Christophe siébert 9 allée des colibris 33700 mérignac 06 20 54 64 92








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mise à mort

(christophe siébert – 9 allée des colibris – 33700 mérignac – konsstrukt@hotmail.com – 06 20 54 64 92)

je regarde mes parents dormir

je sais qu’ils ne se réveilleront jamais

je savoure cette vision et cet instant

je me tiens debout dans leur chambre

c’est la dernière fois que je la vois

c’est la dernière fois que je les vois

j’éprouve un puissant sentiment de soulagement

c’est la première fois que je fais l’expérience d’une émotion aussi puissante et aussi agréable

allez

il est temps de partir maintenant
(cinq ans plus tard)
je suis avec sophie dans un restaurant chinois

sophie est particulièrement belle ce soir

elle est belle tout le temps mais ce soir en plus elle est élégante

je la trouve pleine de séduction et je l’observe sans vraiment pouvoir détacher mes yeux de son visage et de la partie de son corps qui n’est pas masquée par la table

je convoque la partie manquante dans ma mémoire

je visualise la jupe les bas les chaussures le string le porte jarretelle

je commence à bander

je lui souris tendrement elle me rend mon sourire

alors tu vas prendre quoi elle me demande

ah oui la carte choisir

je ne sais pas encore je réponds

je souris les yeux mouillés

tu as l’air tout amoureux ce soir elle me dit

oui

je sais pas trop quoi répondre d’autre j’ai la voix presque étranglée d’émotion

je pourrais la serrer tellement fort qu’elle s’incorporerait à moi

un câlin tellement fort que je l’absorberais

ses yeux se mouillent aussi

elle me sourit d’un sourire radieux tellement radieux j’en ai les larmes aux yeux vraiment

je m’essuie discrètement

elle me dit idiot elle sourit encore plus fort elle sourit aussi

le serveur

vous avez choisi ?

nous

non désolé

sourires crétins de gens heureux adressés au serveur

pas de problème il répond

il sourit aussi j’ai l’impression que ça n’est pas un banal sourire commercial mais une sorte de connivence

il s’éloigne

qu’est-ce que je t’aime je dis à sophie

l’instant de grâce mélodramatique est passé mais je suis transporté d’amour tout de même

un sentiment plus calme maintenant un amour moins débordant mais plein

bon anniversaire elle me dit

merci mon amour toi aussi

ça fait un an je pense

seulement un an et on dirait déjà toute une vie

je me concentre sur la carte
sophie dort encore

j’ai trop chaud

je suppose que c’est la chaleur qui m’a réveillé

je suis poisseux de sueur

je regarde sophie

elle dort encore

elle n’a pas beaucoup de couette

elle est pelotonnée en position fœtale le peu de couette qui lui reste ramassé en boule entre ses cuisses

moi j’ai tout le reste

je m’en débarrasse

j’essaie de la couvrir mais elle grogne elle fait une grimace bouge les pieds et vire la couette

bon

je souris un peu attendri par son attitude

on dirait un petit enfant

quelle confiance

il pourrait se passer n’importe quoi là

je reste plusieurs secondes perdu dans le néant

juste les yeux posés sur elle

elle me tourne le dos

je vois son dos ses fesses ses cuisses

j’aime son corps

je reviens au réel

je me lève

j’ai encore un peu trop chaud

je ramasse mes affaires

elles sont éparpillées sur le sol et mélangées aux siennes

j’essaie de ne pas faire trop de bruit

quand je sors la porte grince sophie grogne

je me retourne pour voir si elle est réveillée

non elle est pas réveillée

je vais à la salle de bain

dans le couloir qui mène à la salle de bain je m’attarde un instant à la fenêtre

je regarde dehors

il fait beau

je me demande quelle heure il est

je verrai ça tout à l’heure

pour l’instant il me faut une douche fraîche pour chasser toute cette moiteur

même mes cheveux sont collants de sueur
on entre dans le supermarché sophie et moi

je n’ai pas l’habitude de faire les courses avec elle mais là ça s’est trouvé comme ça

je suis un peu tendu

nous n’avons pas la même façon de choisir les produits

là c’est elle qui paie

je suppose que ça lui donne un pouvoir supplémentaire

elle passe le tourniquet

je prends un panier et passe moi aussi le tourniquet

elle prend des trucs qu’elle met dans le panier

je me détends

au moins tout est clair

je n’ai pas mon mot à dire j’accompagne juste

peut-être que ça se passera bien

j’espère

on arrive aux légumes

sophie me dit on prend des tomates ?

je réponds non regarde elles sont moches

ah bon mais non regarde

mouais

je regarde les tomates elles sont dans des cagettes de plastique y’a pas une cagette fermée les tomates sont répandues je lui explique ça

elle dit mais non elle prend une cagette la remplit la referme

oui mais y’a pas de scotch les tomates vont se vider dans le sac

elle me dit mais non

je dis bon fais comme tu veux

oui mais toi tu veux les prendre ou pas ?

bof moi non j’en prendrais pas

son visage se ferme

j’ai dit une connerie peut-être je sais pas

elle pose brutalement les tomates et s’éloigne

elle s’interrompt au rayon crémerie

qu’est-ce qui se passe je demande

j’ai une voix un peu tendue

rien elle dit d’un ton agressif

t’as qu’à faire les courses elle continue puisque j’ai le droit de rien choisir

quoi ?

pas du tout c’est pas la question c’est simplement que moi je les aurais pas pris ces tomates mais tu prends ce que tu veux toi

arrête

mais quoi arrête j’essaie juste de t’expliquer

ma voix devient une espèce de grondement agressif elle véhicule une haine que j’ai du mal à maîtriser

arrête

mais quoi arrête merde qu’est-ce que je suis sensé faire acquiescer à tout ce que tu dis

arrête

sa voix est un murmure chargé de colère

elle est au bord des larmes

je me tais

le silence nous environne

elle ne bouge pas

je tends un bras vers elle

elle se dégage

je suis triste et en colère

je la regarde

elle est fermée complètement fermée

j’ai horreur de ça

les gens passent et nous observent

je veux pas imaginer leur cerveau en action

je suis paralysé

je la regarde

bon on fait quoi ?

elle répond pas

on fait quoi ?

elle répond toujours pas

je lui lance un regard assassin je vais vers les rayons j’arrache des trucs à bouffer un poulet de la viande des trucs je jette ça dans le panier sans ménagement je lance à sophie des regards haineux elle bouge pas raide j’ai envie de la taper de l’assommer à coups de poings là devant tout le monde j’ai les mains crispées sur la hanse du panier le regard fixe et haineux elle son regard est vitreux de colère et de tristesse c’est grotesque consternant ce qui nous arrive

je pose le panier

voilà je dis

elle répond pas

voilà j’ai fini moi

elle répond pas

je reste là un moment à regarder les fromages

elle je sais pas

les gens nous contournent

je ne sais pas quoi faire

j’ai envie de la tuer

j’ai envie de lui jeter le panier à la gueule et de me casser

je me contrôle pour rien dire rien faire qui porte à conséquence

rien dire rien faire de grave

je sais pas ce qu’elle pense ce qu’elle veut ce qu’elle attend

je veux pas la toucher je veux pas lui parler

la situation est sans issue

je veux juste que ça s’arrête

j’ai envie de pleurer je veux juste être tranquille dans un endroit où je peux pleurer tranquille

je dis bon c’est toi qui a les sous moi j’ai fini les courses on va payer on fait quoi

j’ai la voix tendu acide j’ai du mal à articuler à cause du stress c’est pas normal que je sois stressé comme ça j’ai envie de violence de lui faire mal ou de faire mal à n’importe qui

elle regarde le panier avec mépris

pourquoi tu as pris du poulet on en mange tout le temps du poulet

bon je dis

j’attrape le poulet

je marche jusqu’au bac réfrigéré

je jette le poulet plus que je le pose

une vieille me jette un regard outré

je la regarde comme si j’allais l’étrangler

dis quelque chose salope vas-y donne moi une occasion

elle dit rien la vieille salope je retourne vers l’autre connasse

putain que je la hais

je pourrais la tuer sur place

je peux pas m’empêcher de la regarder comme si je voulais la tuer

le regard fixe les sourcils froncés les mâchoires serrées

putain que je la hais cette connasse cette salope putain que je la hais

à la caisse l’ambiance est horrible

on ne parle pas

on avance en silence

les deux paniers sont pleins

je jette à sophie des regards chargés de tristesse

j’ai qu’une envie c’est rentrer et pleurer

elle aussi

elle aussi je le vois

toute haine a disparu

à son égard en tout cas toute haine a disparu

mais j’ai encore du stress de la violence

j’ai encore des sales trucs à évacuer

je vais me calmer

il le faut bien

je sais qu’en pleurant la tension disparaîtra

vivement que je puisse pleurer

là je sens les larmes qui montent déjà la gorge qui se serre

faut pas que je parle

si je parle je vais exploser

c’est notre tour

on range les courses dans les sacs sans se toucher se parler se regarder

sophie paie

on sort

on marche lentement

à son rythme

je suis légèrement derrière

je porte deux sacs elle un seul

tu veux que je prenne un sac ?

je lui tends sans dire un mot

on marche vers le tram

je vois bien qu’elle galère je me force à n’en avoir rien à foutre

qu’elle crève avec son sac cette connasse

je suis au bord des larmes j’en peux plus

je sens des pulsations à mon visage

j’ai la peau des joues sèche et tendue

j’ai le front et les tempes qui palpitent

sophie s’arrête à mi chemin du tram

elle fout quoi putain cette connasse elle voit pas que je suis pressé de pleurer merde elle veut quoi que je chiale en pleine rue connasse connasse connasse

à chaque connasse c’est comme une occasion de plus d’avoir envie de pleurer

je me déteste d’être en colère comme ça de la haïr comme ça et de pouvoir rien y faire ça me rend encore plus malheureux

elle pose le sac et rentre dans une boulangerie

elle ressort juste après

t’as pas dix centimes ?

je sors la monnaie de mes poches quelques pièces de un et deux centimes je lui fourre le tout dans sa main sans la toucher la regarder lui parler

elle me regarde très triste je suis très triste aussi mais tellement fermé ça se voit pas sauf les yeux mais je lui montre pas mes yeux elle retourne dans la boulangerie

trente secondes passent je lutte contre les larmes

elle ressort une baguette sous le bras elle me rend mes piquettes

y’avait pas assez elle dit d’une voix renfrognée

je prends les pièces je reprends le sac

putain comme j’ai envie de les lui balancer à la gueule

on entre dans le tram

je me poste avec les deux sacs devant la porte debout

elle se faufile jusqu’à un siège

je fais quoi je la rejoins non ça me fait chier mais j’ai envie je fais quoi

le temps de décider deux vieilles prennent les deux places qui restent le tram démarre

sophie me regarde tristement

je lui lance un regard éteint fermé je détourne les yeux

elle va pleurer je crois si elle pleure je pleure aussi je veux pas pas dans le tram je veux pas de ça

elle se tourne je vois plus son visage c’est mieux

ça me rend terriblement malheureux en cet instant précis je me dis ça y’est c’est allé trop loin elle va me quitter elle va me quitter c’est foutu

j’ai plus que jamais envie de pleurer

le tram arrive à destination

elle sort

je sors par une autre porte

j’en peux plus

je la rattrape

je l’attrape par le manteau

sophie

ma voix est cassée par la tristesse

les larmes jaillissent d’un coup elle moi

on se pleure dans les bras les sacs de course autour en plein dans le passage on fait chier tout le monde mais on s’en fout

on finit de pleurer sur le banc de l’abritram

on sanglote j’ai la respiration saccadée heurtée difficile

je t’aime

moi aussi je t’aime

ses joues sont mouillées son regard dépourvu de toute colère juste abattu vraiment abattu très fatigué très triste ça me rend encore plus triste les larmes jaillissent d’un coup j’en peux plus j’ai envie de pleurer dormir dans ses bras j’en peux plus

allez il faut rentrer elle me dit

elle à raison

je souris mais pas les yeux

il faut rentrer j’aurais tout le temps de pleurer à la maison
dans la rue je croise une mère avec trois enfants

il fait nuit les enfants sont serrés contre elle

mes chaussures font du bruit elle a pas l’air rassurée

on se croise je me retourne pour la voir s’éloigner

la rue n’est pas rassurante non plus

long boulevard qui suit la façade rouge brique d’une école militaire sur au moins trois cent mètres

la dame ne me regarde pas

c’est le silence dans la rue

les seules voitures sont garées

il y a un adolescent qui attend à l’arrêt de bus

je le dépasse

j’arrive devant l’épicerie je rentre

bonjour

bonjour monsieur

c’est une marocaine elle a un joli visage

je la préfère elle à son mari elle est plus souriante

elle est grosse j’aime bien aussi

je vais au bac réfrigéré

je regarde les fromages

merde pas de fromage à raclette

fait chier

je regarde un petit moment ce qui pourrait remplacer

elle s’approche de moi

je peux vous aider monsieur ?

euh peut-être

je cherche du fromage à raclette vous auriez ça ?

ah oui on en a quatre paquets

elle regarde

y’a rien

tiens ?

je vais voir à la réserve peut-être qu’ils y sont je m’en souviens qu’il y en avait quatre ça m’étonnerait qu’on les ait tous vendus aujourd’hui tout de même

je souris

elle va dans la réserve moi je continue à farfouiller

au pire je prendrai un reblochon

elle revient l’air un peu dépité

bon et bien je n’en ai plus

je ne comprends pas pourtant il y en avait

je souris

c’est pas grave je vais prendre ça à la place

d’accord

elle sourit aussi
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