne », ils devaient se préparer à vivre un événement étrange et complètement imprévisible, qu’il leur faudrait surmonter dans la plus grande des urgences. Nos deux navigateurs, compte tenu de cet avertissement, souhaitaient en finir au plus vite avec cette hypothèque sur le futur.

Pour fixer - à destination des médias de la Terre - la façon dont se déroulerait ce passage de ligne, les caméras vidéo se trouvèrent déclenchées durant une heure. Celle-ci commençait trente minutes avant sept heures et se terminerait à sept heures trente.

Les passagers, remis de leur hypothermie, allaient et venaient dans l’espace étroit dont ils disposaient hors de leurs sarcophages respectifs. Il n’existait aucun hublot permettant une vision directe de l’espace mais des instruments renvoyaient des images sur l’écran placé au-dessus du poste de pilotage. Ils pouvaient y contempler l’Univers tel qu’il se présentait maintenant à l’extérieur du vaisseau. Giarou leur indiqua la position de notre soleil qui paraissait désormais bien pâle et lointain. Il montra les principales planètes et, utilisant une règle en plastique, leur désigna Proxima du Centaure.

Quelques propos furent échangés et tous commençaient à attendre le moment de boire une coupe de champagne pour arroser l’évènement, avant de retrouver le grand froid des sarcophages. Ils grignotaient des biscuits séchés et des amandes grillées lorsque, soudain, et bien avant la limite escomptée, ils disparurent subitement !

Ce film enregistré ne parvint à la Terre qu’en différé mais personne ne se trouvait plus à bord ou du moins à portée des caméras. On vérifia que la trajectoire était la bonne et tout le monde se perdit en conjectures, comme je l’ai exposé dans le premier livre de cette saga.
Nouveau monde.

Giarou, sans doute le plus robuste, reprit conscience le premier. Il se demanda s’il ne rêvait pas ? Une seconde plus tôt il se préparait à franchir la ligne dans son plus bel uniforme et voilà qu’il se retrouvait complètement nu sur la plage d’un monde visiblement étranger. Le soleil différait de celui qui brille dans le ciel de la Terre. Il se montrait bien plus rouge et la température ambiante devait avoisiner les vingt cinq degrés. Des arbres violets aux branches noires donnaient de l’ombre et il entendait le ressac des vagues en même temps que son nez reconnaissait l’odeur iodée de l’océan. Il se redressa pour trouver une position assise et tourna la tête pour en obtenir la confirmation. Son regard balaya la plage de sable gris clair et rencontra les corps inertes de ses compagnons de voyage. Tous semblaient étendus évanouis, inconscients et gisaient là, parfaitement nus. Il en ressentit une légère gène mais passa outre. Se relevant pour vérifier si les autres vivaient encore, il remarqua que des lapins et des poules, venant certainement du vaisseau, se trouvaient là et se nourrissaient sans hésitation des herbes et des graines locales. Au loin, il aperçut, à l’orée du bois, quelques chèvres qui broutaient les feuilles basses d’un arbuste et deux chats qui essayaient leurs griffes sur un tronc pour marquer leur territoire. Les chiens aboyaient plus loin mais il ne les vit pas. L’océan, lui, ressemblait assez à ceux de la Terre, mais l’eau montrait des reflets tirants vers le mauve au lieu d’aller vers ce vert qui nous semble normal. Quelques rochers recouverts d’algues de teinte orangée, se découvraient de plus en plus, d’où une idée de marée, qui amena Giarou à rechercher dans le ciel la présence d’une lune ? Il en vit deux, plus petites que la nôtre et il restait encore possible que d’autres apparaissent.

Arrivant au premier corps, il toucha la gorge pour déceler un signe de vie et ce contact éveilla le dormeur. Il s’agissait du biologiste Aran qui ouvrit les yeux et vit Giarou en simple appareil. Il se leva brutalement et put constater à quel spectacle il se trouvait confronté. Les questions jaillirent immédiatement de ses lèvres :

« Où sommes-nous ? Où se trouve le vaisseau ? Qu’est-il arrivé aux autres et aux animaux ? » Il aurait pu continuer ainsi durant de longues minutes cette litanie mais il comprit, en regardant, Giarou que ce dernier n’en savait pas plus que lui !

Alors, tous les deux sans concertation, se mirent à éveiller les autres qui montrèrent le même type de réactions. Enfin, Irina ouvrit les yeux et ne parut aucunement surprise du spectacle offert ! Mieux elle réclama un peu de silence et leur tint ce petit laïus :

« Giarou et moi savons, par des expériences ésotériques que nous avons vécues en vie ralentie, que l’espace-temps peut être représenté tout à fait différemment de la façon dont nous l’envisageons dans notre concept usuel. On peut aussi le percevoir dans un concept à onze dimensions qui lui confère une structure d’éponge. Il semble qu’à l’instant précis de notre franchissement des limites de notre système, et pour des raisons que j’ignore, nous ayons été séparés de notre vaisseau et transportés - et je le suppose en temps nul - sur un monde inconnu. Nous savons que des forces supérieures, que nous nommons des « présences » ou des « entités » veillèrent ainsi à notre survie et que notre vaisseau continue, vide, sa route vers la constellation visée. Il semblerait, d’après ma toute dernière impression, qu’un interdit provisoire, venant d’autres humanoïdes vivant dans des planètes lointaines, s’oppose à ce que nous visitions l’espace et qu’ils aient placé notre humanité terrienne en « quarantaine » pour encore quelques centaines d’années. La notion importante que me communiquèrent les « présences », précise que ces dernières n’y sont pour rien mais qu’elles approuvent la décision prise puisque notre humanité leur semble encore par trop immature ! Ce monde–ci est habitable et nous pouvons nous y établir. Il n’existe, je le sais intuitivement, aucun autre humain sur cette planète. L’intelligence supérieure de l’évolution se trouve ici représentée par des crustacés et des seiches, lesquels n’interviendront en rien sur notre développement. Nous ne devons pas perdre l’espoir et dire à nos enfants - et aux enfants de nos enfants - qu’un jour, les hommes viendront de la Terre pour les rejoindre et leur offrir la possibilité de revenir sur notre monde originel. »

La généticienne tint à émettre une première remarque qui lui paraissait vitale :

« Nous ne sommes que six couples et, malgré les mélanges, nous allons voir notre espèce dégénérer rapidement en moins de deux siècles, ce processus me semble fatal ! »

Giarou y pensait depuis longtemps et ce, bien avant le départ du vaisseau. Il s’en était ouvert aux Directeurs, mais ceux-ci avaient répliqué qu’il ne devait pas oublier que le second vaisseau rejoindrait le premier huit ans plus tard et que le troisième puis le quatrième arriveraient selon les plans à long terme, encore douze ans après. Ceci assurerait un mélange suffisant des gènes. De plus, si tout se passait bien, on continuerait encore et encore. Il l’expliqua aux autres et tous reconnurent que cela levait l’objection.

Il fallait parer au plus pressé et presque tous se sentaient inquiets à propos de leur possibilité de survie dans ce monde où ils devraient tout recommencer de la civilisation. Sans instruments ni ordinateurs ni documents il leur fallait trouver en eux-mêmes toutes les ressources. Mais Irina possédait, grâce à ses expériences vécues avec les aborigènes et avec des tribus primitives, le moyen de les rassurer.

Parant au plus pressé et au plus démonstratif, elle initia le premier feu et cela incita quelques uns à rassembler les volailles et les animaux, puis à les enfermer dans des enclos bricolés avec des branches et des pierres ramassées. Un tour de première observation de leur nouveau domaine leur montra qu’il y existait des grottes profondes pouvant les abriter dès le premier soir. Le lendemain, Giarou construisit un four et une des femmes revint de la rivière avec des blocs de glaise verte trouvée dans une flaque longeant la berge. Bref, au bout d’une semaine, ils construisaient avec des blocs de terre séchée au soleil, un premier four qu’ils alimentaient avec du bois mort. Le reste suivit naturellement.

… Beaucoup plus tard, vingt jours après leur arrivée, ils se structurèrent en cellules de survie et fixèrent les rôles de chacun. Ils disposaient de nourriture en abondance et il ne leur restait qu’à choisir le style de vie qui leur semblerait le mieux adapté aux conditions locales. Ils en parlèrent longtemps et avec le plus grand sérieux. Finalement l’unanimité se réalisa sur la création d’une civilisation s’inspirant de l’autarcie paysanne de la période du début du dix septième siècle de l’ère chrétienne dans les pays civilisés d’Europe…

… Six années passèrent encore et un hameau de six foyers se dressait à deux kilomètres de là au bord d’une autre rivière. Un bâtiment commun et plus grand servant, selon les moments, d’école, de lieu de réunions ou de salle des fêtes, fut érigé et pompeusement nommé la Mairie. La fonction de Maire se trouva confiée chaque année à l’un des chefs de famille à tour de rôle.

La vie, sur ce monde, se révéla comme facile et chaque couple engendra de cinq à sept enfants durant cette période laquelle porta plus tard le nom de : « première » ? Huit ans plus tard, vingt nouveaux arrivants, venant du second vaisseau se réveillèrent, nus sur la même plage et s’ajoutèrent au groupe existant. Ils vinrent les rejoindre et leur apporter des nouvelles de la Terre et leur dire combien leur perte affecta toute la population de notre globe. Mais, vous avez déjà lu tout cela dans deux des tomes précédents.

Fin du sixième livre de la saga des Yantras.
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