Thèse de docteur en Pharmacie








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Historique de la médecine maritime : (3, 5, 6, 155, 156)

  1. Les chirurgiens navigans1 :



C’était l’appellation courante des médecins du Service de Santé de la Marine, qui étaient à la fois médecins, chirurgiens et bien souvent apothicaires. Le premier journal de bord de chirurgien navigans retrouvé relate les faits médicaux sur les galères de Venise en 1414. Ils apparaissent en Hollande en 1600 puis en France vers 1700. En effet, vers la fin du XVIIème siècle et durant presque tout le XVIIIème siècle, les capitaines marchands ou de pêche appareillant pour les voyages « aux lointains pays » embarquaient à leur bord des chirurgiens navigans conformément à l’ordonnance du 5 août 1681. Ceux-ci étaient chargés de soigner l’équipage et sur les navires de traite et de choisir « les captifs puis de surveiller leur transport jusqu’aux îles dans les meilleures conditions sanitaires, c’est à dire les plus rentables pour l’armateur ». Ces chirurgiens n’étaient pas des docteurs en médecine mais des apprentis qui, après un stage de deux ou trois mois auprès d’un chirurgien-juré de ville, avaient passé un examen succinct dit de «  légère expérience » moyennant quoi, ils pouvaient briguer à bord des vaisseaux de commerce ou de pêche ce poste d’officier de santé.

La pharmacopée embarquée alors sur les navires est complexe et variée. Nous en avons un exemple avec celle embarquée sur les vaisseaux de la compagnie des Indes et notamment le Massiac qui appareilla de Lorient en février 1762 avec 168 hommes d’équipage, 42 soldats de la Compagnie de Bessan et 6 passagers avec leurs 2 domestiques, pour un total de 218 personnes, avec comme chirurgien de bord un dénommé Jacques Moujan de Mourgeau. La pharmacie met en évidence la richesse et la diversité des produits pharmaceutiques embarqués ; ceux-ci provenaient principalement de plantes et de produits naturels. Il y avait 181 médicaments sous des formes très variées telles les électuaires, les opiats, les extraits, les pilules, les trochisques, les pierres, les sels, les miels, les sirops, les eaux, les teintures, les esprits, les huiles, les baumes et les emplâtres. La pharmacie servait à soigner les maladies suivantes : le mal de mer avec l’eau de la reine de Hongrie ; les maux d’oreille avec l’anis ; le scorbut avec l’opiat antiscorbutique et l’esprit de cochléaria ; la syphilis avec les pilules mercurielles ; les maux de ventre et maladies digestives avec les yeux d’écrevisse (concrétion calcaire sécrétée par l’estomac des écrevisses lors de leur mue) ; les affections bronchiques et les maux de gorge  avec les miels et les sirops ; les blessures, les traumatismes et les séquelles de la chirurgie mutilante (amputation, trépanation) avec les baumes, les onguents et les emplâtres. Les plaies infectées étaient nettoyées avec l’aloès.

Certains médicaments étaient utilisés pour leur fonction émétique comme l’ipécacuanha, ou purgative comme l’esprit de casse, la rhubarbe, le jalab et le sel d’Epsum ; et d’autres pour leurs propriétés calmantes et antispasmodiques comme le laudanum, la thériaque, le diascordium et le camphre. Des produits étaient aussi utilisés comme stimulants : les toniques comme le quinquina et l’eau vulnéraire de Suisse.
      1. Les médecins de papier : (7, 8, 9)



Dès le début du XIX° siècle, suite, notamment, à la réorganisation universitaire des études médicales, la Marine Marchande avait des difficultés à recruter des chirurgiens navigans d'où exemptions de lever l'ancre sans personnel médical embarqué. Devant ce fait, le ministre de la Marine, le baron Portal, intervient le 4 août 1819 en soumettant au Roi une ordonnance s'inspirant des règlements antérieurs mais en les adaptant aux nouvelles pratiques de la Marine. C'est ainsi qu'elle obligeait les armateurs à fournir à leurs capitaines un coffre à médicaments accompagné d'une instruction lorsque l'équipage était de 8 à 19 hommes. Cette dernière définissait les maladies maritimes les plus couramment rencontrées et était munie d'un formulaire indiquant les principales propriétés des produits médicamenteux embarqués, avec la manière de s'en servir et surtout de les administrer. Ce précis médecin-pharmacien fut très vite surnommé, avec ironie, par les commandants «le médecin de papier», surnom qui lui resta et qui fut adopté par un grand nombre de marines marchandes dans le monde. L’origine française de ce médecin de papier, peut être situé au milieu du XVIII° siècle, puisqu’en 1766 un certain Mauran de Marseille fait apparaître un opuscule intitulé : « Essai sur les maladies qui attaquent le plus communément les gens de mer ». 20 ans après la parution de son ouvrage, Mauran décide, compte tenu de l’évolution des sciences médicales et pharmaceutiques, de refondre son œuvre et fait publier un «  avis aux gens de mer et leur santé ». Ensuite, Henri Ducommun ( 1742-1820 ), médecin de l‘Amirauté puis chirurgien examinateur des aspirants navigans, rédigea un opuscule dont le titre est : « Avis aux capitaines navigateurs, Instruction courte et médicale ». Henri Ducommun présente chaque pathologie toujours de la même façon à savoir :

- position que l’on doit faire prendre au malade ou au blessé

- attitude médicale à adopter

- médication adéquate au cas présent avec le nom du ou des médicaments à employer, la manière de les faire prendre et la dose à administrer.
Bien entendu, Ducommun n’a pas envisagé tous les cas de figures pouvant se présenter à bord d’un navire, mais son médecin de papier fait figure de précurseur dans ce domaine. En effet, en 1826, parût un deuxième médecin de papier ayant pour titre « Instruction pour messieurs les capitaines du commerce qui n’ont pas de chirurgien ». Puis chaque port édita son médecin de papier comme à Bordeaux en 1825. Il est signé par le docteur Grosset, le chirurgien Lafaye, et le pharmacien Lozé. C’est un livret de 24 pages intitulé : «  Instructions médicales pour les capitaines des bâtiments de commerce qui d’après l’ordonnance royale du 4 août 1819 ne doivent pas avoir de chirurgien ». Cependant, ces capitaines avaient-ils les connaissances suffisantes pour soigner chaque type de maladie ou de blessure ? Non évidemment, c’est pourquoi un enseignement de « secourisme des mers » fut obligatoire dans les écoles d’hydrographie ou les écoles formant les capitaines de navires de pêche en 1910. C’est à dire pratiquement un siècle après la promulgation de la loi…C’est donc au capitaine qu’il appartient de soigner, en l’absence de chirurgien, ses hommes dans leurs maladies, et de panser leurs blessures.

  • Exemples de médecins de papier :


Tableau 1 : coffre de médicaments à bord des bâtiments armés pour les grandes pêches de la mer du Nord. 1896.


NOMS

QUANTITES

USAGES

Médicaments pour l’usage interne.

Chlorate de potasse

Ipéca en poudre

Laudanum de Sydenham
Compte-gouttes

Sulfate de soude

Médicaments pour l’usage externe.

Acide borique


Alcool camphré

Diachylon (sparadrap)

Sinapismes (moutarde en feuilles)

Solution glycérinée phéniquée

Vaseline boriquée à 10%

Objets de pansement.

Compresses de gaze phéniquée

Petites

Moyennes

Bandes de gaze souple de 7 centimètres de large
Coton absorbant (dit hydrophile)

phéniqué

Bandage de corps
Triangles variés

Un grand

Deux moyens

Trois petits

Bande de caoutchouc de 3 mètres Gutta percha laminée
Ciseaux forts (de lingerie)

Cache-pot en treillis

Epingles

Droites

De sûreté

Instruction médicale

Coffre



12 grammes

(en 3 paquets)
5 grammes

(en 10 paquets)


15 grammes
1

120 grammes

(en 4 paquets)


60 grammes

(en 2 paquets)

250 grammes

½ rouleau

1 boite de 10

feuilles
150 grammes avec

l’étiquette : poison


120 grammes
10

10

10

750 grammes

(en 10 paquets)

1
6 triangles


1

½ mètre
1

1
25

12

1

1



Faire dissoudre un paquet dans un verre d’eau tiède. – Contre angine, maux de gorge.
Pour faire vomir. Prendre trois paquets à quelques minutes d’intervalle dans de l’eau. boire ensuite quelques verres d’eau tiède pour faciliter les vomissements. – Contre indigestion, empoisonnement.

20 gouttes dans un verre d’eau sucrée. – Contre toux, diarrhée, choléra.

Pour compter les gouttes de laudanum.

Pour purger. Faire dissoudre un paquet dans un verre d’eau tiède que l’on boit quand il est froid. – Contre embarras gastrique, constipation.

Faire dissoudre un paquet dans un litre d’eau. Cette eau boriquée sert à laver les plaies de la face, à laver les yeux en cas d’inflammation, à injecter dans l’oreille en cas de douleur (maux d’oreille).
En friction sur la peau au moyen d’un morceau de laine en cas de douleurs et pour réchauffer dans le choléra.

Coupé en petites bandelettes avec les ciseaux et chauffé légèrement ; sert à réunir les bords des plaies.
Tremper la feuille dans l’eau froide ou tiède et l’appliquer directement sur la peau ; la laisser 15 minutes.
C’est un poison et un caustique violents. Avoir soin de n’en pas laisser tomber sur les mains. Sert à préparer la solution phéniquée dont on doit se servir en versant 3 cuillerées dans un litre d’eau. c’est avec cette dernière solution qu’on lave les plaies, qu’on lave les pansements; elle sert aussi à faire des cataplasmes antiseptiques en y plongeant du coton que l’on applique sur les parties malades, en recouvrant le tout de gutta percha. On verse un verre dans les bains pour le pied ou la main en cas d’abcès.
Appliquée sur les engelures, les brûlures.

Pour faire les pansements des plaies.

Pour maintenir les pansements.

Entre dans les pansements des plaies. En tampon, sert à laver les plaies. On fait avec les cataplasmes antiseptiques.

Pour fixer les pansements surtout à la tête, maintenir les appareils de fractures ; enfin comme écharpes pour les bras blessés.

Pour arrêter les hémorragies.

Pour recouvrir le coton des pansements et les cataplasmes antiseptiques.
Peut être employé avec avantage dans les fractures du bras et de la jambe.



Un second exemple concernant l’évolution des réglementations des navires pratiquant la pêche à Terre-Neuve nous montre que de 1889 à 1897, à travers les publications dans le Bulletin Officiel de l’époque, les modifications à la sécurité des navires Terre-Neuvas sont en rapport avec des préoccupations toujours d’actualité.
En effet, ces nomenclatures ont été élaborées dans le but de mettre à disposition des médecins de la Marine Nationale des moyens modernes et efficaces pour soigner ces pêcheurs. A l’époque les capitaines, sauf en cas d’urgence, n’employaient que très rarement les médicaments et objets contenus dans les coffres. De plus, bon nombre des substances pharmaceutiques que ces coffres de médicaments renfermaient, n’étant pas renouvelées périodiquement, perdaient leurs propriétés ou même étaient de qualité si défectueuse, qu’elles ne peuvent être affectées à aucun usage thérapeutique. Il était également souhaité que le contenu du coffre soit modernisé, afin de contenir les derniers médicaments découverts.

Or les équipages des navires de pêche à Terre-Neuve n’avaient, le plus souvent, de secours à attendre que de leurs capitaines. Il devenait indispensable dans ces conditions de donner à ces navigateurs des instructions précises sur l’emploi des substances contenues dans les coffres et sur les soins à donner aux malades. Il importait également de modifier les quantités et la forme de certains médicaments ou objets de pansement afin d’en rendre le mode d’emploi le plus facile aux personnes étrangères aux manipulations pharmaceutiques. 

Le « médecin de papier » pris alors toute sa valeur. Il n’est plus une liste du contenu du coffre, mais un opuscule avec une partie médicale présentant les symptômes des maladies les plus courantes sur les bancs de Terre-Neuve et une partie pharmaceutique recommandant l’emploi du ou des médicaments adaptés à la maladie reconnue et la dose à laquelle il faut les employer. Ceci toujours avec un but de simplicité car les capitaines de ces navires sont des marins et non des médecins.

. Cette réglementation fut ensuite adoptée également par les navires pratiquant la pêche dans la mer d’Islande. Peu à peu une uniformisation de la réglementation se profilait déjà.
Simplifier, moderniser, guider, uniformiser, réglementer, adapter aux pathologies et à l’effectif étaient déjà les lignes de conduites concernant l’amélioration des coffres à médicaments des Terre-Neuvas il y a plus de 100 ans !

    1. Les guides médicaux : (2, 3, 10, 157, 158)


Le médecin de papier existe encore aujourd’hui, un dernier ouvrage a été conçu par le Dr J.Y Chauve : « Le médecin de papier pour le Vendée Globe 1996/1997 ». Bien entendu, le fossé ou le précipice qui existe entre le manuel de Mauran de 1766 et la conception des soins prônée par le Dr J.Y. Chauve est immense.
Pour les gens de mer, c’est le Guide médical international de bord qui est la norme de référence pour les soins médicaux à bord, depuis sa première publication en 1967. La récente convention du travail maritime adoptée par l’OIT en 2006 stipule que tous les bateaux doivent transporter une pharmacie de bord, du matériel médical et un guide médical tel que celui-là. L’importance d’une connaissance approfondie du guide est soulignée dans la convention internationale sur les normes de formation des gens de mer, de délivrance des brevets et de veille (STCW) en 1978, telle qu’amendée; dans la convention internationale sur les normes de formation du personnel des navires de pêche, de délivrance des brevets et de veille en 1995 (convention STCW-F); dans le Recueil révisé des règles de sécurité pour les pêcheurs et les navires de pêche en 2005. En outre, le Guide médical international de bord se réfère au Guide des soins médicaux d’urgence à donner en cas d’accidents dus à des marchandises dangereuses.

Le Guide médical international de bord entérine un principe clé de la convention du travail maritime de 2006 : garantir aux gens de mer que la protection sanitaire et les soins médicaux qu’ils reçoivent ne sont pas inférieurs à ceux dont disposent généralement les travailleurs à terre. Cela comprend l’accès rapide aux médicaments essentiels, à du matériel médical et à des installations pour diagnostiquer et traiter les patients, ainsi qu’un accès à une information et une expertise médicale. En veillant à ce que ce Guide se trouve à bord des navires qui battent leur pavillon et que ses instructions soient suivies, les pays peuvent remplir leurs obligations aux termes de la convention du travail maritime de 2006, et garantir les meilleurs résultats sanitaires possibles pour leur population marine.

Pour la course au large, un guide médical est choisi parmi une série disponible. L’utilisation des moyens informatiques permettent l’utilisation de films pour rappeler au personnel formé le déroulé des gestes.


D’autres ouvrages plus adaptés au grand public sont disponibles également :

  • « Le guide médical de bord : prévention, bilan et soins d’urgence à bord des navires de plaisance » de l’association Med-Mer, éditions du Plaisancier, 2005,

  • « Urgences à bord : soigner avant le médecin » du Dr J.-Y. Chauve, éditions Voiles et Voiliers, 2005,

  • « La médecine du voyage » du Dr H. Guérin et du Dr A. Grau, éditions Loisirs Nautiques, 2005,

  • « Le guide de la médecine à distance » du Dr J.Y. Chauve, éditions Distance Assistance, 2002,

  • « Médecine de bord » du Dr J.-Y. Chauve, éditions Arthaud, 1978,

  • « Médecine en mer sans médecin » Encyclopédie Nauticus, 1978.


Tous comportent de façon plus ou moins détaillée :

  • un rappel sur les responsabilités médicales du chef de bord,

  • des consignes avant le départ (vaccination, inventaire médical des équipiers…),

  • une aide à l’élaboration de la pharmacie de bord et sa mise à jour (tableau avec cases pour dates de péremption et quantités), 

  • un tableau de correspondance des drogues vers les pathologies et des pathologies vers les drogues,

  • des fiches de reconnaissance de maladie urgente : douleur thorax, céphalées violentes…,

  • des fiches pratiques pour l’appel des secours médicaux,

  • des fiches de bilan pré-formatées et reconnues des SAMU maritimes,

  • des fiches techniques et gestes thérapeutiques,

  • des fiches décrivant les possibilités d’évacuation sanitaire et leur préparation : mise en condition du malade, accostage, évacuation hélitreuillée…


Ces guides ne dispensent en aucune façon d’un avis médical ; ils déclinent d’ailleurs toute responsabilité quant à l’utilisation faite par les lecteurs. La pharmacie de bord devra être réalisée en adéquation avec ces guides.

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