Thèse de docteur en Pharmacie








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Raisons culturelles



Depuis la nuit des temps,  l'accident, le drame, la mort ou la disparition font partie du quotidien des familles de marins. C’est bien connu, le marin qui a le mal de mer n’a pas sa place à bord. Un aventurier qui se préoccupe de sa santé, n’est pas un aventurier. L’image Bertrand de Broc, «  le Rambo des mers », qui se suture lui-même, véhiculée par les médias représente assez bien l’image de la médecine en mer : « Improvisation avec les moyens du bord ! ».

De plus, avec l’ouverture de la plaisance à une population mal amarinée, l’inconscience constitue de plus en plus un facteur de risque important. La méconnaissance du matériel et des éléments favorise les traumatismes (plaies, brûlures). En effet, l’enquête réalisée par TARTAIX retrouve l’inexpérience comme cause du traumatisme dans 50% des cas. De même, l’enquête réalisée par le Conseil Supérieur de Navigation de Plaisance montre que la plupart des interventions de secours sont liées à des négligences. Les conclusions des rapports d’activité des CROSS vont dans ce sens puisqu’elles affirment que c’est l’inexpérience ou le manque de compétence qui fait le plus souvent défaut aux nouveaux plaisanciers. Seules la prévention et la formation peuvent réduire l’inconscience



    1. L’aide médicale en mer est-elle efficace ? (99, 157, 189)


Les spectaculaires opérations de secours en mer organisées à l’autre bout du monde pendant le « Vendée Globe » pourraient laisser penser que toutes les situations de détresse en mer peuvent être traitées ainsi. Nous n’y sommes malheureusement pas encore. Il peut encore s’écouler plusieurs longues heures avant que l’on découvre la disparition d’un navire au large de la baie de Quiberon par exemple. Il est alors bien tard pour intervenir. Chaque année, de nombreuses personnes perdent la vie dans des approches maritimes dans le cadre d’activités professionnelles ou de plaisance pratiquées au-delà de la zone de baignade et de loisirs nautiques du littoral.

Lors des difficultés réelles, le plaisancier peut toujours contacter par radio (VHF, BLU) un CROSS ou le CCMM. Encore faut-il, que les plus petites unités de navigation en soient pourvues…


De plus, l’assistance médicale maritime ne sera réellement efficace que :

  • si le malade ou le blessé est capable de transmettre des informations fiables,

  • si le malade possède à bord un matériel thérapeutique permettant au médecin de pouvoir agir à distance avec la plus grande efficacité,

  • si le responsable des soins à bord possède suffisamment de compétences pour réaliser certains gestes techniques.

Mais en cas de problèmes de radio, il ne suffira pas au plaisancier d’être muni d’une pharmacie de bord même complète ; un minimum de savoir médical doit être connu. Il sera donc vivement recommandé à tous plaisanciers de se munir d’un guide médical et de suivre une formation médicale adaptée également. Il n’est en effet pas possible de conduire un traitement radio-maritime si l’effecteur à bord est dans l’incapacité de pratiquer le geste prescrit. De même, la qualité du diagnostic radio-maritime se trouvera grandement renforcée si l’effecteur à bord à quelques connaissances des gestes diagnostiques.


    1. La dotation officielle est-elle adaptée ? : (3, 12, 23, 43, 99)


La pharmacie de bord règlementaire, telle qu’elle est conçue actuellement ne permet donc pas de rendre de biens grands services. Les conseils indispensables fournis par Le Ministère de l’Economie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire font appels au bon sens et doivent être pris en compte avant le départ. Mais ce n’est pas suffisant. Le complément de la trousse à pharmacie contient quelques produits indispensables. Mais lors d’une traversée au long périple autour du globe, il faut avoir réponse à certaines interrogations et surtout savoir comment utiliser cette dotation.

Seul au milieu de l’océan il faut prévoir et imaginer quelles pathologies médicales, pourraient avoir des conséquences dramatiques sans traitement. Il est impossible d’embarquer à bord un hôpital de campagne, comme il est hasardeux de croire le marin est apte à l’exercice diagnostique et thérapeutique. La pharmacopée et les gestes à enseigner devraient être choisis pour apporter plus grand gain face aux risques évalués.
La règlementation D240 ne prend pas en compte un paramètre pourtant primordial : la quantité de médicaments, de matériel embarqué dépend du nombre d’équipiers, de la durée de la croisière, et de leur fréquence d’utilisation. De plus, il paraître plus logique de raisonner en temps qu’en distance : selon le moyen de propulsion du bateau il pourra être très différent.
Elle est bien maigre au regard des risques et des maux qu’encourent les plaisanciers inexpérimentés, plus nombreux que par le passé, notamment par le biais de la location, et peu conscients des dangers de la mer. Aucun matériel permettant de pratiquer les gestes de premières urgences de choc anaphylactique n’est recommandé ; il est seulement conseillé au chef de bord de s’assurer que les passagers ayant des antécédents spécifiques se munissent du traitement d’urgence adéquate. Or, en cas de problèmes de voilure ou de panne de moteur, le navire pourra dériver au gré des courants et mettre parfois plusieurs heures avant de rejoindre un port. Les piqûres d’hyménoptères ou d’animaux marins n’étant pas rares et des accidents suite à la prise d’antibiotique pouvant également survenir, la présence d’adrénaline injectable en cas de choc anaphylactique est donc indispensable.
Cette trousse tient en général dans une boite en plastique vendue par les magasins d’accastillage. La qualité des produits est plutôt piètre, les pansements mal adaptés au milieu marin. L’antiseptique proposé n’est pas conforme avec ce qui est habituellement proposé par les référentiels de petite chirurgie…. Enfin le chef de bord sans formation ou conseils médicaux se retrouve fort dépourvu pour compléter ce contenu.
La boîte de secours conseillée pour une navigation inférieure à 20 miles parait ainsi bien insuffisante alors que bien souvent des soins d’attente peuvent être réalisés à bord, sans risque, par des sujets sans connaissances médicales spécifiques (protection d’une brûlure, immobilisation d’une fracture). C’est ce que beaucoup s’accorde à dire, officiels ou non, et c’est aussi probablement la raison pour laquelle les plaisanciers s’en soucient peu et qu’il est parfois si difficile de trouver un antalgique à bord !
Pour la boite de secours à plus de 200 miles, une antibiothérapie par voie injectable pourrait se révéler nécessaire lors d’une infection grave accompagnée de vomissement, le bateau pouvant être à plus d’une semaine d’un port. Mais celle-ci nécessiterait également une formation médicale adaptée.
Il faut également remarquer l’absence d’une boîte standard qui permettrait aussi bien le rangement que la vérification et le remplacement des produits périmés. Le manque d’informations et de réglementation concernant l’ordonnancement de la boîte facilite également le mélange des produits, risquant de générer des retards ou des erreurs de médication. Elle doit, de plus, mettre les produits à l’abri des chocs, de la lumière, de l’humidité et des écarts de température souvent très dommageables pour les principes actifs. De par son agencement, elle simplifierait la prise du médicament requis et éviterait les erreurs possibles dues à l’affolement, le plus souvent. 


    1. Le problème de la prescription pour le plaisancier :


Pour se procurer les médicaments listés, un médecin fera une ordonnance en spécifiant que les médicaments prescrits serviront pour la constitution d’une pharmacie de bord. Ceux-ci ne seront pas remboursés. Les plaisanciers veilleront à prendre soins de garder l’ordonnance avec eux. Cette procédure ne sera pas, non plus, sans danger :

  • Le médecin prescripteur parfois peu au fait des problèmes nautiques risque de prescrire des produits peu adaptés aux situations vécues en mer.

  • Le médecin prescrit pour le malade qui est en face de lui. Les médicaments choisis sont donc choisis en fonction de ses antécédents personnels. Ils ne peuvent pas convenir forcément à un autre membre de l’équipage

  • Des produits d’usage délicat ou présentant des effets indésirables ou des contre-indications peuvent se révéler dangereux, dangerosité qui n’apparaît pas toujours au prescripteur qui sur le terrain ne sera autre qu’un membre de l’équipage. L’application de collyres cortisoniques sur un ulcère cornéen par exemple pourra être dramatique avec risque de perforation par exemple.


La faible connaissance du plaisancier, lors de l’utilisation des médications disponibles, hormis les renseignements se trouvant sur les conditionnements, représente un autre risque non négligeable. Ainsi, l’usage spontané peut, en effet, entraîner une action nulle, indésirable, voire parfois dangereuse. Ces données confirment l’importance d’avoir une pharmacie de bord, toujours bien tenue, mais surtout complète. Elle devra ne pas demander trop de compétences médicales, mais apporter un net bénéfice avec peu de risque.


    1. Une dotation = une Formation : (2, 3, 13, 39, 46, 173)


Quelque soit la formule de dotation proposée, elle doit être assortie d’une formation pour pouvoir faire face aux problèmes de santé. En effet, le plaisancier n’est pas davantage averti sur les gestes de premier secours à pratiquer, qui peuvent être plus salvateurs qu’une quelconque médication lors des traumatismes.

Aujourd’hui, la politique est de responsabiliser le chef de bord. Certes, les pouvoirs publics avec notamment la SNSM, par des campagnes d’information massives largement relayées par les médias, tentent de sensibiliser et de responsabiliser les plaisanciers de telle sorte qu’ils aient une démarche de sécurité active. Cependant même si la prévention est indispensable, la meilleure solution est non pas d’entendre un « discours » sur la sécurité en mer, mais de se former à la sécurité et à la survie en mer.

Pour des bateaux plus importants, de pèche ou de commerce, la formation des responsables de santé (RS) est assurée dans les Etablissements de formation maritime par les médecins des gens de mer. En revanche, aucune réglementation n’oblige le plaisancier à suivre une formation médicale ou de sécurité en mer. C’est l’expérience, quand elle existe, qui permettra de faire face aux problèmes posés.

Les sportifs, quant à eux, ont une et même plusieurs instances (FFV - ISAF) qui se saisissent énergiquement de ces impératifs de sécurité. Un plaisancier n'est pas un coureur. Mais la mer avec ses dangers reste la même pour de simples plaisanciers et des navigateurs engagés dans des courses. Ce qui est vrai de la nécessaire formation à la sécurité et à la survie pour un coureur est donc vrai pour un plaisancier. Il faut que le CSNPSN (Conseil Supérieur de la Navigation de Plaisance et des Sports Nautiques) et les pouvoirs publics avancent sur ces questions, tout en souhaitant qu'elles deviennent à court terme des priorités dans la gestion globale du chapitre de la formation initiale des plaisanciers.
Le programme de ces formations n’est encore malheureusement pas assez standardisé.
Souvent seuls les gestes de secourisme sont enseignés tels ceux de la réanimation cardio- pulmonaire.  Cela est déjà un début, mais est-ce réellement pragmatique ? Celles proposées sont toutes organisées de la même façon mais ne répondent pas à un standard bien rigoureux. Le standard ISAF des courses au large fait référence. L’enseignement médical de ces stages , aussi bien chez les coureurs du large que chez les plaisanciers hauturiers, soulèvent plusieurs questions. Quelle est la légitimité d’un apprentissage pour la pose de points de sutures, la réalisation d’un plâtre, ou d’un plombage dentaire ? Quelle est l’utilité de la réanimation cardio-pulmonaire en pleine mer? Intérêt de la pose d'une perfusion ou d'une injection IV pour le plaisancier ? D’autres éléments sont abordés à la discrétion des formateurs comme la télémédecine et son utilisation, l’utilisation des produits, la réalisation d’injection, l’alternative aux sutures. Les urgentistes de Quimperlé proposent ces formations dans le cadre de l’association Med-Mer. Le contenu doit faire preuve d’un maximum de faisabilité pour les plaisanciers. Il doit aborder le large domaine de la prévention et du bilan de santé avant le départ. Les gestes techniques compliqués doivent être remplacés au profit de gestes plus simples et efficaces.
Il serait également intéressant lors des formations médicales de mettre en avant ces facteurs favorisants et l’importance d’un dépistage avant le départ. Ainsi le médecin pourra, par l’interrogatoire, l’examen clinique, un électrocardiogramme (recommandé à tout sujet dès l’âge de 12 ans) évaluer le potentiel risque d’accident. Selon les cas il pourra recourir à des examens de sang ou à un test d’effort par un cardiologue. Une conduite préventive qui consiste dans la correction des facteurs de risques de la maladie coronarienne pourra ainsi être mise en place et si besoin un traitement débuté.

Les campagnes de prévention, de formation à la sécurité en mer et de formation médicale doivent faire partie de l’enseignement en école de voile. On peut se demander pourquoi lors des cours du permis bateau hauturier, voire même côtier, la formation survie et médicale n’est pas dispensée. 
Il est également étonnant de voir que selon l’enquête d’Arnaud Bournaillie, seuls 25% des plaisanciers qu’il a interrogés, possèdent un guide médical en 2007 ! Or, très bien construit et simple d’utilisation, comme celui de l’association Med-Mer, il peut permettre d’évaluer la gravité de l’atteinte et de poser un diagnostic, éviter de paniquer par manque d’informations, écarter des gestes inopportuns qui pourraient aggraver des lésions préexistantes, réaliser des soins d’infirmerie, ou encore les gestes élémentaires de première urgence. Il peut également devenir un outil pour les médecins à terre pour peu qu’ils sachent ce qu’il contient.
Cependant, dans le stress d’une situation d’urgence, le plaisancier pourra avoir du mal à trouver une solution rapide dans un guide. De ce fait, celui-ci a également tout intérêt à suivre, comme recommandé par ces ouvrages, des formations médicales ciblées, pour tirer le meilleur parti de leurs guides médicaux.


    1. Choix des produits à embarquer :

      1. Les antinaupathiques : (1,102)


La prévention par des médicaments du mal de mer doit beaucoup aux cosmonautes du fait de la fréquence du mal de l’espace chez ces derniers, mais malheureusement l’efficacité des médicaments est discutable car elle dépasse rarement 50 % dans les études sérieuses.

Cette thèse n’abordera pas les « petits trucs » qui ont plus ou moins bonnes réputations, et qui étaient ou qui sont employés dans les milieux maritimes ; comme avaler un bout de pain pour les pêcheurs bretons, boire un verre d’eau de mer pour Joshua Slocum, sucer des bonbons pour les caps-horniers, mâcher du persil, etc…



        1. Les parasympatholytiques à base de scopolamine (type atropinique) : (15, 33, 41, 44, 53, 69, 103, 104)

L’atropine fut un des premiers produits utilisés. Aujourd’hui, la voie transcutanée locale évite les effets secondaires qui limitaient l’utilisation de ce produit. La seule spécialité commercialisée actuellement en France est le Scopoderm TTS® qui contient de la scopolamine (extraite de la Jusquiame Noire Hyoscyamus niger ou du Datura stramonium). C’est un système adhésif qui s’applique sur la peau sèche, derrière l’oreille, pouvant être laissé en place 72 heures. Il peut être posé indépendamment des vomissements contrairement aux formes orales. Au bout de 72 heures, en cas de besoin, un autre système pourra être apposé derrière l’autre oreille. Lors de la pose, il est recommandé de se laver scrupuleusement les mains, afin de ne pas déposer dans l’œil des traces de scopolamine, ce qui peut provoquer une mydriase réversible. La pose s’effectue 6 à 12 heures avant le départ. Cette spécialité appartient à la liste I et ne sera donc délivrée que sur prescription médicale.
La scopolamine intervient au niveau du comparateur où sont mesurées les données nouvellement intégrées et les données plus anciennes déjà enregistrées. Elle faciliterait donc l’accoutumance aux cinétoses. Son action est due à un effet central et non pas à une action périphérique sur le tractus digestif, elle bloque l’influx vagal vers le centre du vomissement. Elle présente des effets anticholinergiques de part son analogie structurale avec l’atropine. La scopolamine est un antagoniste muscarinique non sélectif de cinq sous-types de récepteurs muscariniques. Elle se distribue rapidement et complètement dans le système nerveux central où elle exerce des effets plus intenses que la plupart des autres médicaments anti-muscariniques. L’activité de la scopolamine dans le mal des transports serait due principalement à son action sur les récepteurs M2 tandis que les effets indésirables comme la sédation et la diminution de mémoire seraient dus à son action sur les récepteurs M1 et sur d’autres récepteurs cholinergiques muscariniques. Une voie de recherche serait donc la découverte de principes actifs possédant uniquement des propriétés M2 bloquantes, c'est-à-dire une efficacité dans les cinétoses, tout en limitant les effets secondaires néfastes. Dans la formation réticulée, le système cholinergique active le centre du vomissement qui est le symptôme majeur des naupathies.
Les antihistaminiques et la scopolamine ont en commun des effets indésirables atropiniques ou anticholinergiques : sécheresse buccale, constipation, troubles de l’accommodation, risque de rétention urinaire en cas d’obstacle urétro-prostatique, risque de poussée de glaucome par fermeture de l’angle, troubles psychiques possibles surtout aux âges extrêmes de la vie. Les patchs de scopolamine en bateau sont, en effet, mal tolérés chez les personnes âgées, ils peuvent provoquer des états confusionnels et des hallucinations visuelles.
En raison d’un prix élevé son utilisation reste cependant limitée.


        1. Les antihistaminiques : (1, 15, 16, 25, 26, 36, 44, 53, 58, 69, 105)


Les antagonistes des récepteurs H1 à l’histamine sont les substances les plus répandues dans la commercialisation des produits antinaupathiques. Leur activité n’est plus à démontrer, mais comme tous les antihistaminiques elle engendre une somnolence variable selon les individus (négligeable pour certains, très forte pour d’autres).
Leur action ne parait pas en rapport avec l’activité antihistaminique mais est due à leur pouvoir « atropine like » (comme l’atropine) c'est-à-dire anticholinergique et parasympatholitique, dont l’action dépressive sur les relais sensoriels labyrinthiques expliquerait l’activité antinaupathique. Ils seront néanmoins peu efficaces quand l’épisode du mal des transports à débuté.


  • Les dérivés de la phénydramine :

- dimenhydrate (Dramamine®, Nausicalm®, Mercalm®),

- diphenhydramine (Nautamine®).
Les antihistaminiques peuvent être prescrits à partir de l’âge de 2 ans. Ils doivent être pris une demi-heure avant le départ, à raison d’un comprimé chez l’adulte et d’un quart à un demi-comprimé chez l’enfant. Leur durée d’action est de 6 à 8 heures ; la prise peut être renouvelée 2 à 3 fois dans la journée.
Il est nécessaire d’informer le voyageur des effets indésirables les plus fréquemment rencontrés :

  • baisse de la vigilance et somnolence, majorée par l’alcool et les autres dépresseurs du système nerveux central,

  • effets atropiniques : bouche sèche, trouble de l’accommodation, risque de poussée de glaucome par fermeture de l’angle, risque de rétention urinaire en cas d’obstacle urétro-prostatique, constipation, troubles psychiques possibles surtout aux âges extrêmes de la vie (excitation ou confusion mentale),

  • effets tératogènes non exclus (à éviter chez la femme enceinte les premiers mois).


Les antihistaminiques ont un effet sédatif qui peut être bénéfique chez le sujet particulièrement anxieux. Mais en mer, le sujet doit le plus souvent conserver sa vigilance, une association à un stimulant de l’éveil telle la caféine (Mercalm®) sera donc apprécié. La caféine par son action psychostimulante, va augmenter la vigilance et surtout diminuer la somnolence induite par l’antihistaminique. Cette spécialité est contre-indiquée chez l’enfant de moins de 6 ans en raison de la présence de caféine.


  • les dérivés de la phénothiazine : (ex :Phenergan®)

Bien que très actif, l’emploi est limité à cause des propriétés très hypnogènes de ce produit. Il existe en comprimés à 25 mg, en sirop à 1 mg/ml et en ampoule injectable à 50 mg. La posologie pour un adulte est de 2 à 6 comprimés par jour à prendre au milieu du repas.

  • les dérivés de la pipérazine

La cyclizine : Marzine® (non commercialisée en France) possède une activité inférieure au Phénergan® mais des effets secondaires nettement diminués, donc une plus grande tolérance au médicament.
La cinnarizine (Stugeron®), ex Sureptil®, n’existe plus en France. La molécule est commercialisée dans las pays anglo-saxons avec l’indication antinaupathique. Il a été employé avec succès par les participants de plusieurs courses au large. 2 comprimés avant le départ puis un comprimé toutes les 6 à 8 heures. C’est un inhibiteur calcique qui présente une action sédative sur le labyrinthe et élimine les spasmes vasculaires à ce niveau. Son produit actif est le même que le Touristil ® qui est 5 fois plus cher. De plus, il n’endort quasiment pas. Il a beaucoup de succès car il contient 120 comprimés. Il ne se trouve pas en France mais partout ailleurs… On peut la commander en Angleterre par Internet (Sturgeon). 33p50. Elle sera contre-indiquée en cas de glaucome, d’obstacle urétro-prostatique, avec certains médicaments, l’alcool. Son efficacité est semblable à la scopolamine. Elle aura pour rares effets secondaires, la somnolence et de rares réactions allergiques.



        1. Certains acides aminés :


L’acétyl-di-leucine : Tanganil® : 6 comprimés avant le départ et 3 comprimés par jour pendant la traversée à prendre durant le repas. Ce produit n’est pas toujours efficace mais à l’énorme avantage de ne présenter aucune contre-indication et aucun effet secondaire.


        1. Les antagonistes dopaminergiques : (25, 69, 76, 106, 107, 108, 140)


On y classe les dérivés des phénothiazines représentés essentiellement par la métopimazine (Vogalene®, Vogalib®) dont la forme lyoc est astucieuse mais elle a plus d’effet antiémétique qu’antinaupathique et le métoclopramide (Anausin®, Primpéran®). Ce dernier s’avère cependant peu efficace, voire dénué d’effet sauf peut-être en injection intraveineuse, ce qui limite son usage. De même, la dompéridone (Motilium ®, Peridys®) semble présenter un avantage car, parmi toutes ces molécules, c’est la seule qui, à notre connaissance, diffuse peu dans le système nerveux central. La posologie serait dans ce cas de 1 à 2 comprimé(s) en une seule prise, une demi-heure avant le départ.
De nombreuses études cliniques ont été réalisées pour démontrer l’efficacité des molécules et les comparer entre elles. A titre d’exemple, une étude réalisée en double aveugle portant sur 60 marins a comparé les effets du dimenhydrinate, de la cinnarizine et du patch de scopolamine. La plupart des sujets ayant pris du dimenhydrinate a reporté une baisse générale des performances, contrairement aux marins ayant pris les deux autres molécules. La cinnarizine n’a pratiquement pas d’effets secondaires alors que la sécheresse buccale a été le seul effet gênant significatif rapporté avec la scopolamine. L’étude a conclu à une utilisation préférentielle de ces deux molécules en prévention du mal de transports chez le personnel naviguant en mer.


        1. Médicaments homéopathiques : (15, 41, 58, 109, 148)


Bien que leur efficacité ne soit pas démontrée, ils semblent avoir une certaine faveur auprès du public car ils peuvent soulager les « affres du transport » sans entraîner d’effets secondaires connus. Plusieurs souches seront utilisées : Cocculus indicus,  Tabacum, Petroleum, Nux vomica, Colchicum. 

Des nombreuses spécialités associant ces différentes souches existent : Homéogène 21®, Cocculus complexe N°73® , Boripharm N°15 et N°41, Abbe Chaupitre N°19, Tabacum compose®, DOLITRAVEL®, NAUSETUM® … La plus connue d’entre elles est la Cocculine® qui se présente sous forme de doses ou de comprimés et qui associe Cocculus 4CH, Tabacum 4CH, Nux vomica 4CH, Petroleum 4CH.
Remarque :

Les bracelets (Seaband®, Medicmates®, Transway®), stimulant un point d’acupuncture au niveau du poignet, sont également commercialisés mais ils n’ont pas démontré leur efficacité dans la prévention du mal de mer.


        1. Phytothérapie et aromathérapie: (44, 53, 69, 107)

Les plantes sont également employées contre la mal de mer par certains plaisanciers ; ils utilisent les fleurs de Mélisse et de Menthe poivrée en infusion (une poignée par litre d’eau et il faut en boire plusieurs tasses par jour). Chez l’adulte, l’alcool de menthe Riqulès® sur un sucre peut avoir des effets bénéfiques en cas de nausées. Des spécialités à base d’huiles essentielles existent également (Puressentiel mal des transports®, Pediakid mal des transports® ) mais se présentant sous forme liquide, elles seront peu conseillées en bateau.

Une goutte d’essence de Citrus limonum sur un quart de sucre ou un comprimé neutre peut également être intéressante notamment chez les enfants à partir de 7ans.


        1. Danger du mal de mer et de son traitement : (44, 53)


Le mal de mer peut être dangereux pour certaines personnes qu’il faut absolument traiter, ce sont les sujets atteints d’ulcères gastroduodénaux, de cardiopathie, les hypertendus et les femmes enceintes. La consultation avant le départ par le médecin pour la prescription d’un antinaupathique permet dans certains cas d’éviter des contre-indications. Dans ces cas, le médecin prescrit souvent un antivomitif non spécifique au mal des transports comme le métoclopramide (Primpéran®) qui existe sous forme de comprimés, de sirop et de gouttes buvables pédiatriques.
Dans certains cas, l’ingestion d’un verre d’eau avec un comprimé suffit à déclencher une crise de vomissement, il faudrait utiliser le sirop dont la prise d’une cuillère à café représente un volume moindre mais cette galénique est peu adaptée en bateau. L’apparition de la forme suppositoire pour le Primpéran® ne résout pas les problèmes d’administration, de part la difficulté qu’elle présente également à bord.
Les mécanismes physiopathologiques de déclenchement des manifestations liées au mal de mer sont encore mal connus, leur découverte permettrait de trouver un traitement parfaitement adapté. En effet, si les drogues anticholinergiques ou antihistaminiques permettent de réduire les symptômes au prix d’effets secondaires non négligeables, aucun traitement ne parvient à coup sûr d’éviter leur déclenchement. De plus, l’industrie pharmaceutique ne semble pas porter un grand intérêt aux antinaupathiques : en dix ans, la moitié des spécialités a été retirée du marché !
Ainsi, en raison de leurs effets secondaires, les traitements médicamenteux sont surtout indiqués pour les passagers et à l’occasion de déplacement de courte durée. Cependant, une nouvelle classe thérapeutique, les « NK-1 antagonists » est également à l’étude et aurait des résultats intéressants dans le traitement des vomissements induits par les cinétoses.


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