Education / formation le projet des Socialistes








télécharger 1.04 Mb.
titreEducation / formation le projet des Socialistes
page5/22
date de publication28.03.2017
taille1.04 Mb.
typeDocumentos
ar.21-bal.com > loi > Documentos
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   22
Anne Hidalgo

Merci beaucoup, je suis désolée de nous frustrer collectivement, de ne pas recueillir l’ensemble de vos propos, qui sont passionnants. Il est vrai que cette notion de droit est au cœur de notre réflexion.

Alain Touraine, nous vous écoutons évoquer ce droit, cette sécurité sociale du xxie siècle dont vous avez parlé.

Alain Touraine, sociologue

Face à ce que l’on appelle la flexibilité, face au triomphe des marchés et des changements non contrôlés, la seule garantie importante dont nous puissions disposer, c’est l’éducation. Les chômeurs sont des gens non éduqués, non qualifiés. Si vous voulez assurer plus de sécurité, c’est-à-dire plus de possibilités de choix, il faut élever le niveau d’éducation. Ceci est d’autant plus important que nous avons déjà, et que nous risquons de voir grossir dans l’avenir, une population non qualifiée qui, pour être compétitive avec des pays moins avancés que nous, vit dans des conditions clandestines, avec des salaires de misère, ou travaille tout simplement au noir. Donc, pour moi, la raison majeure qui demande d’élever le niveau d’éducation général toute la vie, c’est que c’est le seul moyen réellement important de lutte contre le chômage.

L’école, c’est un peu difficile à dire, mais l’école est devenue un instrument d’inégalité sociale. L’école a été un instrument d’égalisation sociale, et ensuite, on a dit, non sans raison, qu’elle transmettait les inégalités. Depuis vingt ans, nous avons tous le sentiment, et les faits sont là, que l’école augmente l’inégalité pour les raisons qui ont été dites tout à l’heure. Dans une situation de changement et d’incertitude, ceux qui ont l’appui d’une famille, d’un milieu, s’en sortent bien ; ceux qui ont des difficultés à appréhender l’avenir s’en sortent plus mal ; c’est ça, l’école. Par conséquent, il y a effectivement une augmentation de l’inégalité. Il ne s’agit pas de dire : « Nous allons faire des choses splendides », il s’agit de réagir contre une dégradation de ce que l’on peut appeler le service public de l’Éducation nationale.

Cette formation permanente, cette formation tout au long de la vie, en quoi doit-elle consister ? De quoi avons-nous et aurons-nous tous besoin demain ? Je ne crois pas que ce soit de connaissances techniques. Certains d’entre nous avons et auront besoin de connaissances techniques, c’est même une préoccupation importante de tous les pays développés : 10 millions, c’est le nombre de jeunes gens qui cherchent à acquérir une formation technique et scientifique. Nous allons tous avoir deux chose à faire, deux choses qui sont d’ailleurs liées l’une à l’autre.

La première, qui avait été indiquée par le précédent ministre de l’Éducation nationale, c’est l’apprentissage des langues. Nous avons pratiquement tous besoin de connaître la langue française, de connaître les langages informatiques et de connaître la langue internationale que représente l’anglais. Je veux dire par-là que savoir lire un texte écrit d’une demi-page en français, en langage informatique ou en anglais, c’est quelque chose qui sera indispensable à tout le monde. Autrement dit, essayons d’éviter une sorte d’imagerie technicienne du monde et de l’avenir.

La deuxième chose est vraiment liée à la précédente : ce dont nous avons tous besoin, parce que nous ne vivons plus vraiment dans une société purement de production mais plutôt dans une société de communication, c’est de capacités relationnelles, c’est-à-dire de communiquer ; il ne s’agit pas seulement d’émettre, mais de nous assurer que c’est reçu. Ma fameuse demi-page en français, il faut que je puisse la comprendre, mais il faut que je puisse l’écrire aussi, il faut que je puisse la formuler.

C’est tout à fait essentiel, mais cela ne veut pas dire que ce soit facile. Aujourd’hui, les grands facteurs d’inégalité sont ceux qui sont liés à la faiblesse des langages dont on dispose, et à la faiblesse des moyens de communiquer dont on dispose.

Je pourrai ici prendre mille exemples. Je pense à un exemple qui avait intéressé l’un de mes étudiants : quand on étudie les accidents du travail, en particulier dans un secteur où il y en a beaucoup, le bâtiment, on s’aperçoit qu’ils sont quasiment toujours dus à une mauvaise communication. Une indication donnée par quelqu’un en dix lignes n’a pas été comprise par quelqu’un d’autre, ou elle a été mal émise, etc. Nous sommes ici dans une activité de communication. La plupart d’entre nous s’inscrit dans une activité de communication, pas au sens de la publicité, qui est un petit secteur, mais au sens de la participation à des processus de communication, pas seulement de transmission de connaissances.

Le dernier point que je voudrais évoquer est le suivant : nos sociétés ont crû, pour de bonnes raisons, et cela partait de bons sentiments, qu’il fallait chercher à insérer, à intégrer les gens, soit jeunes, soit nouveaux venus, soit en difficulté, ce qui est tout à fait excellent comme but. Or, ce but n’est pas atteint. Je citerai une phrase tout à fait extraordinaire, entendue à l’occasion d’une étude ; des jeunes à qui l’on posait la question : « Quelles sont les catégories que vous détestez le plus ? » répondirent : « La police », évidemment, premier prix à l’unanimité. Mais ensuite, venaient les enseignants, ce qui paraissait étonnant. « Ils cherchent à nous intégrer dans une société désintégrée. » Faut-il avoir des cours de chômage, des cours de dealer, etc. ? Ce qui ne condamne pas le rôle de l’école, cela va sans dire. Cela signifie quelque chose qui est quand même un peu nouveau pour nous : dans ce monde qui change vite, dans ce monde de communication, le point le plus important, c’est que l’individu, chaque individu (et par conséquent les groupes), arrive à trouver, à maintenir et à développer une certaine unité dans la série des expériences qu’il vit.

Par conséquent, nous devons faire en sorte, et ceci me semble très difficile, que chaque individu soit compris avec tout ce qui constitue sa personnalité, qui est le moyen par lequel il va pouvoir traverser des expériences très différentes. Et je le dis très clairement, la France est un pays qui n’a jamais reconnu à ce que l’on peut appeler les minorités et les droits qui sont les siens.

Par exemple, la première catégorie à laquelle je pense, ce sont les handicapés. C’est un sujet extrêmement important, et je ne connais pas beaucoup d’universités où un handicapé en fauteuil puisse se rendre, tout simplement. Sans parler du problème des sourds ou de celui des aveugles, qui sont des problèmes considérables.

Cependant, il faut que nous soyons convaincus, dans ce monde en mouvement, que ce qui permet aux gens de survivre et de monter dans la société ou de s’y intégrer, ce n’est pas de les débarrasser de leurs vieux vêtements, sinon, ils resteront nus sous la pluie ; au contraire, il faut prendre appui sur leurs caractéristiques, leurs milieux d’origine, leurs projets culturels, quelquefois hérités, plus souvent créés ou transformés. Ce qui veut dire que nous devons aller vers une individualisation de l’enseignement et de la relation pédagogique, afin de faire en sorte que, à travers cette individualisation, tout un chacun, selon son origine, participe à l’activité générale. Je ne crois pas du tout au droit à la différence, mais je crois au droit de chacun à pouvoir combiner ses différences, tout en participant aux tâches économiques ou sociales d’intérêt commun.

Je m’en tiendrai là, en ajoutant seulement une chose : je ne pense pas que les universités soient les institutions les mieux préparées à s’occuper de la formation tout au long de la vie. Souvent, les universités (comme, dans une moindre mesure, les entreprises) en ont fait un moyen d’obtenir quelques ressources complémentaires, et l’ont fait dans d’assez mauvaises conditions.

Je ne veux pas apporter de réponse, mais je dirai que c’est une réflexion générale sur le système d’éducation qui doit montrer que l’on doit, non pas isoler cette fonction, mais au contraire l’insérer dans la totalité du système de l’enseignement. Je prendrai un exemple important : le souci du malade, ce n’est pas l’affaire d’un psychologue, c’est l’affaire du changement d’attitude dans l’ensemble d’un personnel hospitalier, à tous les niveaux.

C’est pourquoi je vous demande de faire preuve d’imagination, car il n’y a pas de réponse a priori, pour faire en sorte que l’éducation initiale inclue déjà l’éducation de toute la vie, afin qu’il y ait une continuité et une unité fondamentale dans ce système. Je vous remercie.

Anne Hidalgo

Merci beaucoup, Alain Touraine. Pour rassurer l’auditoire sur la gestion du temps, nous allons nous cantonner à une table ronde et aux interventions des ministres, je m’excuse auprès d’eux du retard que nous avons pris. Cet après-midi, nous concentrerons les deux thématiques de la deuxième et de la troisième table ronde.

Je passe tout de suite la parole à Annie Thomas. Elle va nous donner le point de vue de la CFDT sur les grands enjeux. Interviendront ensuite à Jean Le Garrec, puis Jean-Jacques Briouze de la cgc, enfin, Éric Besson, secrétaire national à l’emploi.

Annie Thomas, secrétaire nationle de la CFDT

Bonjour à tous. Merci pour votre invitation et pour la faculté qui est offerte aux organisations syndicales de participer à vos débats. Le thème que vous avez choisi, la formation tout au long de la vie, est une belle idée ; c’est aussi une idée nécessaire, une exigence pour tous les acteurs de la société : l’État, les conseils régionaux, mais aussi, bien sûr, les partenaires sociaux.

Vous savez que nous sommes engagés depuis décembre 2000 dans une négociation interprofessionnelle pour reconstruire le système de formation professionnelle. De nombreux syndicats abordent la problématique de la formation tout au long de la vie dans cette négociation.

Vous comprendrez donc que mon intervention portera sur la nécessité de construire ce droit pour les salariés d’aujourd’hui .

Pourquoi cette exigence ? Les salariés, nous le savons tous, sont confrontés à une évolution du marché du travail ainsi qu’à des mutations très fortes dans le travail. Ils sont face à la mobilité professionnelle et à la mobilité géographique, ils vont changer d’emploi tout au long de leur vie, ils alterneront aussi parfois les périodes de chômage et les périodes de travail.

Les salariés sont également confrontés à l’individualisation des parcours professionnels. Ils ressentent le besoin très fort de reconnaissance de leurs compétences. J’insisterai particulièrement sur la situation des salariés des TPE-PME : toutes les enquêtes montrent aujourd’hui qu’ils sont les grands oubliés de la formation professionnelle, alors même que, depuis dix ans, c’est dans ce secteur que se créent les emplois et la richesse. Et ce mouvement ne s’arrêtera pas là. C’est donc une nécessité humaine aussi bien qu’économique que d’armer les salariés de ces secteurs.

La CFDT souhaite, comme le représentant de l’UNESCO, que la société prenne vraiment en compte la féminisation du salariat. En France également, les femmes sont, à côté des salariés des TPE-PME, les grandes exclues de la formation professionnelle. Enfin, la CFDT s’est prononcée pour une société de plein emploi. Cet objectif va de pair avec une véritable formation tout au long de la vie.

Cette réforme est donc nécessaire. Nous ressentons la nécessité de créer un système pour tous, et non pas pour ceux que j’appelle les enfants heureux de l’école, qui se débrouilleront toujours avec n’importe quel système de formation. Permettre à chacun d’accéder à la formation suppose de se débarrasser de l’idée du « formée » mythique. Nous pensons souvent qu’il suffit de proposer un dispositif, voire un diplôme, pour que les salariés aient immédiatement envie d’y adhérer et de se lancer dans la formation. C’est faux. Le diagnostic que nous avons effectué au début de nos négociations a confirmé ce que de très nombreuses enquêtes avaient montré, à savoir que chacun aborde la formation avec son histoire personnelle. Or, dans cette histoire personnelle, il y a une histoire scolaire, et donc une relation très personnelle à ce qu’est l’éducation, et ensuite, à la formation.

Comment créer l’appétence pour la formation ? Comment accompagner les salariés ? Il faut répondre à ces deux uestions pour disposer réellement d’une formation tout au long de la vie.

La CFDT revendique dans cette négociation la construction d’une nouvelle garantie collective pour tous les salariés, un accès individuel à la formation garanti collectivement. Nous avons utilisé l’image du passeport formation ; nous voulons que chaque salarié puisse posséder un passeport formation qui lui ouvrira des droits à l’information, à l’orientation, à des rendez-vous professionnels réguliers tout au long de sa carrière, à des offres de formation et à la validation de ses acquis.

Nous voulons aussi, pour que la formation ait vraiment lieu tout au long de la vie, que l’on reconnaisse la diversité des parcours professionnels. Il existe une variété des modalités d’apprentissage. L’école est certes importante, les premiers intervenants l’ont montré, je partage tout ce qui a été dit. Sachons aussi reconnaître que la situation de travail est une situation d’apprentissage, qu’elle doit mener à la reconnaissance et à la validation de cet apprentissage. Aussi, vous ne serez pas étonnés que la CFDT ait marqué un très grand intérêt pour la proposition gouvernementale de validation des acquis de l’expérience. Dans la négociation interprofessionnelle, nous avons retenu cette voie comme un élément essentiel de réforme du système global. Nous allons compléter le système gouvernemental par un système paritaire de validation autour des certificats de qualification professionnelle. Ces deux systèmes ne s’opposeront pas, ils viendront amplifier l’ambition gouvernementale sur ce sujet.

Enfin, et ce sera la dernière partie de mon intervention, réfléchir à la formation tout au long de la vie nous oblige à avoir des exigences pour le pilotage de notre système de formation professionnelle français. Ce système est souvent jugé très complexe, voire hermétique. En fait, il souffre, non pas d’une inflation de sigles, mais d’un manque de pilotage. Il y a beaucoup d’acteurs, il y a beaucoup de pilotes dans l’avion, peut-on aller jusqu’à dire qu’il y a trop de pilotes dans l’avion ?

Il s’agit, pour la CFDT, d’identifier les compétences des différents acteurs. Je pense qu’aucun acteur ne doit se sentir attaqué lorsqu’on dit cela. La CFDT le dit aussi pour les partenaires sociaux, donc, pour notre propre compte. Il faut aussi identifier la place des différents niveaux ; le niveau national est le niveau d’orientations, de mise en place de règles. Nous aurons désormais de plus en plus un niveau régional, et c’est tant mieux, qui doit travailler à la mise en œuvre au regard des spécificités locales et territoriales. Il faut aussi que nous repensions aux instances de concertation sur cette question, qui doivent être plus politiques, plus incisives.

Je disais tout à l’heure qu’il fallait accompagner les individus, mais il faut également accompagner ce système, et accompagner en particulier tout accord qui sera signé. Ainsi, nous avons souhaité que l’accord interprofessionnel, après s’il est signé, soit revu très régulièrement. Nous avons proposé que cela se fasse tous les 5 ans, nous verrons si c’est le rythme opportun. Notre objectif est de créer un système qui soit en maintenance en permanence.

Anne Hidalgo

Merci beaucoup, Annie, pour cette synthèse rapide et claire, qui précise bien la position de la CFDT.

Jean Le Garrec, député, président de la commission des Affaires sociales de l’Assemblée Nationale

Je ferai quelques remarques, qui paraîtront un peu brutales parce que synthétiques, sur le plein emploi et sur le pari de la connaissance. Je voudrais d’abord citer deux obligations. La première, qu’il ne faut jamais oublier, c’est que nous devons continuer à corriger les dégâts considérables, que nul ne mesure, de vingt années de croissance continue du chômage et de ce qui a été fait dans les années 70.

Nous étions hier avec Mme Guigou à Grande-Synthe, sidérurgie les pieds dans l’eau : 1 500 habitants, 25°000 maintenant, 19 % de chômage ; 56 % des chômeurs ont un niveau de qualification V, c’est-à-dire pas de qualification. Les enfants de la population que l’on a fait venir, population déracinée ou non enracinée, sont des enfants de salariés déclassés ayant perdu tous repères. Le dégât est énorme. Il y a un travail qui est fait, mais il faut bien se dire que nous sommes loin d’être au bout de cette démarche.

La deuxième obligation, c’est qu’il nous faut réfléchir à l’horizon 2020, avec ses deux révolutions : la révolution du rapport au travail, 50 % des emplois des années 2020 ne sont pas créés aujourd’hui et, dans la révolution du rapport au travail, la révolution de la structure d’emploi. Nous continuons à raisonner avec un discours fordiste et tayloriste sur les grandes entreprises. Cela a été dit par Mme Thomas, j’adhère totalement à son propos : ce sont les TPE et les PME qui sont créatrices d’emplois. D’ailleurs, on est en dehors du coup, pour une bonne raison, c’est que, justement, dans ces secteurs, il n’y a aucune représentation syndicale. Je préfère le dire, car c’est la réalité.

La deuxième révolution formidable, c’est la révolution du rapport au temps. Ceux qui travaillent aujourd’hui travaillent 500 heures de moins par an que dans les années 70, sans compter l’allongement de la durée de la vie. Que signifie cette révolution du rapport au temps ?

Il existe un impératif, Jacques Delors l’a dit, et c’est fondamental à mes yeux : il s’agit de refuser à tout prix la dichotomie entre ce qui est utile à l’entreprise et ce qui est utile à l’individu. C’est la clé. Quand on parle de la commission que j’ai l’honneur de présider, on dit commission des Affaires sociales, c’est déjà un gros secteur, mais c’est aussi la culture. Pourtant, personne ne dit culture. Or, j’attache beaucoup d’importance, et j’y travaille beaucoup, à ce que, justement, on lie le problème de la culture à la réflexion sur le problème social. Si on ne le fait pas, on passe à côté de la plaque. Est-ce que le temps, ce sera l’émission de télé dont tout le monde a parlé il y a six mois ? Je pose la question. Ce n’est pas un petit sujet, et tout cela fait aussi partie de la démarche vers le plein emploi.

Je définirai quelques orientations en ce qui me concerne, et très modestement.

Premièrement, et je rejoins ce que disait Alain Touraine sur la sécurité sociale du xxie siècle : il faut construire les fondamentaux, c’est-à-dire tous les outils qui permettent d’apprendre à connaître. Jacques Delors et moi, nous sommes des sportifs, nous sommes encore capables de faire notre footing toutes les semaines parce que nous avons commencé très jeunes et que nous avons continué. Si l’on ne commence pas très jeune et qu’on se met à courir, on a une crise cardiaque ; ou bien on ne court pas du tout, et l’on prend 20 kilos. Ce sont les fondamentaux. Or, si un jeune ne possède pas les fondamentaux du langage et de la culture, y compris les fondamentaux historiques, le moyen de se raccrocher à l’histoire, il est paumé d’entrée. Donc, construisons ces fondamentaux.

Le deuxième problème concerne la gestion prévisionnelle. On est en retard d’une guerre, non seulement pour l’entreprise, mais pour la société. En faisant de la gestion prévisionnelle, on a de grands risques de se tromper, mais au moins, on définit des orientations qu’on pourra corriger au fur et à mesure. Nous n’avons aucune gestion prévisionnelle. Nous travaillons à l’aveugle. C’est très fréquent dans les entreprises et c’est agaçant. D’ailleurs, pour les grandes entreprises, la gestion de la situation et l’absence de vision prévisionnelle font que l’emploi est la variable d’ajustement. Quand tout va bien : on embauche, et l’on ne trouve plus les gens qu’on veut embaucher ; et quand tout va mal, on licencie. C’est dû à l’absence de vision prévisionnelle.

Pour ce qui est de la mise en place des outils, il en existe déjà beaucoup. Faut-il les réformer ? J’en suis assez partisan. La validation des acquis sera votée, avec Élisabeth Guigou, avant la fin de l’année si tout va bien, et c’est tout à fait important, encore faut-il ensuite la mettre en place. Il y a le droit au retour, d’Anne Hidalgo, il y a le droit à l’expérimentation, de Jacques Delors, ce sont des outils. Cependant, avant de passer les outils, il faudrait examiner d’un peu plus près ce qu’est l’état du système actuel. C’est vraiment une question que je pose. Aucun d’entre nous n’est capable de se mouvoir aujourd’hui dans le système opaque et complexe de la formation professionnelle, où les lieux de décision sont multiples.

A ce titre, il m’apparaît fondamental de mettre en place un droit public, si ce n’est un service public, chargé du problème de l’éclairage de l’information et de ce qui relève du droit social public. Si nous n’agissons pas sur ce terrain-là, nous risquons de vivre le dialogue de Sganarelle et de Géronte :

- Sganarelle : « Et je vous apprends que votre fille est muette. »

- Géronte : « Oui, mais je voudrais bien que vous puissiez me dire d’où cela vient. »

- Sganarelle : « Rien de plus aisé, cela vient de ce qu’elle a perdu la parole. »

Eh bien, je crains que l’on continue à perdre la parole. Merci.

1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   22

similaire:

Education / formation le projet des Socialistes iconLe Groupe Nemetschek Structural Annonce les Gagnants des Prix 2013 Inspirations in Engineering
«exceptionnelle» du breeam] pour la performance environnementale et son engagement pour le bim. Réaliser la durabilité la plus grande...

Education / formation le projet des Socialistes iconFaculté des Sciences et Technologies de l'Education et de la Formation

Education / formation le projet des Socialistes iconSalle Mozart «Allemagne / Brésil»
«Réseau Ambition Réussite à l’école» en partenariat avec la Ville de Toulon (Service Education et Projet Educatif Local), l’Education...

Education / formation le projet des Socialistes iconAdresse professionnelle
«istihqaq» délivrée par la Fondation Mohammed VI de promotion des œuvres sociales de l’éducation – formation

Education / formation le projet des Socialistes iconNotes relatives au tableau 2 : Programmation et bilan d’une année...
«Projet» fédérateur. Cette fiche-classe constituera une des traces du Parcours d’éducation artistique et culturelle, à côté de l’outil...

Education / formation le projet des Socialistes iconL’ensam education ecrit par: Chaymae
«Habitat, Architecture et Urbanisation des Territoires»; La formation du desa dure deux années

Education / formation le projet des Socialistes icon1. 1 : éducation de Galilée, formation humaniste

Education / formation le projet des Socialistes iconMinistere de l’education nationale et de la formation professionnelle

Education / formation le projet des Socialistes iconBibliographie Sommaire
«Main à la pâte» initié par Georges Charpak puis le projet Pollen et Fibonacci (projet d’éducation aux sciences au niveau européen)...

Education / formation le projet des Socialistes iconInformations pratiques sur l’exposition
«Main à la pâte» initié par Georges Charpak puis le projet Pollen et Fibonacci (projet d’éducation aux sciences au niveau européen)...








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
ar.21-bal.com