Education / formation le projet des Socialistes








télécharger 1.04 Mb.
titreEducation / formation le projet des Socialistes
page9/22
date de publication28.03.2017
taille1.04 Mb.
typeDocumentos
ar.21-bal.com > loi > Documentos
1   ...   5   6   7   8   9   10   11   12   ...   22
Table ronde 2 : « Société du plein emploi : le pari de la connaissance »

Anne Hidalgo

Nous allons démarrer cette deuxième table ronde de la journée, qui est consacrée au thème du plein emploi et de la formation. Autour de moi, j’ai la chance d’avoir des secrétaires confédéraux de trois grandes organisations syndicales parmi les cinq représentatives sur le plan national.

Ce matin, nous avons longuement évoqué les enjeux. Tout à l’heure, nous parlerons des acteurs. Pour l’heure, il est important d’entendre le point de vue des organisations syndicales, c’est essentiel pour un projet comme celui auquel nous nous sommes attelés. C’est la première fois, je crois, que nous réunissons dans une journée, sur ce thème formation-éducation, l’ensemble des organisations syndicales confédérales, et pas uniquement les organisations représentant le monde de l’éducation. Nous ne pouvons que nous en réjouir ; pour nous, Parti socialiste, c’est un point très important. En fait, notre projet s’élabore en direct, il s’élabore grâce au travail de Jean-Pierre Sueur, des camarades qui nous ont accompagnés, et de moi-même. Mais il se prépare aussi par la discussion et l’échange que nous avons avec d’autres acteurs de la société. A cet égard, dans le champ que nous examinons aujourd’hui, les organisations syndicales de salariés ont une place bien évidemment primordiale.

Sans plus attendre, je vais passer la parole à Jean-Pierre Therry, de la CFTC, qui va nous parler de l’approche, au sein de son organisation, de cette question de la formation, du plein emploi et, plus globalement, de la négociation en cours, des relations entre l’État et les partenaires sociaux, et du rapport éducation-formation.

M. Jean-Pierre Therry, secrétaire confédéral chargé de la validation des acquis à la CFTC

Je voudrais tout d’abord vous remercier de nous avoir invités à ce colloque. Comme vous le disiez, c’est la première fois que les organisations syndicales représentatives au niveau national sont présentes dans un colloque. Je crois que je pourrais presque commencer par ma conclusion en disant : « Il ne faut pas s’en tenir là. » Ce n’est pas en dix minutes que l’on peut aller au fond du dossier. Si vous le souhaitez de votre côté, nous serons prêts à venir travailler et à continuer l’échange que nous aurons entamé cet après-midi.

La CFTC entend participer à la construction d’une économie de liberté qui soit réellement au service de l’homme, dans un monde de solidarité, de justice et d’égalité des chances, cela en nous inventant de nouvelles régulations sociales à la mesure de la compétition économique, en nous appuyant sur la conviction que la société doit être au service du développement des personnes ; chacun doit pouvoir vivre en acteur, pour lui-même, dans son travail et dans son milieu de vie. C’est la base de la prospérité, et c’est fondamental pour l’avenir de la démocratie, dans une dimension sociale et une composante économique irremplaçable.

Ceci étant dit, si vous le voulez bien, je n’aborderai pas le sujet de la négociation sur la formation professionnelle, qui est engagée depuis un certain nombre de mois. Je laisserai mes deux collègues en parler puisque, au niveau de ma confédération, je suis plutôt en charge de ce qui concerne la validation du titre et la professionnalisation. Donc, si vous le voulez bien, je m’arrêterai là par rapport au plein emploi.

Je m’arrêterai aussi quelques instants sur les propos tenus par Jacques Delors. Il nous semble que, à l’heure actuelle, pour avoir une qualification professionnelle de quelque ordre que ce soit, pour avoir un emploi, et je dis bien un emploi, je ne parle pas d’employabilité, il faut mettre en place un certain nombre de structures menant à la qualification, au titre. Actuellement, un titre correspond à un référentiel emploi, correspond à une qualification professionnelle, or, il devrait correspondre à une rémunération à l’identique.

On sait, et on l’a vu depuis ce matin, qu’un certain nombre de personnes sont mises à l’écart et en marge de la société. Je crois que c’est de là qu’il faut partir. Nous croyons fortement que la validation des acquis professionnels ou de l’expérience devrait permettre d’avancer dans le sens que je viens de préconiser. Et il me semble qu’il faut le faire à une seule et unique condition : que ce dispositif soit pris dans la dimension globale, c’est-à-dire dans la dimension du titre professionnel tel qu’il est défini par les quatre grands ministères qui ont la possibilité de décerner des titres.

Pour nous, CFTC, à un moment donné, une acquisition professionnelle au titre de la VAE et au titre d’un CCP, ne peut et ne devrait se faire que dans un cursus professionnel. On peut prendre du temps, on peut déterminer que, pour aller au titre, il faut X modules et X temps ; néanmoins, il faut impérativement que tout soit pris dans la globalité d’un titre professionnel.

Pour cela, il faudra, nous semble-t-il, que l’État s’engage également par rapport à la définition et à la mise en exécution de ces validations. Pour nous, c’est un point majeur. Il faudra, à terme, arriver, à un moment de la vie, à aller au titre. Et le titre professionnel, par rapport aux textes, permettra à terme le plein emploi.

Jean-Claude Quentin, secrétaire confédéral de FO

J’ai le sentiment qu’ici, autour de cette table ronde, nous sommes un peu les chevaliers en attente du roi Arthur, à la recherche du Graal que serait ce droit à la formation tout au long de la vie. Comme l’a dit Jacques Delors ce matin, tout le monde est d’accord sur le principe du droit à la formation tout au long de la vie ; en revanche, sur les moyens à déterminer pour construire ce droit à la formation tout au long de la vie, personne ne sait comment faire.

Alors, je vais essayer, au travers du sujet de cet après-midi, au travers de cette fameuse notion de plein emploi qui serait liée à ce pari de la connaissance, de faire un tour rapide de la façon dont, éventuellement, les partenaires sociaux, au travers de la négociation collective, peuvent faire avancer le sujet, mais aussi de la nécessaire liaison avec le gouvernement et avec le parti au pouvoir sur les dispositifs et les orientations, les moyens à mobiliser pour véritablement aboutir à quelque chose qui, derrière ce droit à la formation tout au long de la vie, soit véritablement tangible pour le salarié, tellement tangible qu’il puisse véritablement s’en saisir, l’utiliser, et même en négocier l’utilisation avec son employeur. C’est ce que je ressens derrière cette logique.

Aujourd’hui, on parle du plein emploi en le couplant à un taux de chômage qui se situerait entre 5 et 6 % de la population active. Nous nous inscrivons immédiatement en faux contre ce pourcentage ; 5 ou 6 % de chômage, ce n’est pas une situation de plein emploi. Qui plus est, ce qui compte dans la situation du chômage n’est pas le taux de chômage mais la durée pendant laquelle les individus restent au chômage. Prenez 1 million de chômeurs qui restent deux ans au chômage, et 1 million de chômeurs qui restent trois mois au chômage : cela n’a pas du tout la même signification en termes d’activité économique. Donc, faisons attention à ces affirmations sur le plein emploi au travers d’un simple taux de chômage, ce n’est pas ainsi que l’on peut juger d’une situation de plein emploi. La situation de plein emploi est une situation frictionnelle, comme on dit, en terme d’emploi : on peut avoir un chômage abondant, mais des durées de chômage très courtes.

Ensuite, quand on examine aujourd’hui le dispositif qui est mis en œuvre, c’est-à-dire le PARE dont on a tant parlé, on s’aperçoit que ce dispositif ne peut absolument pas nous permettre de résoudre le problème des demandeurs d’emplois, et ce, pour une raison simple : nous avons 2 millions de chômeurs, la tendance aujourd’hui fait que ce chiffre devrait diminuer au rythme de 230 000 à 250 000 personnes par an, et nous appliquons la même recette à tout le monde. Cela veut dire que, si je me fie aux chiffres, certaines personnes vont retrouver de l’emploi tout de suite, et d’autres retrouveront de l’emploi dans un an, deux ans ou trois ans. Tout le monde ne peut pas retrouver de l’emploi au même moment. Donc, tout le contenu formation, tout le contenu accompagnement du pare est un contenu complètement décalé par rapport à la situation de l’emploi que nous connaissons. Et je ne parle même pas du problème du ralentissement économique, je parle simplement du risque de discrimination dans le traitement des chômeurs, entre ceux qui sont immédiatement employables et ceux qui demandent un traitement plus lourd en termes de retour vers l’emploi.

Une troisième chose est extrêmement importante, quelqu’un l’a souligné ce matin, c’est un point de passage obligé : nous formons aujourd’hui nos concitoyens, aussi bien les jeunes que les plus âgés, de la manière la plus aveugle qui puisse exister. Nous ne savons pas quels seront nos besoins en qualification dans cinq ans. Et nous orientons nos jeunes en ne sachant pas de quoi nous aurons besoin.

Aussi, dans la négociation sur la formation professionnelle avec le MEDEF, la première demande de FO est celle-ci : « Nous demandons à mettre dans chaque branche professionnelle des observatoires de l’emploi, qui vont nous permettre d’essayer d’éclairer le besoin en qualification dans cinq ans. »

Vous savez que le gouvernement a accompagné, à un moment donné, cette demande ; j’ai discuté de cela avec Jacques Barraut en 1995, et nous avons, suite à cette discussion, créé un groupe au Commissariat au plan, qui s’appelle Prospective des Métiers et des Qualifications. Et ce groupe fonctionne, il commence à produire les premiers résultats. Je crois qu’il est nécessaire, dans l’action gouvernementale, d’accompagner et d’amplifier ce travail qui me semble primordial si nous voulons véritablement déterminer l’usage le plus efficient possible de la formation professionnelle.

Ensuite, quel est notre problème pour les cinq prochaines années ? Notre problème dans cinq ans sera celui des personnes ayant entre 50 et 60 ans, qui, pour la première fois dans notre histoire, deviennent plus nombreux que les jeunes de 20 à 30 ans. C’est un élément fondamental. Que craint le patronat dans cette logique ? Il craint de constater, comme le disent les économistes, une perte d’élasticité du marché du travail. En effet, les personnes de 50 ou 60 ans, et c’est bien normal, sont moins mobiles, moins flexibles que les jeunes de 20 ou 30 ans. Or, à partir du moment où ils vont devenir majoritaires dans la population active, par réaction, on connaîtra des pénuries de qualification. C’est le problème des infirmières et, dans très peu de temps, ce sera celui des enseignants et d’un certain nombre de domaines. Et la crainte du patronat, c’est de voir cette pénurie de qualification générer des revendications, au moins salariales. Donc, le patronat va chercher à combattre de toutes les façons possibles cette logique ou ce risque de pénurie de qualification.

Le PARE trouve son origine, quelque part, dans ce genre de phénomène ; le Pare est un dispositif de contrôle du marché du travail et de réorientation du marché du travail, c’est clair. Le patronat a pensé à cela. Et quelles sont les trois solutions que propose le patronat pour essayer de gérer cette situation de l’emploi qui risque de lui devenir défavorable ?

La première, c’est de faire en sorte que les jeunes entrent plus tôt dans la vie active. Cela signifie qu’il va chercher à faire inscrire dans le contenu des études une partie professionnalisante afin que ces jeunes soient obligés, pour pouvoir certifier leurs études, donc pour obtenir un diplôme, de faire un passage relativement long en entreprise à la fin de leurs études. La deuxième solution que va chercher à mettre en œuvre le patronat, c’est l’allongement de la durée de la vie active. C’est tout le débat aujourd’hui sur le départ à la retraite des salariés à 60 ans ; le patronat va essayer de faire en sorte d’allonger le temps d’activité des salariés à 62 ou 63 ans pour prolonger la vie active. Le troisième élément, c’est l’immigration. Je ne vais pas reprendre le discours de Jean-Luc Mélenchon ce matin sur l’immigration sélective mais, il est bien certain que le patronat y pense.

A travers cela, quelle est notre logique de syndicalistes dans les négociations que nous avons engagées avec le patronat ?

Notre logique de syndicalistes, c’est de répondre à deux choses. La première, c’est que, aujourd’hui, en termes de qualification dans les entreprises, on ne s’occupe plus des gens de plus de 45 ans. Quand vous avez 45 ans dans une entreprise, on dit : « Il courra bien sur sa lancée, il ira bien jusqu’au bout de sa carrière et, vers 55, 56 ou 57 ans, on le déclarera obsolète et on le fera dégager. »

Donc, quelle est la construction de notre droit à la formation continue ? Sa première raison d’être réside dans le fait d’être capable de donner à ces salariés, pour la deuxième partie de leur vie active, les moyens d’aller vers une formation qui leur permettra de rester efficaces, de rester mobilisés dans cette deuxième partie de leur vie active, sans craindre que, du jour au lendemain, tombe une décision de licenciement ou un plan de restructuration qui les mettent en dehors de l’emploi.

Parallèlement à cette inversion de la pyramide des âges, nous allons connaître une stagnation et une baisse de notre population active. Cela veut dire qu’il va nous falloir augmenter notre taux d’activité (le pourcentage de salariés entre 20 et 60 ans qui travaillent). Aujourd’hui, ce taux est de 57 % ; demain (et quand je dis demain, c’est dans dix ans, ce que nous faisons là aujourd’hui, c’est pour dans dix ans, ce n’est pas pour tout de suite), ce taux d’activité devra être de 70 %. Excusez-moi Mesdames si je le dis de cette façon, mais le réservoir potentiel pour augmenter ce taux d’activité est essentiellement constitué de femmes. Donc, il va falloir créer un droit qui permette à ces femmes d’avoir véritablement leur place, en termes de qualification, dans la vie active. C’est une deuxième raison pour faire un effort extrêmement important sur la formation professionnelle continue.

Enfin, les jeunes de 20 à 30 ans sont aujourd’hui, pour la première fois également dans notre histoire, la première génération qui accède à l’enseignement supérieur. Je ne peux pas croire que ces jeunes ayant accédé en formation initiale à l’enseignement supérieur ne veuillent pas retourner, à un moment donné, de leur vie active vers l’enseignement supérieur, vers les actions de formation continue dans l’enseignement supérieur. C’est une troisième raison pour créer véritablement un droit à la formation continue tout au long de la vie professionnelle.

Au vu de tous ces éléments, quels sont les enjeux ? Que peut-on faire par la négociation collective ? En ce que me concerne, je ne demande pas mieux que d’accompagner par la négociation collective ce que fera le Parti socialiste, ce que décidera le gouvernement, mais je suis le représentant d’une organisation syndicale, ma vocation, c’est la négociation collective avec le patronat. Quels sont donc les points que je chercherai à négocier avec le patronat ?

Premièrement, essayer de sortir le plus possible de la logique financière qui prévaut aujourd’hui dans tous les dispositifs de formation continue. Aujourd’hui, tout le monde dit : « C’est très compliqué la formation continue. » Non, c’est très simple. D’un côté, vous avez le plan de formation et, de l’autre côté, vous avez le CIF, c’est tout. Mais, ce qui complique la formation continue, ce sont toutes les tuyauteries financières que l’on a construites au fur et à mesure des ans, pour que les uns et les autres arrivent à contrôler ou arrivent à s’approprier véritablement ces circuits financiers. C’est cela, qui est compliqué.

Donc, ce qu’il faut essayer de casser dans la formation continue, c’est la logique financière qui prévaut, qui gouverne aujourd’hui cette formation continue. C’est la raison pour laquelle il faut défendre la revendication des salariés de disposer d’un véritable droit, non pas en argent, mais d’un droit en temps. Alors, vous me direz, à un moment donné : « Le temps, c’est de l’argent. » On est d’accord mais, plus longtemps cela restera exprimé en temps, plus la logique sera efficace.

Deuxièmement, il s’agit de rendre le salarié acteur de la formation, c’est-à-dire propriétaire individuel de ce droit en temps. J’essaie de m’expliquer simplement. Notre logique, c’est de réussir à faire en sorte que chaque salarié, tout au long de sa vie professionnelle, puisse bénéficier d’une année de formation continue. Faites le calcul, c’est très simple : une année représente 1 600 heures, 40 ans, une carrière professionnelle ; 1 600 heures divisées par 40 égale 40 heures par an. Nous sommes prêts, dans cette négociation, à dire : « On coupe en deux, on partage : 50 % pour l’employeur, et 50 % pour le salarié. » Mais il faut que les 40 heures soient la propriété du salarié et que, dans ce cas, il ait une capacité à négocier l’usage de ses 40 heures avec son employeur, à partir du moment où il est propriétaire de ses 40 heures.

Une chose est importante : il faut que, dans cette logique, il y ait une obligation pour l’entreprise et une liberté pour le salarié, c’est fondamental. Il faut que l’entreprise soit obligée de mettre 20 heures pour chaque salarié, et il faut que le salarié ait le choix de mettre ou de ne pas mettre 20 heures. Ensuite, il faut que ce soit transférable (mais c’est un débat dans lequel je ne veux pas entrer). Ce qui est important, c’est l’obligation pour l’entreprise et la liberté pour le salarié.

A partir de ce moment-là, vous avez doté le salarié d’un droit. Alors, c’est cumulable : 40 heures, 80 heures, et au bout de dix ans, 400 heures, bien entendu. Mais quand vous avez doté le salarié de ce droit, il acquiert dans l’entreprise une véritable capacité à négocier avec son employeur le but de la formation continue, donc à ne pas uniquement faire quelque chose d’utilitariste pour l’entreprise mais quelque chose d’utile pour lui. Et cette façon d’être utile pour le salarié peut être complétée par un dispositif important, que l’on est en train de discuter aujourd’hui, et qui pourrait être un véritable moteur de l’usage de ce droit, c’est la validation des acquis de l’expérience.

Cependant, vraisemblablement, on est en train de commettre une petite erreur : on en est train de dire que cette validation des acquis de l’expérience pourrait permettre, sans formation, sans complément de formation, d’acquérir un diplôme. fo s’inscrit en faux contre cela. Si nous validons l’intégralité d’un diplôme par la validation des acquis de l’expérience, nous validons a minima.

Je m’explique : un maçon travaille depuis 20 ans, il est maçon, on va lui donner son CAP par la validation des acquis de l’expérience. C’est de la validation statique, c’est de l’ordre du constat. Ce qui est important, c’est qu’on lui donne son CAP plus un tiers du brevet professionnel et que, ayant le cap plus un tiers du brevet professionnel, on lui donne ce qu’il faut, le fameux droit dont on vient de discuter, pour aller vers le brevet professionnel. Mais si l’on se contente de lui donner son CAP, on oublie qu’il vaut mieux que son CAP ; de plus, on fait un constat a minima de sa qualification professionnelle. Donc, la validation est un sujet sur lequel il faudra réfléchir.

J’aborderai un dernier point : ce matin, nous avons entamé un débat portant sur la qualification et les compétences, Jean-Luc Mélenchon en a également parlé, c’est un débat extrêmement important. Je vais essayer de vous faire sourire en deux minutes.

Souvenez-vous de la Coupe du monde de football. Six mois avant cette coupe du monde, Aimé Jacquet était un imbécile, Aimé Jacquet était complètement incompétent, enfin pour les lecteurs de L’Équipe ; les bons spécialistes, théoriquement les meilleurs journalistes, sont capables de dire si un entraîneur ou un sélectionneur est un homme compétent. Le soir de la finale, c’est un héros national, il est devenu compétent. Et comment devient-il compétent ? Parce que, en quart de finale, lors des tirs au but, Baggio, l’avant-centre italien, met la balle sur la barre. C’est ainsi que l’on se qualifie pour les demi-finales et c’est ainsi qu’Aimé Jacquet peut mener la France en finale, et gagner la finale. Voilà comment il est devenu compétent dans un laps de temps de six mois.

La notion de compétence repose sur ce genre d’ambiguïté, et il faut y faire très attention. La notion de compétence est de l’ordre du management. Cela veut dire que, en tant que sélectionneur, vraisemblablement, Aimé Jacquet était quelqu’un d’incompétent six mois avant, et de compétent le soir de la finale. Mais heureusement, il avait la qualification d’entraîneur, il était entraîneur, il avait un métier, il avait appris quelque chose qui avait été sanctionné par une qualification. Méfions-nous, la qualification est véritablement de l’ordre de la formation et du métier ; la compétence est de l’ordre du management et de l’éphémère. Voilà comment je voulais terminer mon premier propos.

1   ...   5   6   7   8   9   10   11   12   ...   22

similaire:

Education / formation le projet des Socialistes iconLe Groupe Nemetschek Structural Annonce les Gagnants des Prix 2013 Inspirations in Engineering
«exceptionnelle» du breeam] pour la performance environnementale et son engagement pour le bim. Réaliser la durabilité la plus grande...

Education / formation le projet des Socialistes iconFaculté des Sciences et Technologies de l'Education et de la Formation

Education / formation le projet des Socialistes iconSalle Mozart «Allemagne / Brésil»
«Réseau Ambition Réussite à l’école» en partenariat avec la Ville de Toulon (Service Education et Projet Educatif Local), l’Education...

Education / formation le projet des Socialistes iconAdresse professionnelle
«istihqaq» délivrée par la Fondation Mohammed VI de promotion des œuvres sociales de l’éducation – formation

Education / formation le projet des Socialistes iconNotes relatives au tableau 2 : Programmation et bilan d’une année...
«Projet» fédérateur. Cette fiche-classe constituera une des traces du Parcours d’éducation artistique et culturelle, à côté de l’outil...

Education / formation le projet des Socialistes iconL’ensam education ecrit par: Chaymae
«Habitat, Architecture et Urbanisation des Territoires»; La formation du desa dure deux années

Education / formation le projet des Socialistes icon1. 1 : éducation de Galilée, formation humaniste

Education / formation le projet des Socialistes iconMinistere de l’education nationale et de la formation professionnelle

Education / formation le projet des Socialistes iconBibliographie Sommaire
«Main à la pâte» initié par Georges Charpak puis le projet Pollen et Fibonacci (projet d’éducation aux sciences au niveau européen)...

Education / formation le projet des Socialistes iconInformations pratiques sur l’exposition
«Main à la pâte» initié par Georges Charpak puis le projet Pollen et Fibonacci (projet d’éducation aux sciences au niveau européen)...








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
ar.21-bal.com