Note concernant les noms de personnes








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Maximus


Le vieillard, maintenant presque au bout de sa vie, suivait, avec une grande attention, le cursus de son jeune protégé et s’étonnait de ce que Nounou insiste tant pour qu’il finisse son second cycle dans la Grande Escadre. Finalement, Nounou se trouva contrainte de formuler que le but qu’elle poursuivait ressortait du programme « Espace » (ou « Grand Projet ») et des données que lui fournissait régulièrement, le Conseil des Directeurs. Ce dernier dominait les activités sur la planète et régnait, ou plus exactement  veillait  souverainement sur les six milliards d’humains.

Giarou, d’après ses caractéristiques, pouvait devenir un Capitaine de Bâtiment auquel on pourrait confier certaines missions très particulières exigeant qu’il reste seul ou autonome durant de très longues périodes. Certes, il devait néanmoins, poursuivre sa formation qui était désormais nettement engagée dans ce sens mais sans que quiconque, parmi les décideurs, ne perde de vue que tout cela ne demeurait qu’une hypothèse à vérifier.

Maximus savait que de tels programmes existaient et qu’il conservait la possibilité de s’adresser au Conseil pour obtenir quelques détails. Oui, il le pouvait s’il se sentait capable de démontrer que sa question ne relevait pas de la simple curiosité, mais qu’elle répondait à une nécessité essentielle dans le déroulement de sa vie personnelle ou professionnelle. Or, il se sentait tout à fait incapable d’argumenter dans ce sens ! Certes, il se sentait surtout curieux et, il devait bien l’admettre, pas tellement inquiet du futur de son poulain. Mais sa vie propre arrivait à son terme et le travail qu’il accomplissait pour le rétablissement de l’équilibre de Giarou s’achevait sur un succès. Il accepta donc se contenter des indications très imprécises que lui donnait Nounou…

Giarou.

Sur le G6, la vie de notre héros changea du tout au tout, du moins durant les premières semaines. Il reçut un uniforme propre, la désignation d’une cabine où quatre hommes séjournaient et la nomenclature des quelques corvées qu’il devait exécuter quotidiennement comme tout un chacun. Mais ces travaux, pourtant obligatoires, ne montraient aucunement le caractère de basses besognes à effectuer, de celles qui engendre souvent du mépris. Le fait de dormir sur une couchette et non dans un hamac, de posséder une penderie et une commode particulières, de pouvoir installer quelques uns de ses livres ou cassettes sur sa propre étagère, lui procurèrent un sentiment de grand confort. La cabine comprenait un équipement standard avec écran et médic pour satisfaire aux obligations d’une vie communautaire. Mais chaque marin disposait d’une tablette avec écran pour ses besoins propres de travail, de jeu, ou de communication. Voilà comment se présentait l’endroit à partir duquel Giarou pourrait poursuivre ses études, une fois son travail de marin achevé.

Le boulot qu’on lui confia, et pour lequel on le forma rapidement, s’accomplissait dans le local des Communications. Il se trouva affecté à un poste de surveillance aux appareils. Là, en permanence, se regroupaient les informations ramenées par les drones, les satellites, les patrouilleurs qui quadrillaient l’espace maritime du globe entier. Radars, sonars, mollards repéraient les détritus et les saletés que deux siècles de recherches poussées ne détectaient que maintenant. Il en apprit le maniement et put ainsi appliquer de façon effective la théorie qu’il maîtrisait maintenant parfaitement. Sans le caractère très concret des recherches menées et de ce sur quoi elles débouchaient, il imaginerait facilement qu’il ne s’agissait que de simples travaux pratiques.

Dès que l’objectif d’une campagne de nettoyage était précisé, une partie de l’escadre des porte-avions se dirigeait vers les lieux, procédait à l’écumage ou au ramassage et ramenait le tout vers celui des grands bâtiments qui traiterait le problème.

Giarou s’étonna de ce qu’on puisse encore trouver des nappes de pétrole brut après tant d’années, mais Michael Tore, son lieutenant instructeur, lui fournit l’explication : Certains épaves échouées depuis des centaines d’années sur les fonds contenaient encore des quantités notables de « merde noire » dans leurs flancs. Sous les effets combinés de la corrosion et de certains coquillages perceurs de coques, une paroi cédait brutalement et le liquide nauséeux commençait une lente ascension vers la surface. Son poids spécifique bien inférieur à celui de l’eau de mer le poussait vers le haut, mais sa grande viscosité à la température des fonds le retenait, par cohésion, au reste de la masse. Bref, une nappe nouvelle apparaissait, cent ou deux cents ans après le naufrage. Les instruments la détectaient, et alors le grand nettoyage commençait. Radars et sonars sondaient les objets durs ou capables de renvoyer un écho, les mollards, découverts vers 126 A.A., reconnaissaient les parties molles qui, à contrario absorbent les ondes et provoquent un léger échauffement de leur masse. Leur maniement demandait une très grande expérience et les officiers de bord ne confièrent à Giarou que le maniement d’un bon vieux radar qui situait plus ou moins précisément les épaves ou les masses rocheuses. Ce genre de boulot convenait parfaitement aux débutants.

Le G6 patrouillait sélectivement tel ou tel secteur selon les ordres que lui adressait l’Amirauté. Il opérait principalement sur l’Atlantique mais pouvait recevoir à tout instant une autre affectation. Giarou y travailla avec sérieux et grand plaisir durant cinq mois et deux semaines, puis un funeste soir, il commit une erreur qui parut particulièrement stupide au Lieutenant Tore et, remontant l’échelle hiérarchique, encore plus idiote au Pacha du G6. De quoi s’agissait-il ? :

Giarou prétendit que son radar détectait un immense objet métallique en forme de demi sphère se situant en un lieu très bien connu, et particulièrement sondé depuis trente générations de marins, je parle des fonds se trouvant au voisinage des Bermudes. Commettre une telle erreur pouvait s’admettre de la part d’un novice et, à part une franche rigolade lors d’un pot pris en commun, tout pouvait passer à l’as sans devoir impliquer le commandement. Mais voilà, Giarou s’entêta et ne voulut pas en démordre malgré les explications fournies par son instructeur. Giarou pensait qu’une masse métallique présentant un diamètre de l’ordre de trois cents mètres se trouvait juste en dessous du G6 et ne pouvait se détecter comme telle qu’à partir de l’endroit exact où ils se trouvaient. Et ceci, affirma-t-il, à deux cents mètres près ! De plus, d’après lui, encore fallait-il se trouver sur place à l’exact bon moment car le phénomène magnétique semblait souffrir de discontinuités ! Ailleurs, les échos reçus désigneraient cet objet comme un simple relief du sous-sol s’apparentant à une colline. Le jeune homme procéda aux calculs de vérification et utilisa la puissance de Nounou pour déterminer la forme avec toute la précision disponible. Il trouvait exactement la moitié d’une boule dans les épures de ses calculs. Trixon lui expliqua, avec toute la gentillesse voulue, que cet endroit désignait une sorte de gisement métallique se trouvant inclus dans un relief trompeur. Giarou s’entêta et expliqua à son tour les raisons mathématiques qui le forçaient à maintenir son opinion, donc le texte de son rapport.

En ce temps là, la discipline restait encore nécessaire au bon fonctionnement de toute organisation et des sanctions existaient pour ramener les réfractaires et les rebelles à de meilleurs sentiments. Puisque Giarou refusait d’accepter le fait démontré qu’il existait une particularité magnétique en cette zone précise, il termina son temps (quelques jours) sur le G6 enfermé dans une cabine servant de prison.

Le Pacha du porte-avions approuva la décision du Lieutenant et se devait d’en rendre compte plus haut. Le fait restait tellement rare que tout manquement à la discipline se signalait obligatoirement. Pourtant le capitaine du G6, Melville Point, se caractérisait par son caractère débonnaire et aimable. Négociateur né, il savait arranger les points durs se dressant entre ses subordonnés ou ceux qu’il rencontrait avec les autres Capitaines. Même l’Amiral le consultait parfois dans des cas difficiles. Il n’attaquait jamais rien de front et, lorsqu’il devait agir, il prenait un maximum de précautions pour disposer de tous les éléments nécessaires. Ceci explique qu’avant d’en référer au « diable » lui-même, à Athanase Kouros l’Amiral, il désira questionner longuement Nounou sur les antécédents de ce Giarou. Il voulait également savoir qui, par le passé, avait montré un tel entêtement et quels hommes, avant Giarou, soulevèrent le problème de cette aberration géographique et quels travaux de vérification ils entreprirent ?

La réponse cette importante question se résumait à un seul cas référencé en deux siècles et demi. Pour la seconde question, la réponse de Nounou comportait toute un historique des relevés géographiques effectués dans cette zone précise depuis l’année mil neuf cent soixante du calendrier chrétien. Melville Point apprit ainsi que cette distorsion locale intrigua fort les populations car quelques navires y disparurent au cours de tempêtes et on ne retrouva pas les débris de leurs carcasses. Trois ou quatre appareils volants, des anciens avions à moteurs thermiques, traversèrent cette région et s’y perdirent. Les journaux et les médias désignèrent rapidement cette zone sous le vocable de « Triangle des Bermudes » et de nombreux romans furent construits sur ce prétendu mystère.

En attendant une bonne explication scientifique, tout ce qui voguait ou volait évitait cette zone et cela dura jusqu’en 5 A.A. Des magnétomètres purent mettre en évidence la présence d’une anomalie de la croûte terrestre et purent déterminer avec précision les caractéristiques des flux émis par cette zone circulaire. Cela expliquait pourquoi les instruments de bord des anciens bateaux ou avions, purent s’affoler et pousser les pilotes vers une fin tragique.

Melville Point tenait sa réponse mais il lui manquait un détail : le nom de celui qui, cinquante deux années plus tôt, causa les mêmes ennuis que Giarou. A sa grande surprise Nounou, se retranchant derrière une clause de confidentialité, refusa de répondre. Le Capitaine argua alors que son rapport à Athanase resterait imprécis et incomplet, mais Nounou rétorqua que l’Amiral savait parfaitement de qui il s’agissait ! Donc, les deux pages du rapport de Melville parvinrent au « diable » exactement telles quelles !

Athanase le lut avec intérêt et, éclata de rire en parcourant les détails de la fin du message. En effet, il connaissait l’individu au mauvais caractère qui, comme Giarou, s’entêta jadis sur le même sujet, car il s’agissait de lui-même ! Comme le jeune homme, il avait dû exécuter quelques semaines de prison avant de pouvoir continuer sa carrière et il se souvenait de la façon dont l’ancien Amiral s’y était pris pour le convaincre de son erreur. Il décida donc d’appliquer à Giarou, la même méthode, mais bien plus lourdement. Il se rendrait lui-même en compagnie d’un équipage réduit sur les lieux de l’aberration magnétique et, là, il prouverait à Giarou qu’aucune sphère ou demi sphère ne reposait sur les fonds. Le jeune homme chercherait à argumenter et Athanase tenait à lui donner personnellement toutes les réponses. Il devenait important de le convaincre pleinement sinon, comment l’utiliser en confiance dans l’avenir ?

Balade au fond.

Six hommes s’occupaient à manœuvrer la bulle sous-marine, tandis qu’ils plongeaient tous vers le niveau le plus bas, à trois mille deux cents soixante six mètres. La bulle constituait le nec plus ultra de la science des bathyscaphes. Elle pouvait supporter de descendre encore deux fois plus bas. Le dôme transparent permettait de voir à l’extérieur dès que l’on allumait les phares. Devant la vitre se tenaient, côte à côte, l’Amiral et Giarou, séparés par moins d’un mètre de distance et deux générations. L’amiral tenta de se montrer aimable pour que le jeune homme quitte l’état de transe dans lequel il se trouvait depuis qu’il savait que le « diable » lui-même l’accompagnerait pour lui prouver son erreur. Athanase finit par lui avouer, que, dans sa jeunesse, il releva également la même distorsion et qu’il en tira, à tort, de mauvaises conclusions sur lesquelles il se buta. Il raconta à Giarou comment, le grand boss de l’époque, l’entraîna vers le même endroit pour le forcer à voir, de ses propres yeux, comment se présentait le fond de l’océan, et que sinon, il croirait encore à ses propres déductions et analyses ! Cela dérida un peu Giarou qui retrouva son état normal en apprenant ces détails.

Le fond de l’océan se présentait comme une sorte de plaine sans aucun relief apparent. Il y régnait une obscurité presque totale et de rares espèces de poissons des profondeurs passaient devant les projecteurs. Les instruments confirmaient bien la présence d’une anomalie magnétique qui correspondrait à la présence d’une demi boule gigantesque, mais rien de visible ne corroborait ces mesures. Giarou dut en convenir et lorsque l’amiral lui posa directement la question il y répondit d’une façon à la fois évidente mais rebondissant sur une nouvelle problématique :

« Je ne constate la présence de rien qui corresponde aux mesures relevées et j’admets que ces dernières, tout en restant exactes, purent me conduire à de fausses conclusions En réalité je crois encore que deux hypothèses restent envisageables :

- La première, celle généralement admise, voudrait qu’un phénomène d’hétérogénéité magnétique conduise à de mauvaises conclusions et qu’il n’existe, en réalité, rien de particulier reposant au fond.

- La seconde, à laquelle je m’accroche, imagine qu’il existe tout de même quelque chose qui, au cours des siècles a pu recevoir des tonnes de sédiments qui la recouvrent entièrement et la mettent ainsi à l’abri des regards.

Je pense qu’on peut aisément trancher entre ces deux possibilités une bonne fois pour toutes. Je me permets de suggérer d’installer des suceurs qui élimineront les sédiments et nous verrons, même localement, si nous tombons ou non sur une masse métallique »

Athanase n’en croyait pas ses oreilles ! Ce Giarou se montrait encore plus entêté que lui dans ses plus beaux jours. De plus son idée ne pouvait se rejeter aussi simplement qu’avec un simple refus ! Il pouvait exister une mine de nodules exploitables sous les dépôts. Or, le Nickel et le Chrome devenaient rares sur la planète et toute nouvelle ressource se présenterait comme bonne à exploiter. Toutefois il ne voulait pas céder devant son jeune compagnon, alors en affichant le plus mauvais aspect de son sale caractère, il exprima :

« Vous avez autant d’entêtement que la pire des mules mais je ne veux pas qu’on dise que votre hiérarchie ne tenta pas tout ce qui était en son pouvoir pour vous amener à résipiscence. Voilà le marché que je vous propose, ou plus tôt que je vous impose : Nous allons entreprendre les recherches et creuser, exactement là où vous nous le direz, et ce, jusqu’à une profondeur de douze mètres. Si nous rencontrons une masse métallique ou une mine exploitable, vous deviendrez pilote sur le navire amiral. Si, comme je le pense, vous nous poussez à des dépenses inutiles et à une perte de temps, vous retournerez pendant encore six ans sur le G 11 et y prendrez le poste actuellement tenu par Zigomar ! »

Giarou ressentit cette réponse comme un défi accompagné d’une menace, mais il y répondit, fort de ses calculs : « Je suis d’accord et je demande l’enregistrement de notre protocole par Nounou ! »
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