La picardie etude geopolitique








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LA PICARDIE

ETUDE GEOPOLITIQUE




Région charnière entre l'Europe du Nord et Paris, la Picardie a longtemps souffert de sa trop grande proximité avec Paris. Elle s'adapte progressivement à la nouvelle donne économique tout en conservant un caractère rural prononcé.

D'une superficie d'environ 19500 km2, la Picardie se situe entre l'Artois au nord, l'Île-de-France au sud, la baie de Somme à l'ouest et la Champagne à l'est. La Picardie couvre les départements de la Somme, de l'Oise et de l'Aisne.

Elle se caractérise par un relief peu élevé dont l'altitude maximale ne dépasse pas 230 m.

Elle dispose d'une grande variété de paysages avec de vastes plateaux crayeux souvent recouverts de limon et découpés par les vallées de la Somme et de l'Oise. À l'est, s'y ajoutent les plateaux argileux de la Thiérache et au sud, ceux plus découpés de l'Île-de-France (Valois, Soissonnais).

La région a une étroite ouverture sur la Manche, de part et d'autre de l'estuaire très envasé de la Somme.

La proximité de la mer explique le caractère océanique du climat, avec cependant des nuances continentales vers l'intérieur. L'amplitude thermique moyenne est de 15 °C. Les températures enregistrées à Amiens sont en moyenne de 0 °C en janvier et de 19 °C en juillet.

Les précipitations varient de 600 mm dans la vallée de l'Oise à 1000 mm en Thiérache.

La Picardie est un pays riche en eau, qui compte de nombreuses rivières (Somme, Aisne, Oise, Authie, Thérain, Selle, Nièvre, Marne) au débit régulier, mais également d'importantes nappes phréatiques, favorisées par des sols crayeux et argileux qui retiennent les eaux de pluies.

Les espaces boisés représentent 12,5% du territoire. Ils sont constitués pour l'essentiel de magnifiques forêts domaniales (Compiègne, Chantilly, Villers-Cotterêts).

I. Un champ de bataille


Ancienne province française, la Picardie comprend le Vermandois, l'Amiénois, le Valois, le Ponthieu, le Santerre, le Boulonnais et la Thiérache.

Très tôt, elle fut une marche militaire, soumise aux invasions successives. Son relief relativement plat et sa proximité avec l'Île-de France ont favorisé les batailles. Jules César pacifia la région en 54 avant JC et repoussa les germains Suèves faisant de la Picardie une région romanisée et latinisée.

Prés de Soissons (à 3,5Km) sur l’Aisne (l’Axona des romains) se trouve la petite ville de Pommiers (Noviodunum) qui fut le théâtre d’une bataille décisive entre les gaulois Suessions alliés aux germains (été 57 avant JC)



En 486, les Francs chassent les Romains, qui occupaient jusqu'alors la province, pour y fonder leur royaume. Du VIe au VIIe siècle, sous les Mérovingiens, la province picarde fait partie de la Neustrie. L'essentiel du pouvoir est confié aux ecclésiastiques, pouvoir que leur disputaient les comtes de Flandre et de Vermandois.

Toutefois, jusqu'au IXe siècle, la région est successivement envahie par les Germains, les Saxons, les Huns et les Normands.

Ce n'est qu'à partir de l'avènement d'Hugues Capet, monté sur le trône en 987 et sacré à Noyon, que le pouvoir royal sur la Picardie est renforcé. Toutefois, l'influence des grands seigneurs demeure importante.

Ce n'est véritablement qu'en 1185, par le traité d'Arras, que le roi de France Philippe Auguste fait preuve d'autorité auprès d'eux. Ce traité lui permet de réintégrer Amiens, le Vermandois et l'Amiénois à la couronne de France.

En 1195, il concède une charte communale aux villes picardes d'Amiens, de Saint-Quentin, d'Abbeville, de Noyon et de Ham, ce qui peut alors leur permettre de s'administrer militairement, dans les limites que leur accorde le pouvoir royal.

C'est alors le début d'un formidable essor économique, marqué par un accroissement de population; les cathédrales et les églises fleurissent un peu partout. La paix et la prospérité sont toutes relatives, car bientôt, la Picardie devient l'enjeu de la rivalité franco-anglaise qui aboutira à la guerre de Cent Ans (1337 - 1453).

Cette guerre, qui oppose la France à l'Angleterre, puis, à partir de 1420, aux puissants ducs de Bourgogne, fait de nombreux ravages. À la suite du traité d'Arras signé en 1435, la Picardie retrouve la paix mais le roi de France Charles VII (1422 - 1461) fait don des territoires conquis de la Somme, d'Amiens et de Saint-Quentin au duc de Bourgogne Philippe III le Bon. En 1477, à la mort du duc de Bourgogne Charles le Téméraire (1467 - 1477), le roi de France Louis XI (1461 - 1483) va récupérer la Picardie qui est définitivement rattachée à la couronne, mais devient du même coup une marche-frontière.

La paix est à nouveau de courte durée. La région n'est pas épargnée par les guerres de Religion (1562 - 1598) d'autant qu'Amiens est devenu l'un des foyers du protestantisme. Sous Louis XIII (1610 - 1643), elle subit, à partir de 1634, l'invasion des Espagnols (guerre de Trente Ans).

Ce n'est qu'en 1659 que le traité des Pyrénées, signé par Louis XIV, permet de faire reculer la frontière du royaume au-delà de l'Artois, dans les limites actuelles, permettant à la Picardie de ne plus être un champ de bataille.

Toutefois, sa proximité avec Paris, le cœur politique et décisionnaire de la nation française, en a fait une zone d'influence et de convoitise dont elle souffrira à nouveau lors de la guerre de 1870 et des deux dernières guerres mondiales.

Il lui faut alors attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale pour que son industrie connaisse un nouvel essor.

II. Un renversement de tendance démographique.


Autrefois très peuplée, la Picardie a vu sa population décroître lentement au rythme des guerres et des grandes mutations agricoles et industrielles du XXe siècle. Aujourd'hui, avec une population de 1,8 million d'hab. (3,1% de la population française) et une densité de 93 hab./km2 (en 1990), la Picardie est une région qui connaît une lente augmentation de population. Elle a en effet enregistré un gain de 70 366 hab. sur la période de 1982 à 1990. Certes le chiffre est faible, mais il marque un renversement net de tendance. En fait, le solde migratoire, bien que négatif, a pu être compensé par un solde naturel nettement positif. Cela s'explique par le fait que la Picardie ait un taux de natalité qui se situe aujourd'hui encore légèrement au-dessus de la moyenne nationale (13,8 contre 13,4 pour l'ensemble national). Le renouvellement des générations est donc assuré.

En outre, la région bénéficie aujourd'hui de sa proximité avec Paris.

Elle est devenue attractive pour de nombreux Franciliens qui cherchent une résidence secondaire.

Ce phénomène a accentué les inégalités de répartition entre les trois départements. Ainsi, l'Aisne compte 73 hab./km2 alors que l'Oise, proche de l'Île-deFrance atteint les 124 hab./km2.

La population picarde est relativement jeune puisque les moins de vingt ans représentent 29,5% de la population alors que les plus de soixante ans n'en forment que 17,7%. Toutefois, les jeunes ont la particularité d'être moins qualifiés là qu'ailleurs.

Ils sont proportionnellement moins nombreux à être titulaires d'un baccalauréat ou d'un BTS que dans les autres régions.

Ce manque de qualification est l'une des raisons qui explique le taux de chômage particulièrement élevé des jeunes en Picardie (24,1% chez les moins de 25 ans au 1er trimestre 1995).

La Picardie a conservé son caractère rural, car les villes, hormis Amiens, ne dépassent pas les 100 000 hab. En revanche, les villes petites et moyennes sont nombreuses et bien réparties sur le territoire régional.

Mais le taux d'urbanisation est nettement inférieur à la moyenne nationale (60,4% contre 74% pour l'ensemble national).

III. Une agriculture puissante ancienne et dynamique


L'agriculture régionale bénéficie d'excellentes conditions naturelles. En outre, au fil des années, elle s'est adaptée (remembrements, engrais, assolements), intensifiée, mécanisée, et les exploitations se sont nettement agrandies.

Les rendements ont considérablement augmenté, car la Picardie fournit aujourd'hui plus de 4% de la production agricole française. Un puissant mouvement coopératif a soutenu la croissance, si bien que la Picardie a moins souffert de la PAC que d'autres régions françaises. Toutefois, comme partout en France, le nombre d'agriculteurs a sensiblement diminué, cette activité n'occupant plus que 5,8% des actifs (4,8% pour l'ensemble national).

La structure agricole est dominée par les exploitations familiales de plus de 100 ha qui représentent 52% de cette SAU (Surface agricole utilisée). Les grandes exploitations (plus de 100 ha) céréalières (blé, orge), celles productrices de betteraves à sucre ou de pommes de terre prédominent dans le Vexin, le Valois, le Soissonnais, le Laonnais.

En revanche, les petites exploitations du pays de Bray et de la Thiérache pratiquent l'élevage bovin destiné à la production laitière. Avec 900 millions de litres de lait produits en 2001, la Picardie représente 4% de la production nationale. Le lait sert notamment à la fabrication du célèbre maroilles.

Quant aux productions légumières (épinards, salsifis, endives) et arboricoles (pommes, poires), elles sont cultivées un peu partout et alimentent de puissantes conserveries. La Somme est le premier département producteur de petits pois tandis que l'Aisne s'est spécialisée dans les carottes. La pêche n'est pas absente de l'économie régionale. Elle subsiste au Crotoy, à Saint-Valéry-sur-Somme et au Hourdel. En 2001, 745 tonnes de poissons et produits de la mer ont été pêchés pour une valeur de 20 millions de francs.

Si la Picardie a souvent souffert de sa proximité avec l'Île-de-France, il n'en a pas été de même dans le domaine agricole, car le marché parisien lui a permis rapidement d'écouler ses productions.

IV Un secteur industriel en crise en 2001


La Picardie arrive à la deuxième place des régions françaises pour le pourcentage d'actifs du secteur secondaire, après la Franche-Comté, car 26,5% des actifs travaillent dans l'industrie contre 19,5% pour l'ensemble national.

Ce chiffre traduit la longue tradition industrielle de la Picardie.

Dès le Moyen Âge, le travail de la laine, du lin et du coton a permis l'essor de nombreuses industries textiles, de la bonneterie et de la confection.

S'y sont ensuite ajoutées, aux XIXe et XXe siècles, les industries métallurgiques, mécaniques, puis la chimie et l'agroalimentaire. Toutes n'ont pas connu le même succès.

Le textile a été durement touché par la crise économique de ces vingt dernières années. Plus de 16000 emplois ont été supprimés durant cette période.

Pour survivre, ce secteur s'est tourné vers la fabrication de fibres chimiques, ce qui lui a permis de conserver un certain nombre d'emplois puisque la Picardie reste au cinquième rang des régions françaises pour la filière textile, employant près de 10% des actifs régionaux. En revanche, l'industrie métallurgique est encore fort importante.

Elle a si bien su s'adapter et se diversifier qu'elle représente un quart de la valeur ajoutée de l'industrie régionale et occupe 40% des emplois industriels. En premier lieu, elle a développé un bon nombre d'industries de transformation (aluminium, machines agricoles, pièces aéronautiques, matériel pour l'imprimerie ou le transport).

D'ailleurs, la Picardie est la deuxième région automobile française grâce à l'implantation d'un nombre important d'équipementiers (Valéo, Plastic Omnium, Peugeot-Japy, Dunlop).

La chimie fine et la parachimie arrivent en troisième position. Elles occupent près de 15% des emplois.

Outre la pharmacie (Roussel-Uclaf), la Picardie se distingue dans la cosmétologie. Elle est d'ailleurs la première région française productrice de parfums. On y fabrique des marques aussi prestigieuses que Chanel, Yves Saint-Laurent ou Givenchy, mais également des marques grand public comme Camay, Monsavon ou Palmolive.

Le flaconnage est assuré par Saint-Gobain qui compte plusieurs unités sur le sol picard.

L'agroalimentaire constitue certainement l'un des plus beaux fleurons de cette industrie régionale. Elle dispose d'ailleurs de nombreuses entreprises de transformation (plats cuisinés, conserves, congélation, emballage) qui vont permettre l'écoulement des produits agricoles. Parmi celles-ci on peut citer Nestlé-France, McCain, Bonduelle, Bahlsen, Panzani.

Plus étonnant, la logistique connaît un essor important en Picardie.

Sa situation géographique au sein de l'Europe en fait une région carrefour pour de nombreuses entreprises qui ont besoin d'entreposer de grosses quantités de marchandises. Si bien que la création d'entrepôts a induit une multitude d'activités de transports, de ferroutage (transport combinant la route et le rail grâce à des remorques adaptées à ces deux modes de transport) comme d'entreposage.

Enfin, la Picardie mise sur l'environnement. Elle a développé des unités de biocarburants (diester et éthanol) et s'est dotée, à Ribécourt, du premier incinérateur français de déchets spéciaux (Téris).

Le bilan de l'industrie picarde, bien que fragile, est donc plutôt positif.

D'ailleurs, elle arrive au deuxième rang des régions françaises, après l'Alsace, pour l'installation d'investisseurs étrangers (Massey-Ferguson, Goodyear, Procter & Gamble, Eridiana-Béghin-Say).

Toutefois, le PIB par habitant (101 436 francs) est bien inférieur à la moyenne nationale (121 988 francs)en 2000.

Certaines villes sont « sinistrées » ex Soissons ou Laon en grande partie à cause des fermetures d’usines (phénomène de la délocalisation).

V. Un secteur tertiaire encore sous-développé


Le secteur tertiaire, longtemps sous-développé, tente aujourd'hui de combler son retard. Aussi, les services n'occupent encore que 61,6% des actifs contre 69,2% pour l'ensemble national, les services non marchands - l'enseignement supérieur, la recherche, la santé - ont pleinement bénéficié de la décentralisation.

L'enseignement supérieur ne compte encore que 37 657 étudiants (2001). Mais la région a développé de nombreuses formations supérieures à Beauvais, Soissons, Creil, Saint-Quentin, qui sont venues compléter les disciplines dispensées par l'université d'Amiens et l'UTC de Compiègne.

La recherche occupe près de 3000 chercheurs, essentiellement concentrés dans la vallée de l'Oise, répartis dans une centaine de laboratoires publics (Ineris) et privés.

Le tourisme est en nette progression puisqu'il croît d'environ 4% par an. Avec 8 millions de touristes en 1995, il a permis de dégager quelques 6 milliards de francs et permet à la région de se classer au onzième rang des régions touristiques françaises.

Le littoral a permis l'essor des stations balnéaires (le Touquet-Plage, Berck-sur-Mer), tandis que l'intérieur arbore son patrimoine architectural et culturel (musée Condé à Chantilly, musée de Compiègne, cathédrales d’Amiens et de Soissons) et développe les activités de loisirs (parc Astérix à Plailly).

VI. Des moyens de communication en pleine évolution (Juillet 2992)


En une trentaine d'année, la région a pleinement bénéficié de l'amélioration de ses voies de communication.

Les nombreuses routes nationales et autoroutes (A 1, A 4, A 16, A 26, A 29) ont permis le maillage de l'ensemble du territoire régional.

Le réseau ferré est dense car la Picardie arrive au quatrième rang des régions françaises en terme de trafic ferroviaire régional.

En revanche, si le TGV ne s'arrête qu'à 40 km d'Amiens, le trafic passagers devrait s'améliorer dans les années à venir, car la Picardie se situe non loin du tunnel sous la Manche et de la Belgique.

La Picardie dispose également d'un petit aéroport (Beauvais-Tillé) mais bénéficie surtout de sa proximité avec celui de Roissy.

Données chiffrées de la Picardie 3 départements

Aisne (02), Oise (60), Somme (80).

Superficie :19 400 km 2 ; 3,5% du territoire national.

Population : 2 million d'hab.; 3,4% de la population française.

Densité de population (2001) : 93 hab./km 2 .

PIB régional (2001)

198,4 milliards de F; 2,7% du PIB français.

Budget régional (2002) : 3,6 Milliards de F.

Taux de chômage (1 er trim. 2002 : 13,6%.

Cinq grandes agglomérations

Amiens (156 120 hab.),Creil (97 119 hab.), Saint-Quentin (71113 hab.), Compiègne (67 057 hab.).Soissons (40.000 hab.)

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