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CHAPITRE VII - LE SPIRITISME EN EUROPE




Paragraphe I



L'examen rétrospectif que nous venons de faire nous a entraîné bien loin de l'histoire du spiritisme ou spiritualisme moderne. Il était pourtant nécessaire de montrer que le spiritisme ne devait pas faire mentir l'adage : « Rien de neuf sous le soleil », et nous l'avons prouvé. Nous devons, maintenant que notre but est atteint de ce côté, suivre de nouveau la piste de la doctrine, nouvelle pour nous, à travers notre civilisation occidentale.

Le supplément d'historique qui nous reste à faire comporte deux éléments bien différents par leur importance respective. L'un de ces deux éléments a trait à l'étude qui a été faite du spiritisme par des hommes honorables sans doute, instruits certainement81, mais manquant d'éducation scientifique. On peut critiquer les savants, rappeler que les académies ont commencé par repousser toutes les grandes découvertes, mais il n'en est pas moins vrai que lorsque les hommes, habitués par métier aux recherches expérimentales, veulent se donner la peine d'examiner un fait, il y a de grandes chances pour qu'ils mènent leur besogne autrement bien que ne le fait d'ordinaire le commun des mortels.

Mais voilà ! le malheur c'est que souvent ces hommes-là, inconséquents avec leurs propres principes, ont rejeté à priori une découverte importante parce qu'ils avaient décidé, dans le premier mouvement, que le fait annoncé était impossible et que par conséquent il ne valait pas la peine d'être examiné.

Nous ne nous étendrons pas longuement sur les travaux produits par les ouvriers que nous appellerons littéraires du spiritisme ; ils ont enregistré des documents intéressants, cela est incontestable, cependant ils n'ont pas fait avancer beaucoup la question.

Mais les affirmations ou les négations prennent en ces sortes de matières un caractère nouveau et d'une gravité exceptionnelle lorsque des hommes, comme ceux auxquels nous avons fait allusion plus haut, étudient la question et la soumettent au creuset et à la balance de l'expérience. N'ayez crainte que ces hommes-là ne s'enflamment ; voyez-les exposant sèchement les faits les plus alarmants ou les plus émouvants, si vous préférez : oh ! ce n'est pas la poésie qui les gêne, du moins en général. Et souvent quand ils ont relaté ces faits qui vous étreignent même en lisant leur histoire toute nue, sans roman, vous vous attendez à voir venir à la fin de l'observation une conclusion qui vous reposera, vous dispensera de vous violenter la cervelle à tirer les déductions et la déduction des déductions... mais rien ! il y a un trait tout droit, roide et noir, et c'est tout. — « Moi, dit l'expérimentateur, je n'ai pas tout trouvé, j'ai constaté un fait, je vous ai décrit aussi minutieusement que possible les conditions dans lesquelles je me suis placé ; si vous pouvez me démontrer que ma méthode a péché par un point, je vous serai bien obligé de me le signaler ; je vous le répète, j'ai observé un phénomène, je vous le décris en soi, mais ne m'en demandez pas davantage si vous voulez en déduire quoi que ce soit, vous êtes parfaitement libre, mais je ne suis pas aussi pressé que vous : il me faut un supplément d'observation ; je sais comment on voit le comment, mais je n'ai pas encore trouvé le pourquoi. »

Le « spiritisme » est devenu vraiment expérimental du jour où ceux que nous appellerons ses ouvriers scientifiques ont commencé à s'occuper de la question. Aux travaux de ces derniers nous consacrerons une analyse toute spéciale.

Paragraphe II



Après avoir causé en Amérique le bruit qu'on sait, les manifestations spirites traversèrent rapidement l'Océan et se répandirent en Angleterre. Bientôt elles passèrent le détroit et quelques années après il n'y avait peut-être pas à Paris un seul salon qui n'eût son guéridon frappant, tournant et valsant. Tout le monde s'en occupait. En majeure partie frivoles, les communications obtenues étaient parfois sérieuses, philosophiques, et on remarqua presque aussitôt que le guéridon ou la table exposaient des théories en rapport avec l'opinion du milieu où le « phénomène » se produisait ; cela servit à étayer une théorie dont nous aurons l'occasion de parler plus tard.

Quelques penseurs crurent pouvoir fonder une doctrine nouvelle à l'aide des communications qu'ils obtenaient, et ces documents « d'outre-tombe », comme on les appelait, furent colligés, contrôlés, revus et corrigés par des esprits supérieurs. Rivail, qui, d'après ce qu'on dit sur le conseil des mêmes esprits, avait changé son nom pour le nom celtique d'Allan Kardec, fit à l'aide de ces mêmes écrits, obtenus de différentes manières, des livres82 qui sont aujourd'hui comme l'évangile des spirites français. Nous disons des spirites français parce que, bien qu'elle ait été communiquée par des intelligences supérieures83, la doctrine enseignée dans ces livres n'est pas acceptée par les « esprits » des autres pays, comme l'Angleterre ou l'Amérique, où les spirites sont encore plus nombreux que chez nous. Ainsi, par exemple, de même que les brahmes de l'Inde, Allan Kardec et les « esprits » qui se communiquent aux spirites français sont partisans de la réincarnation. De même que les premiers Docteurs84 de l'Eglise, ils admettent la préexistence des âmes ; de plus, ils font servir ces âmes à animer une série de corps humains dans le passé et dans l'avenir jusqu'à ce que la purification de l'esprit par les incarnations successives soit telle que l'âme monte jusqu'à la sphère des purs esprits85.

Au contraire, les « esprits » qui se communiquent en Amérique et en Angleterre sont opposés à l'idée de réincarnation : mystère !

Enfin, il faut dire encore que certaines communications sont athées, que d'autres mêmes sont matérialistes !

Chez les Mormons, les esprits sont polygamistes, et nous avons lu le récit de communications où la pratique des avortements, si répandue aux Etats-Unis, trouvait parmi les correspondants de l'autre monde de complaisants défenseurs.

Comment concilier tout cela ? Les livres d'Allan Kardec contiennent des réponses à tout : on n'est pas embarrassé pour si peu ! Tout s'explique par ce fait que les esprits qui se communiquent sont souvent des esprits inférieurs ; c'est ce qui nous ferait comprendre aussi que certaines « communications » sont vulgaires, triviales et même obscènes.

Notez bien, nous ne saurions le redire trop souvent que nous ne sommes qu'un narrateur : nous racontons.

Néanmoins, constatons que la doctrine Commune aux brahmes et à Allan Kardec reste conséquente avec elle-même ; en effet, si l'homme se survit, il n'y a pas de raison pour que du jour au lendemain il acquière l'omniscience et l'omnipotence, ce n'est que lentement que l' « esprit», s'il existe, doit perdre les mauvaises habitudes qu'il a contractées ainsi que les pernicieuses opinions qu'il a professées pendant la vie terrestre.

Ainsi, les esprits qui se communiquent en Amérique seraient inférieurs, et comme les Anglo-Saxons sont beaucoup plus imprégnés de la Bible que les Français, ils rejettent la pluralité des existences comme trop en désaccord avec les Ecritures. On dit aussi que se considérant comme étant d'une essence supérieure aux noirs, les blancs repoussent la réincarnation de leur « esprit» qui, par accident, pourrait bien servir à animer un coloré, ce qui serait par trop humiliant !

Les esprits anglo-saxons qui se communiquent n'étant pas complètement dégagés des choses terrestres, ils persistent dans leurs errements. Voilà la théorie.

Dans son livre intitulé : La Genèse, les Miracles et les Prédictions selon le spiritisme, Allan Kardec dépeint la découverte du spiritisme dans la parabole suivante, car, comme Bouddha et Christ, lui aussi parle par parabole : « Un navire chargé d'émigrants part pour une destination lointaine ; il emporte des hommes de toutes conditions, des parents et des amis de ceux qui restent. On apprend que ce navire a fait naufrage ; nulle trace n'en est restée, aucune nouvelle n'est parvenue sur son sort ; on pense que tous les voyageurs ont péri, et le deuil est dans toutes les familles. Cependant, l'équipage tout entier, sans en excepter un seul homme, a abordé une terre inconnue abondante et fertile, où tous vivent heureux sous un ciel clément ; mais on l'ignore. Or, voilà qu'un jour un autre navire aborde cette terre ; il y trouve tous les naufragés sains et saufs. L'heureuse nouvelle se répand avec la rapidité de l'éclair ; chacun se dit : « Nos amis ne sont point perdus ! » et ils en rendent grâce à Dieu. Ils ne peuvent se voir, mais ils correspondent ; ils échangent des témoignages d'affection et voilà que la joie succède à la tristesse86. » Du reste, le nouveau dogme n'a pas de prétentions à l'immobilité, à l'infaillibilité ; comme l'apôtre, ses coryphées disent aussi : « Méfiez-vous des mauvais esprits.» Saint Jean, IV, 2. Ils déclarent s'en remettre à la raison et aux progrès de la science, se réservant de modifier leurs croyances à mesure ; que le progrès et l'expérience en démontreront la nécessité, au lieu de s'en rapporter aveuglément aux communications des esprits « qui n'en savent pas plus long que nous ».

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