Note concernant les noms de personnes








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Le onze décembre 173 A.A …

Voilà déjà plus d’un an que j’écrivais les premières pages ce cahier ! La vie de tous les jours m’empêcha ensuite d’y penser. Nul ne peut me taxer d’afficher un caractère par trop pugnace. Les idées me viennent et je les abandonne ensuite si elles ne me motivent plus. Et puis, je croyais que je notai l’essentiel de ce qui me tenait à cœur lorsque je me lançai dans cette sorte de défoulement par l’écrit. Il faut dire que le médecin de notre bloc m’avait conseillé, à cette période de ma vie, et pour abaisser mon niveau de stress, de jeter sur le papier tout ce qui me paraîtrait important. Ainsi cela cesserait de tourner en rond dans ma tête durant mon demi sommeil ou dans mes rêves. Je dois dire qu’il se montra, en cette occurrence, d’excellent conseil ! Maintenant, d’autres souvenirs me reviennent et correspondent à la période ou les enfants de Mike devinrent des adultes. Cela se rapporte à ce que les anciens nommaient « le téléphone » et la génération de mon grand père Arnold, des « portables ».

Mike ne me raconta les mésaventures de son aîné que lorsque les premières années de ma puberté cessèrent de troubler mon raisonnement. Je devais atteindre mes quatorze ou quinze ans quand il décida de m’associer aux rires inextinguibles qui s’emparaient de lui lorsqu’il se mettait à en parler. Au début, je ne saisissais pas tout le sel des situations qu’il me décrivait, mais, comme il y revenait sans cesse, je tentais de mieux le comprendre en réalisant ce que le téléphone pouvait représenter pour un homme de son âge :

Mike, jeune garçonnet, appartenait à une famille pauvre et si son propre père utilisait un téléphone au bureau il ne s’abonna, à son domicile, que quand il quitta le foyer familial pour vivre sa vie. Par contre, les parents de Mike vivaient dans la banlieue de Bruxelles et dans la rue où ils habitaient une seule famille possédait cet instrument merveilleux. Vous connaissez tous l’histoire du développement de cette application scientifique. Mike, accompagnait donc de temps en temps sa grand-mère jusqu’à la maison des Van de Nande lorsque, pour un événement important, une communication l’y attendait ou qu’elle devait appeler. Après de nombreuses courbettes et politesses (que Mike mimait pour moi et qui provoquaient mon rire aux larmes) il fallait atteindre un appareil mural, soulever le récepteur et tourner une manivelle pour attirer l’attention d’une lointaine postière à la quelle on demandait avec des grâces de bien vouloir établir la liaison. Ensuite,lorsque la postière l’ avait rappelée, chacun parlait à son tour en émettant des phrases courtes et à la limite du monosyllabisme, car, téléphoner effrayait la plupart des gens et coûtait très cher.

Mike, devenu adulte puis père de famille, utilisait un téléphone qui arrivait jusqu’à son foyer par deux prises distinctes. La personne la plus proche décrochait le combiné lorsque la sonnerie interpellait brusquement tout le monde. Lorsqu’il devint grand-père de nombreux perfectionnements arrivèrent les uns après les autres. Le premier de ceux-ci entraîna que l’utilisateur puisse transporter un appareil dans la maison et l’utiliser sans fil le reliant au mur. Mais, il fallait veiller à ce que les batteries qui l’alimentaient restent toujours bien chargées. Enfin apparu le « portable » vers les années 2000 et cela prit l’extension que l’on sait malgré tous les inconvénients.

Hans me racontait des milliers de blagues dans lesquelles la sonnerie du téléphone se produisait à des moments scabreux ou peu appropriés et nous prenions ensemble des bosses de rires ! Qu’aurait-il dit s’il avait mieux connu le portable ?

De mon temps à moi, Hans, j’ai commencé avec cet appareil dont chacun possédait un exemplaire. Je me souviens que son propriétaire oubliait souvent où il l’avait fourré jusqu’à ce qu’une bonne âme l’appelle et lui permette de le situer à l’oreille. Ceci explique que chacun cherche à utiliser une sonnerie très facile à distinguer de celles des autres. Il se volait et il se perdait des millions de ces portables, ce qui apportait bien des satisfactions aux fabricants. Bientôt, ils ajoutèrent l’image au son et créèrent une messagerie d’une si faible surface de lecture que l’utilisateur devait se contenter de mots très courts, d’abréviations, et même de raccourcis phonétiques. Ensuite, ils commencèrent à participer à la grande toile en cours d’établissement et chacun pouvait prendre son portable comme intermédiaire de son ordinateur personnel. Et puis, hélas, ces instruments devinrent de plus en plus petits ce qui créa un problème pour les gens possédant de gros doigts. Ceux-là finirent par utiliser un crayon ou un clou retourné pour taper sur leur clavier. Au cours de ma jeunesse, puis de mon âge d’adulte, ces appareils se compliquèrent et se perfectionnèrent - au point de devenir trop complexes - Successivement, ils servirent à expédier des messages abrégés puis des photos, puis des successions d’images devenant des sortes de films instantanées des interlocuteurs, puis des messages sur le Net et ils remplacèrent les ordinateurs dans la plupart de leurs applications. Au bout d’une dizaine d’années leurs performances dépassèrent les réels besoins et les fabricants en revinrent un peu en arrière, mais pas pour tout le monde.

Finalement, un jour nous nous trouvâmes tous portant une coiffe, tenant du serre-tête à cinq ou six bandeaux, de laquelle descendaient un fil conduisant à un appareil auditif dans notre oreille préférée et à une virgule qui le reliait à un laryngophone enserrant notre cou !

Mon fils a connu encore bien pire : Toutes les applications de l’Internet devinrent accessibles y compris ce qui s’affichait devant ses yeux (accommodés à sa vision de près) sur la face interne de ses lunettes ! Il restait là, durant des heures, assis n’importe où et regardait les informations ou des films à moins qu’il n’échange des pensées intimes avec un autre, en parlant dans sa courte barbiche ou en pianotant sur le clavier de son poignet ! Je ressentais l’impression de plus en plus fréquente de vivre dans un monde de fous ! Mais, et j’y insiste, rien n’obligeait encore quiconque à les utiliser. Un individu pouvait choisir de n’employer que des appareils portables très simples et de ne les utiliser que pour leurs seules fonctions téléphoniques. D’autres, comme je finis par m’y résoudre, n’utilisaient plus pas d’appareil mobile du tout ! Beaucoup se contentèrent de n’utiliser que l’ordinateur de leur « home » familial. Je ne dispose pas du temps nécessaire pour expliquer maintenant ce qui me motiva à m’isoler des autres mais j’y reviendrai.

Le 16 janvier 174 A.A …

Je viens de relire ces quelques pages de notes et me rends compte à quel point il a été bénéfique pour moi de les écrire. Le médecin connaissait bien son métier ! Depuis, je vais mieux et je considère avec un certain recul tout ce qui me révoltait auparavant. Je vois également que, dans ces notes, je ne révèle qu’une partie du problème et il me faut parler, maintenant, de ce qui concerne les webcams et autres  yeux  qui nous surveillent ou qui écoutent nos communications. Donc j’y reviens :

Certes les gens s’envoyaient des messages qu’ils pouvaient illustrer de photos ou de documents visuels et non seulement sonores. Je veux exprimer ici, le fait que chaque appareil de communications fut rapidement assorti d’une caméra qui filmait l’interlocuteur émettant le message ce qui permettait au récipiendaire d’avoir l’impression d’un contact direct. La réciproque étant vraie, ils se parlaient comme face à face. ! Bien sûr, ces caméras filmaient également les plans arrières et montraient une partie des décors ou de ce qui constituait son arrière-fond. Difficile, dans ces conditions, de recevoir un message sans voir qui accompagnait l’émetteur, sans même chercher à le savoir, car tout restait en position de réception totale sauf si on prenait des précautions particulières lesquelles, au fil du temps, furent ressenties comme des impolitesses, de la dissimulation ou un manque de savoir-vivre.

Dans les rues, les carrefours, dans les lieux publics, à l’intérieur les entreprises et dans bien d’autres commerces ou lieux de culte, des caméras de surveillance enregistraient tout ce qui ce passait vingt quatre heures sur vingt quatre. Georges Orwell avec son roman futuriste « 1984 » se trouvait largement dépassé. Le fameux « Big Brother » exista mais multiplié à des milliards d’exemplaires. La seule compensation venait de ce que, tout personne ou organisme voulant étudier ces multitudes d’informations, devait disposer d’autant de personnes surveillantes que de personnes surveillées ! Mais, il n’en demeurait pas moins qu’en cas de nécessité, la grande toile pouvait vous retrouver partout et savoir si, à un moment quelconque de votre passé, vous aviez commis, ou non, une infraction ou un crime. N’oublions surtout pas, qu’en plus, toutes les Webcams passaient par le même réseau et que des programmes parfaitement au point se montraient parfaitement capables de vous fliquer à tout instant.

La compensation immédiate de cette chape de plomb psychologique se concrétisa par la totale disparition du crime ! Seuls, des malades mentaux continuèrent à en commettre mais là, le remède pouvait être prévu aisément dans le médic que chacun utilisait quotidiennement. De nombreuses personnes abandonnèrent l’utilisation de leur portable hors de leur domicile et ils supprimèrent les webcams de leur configuration « Maison ». Cela n’ôtait rien à ce qui se passait dehors, mais cela réduisait la pression ressentie de vivre sous l’œil d’un surveillant au courant de vos moindres faits et gestes. Je ne parle pas, ici, des dégâts causés par toutes ces ondes émises presque directement dans le cerveau. Personne n’a pu démontrer leur nuisance malgré des soupçons qui me semblent assez fondés.

J’appartins donc à cette frange de révoltés qui acceptaient de communiquer mais se promenaient sans casque sur la tête et se reconnaissaient immédiatement dans la rue par cette tenue d’opposants au système. Mais, et j’insiste, pour celui qui lira peut-être un jour ces quelques notes, porter un casque surnommé « araignée » sur la tête ne constituait pas une obligation légale. N’en point porter montrait une différence de comportement social mais c’était permis et les gens de la rue comme les autorités, n’y voyaient qu’une sorte de manifestation d’originalité.

La chose s’aggrava du temps de mon petit-fils à cause de plusieurs affaires qui défrayèrent les médias et, finalement, débouchèrent sur le système actuel. J’en parlerai une autre fois pour expliquer pourquoi je les autorités me poursuivirent, me capturèrent et me rejetèrent vers des établissements de soins psychiatriques qui, durant une longue période, me considérèrent comme un  malade.

Le Quatre septembre 174 A.A …

Je viens maintenant écrire une suite pour parachever ce que je me devais de dire et d’expliquer dans ces quelques pages. Pour cela, il me faut vous expliquer en quoi consistait la mode de la traçabilité et vous expliciter ce que représentaient les Balises ou les autres repères géographiques. Tout d’abord, je noterai quelques précisions quant à la traçabilité : Durant le quart de siècle qui précéda les années A.A., de nombreuses exagérations à caractère lucratif entraînèrent que la qualité des aliments baissa de plus en plus et que des maladies inconnues jusqu’alors – maladies terribles et souvent transmissibles - frappèrent le bétail, les cheptels et les élevages intensifs divers. Les producteurs durent en revenir à des mœurs plus saines et cesser d’alimenter les vaches avec des farines d’os pour ne donner que cet exemple particulièrement contre nature. Mais, il fallait également s’assurer que la correction de tir s’appliquait effectivement tout le temps et partout à la fois. Les aliments durent porter des étiquetages qui permettaient de « tracer » tous les intermédiaires jouant le rôle des acteurs de leur mise sur le marché. Voilà en quoi consistait la traçabilité.

Le résultats se révélèrent si probants lorsque les producteurs appliquaient ces méthodes aux domaines alimentaires et agricoles, que l’autorité de tutelle de l’époque commença à étendre l’application de ce concept à presque tout ce qui se fabriquait. Maintenant, et alors que je vis mes derniers jours, tout devient traçable. Chaque objet reçoit une micro puce qu’il suffit de présenter devant un terminal domestique pour en connaître toute l’historique. Depuis quelques mois,les nouveaux nés des animaux domestiques ou d’élevages ne sont plus les seuls à montrer de discrets codes barres ou à porter, sous leur peau, une discrète puce informatique ! Les autorités marquent désormais les humains à l’identique et ils prévoient que, dans le mois qui vient, tout habitant de la Terre reçoive son propre marquage ! Je sais que je ne me présenterai pas pour subir cette honte et que je préfère entrer dans la dissidence. Demain, je quitterai ce bloc sous un prétexte de voyage et me perdrai dans la nature. Ils ne retrouveront que mon corps. Je refuse de devenir un objet !

Ceci m’amène à terminer mon message en reprenant la question des repérages géographiques. J’ai mentionné, un peu plus haut, quelques faits divers mais, plus j’y songe et plus je pense qu’il s’agissait d’une intoxication infligée au public pour l’amener à accepter cette surveillance supplémentaire. De quoi s’agit-il ? D’une méthode simple et redoutable ! Cela tient du fait que tout communicateur, portable ou fixe, peut être repéré par le réseau et que les techniciens n’ont aucune difficulté à en déterminer la position géographique exacte.

Au début, les voleurs dérobaient des portables pour s’en servir personnellement sans devoir les acheter ? Le B. A. BA du vol et souvent la première marche menant vers la délinquance ! Malheureusement pour ces apprentis en crimes, le réseau se montra capable de dire à chaque seconde le lieu exact d’où émanait un appel. Les voleurs ne pouvaient donc pas utiliser l’objet dérobé. Pire encore, il existait et il existe encore, tout un réseau de surveillance par satellites géostationnaires qui entourent notre globe et qui sont capables de repérer un communicateur même si celui-ci est éteint. Cette technologie utilise le même système qui repère et sauve des gens perdus dans la brousse ou le désert même lorsqu’ils sont incapables physiquement de demander du secours. Je ne reviendrai pas là-dessus car, par ce biais et grâce à de nombreux récits de ce genre, le public accepta qu’on puisse situer tout un chacun à tout instant de sa vie. Moi je le refuse totalement ! Je veux garder un peu de mon humanité et de mon autonomie.

Comme les choses semblent devoir maintenant s’orienter, cela risque encore d’empirer ! Voilà pourquoi je laisse ces notes. Je veux croire qu’un gosse les lira et comprendra qu’il faut se révolter et rejeter ce système sinon nous transformerons l’humanité en une série d’élevages de bestiaux humains. Je souhaite « bonne chance » à ce gosse là ! Je lui conseille de ne pas enregistrer mon texte dans son ordinateur mais de le garder sous sa forme écrite, bien à l’abri des regards et des objectifs des caméras et webcams. Le mieux consisterait à ce qu’il l’apprenne par cœur puis qu’il le détruise. Si quelque chose échappe à sa compréhension qu’il ne s’impatiente pas, ce n’est pas grave, car il le comprendra plus tard. Je laisse, chez mon ami Gambe, occupant la case 602, quelques livres imprimés que ce gosse pourra lire en complément de mes notes. Plus âgé que lui de vingt-trois ans, j’espère qu’il vivra encore lorsque cet hypothétique gamin trouvera ce cahier, qui sait ?

Chapitre Un

On peut tout faire pour un enfant …

Sauf mettre sa tête à la place de la sienne.

(Les belles phrases de Léa)

Nounou venait de délivrer son message sans fioritures : le jeune Giarou relevait d’une procédure immédiate de correction psychothérapeutique dans un Centre spécialisé dont l’adresse figurait au bas de l’écran familial. Son père en resta complètement atterré et décida de ne pas en parler tout de suite à Aurore. La honte tombait sur leur cellule et rejaillirait ensuite sur tout l’immeuble. Les asociaux n’existaient pratiquement plus et lorsque l’un d’entre eux était découvert, tous les médias en parlaient ! Pire, cela devenait automatiquement le nœud des conversations lors des rencontres ou des communications alimentant la vie du public. Robert savait bien que les parents n’ont aucune responsabilité en ce genre d’occurrence et que seuls les hasards de la génétique pouvaient l’expliquer. Tout de même, il ressentait durement de voir son fils de onze ans classé au ban de la société pour des réactions complètement absurdes et qu’il considérait, lui, jusqu’au verdict, comme des caprices ou des enfantillages !

Bien sûr, en y repensant, il devait admettre que des détails l’avaient troublé à plusieurs reprises au cours des années passées : L’enfant aimait s’isoler dans sa chambre et coupait son audio à chaque fois que la surveillance parentale se relâchait. Tout bébé, sachant à peine marcher, il arrachait son casque et s’éloignait de l’écran central. À peine âgé de trois ans, il aimait rouler la mie de son pain en boulettes et l’enfoncer dans ses oreilles, sournoisement, sous les diffuseurs. Aurore et lui n’y virent qu’un simple jeu sans conséquences. Puis, cela devint de pire en pire, il allait même jusqu’à baisser le son de ses cours pour les réduire à un simple murmure lorsque les parents étaient occupés à autre chose ! Au lieu de s’instruire selon le programme général, il lisait des livres imprimés et parfois illustrés qu’il se procurait on ne savait où jusqu’au jour de la mort de Gambe, l’homme occupant la case six cent deux. On découvrit, alors, la source de cette littérature de bas niveau qui influença si mal le pauvre enfant. D’une façon générale il fallait bien convenir que Giarou ne ressemblait en rien à sa sœur Agnès ni à son frère aîné Jack … ni même à celui d’aucun des enfants de l’immeuble, ni à aucun autre enfant du quartier, ni même de la Section Urbaine …

…Robert se devait maintenant de prévenir Aurore du contenu du message matinal de Nounou. Puisque tous communiquaient en permanence par le son et par l’image, elle devait certainement remarquer le temps qu’il venait de passer immobile devant l’écran et se poser des questions. Il murmura, la gorge nouée, sous le laryngophone, quelque chose qui ressemblait à :

« Viens voir le message arrivé il y a cinq minutes, nous devons, tous les deux, prendre quelques dispositions importantes. »

Aurore se trouvait dans la salle d’eau lorsque le son lui parvint (après le léger clic conventionnel) et elle se précipita dans le séjour, simplement enveloppée d’un peignoir de bain. Lorsqu’elle lut, à son tour, la condamnation prononcée par l’Ordinateur Central, son premier élan consista à refuser purement et simplement la sanction ! Elle voulait nier l’évidence même du fait que nul ne pouvait la changer. Puis, simultanément, il lui revint en mémoire le mot que Giarou lui avait balancé, la veille, au moment de son coucher. Elle tentait, alors, de bloquer les écoutes de son casque de nuit sur la position voulue. Dans une brutale et irrépressible colère, dans une révolte enfantine, l’insulte lui vint aux lèvres. Il lui adressa comme une suprême injure la désignation de « fourmi » et se retourna pour bouder tout son saoul ! Elle comprit mal et entendit « for me » en langue universelle. Puis, elle réalisa que le gosse utilisait le nom de l’insecte car une image figurait sur la couverture du livre en attente sur son chevet ! Aurore rougit sous l’invective, qui, à l’analyse, ne méritait pas cela. Tout venait du ton plein de mépris et de hargne l’accompagnant ! Plus tard, en y songeant à nouveau, elle retrouva difficilement la quiétude nécessaire à un bon sommeil.

Les parents du gamin savaient que les décisions prises par Nounou ne se discutent jamais, qu’elles constituent les meilleures des réponses possibles pour résoudre les difficultés ou les problèmes qui se produisent. Mais, s’il fallait toujours obéir, une des réactions leur restant possible consistait à demander des explications ou des précisions. La machine ne s’en montrait jamais avare, souvent simplement dans le but d’atténuer les effets pernicieux d’une condamnation auprès du voisinage et des différents groupes auxquels les gens se rattachaient.

Ils l’interrogèrent donc et apprirent ce que tous les gens branchés sur leur site personnel purent savoir en même temps qu’eux : L’enfant montrait la présence d’une tare évidente depuis son plus jeune âge ! Malgré les conseils éducatifs prodigués aux parents et aux enseignants, aucune amélioration n’était parvenue à redresser ce comportement aberrant. Giarou refusait de communiquer loyalement avec ses semblables et se donnait un mal fou pour échapper à ce qu’il ressentait comme une contrainte insupportable. Cet enfant cherchait à s’isoler de toutes les façons possibles. Ceci pouvait s’illustrer par quelques exemples frappants que la machine trouva dans ses archives :

- En moyenne, il ne consacrait que quarante minutes par jour à utiliser le réseau des réseaux, alors que les enfants normaux de sa tranche d’âge s’y promenaient ou y jouaient durant quatre à six heures. Il fallait en général les en arracher pour éviter les excès.

- Le nombre des communications phoniques ou audio phoniques qu’il émettait quotidiennement sur son mobile ne dépassaient pas la douzaine et encore, il s’agissait, quatre-vingt fois sur cent, d’obligations légales ou parentales. Certes, s’il émettait peu, il recevait comme tout le monde une moyenne de cent soixante messages par jour, mais souvent il baissait le son à la limite de l’audible et tentait de n’y point répondre ou se contentait de réponses d’une grossière brièveté.

- Alors que tous les gamins, dès l’âge de l’écriture, demandaient à figurer dans le réseau des réseaux, il ne possédait pas de site personnel et ne visitait jamais spontanément les sites des autres.

Nounou précisa que l’enfant, en dehors de cette forme particulièrement rare d’autisme social, réagissait normalement aux tests d’intelligence et s’y classait parmi les meilleurs. Sa santé physique et sa forme, se révélaient mêmes supérieures à celles des autres enfants. En effet, consacrant moins de temps à communiquer et à montrer sa bonne intégration dans les groupes sociaux, il se livrait à des activités physiques et peu utiles comme, par exemple : marcher dans les rues de la Cité, grimper les escaliers à pied, sauter à cloche-pied dans l’appartement ou les couloirs, se livrer à une véritable gymnastique plusieurs fois par jour.

Des électrodes posées sur son crâne durant son sommeil avaient décelé une riche activité en période d’ondes alpha, ce qui correspondait à des rêves de catégorie normale, mais elle mirent en évidence qu’au moment de son endormissement, le gamin se livrait à de véritables dialogues internes au cours desquels il maniait les matériaux d’un dialogue. Des micropalpeurs posés sur ses lèvres permirent de confirmer que, d’une certaine manière, il se parlait et se donnait effectivement la réplique… !

En résumé, Giarou ne pouvait plus rester avec ses parents et devait désormais rejoindre un Centre spécialisé qui tenterait de le ramener aux normes. Un bulletin de santé arriverait chaque mardi matin sur l’écran familial pour les informer de son état général et de ses éventuels progrès.

Robert souhaita obtenir plus de détails sur le sort qui attendait son rejeton et voulait savoir ce que Nounou pouvait lui communiquer concernant l’endroit où l’ambulance devrait l’emmener dans la journée. La machine lui apporta les éclaircissements voulus. Avant l’éventualité d’un rejet pur et simple – lequel ne pouvait se prononcer avant l’âge de seize ans - une tentative assistée de sevrage total de communications isolerait l’enfant et devrait normalement l’amener à comprendre, de lui-même, à quel point tous les individus restent interdépendants. Le pronostic statistique de réussite d’une telle rééducation se situait dans la zone des soixante-six pour cent. Nounou précisa toutefois que le nombre des cas de « Socio autisme » était tellement faible, qu’une probabilité mathématique fiable ne pouvait être calculée.

Si le traitement échouait ou semblait insuffisant, Giarou se verrait ensuite confié à l’une des ethnies sauvegardées qui existaient sur la planète et qui servaient de conservatoires biotopes destinés aux historiens ou aux nostalgiques. Ainsi, il terminerait sa vie chez les Amishs de Pennsylvanie ou avec les nomades du Sahara ou à Anvers parmi les adeptes du Hassidisme ou dans l’un des nombreux autres groupes. On ne connaissait pas de cas où un malade ne trouve au moins un milieu sauvegardé qui lui convienne.

Si, pourtant cela se produisait et qu’à vingt ans Giarou n’optait pour aucun d’entre eux, on devrait l’interner définitivement dans le seul lieu de la planète capable de le garder, une île perdue au milieu de l’Océan Pacifique, loin de toute route maritime et isolée de tout lieu habité (ou habitable) par quelques milliers de kilomètres d’eau. Là-bas, sur la Base Delta, on lui procurerait une habitation modulaire, un bout de terrain, des provisions et des graines et il devrait se débrouiller au mieux au milieu de gens aussi « dérangés » (au sens étymologique de : sortis du rang) que lui !

Les parents ne savaient comment réagir à ces informations et se sentaient complètement dépassés par les événements. Aurore demanda où partait son fils et Nounou lui indiqua des coordonnées géographiques qui montraient que l’enfant devrait utiliser un Jet Plus, dont la base de lancement se trouvait à proximité d’eux dans la banlieue de Washington, puis qu’il traverserait la planète. Il arriverait directement au terminal de Casablanca. De là, une libellule ambulance l’accompagnerait jusqu’au Centre de redressement situé à une poignée de kilomètres de là, vers le nord. Nounou projeta une image aérienne de ce Centre qui se caractérisait par son isolement dans la nature et la haute muraille qui le coupait du monde extérieur. Une ville forteresse, semblant sinistre, plantée sur un faux îlot rocheux et qui se nommait Gibraltar. Ils en restaient sidérés et se regardaient avec effarement, ne sachant plus que dire…

… Le signal de la porte retentit annonçant des visiteurs et, simultanément, le portable disait : « Ouvrez-nous ! Nous représentons vos contacts du groupe de l’immeuble et déjà ceux du bloc et du quartier nous signalent qu’ils arrivent pour vous apporter leur réconfort moral dans l’épreuve qui frappe votre cellule familiale. Nous voulons vous aider à mieux supporter le choc ! »

Nul ne peut s’extraire ou se particulariser de son groupe à quelque niveau que l’on considère la question. Ils débloquèrent donc l’entrée et six personnes pénétrèrent. Toutes paraissaient pleines de bonne volonté et de loyaux sentiments. Ouf ! Ils ne resteraient ni seuls ni abandonnés comme ils le craignaient ! La chalum (sociale chaleur humaine) ne les quitterait pas sous l’adversité. Certes, le choc demeurait mais il devenait le traumatisme commun et leur semblait déjà un peu moins lourd à supporter …

Durant les quelques heures qui suivirent, ils reçurent les messages de réconfort, de soutien et d’encouragement de toutes les unités emboîtées auxquelles ils appartenaient à des degrés de plus en plus lâches. D’abord l’immeuble et, aussitôt après, le bloc qui envoyèrent des personnes vers eux. Puis ils captèrent des messages du quartier, de la Municipalité, de la Province et ainsi de suite jusqu’à ce que le Président lui-même envoie un petit mot sur leur écran. Nul ne se soucia particulièrement des réactions possibles de Giarou car un jeune impubère n’est considéré qu’en fonction de ses actions, de ses résultats scolaires ou de ses exploits sportifs. Il ne devient un individu à part entière qu’après les tests lui permettant d’entrer dans le monde des adultes. Il ne s’agit ni d’une initiation comme aux temps anciens, ni de l’accomplissements de rites particuliers mais tout simplement d’une analyse venant du médic de la famille. Comme tout un chacun, le matin au lever, il introduisait son index dans l’appareil, lequel prélevait sans douleur un ou deux millimètres cubes de sang et l’analysait. Cette vérification permettait au distributeur situé en cuisine de composer, pour lui, le petit déjeuner parfait qui compensait ses besoins ou défaillances et tuerait toute forme de maladie venant de virus ou de microbes. Lorsque le jour viendrait, le dosage de ses hormones montrerait, un matin, de manière évidente, son passage à l’âge adulte. Alors un message s’afficherait sur l’écran et l’enfant deviendrait un membre à part entière de la communauté, donc un électeur. (Voir les Mandalas livre 1)

Tous les visiteurs s’arrangèrent pour laisser la famille à elle-même une heure plus tard. La porte refermée, les aînés sortirent le nez de leur terminal respectif et vinrent aux nouvelles. Informés, ils ne trouvèrent rien à dire. Ils aimaient bien leur petit frère, mais ils devaient reconnaître que les communications avec lui étaient brèves et toujours difficultueuses. Bien formés à l’acceptation des lois du groupe et s’intégrant parfaitement à la vie sociale normale, ils durent admettre la décision de Nounou. Ils exprimèrent leur opinion individuelle en concluant qu’après tout, les conséquences à moyen ou long terme allaient dans le sens d’une amélioration de l’état du gamin. Ils s’en retournèrent vers leurs chambres respectives en demandant que les parents les préviennent lorsque l’ambulance viendrait chercher Giarou. Ils tenaient à l’embrasser avant son départ.

Puis l’intéressé se décida à montrer le bout de son nez. Il savait que des raisons spéciales provoquaient tout ce remue-ménage qui durait depuis plus d’une heure, mais ignorait complètement que cela le concernait. Les yeux encore rougis de sommeil, il se dirigea automatiquement vers le médic et opéra comme chaque matin. Un signal sonore lui indiqua de lire l’écran familial dès après son petit déjeuner. Il se traîna encore vers la cuisine, s’avachit sur un tabouret et attendit que la composition liquide lui arrive sur le petit plateau en même temps que le dicton du jour, supposé l’aider à acquérir les bonnes valeurs de la moralité mondialement acceptée. Il lut en avalant son mélange, tout en remarquant vaguement que le liquide semblait plus sucré et plus épais. Il comprit aussitôt que sa journée risquait de le fatiguer plus que les autres jours. Le dicton disait :

« Un fort vent arrache le bois mort » son numéro : le 695

Giarou attendit en silence et quasi immobile durant vingt minutes que le breuvage commence à induire son effet normal et, ses forces revenues, il se dirigea docilement vers l’écran. Il put lire le message en question et n’en saisit pas de suite toute la signification. Se tournant vers ses parents il posa les questions prévisibles et obtint les réponses appropriées. Il sut alors que sa vie douillette et choyée venait de s’achever, que ses aînés ne tenteraient plus de l’aider à s’améliorer et il ressentit une boule dure se former dans son plexus et remonter vers sa gorge. Mais Giarou possédait un caractère fier et n’aimait pas étaler ses sentiments. Puis, Nounou émit le tintement de la confidentialité et tous purent savoir qu’un message spécial, destiné au seul Giarou, apparaîtrait sur l’écran et s’effacerait deux minutes après. Ils s’écartèrent de l’appareil tandis que l’enfant lisait :

« Mon cher Giarou, la décision que je viens de prendre ne vise qu’à améliorer ton sort et non à l’aggraver. Tu ne supportes absolument plus la pléthore de communications qui tissent la vie de tous gens normaux et tu cherches à t’isoler en toutes circonstances. Là où je t’envoie tu ne communiqueras que lorsque tu le voudras et tu n’utiliseras, si tu le souhaites, que ta voix, tes oreilles ou l’écriture. Considère le soulagement que tu vas en éprouver. De plus, ton éducation ne souffrira en rien de ce nouveau statut car tu recevras des cours par le biais d’un mentor et non d’un écran. Des professeurs humains tenteront de t’inculquer autant de savoir que tu désireras en acquérir, pas plus, pas moins. Ils adapteront leur enseignement à tes réelles possibilités et non en procédant à l’inverse comme à présent. Penses-y bien ! Tes parents et tes amis recevront de tes nouvelles chaque semaine pendant la première année et ensuite chaque mois jusqu’à tes seize ans. Ensuite, nous devrons examiner où tu te situe par rapport au monde … Toi-même, si tu le souhaites, tu pourras m’interroger sur les personnes qui t’intéressent ou à propos du devenir de tes proches, mais seulement une fois tous les quarante jours. Je te souhaite un bon rétablissement »

Giarou se sentit obligé d’envoyer un remerciement à la machine pour observer les usages. Il se contenta d’un bref et minimal « merci ».

Son bagage se réduisait à quelques vêtements et à une trousse de toilette à laquelle il tenait. En fait, tout le reste devait se trouver sur place. Il décida d’ajouter quelques uns de ses livres favoris comme : Robinson Crusoé, l’Ancien testament, La Biographie de Gurdjieff, et le récent best seller : Bal des Ordinateurs. Le soir, juste avant son départ, les adieux restèrent sobres et de bon ton. Un individu quittait le groupe, donc la série des groupes gigognes et tous les individus les composant savaient parfaitement pourquoi. Malgré son angoisse, Giarou montra son courage et ses seuls père et mère l’accompagnèrent sur le toit jusqu’à ce qu’il monte dans le taxi libellule portant la marque des ambulances. Tous évitaient les cris, les pleurs et les manifestations. Il s’agissait de soumission à une autorité librement acceptée et connue pour représenter la logique suprême. Voilà tout.

L’enfant montait, pour la première fois, dans ce genre d’engin qui ne se différenciait des taxis habituels que par le seul fait qu’aucune adresse de destination n’émana du micro. De plus, le cadran restant à la disposition du passager ne comportait aucun moyen de décommander ou de détourner le vol prévu. L’infirmière qui, réglementairement, se trouvait avec lui à bord, ne s’occupa que de fixer sa ceinture de sécurité et ses protections antichoc. La station du Jet Plus ne se trouvait qu’à une demi-heure de vol et la lune brillait lorsqu’ils y parvinrent. Giarou savait l’inconfort de voyager par ce moyen de transport super sonique. Il endura ces inconvénients durant environ trois heures sans se plaindre. Ils atterrirent finalement à la Station de Casablanca. L’infirmier chargé de sa réception et qui prenait le relais de sa surveillance, l’attendait au terminal. Il lui tendit des vêtements nouveaux, ressemblant à un uniforme et lui demanda d’entrer dans une cabine afin de changer de tenue. Il précisa que ses objets personnels - ainsi que les habits qu’il portait depuis son départ - lui parviendraient en différé d’ici quelques jours.

La Libellule qui les emmena ensuite ne parcourut qu’un faible trajet, puis survola silencieusement l’île (sic) de Gibraltar afin que l’enfant puisse recevoir une image d’ensemble du lieu où il vivrait désormais. Comme l’angoisse revenait lui bloquer le plexus, l’accompagnateur lui indiqua que, désormais, il pouvait retirer son casque audio et tous ses communicateurs. Cela provoqua en lui un tel sentiment de liberté qu’il en oublia ses craintes. Il se sentait tellement léger et plus libre sans tout cet attirail qu’il exécrait ! Enfin, il pouvait penser sans devoir entendre ces bruits de fond qui troublent le cheminement logique (ou poétique) des idées ! Le pilote, fort aimable et prolixe, se transforma durant quelques minutes en guide touristique et expliqua que jusqu’aux années 45 A.A. Gibraltar était relié à la masse continentale par un isthme sableux mais que, juste avant la grande unification planétaire, pour des raisons de politique partisane, les anglais creusèrent la bande de sable afin que Gibraltar, moins rattaché au continent, prenne un caractère insulaire. Ces importants travaux ne servirent à rien ! En effet, l’une des premières mesures décidées au cours de la rédaction des traités internationaux, consista à construire un pont reliant la nouvelle pseudo « île » à la région Espagne. Depuis, et un peu par ironie, les gens affectaient de considérer Gibraltar comme un îlot …

… Comme un duvet léger, l’engin se posa et les déposa au centre du cercle bleu tracé à la peinture au milieu de ce qui semblait la place centrale de l’agglomération. Une seule personne se tenait là et les attendait. Il s’agissait d’un être barbu tellement vieux que Giarou pensa à un déguisement avant de se rendre compte qu’il existait effectivement des individus chenus correspondant parfaitement à l’image intérieure qu’il attribuait au mot « aïeul ». Dans les Cités, il est très rare de croiser de tels individus ! Lorsque vient l’âge de la retraite, les anciens reçoivent une attribution qui leur permet de séjourner, au long terme, dans des hostelleries spécialisées adaptées à leurs besoins et aux nécessités qu’entraînent les effets du vieillissement. Les jeunes n’en rencontrent donc presque jamais. Ils savent que lorsque leur tour viendra, ils devront quitter le groupe familial, l’immeuble, le bloc, le quartier et tout le reste, pour reconstituer, avec d’autres anciens et des robots soigneurs, une nouvelle entité sociale. Ils commencent à s’y préparer deux ou trois ans avant le jour de leur nouvelle affectation et, en général, tout se passe bien.

Son grand-oncle Georges, le frère de sa grand-mère maternelle était la personne la plus vieille jamais rencontrée par Giarou. Il était venu leur rendre visite pour leur adresser un cordial au revoir et ce, juste à la limite du temps prévu. Il atteignait alors à peine septante sept années mais prenait soin de son aspect physique et cherchait à paraître plus jeune.

Pour le gamin fraîchement débarqué sur Gibraltar, la personne qui se trouvait maintenant devant lui devait dépasser les cent années et encore, estima-t-il, il n’avait d’autres références que des images vues sur ses livres, il pouvait se tromper de beaucoup ! L’homme lui tendit la main en se présentant :

« Bonjour et bienvenue ! Considère moi comme ton Magister et sache que je vais consacrer les prochaines années de notre vie commune à tenter au mieux, de te réadapter ou, au pire, à utiliser, le mieux possible, ton inadaptation. Je me nomme Maximus et ma naissance remonte à cent vingt et une années. Je compte bien en vivre encore une douzaine. Par l’étude ou par l’expérience, j’ai appris, et je continue à apprendre, les règles qui gouvernent notre monde et les gens qui y vivent. Grâce à ce parcours et à des jeunes gens dans ton genre, je ne suis pas condamné à l’Hostellerie des Anciens dans laquelle je devrais normalement finir mes jours. Maintenant tu vas me suivre et nous allons visiter l’endroit ou tu vas vivre et développer ton esprit » …
… Durant les jours qui suivirent Giarou put explorer son domaine personnel (un appartement de quatre pièces), celui du Centre Psychothérapeutique et même, accompagné d’un guide humain, il visita la ville et les alentours de Gibraltar. Comme les singes qui y vivaient en totale liberté, il ne quitta pas le rocher car la limite de la zone autorisée ne franchissait pas le domaine maritime. À la fin de cette courte période d’adaptation à son nouvel univers, il devait remettre à Maximus un rapport écrit décrivant ses impressions et même ses réactions, positives ou négatives. Bien que très éveillé pour son âge, nul ne s’attendait à ce que la rédaction de ce document se révèle d’une qualité supérieure à celle qu’on attendrait de n’importe quel enfant du même âge. De ce côté-là, au moins, tout resta assez conforme aux prévisions. Il écrivit quelques lignes chaque jour et, comme demandé, indiqua ce qu’il trouvait bien (ou mieux que prévu) et ce qui le gênait dans cet univers, nouveau pour lui. En voici le texte que je vous livre :
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