Essai sur L’Esprit de l’Azerbaïdjan








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Le mardi de l’eau 
L'eau dont nul mieux que Thalès n'a compris combien elle était vitale, fondatrice de toute vie, celle de nos corps comme celle de toute la planète bleue à la surface de laquelle nous vivons comme une peau et ses pores, l'eau, principe de nos forces, signe par excellence de nos purifications et de nos renaissances, l'eau, liquide de tous les liquides, y inclus des désirs, des ivresses et des voluptés, l'eau, lors du premier mardi annonçant le Novrouz est puisée aux sources vives et est ensuite apportée, limpide et pure, en chaque demeure azérie. Très justement célébrée en premier lors de l'an nouveau, l'eau, la plus précieuse, la plus indispensable de toutes les ressources, l'eau sans laquelle rien ne serait, salée ou douce, courante ou stagnante, solide dans les glaciers, vaporeuse dans les nuages, sous-marine ou souterraine, l'eau ne brûle pas ; l'eau s'oppose au feu et en un sens profond lui est appariée. Unie aux richesses de la terre et aux feux du ciel l'eau se transforme en vin. Source fondatrice de toutes les végétations, elle n'est pas seulement indispensable à la vie de nos corps, indispensable aux vignes et aux champs de blés, aux citronniers et aux figuiers, elle l'est aussi au henné, cet arbuste épineux dont les feuilles séchées et pilées procurent les pigments d'une teinte rouge dont, le mardi de l'eau, les femmes azéries, vêtues d'habits neufs décorent la paume de leurs mains afin de faire voir leurs dispositions érotiques et leur aptitude à résoudre les problèmes de maison. Elément majeur des dispositifs de séduction d'une grande part de l'Orient, le henné qui, en terre azérie vient d'Iran unit l'eau au centre brûlant de l'univers, à la rouge énergie qui produit la lumière elle-même, qui nous fait être tout en étant elle-même continûment en train d'être, en train de tournoyer sans fin, de danser la plus vivante, la plus animée de toutes les danses cosmiques, celle du feu.

Le mardi du feu
C'est au culte du feu et de ses mille et une métamorphoses qu'est consacré tout entier le deuxième mardi annonciateur du recommencement de l'année et des changements qui l'accompagnent : chaque cycle saisonnier, à chaque fois le même, engendre à chaque fois une configuration nouvelle, est en un seul trait la loi de l'être et du devenir, la loi ouverte du cercle des cercles constituant la nature des choses au Pays justement nommé le « Pays du feu » ! Matière et esprit, le feu est le trait d'union et de désunion par lequel la nature s'unit à elle-même en se transformant ; il est le grand principe de l'Azerbaïdjan, de cette contrée volcanique dont les sous-sols regorgent de roches liquides, de pierres huileuses et carbonées, de pétrole (terme formé à partir des mots latins « petra », pierre et « olium », huile), de gaz naturel prompt à s'enflammer et de nappes de naphte en combustion perpétuelle. En Azerbaïdjan, le soleil de Zarathoustra, « celui dont la lumière est la plus brillante » ne vient pas seulement des hauteurs de l'astre trônant dans le ciel ; il jaillit aussi des entrailles de la terre : le feu vivant est certes un grand danger, mais domestiqué, volé par Prométhée à qui Zeus fit expier son forfait dans le Caucase, le feu peut être un infini bienfait ; il est l'une des meilleures et des plus décisives conquêtes humaines.

Le deuxième mardi, les hommes allument des brasiers et bondissent au-dessus de ceux-ci en un geste de respect et de joie victorieuse ; les femmes s'affairent autour des foyers dont elles prennent grand soin et chaque maisonnée allume une bougie pour la santé du corps et la salubrité de l'âme de chacune et de chacun de ses membres.

L'Esprit azéri est à jamais lié au feu éternel : un bon exemple de ceci est certainement le temple Atashgah qui fut souvent détruit, mais toujours reconstruit ; son enceinte protectrice est érigée autour d'un jet continu de gaz naturel lequel, au contact de l'oxygène de l'air ne cesse de s'enflammer. Ce centre de culte du feu sacré se situe dans la province d'Absheron, sur la si célèbre route de la soie dont le carrefour le plus important se trouvait à Shamakhi, au Nord-Ouest de Bakou. Ce lieu où s’accomplissait le culte du Feu était un caravansérail avec ses chambres pour voyageurs, ses chapelles pour pèlerins et orants ainsi que ses cellules de méditation pour ascètes en tous genres ; il était financé par les caravaniers qui faisaient commerce de marchandises et de divinités ; les Indiens accordaient à ce lieu une si haute importance qu'ils emportèrent chez eux le symbole du zoroastrisme dont les Parsis, de nos jours encore, perpétuent le rituel dans la région de Bombay.

On pourrait énumérer à l'infini les endroits d'Azerbaïdjan où se trouve honoré l'esprit du feu.

Parmi ceux-ci, il convient d'accorder un statut privilégié à un autre site, à Yanardag, la montagne éternellement brûlante qui constitue l'un des phénomènes naturels parmi les plus émouvants qui soient : on dirait que la terre domestique le feu avant de l'offrir d'elle-même à ceux des animaux qui auraient l'intelligence de le recueillir et d'en user.

Le si justement nommé « Pays du Feu » présente en notre époque plus prosaïque des terrains qui sont déjà du bitume ou des sources de carburant que des pipelines argentés conduisent à travers les montagnes du Caucase dans le monde entier ; leur énergie fabuleuse fait fonctionner toutes les entreprises et industries humaines, assurant le transport des hommes et des matières premières, des produits semi-finis et de ceux qui, achevés, sont à répartir sur les marchés. Le mardi pyrique, le mardi des matières ignées est peut-être le plus représentatif de l'esprit azéri, mais le troisième, plus géorgique, est celui qui relie le plus explicitement la vie humaine à la justice suprême, à la justice la plus juste, la «justissima telus » dont parle Virgile : celle de la Terre.
Le mardi de la terre
Ce mardi est celui de la reprise des échanges entre le labeur paysan et les produits que dispense la terre pour peu qu'elle soit suffisamment aimée et suffisamment travaillée. Le mardi de la terre est tout simplement le mardi du sens de la vie, car l'homme est avant tout un terrien. Par ses techniques, il peut apprivoiser le feu, conquérir les espaces océaniques et interplanétaires, mais sa nature est terrestre et c'est à partir d'elle qu'il s'oriente, qu'il s'organise et conduit ses actions. Nul ne quitte vraiment la terre ; cela n'aurait pas plus de sens que de vouloir s'évader de son propre corps ; l'esprit lui-même n'est sans doute qu'une manière de main prolongeant nos désirs terrestres. Ce mardi tellurique, ce mardi de saint Georges, « celui qui cultive la terre », mais aussi protège l'ordre social bâti sur elle en luttant contre les « dragons » est aussi le mardi des femmes qui font germer dans des assiettes le « samani », c'est-à-dire des graines de froment spécifiquement destinées à célébrer le retour du nouvel an qui en terre azérie est aussi le retour du printemps et de sa célébration : le « Bayar Bayram ».

Cette action symbolique exprime la joie inhérente à l'éclosion de la nature revenant au meilleur d'elle-même, mais aussi formule l'espoir d'un retour prochain de l'abondance : les graines germées sont conservées treize jours après la fête et ensuite elles sont jetées dans une rivière ou dans la mer ; elles sont ainsi restituées en toute humilité au grand cycle vital qui les a prodiguées et qui, de la sorte, se trouve comme remercié pour ses dons. Ce mardi de la terre et du printemps est celui qui libère des grisailles de l'hiver ; c'est le mardi des allégresses, des chants et des danses et naturellement est-ce aussi celui des grands banquets, celui où la vie est célébrée dans le partage, celui où les tables sont garnies des mets les plus délicieux, ceux qui furent cuisinés avec amour : les chaussons frits dans l'huile, farcis aux oignons, à la viande de mouton hachée ou au fromage et assaisonnés de poivre, de persil, de tarkhun et de ces herbes odorantes et savoureuses qui sont si variées et si nombreuses en terre azerbaïdjanaise ; les farcis à base d'aubergines, de feuilles de vigne ou de chou, de poivrons ou de tomates ; les riz si divers et si riches, accompagnés de viande ou de poisson ; les pains cuits au fourneau domestique ; les mille et une pâtisseries à base de noix et de miel, de yaourt et de confitures tantôt de cornouilles et de coings, tantôt de raisins, de figues, de cerises, de mûres, de jeunes noix ou de noisettes... on y boit du thé parfumé à l'eau de rose, des jus de grenade mais aussi des vins de Madrasa ou des vins artisanaux de framboise ; on y boit, du moins chez certains, car nombreux sont les Azéris qui se conforment aux interdits coraniques touchant l’alcool, de l'arak et des vodkas parmi les meilleures, celle par exemple, à base de mûres...

Tout y fête la terre nourricière et ses bienfaits, prépare la reprise du travail qui donnera le blé, le coton, le tabac et les raisins, le thé et les citrons, les abricots et les grenades, les cerises et les pêches, les pommes, les figues, les oranges et toutes les merveilles de cette terre généreuse et fertile au plus proche de laquelle les Azéris ont de toujours appris à demeurer.

S'il est un point faisant l'unanimité en Iran, en Russie et en Arménie ainsi qu'auprès de tous ceux qui eurent le bonheur de voyager en Azerbaïdjan, c'est que les fruits et légumes azéris sont parmi les meilleurs du monde. La terre n'y est pas l'Autre qu'il s'agirait de vaincre ; elle est l'Ami qu'il faut chérir et respecter ; elle est la vraie source de cette vie qui est et sera à tout jamais la nôtre, la seule que nous puissions avoir et qu'il ne convient pas de fuir, mais sans cesse de relancer tout en intensifiant la nature de notre séjour sur elle et avec elle.
Le mardi de l'air (Sumalak, le repas des anges)
Ce mardi est celui du vent et des souffles ; il est donc aussi celui des paroles et de leur esprit, celui des promesses et des espérances amoureuses, celui des secrets et des destinées. Selon une belle et étrange coutume, les jeunes filles vont écouter aux portes de leurs voisins et du premier mot qu'elles parviendront à capter dépendra la qualité de leur mariage et de leur vie adulte. C'est pourquoi il est du devoir de ceux qui, ce jour-là plus qu'un autre, se savent écoutés de pratiquer l'enseignement de Zarathoustra : « Humata, Hukhta, Huvashta ! », autrement dit « Pensées justes, Paroles justes, Actions justes » !

Le mardi de l'air qui porte le son et le sens des mots est un jour qui exige de chacun qu'il s'attache à chasser de son esprit les rancunes et les rancoeurs, qu'il veille à ne laisser se formuler aucune expression mauvaise car de l'écoute de celle-ci peut dépendre le destin d'une jeune fille. Chacun sait que le hasard joue un très grand rôle dans nos vies et cette coutume est sans doute l'une des plus belles manières de lui rendre hommage, de le laisser agir, mais en faisant du mieux que nous pouvons dans le peu que nous pouvons afin que la chance soit avec nous.

De même qu'il est plus difficile d'être juste dans une cité injuste que dans une cité où règne la concorde et la bonne entente, il est plus difficile de trouver le chemin d'un bonheur privé dans une collectivité déchirée par les cris, les insultes et les violences domestiques.

Le mardi des paroles justes ne profite pas qu'aux jeunes filles en quête de bel avenir, il profite à tout le monde ; il est la journée des conciliations et des réconciliations, la journée des solidarités et des noblesses de l'âme, celles qui font tant de bien aux autres, mais surtout à celles et ceux qui en sont animés.

9 § L'esprit de Zarathoustra

La fête du Novrouz qu'annoncent en précurseurs les mardis d'eau, de feu, de terre et d'air est celle des quatre piliers de l'éthique azérie, celle qui combine, avec l'habileté dont on tisse un tapis, les quatre fondements ajointés dans l'heureuse harmonie exprimant l'identité de la nature et de la nature humaine, de l'être et de l'être humain.

Cette joie de la joie immémoriale d'être en vie, d'être soi-même une modalité éphémère de la substance conduit droit aux enseignements de Zarathoustra.

La fête est certes plus ancienne que ce penseur décisif, mais les leçons de celui-ci y ont imprimé leurs marques, y ont laissé des traces qui, de nos jours encore, sont perceptibles, accrochées aux rythmes de la célébration comme brins de paille dans les cheveux de ceux qui batifolèrent dans les foins, confetti dans les plis des vêtements des festivaliers de carnavals, grains de sable collés aux plantes de pieds des promeneurs des plages...

Il se peut d'ailleurs que ces signes d’une présence passée de Zarathoustra soient plus que de simples décorations venues d'un temps oublié dont on n'aurait oublié jusqu'à l'oubli ; il se peut qu'ils se soient durablement incrustés dans le déroulement de ces festivités au point d'être inséparables de leur signification la plus naturelle, la plus profonde, la plus élémentaire et comme l'affirment tous les vrais philosophes, ceux de l'éthique, ceux de toutes les langues et de tous les horizons, de Zarathoustra à Parménide d’Elée, de Héraclite d’Ephèse à Lucrèce, de Spinoza à Tchouang-Tseu, d'Averroès à Giordano Bruno, de Platon à Nietzsche : la plus difficile !

Il y a dans le Novrouz azéri une leçon de vie d'autant plus cachée qu'elle est absolument perceptible en toute chose et en tout geste, à tout moment et en tout lieu ; elle est comme la déesse Athéna, visible dans la beauté de toute femme vraiment belle à ceux, précisait Homère, qui ont pour cette perception les yeux d'Ulysse... Faut-il avoir vécu cette fête pour la penser ou l'avoir déjà pensée pour bien la vivre ? Il y faut sûrement le concours des deux : à l'un sans l'autre manque une moitié, comme s'il était possible de nager vraiment sans le saut dans la rivière, comme s'il était possible de penser sans concepts, de penser en se complaisant dans le vague des intuitions et sans avoir jamais étudié au plus près aucun texte de la philosophie ?

Notre vie de terriens, la seule qui soit, prend tout son sens lors de cette fête azérie : tout en se maintenant au dehors des divisions qu'engendrent les dogmes religieux, elle atteste que le combat du bon et du mauvais, de la clarté et des ténèbres, de la sagesse et des furies, du gai savoir et des tristes platitudes, de la raison et des superstitions, de l'amour vrai de la vraie vie opposé aux sombres désirs désirant la sombre mort, de l'être et du non être, de l'étant et du néant, du magnifiquement désirable et du totalement répugnant n'a jamais de fin ; cette lutte éternelle reprend chaque année et chaque jour de chaque année.

Il y a donc tout cela, mais plus encore dans cette fête institutrice de vie qui, selon nous, intègre le meilleur des meilleures paroles de Zarathoustra : on s'y interdit de railler la vie et surtout y loue-t-on toutes les splendeurs de ce monde !

Il n'y a sur terre que de la perfection, mais celle-ci n'est pas mesurable à l'aune des finitudes humaines et de nos ego surévalués par les révolutions américaine et française.

Les hommes ne naissent pas libres et égaux : tout au mieux peuvent-ils aspirer à devenir libres ; la liberté n'est pas une donnée, mais le résultat d'une conquête toujours à reprendre et surtout ne s'approche-t-on d'un tel « résultat » qu'avec le concours d'autrui.

Cette éthique au plus proche du monde sensible nous paraît donc avoir emprunté quelques traits majeurs à l'enseignement de Zarathoustra ou en tous cas conservé certains éléments du zoroastrisme qui nous semblent avoir perduré dans cette ancienne couche archéologique de la mentalité azérie, dans ce passé qui n'est pas mort, mais qui toujours vivant continue d'agir.

Si l'on excepte une réserve sur le sens de laquelle nous reviendrons, à savoir que cette antique philosophie commença peut-être à opérer le glissement nihiliste par excellence, celui qui consiste à situer Dieu hors de la nature, à le réduire somme toute à une superstition surnaturelle, à une transcendance sise dans un au-delà rebelle aux concepts de la pensée, eh bien sans cette hypothèse sans rigueur d'un Dieu créateur (Ahura Mazda joue parfois ce rôle chez les esprits superstitieux, lesquels sont hélas légion), la coexistence en tout homme du bon (Spenta Mainyu) et du mauvais (Angra Mainyu) est en soi parfaitement compatible avec l'esprit de l'éthique azérie comme le sont l'interdiction de l'esclavage, l'égalité des hommes et des femmes, le souci de la droiture jointe aux « paroles justes » et bien entendu l'amour du feu.

Devenu religion d'Etat sous la dynastie des Sassanides, troisième dynastie iranienne qui régna de 224 à 651 et qui fut fondée par la victoire d’Artaxerxès sur le roi Parthe Arsacide Artaban V, le zoroastrisme ne fut tout à fait menacé de disparition que par l’invasion arabo-musulmane du VIIème siècle.


    L’empire iranien englobait alors la totalité des territoires de l’Iran, de l’Irak, de l’Arménie, du Caucase sud, y inclus le Daghestan sud, de l’Asie centrale du Sud-Ouest, de l’Afghanistan occidental, des fragments aussi de Turquie et de Syrie ainsi que de vastes portions de la péninsule arabe, la région du Golfe persique et de larges zones du Pakistan occidental.

    L’ère sassanide peut être tenue pour l’accomplissement du plus haut degré de civilisation atteint par la Perse depuis la civilisation proto-élamite (3700-2700 avant J-C) qui devait beaucoup aux influences mésopotamiennes et connaissait l’écriture , la civilisation d’Elam proprement dite dont les centres de rayonnement étaient Suse et Amsham, le royaume mède qui distinct de l’empire perse avec lequel il est trop souvent confondu (ainsi, les grecs parlaient de  « Guerres Médiques ») s’étendait sur l’actuel Azerbaïdjan avant que Cyrus II n’en fit sous l’appellation de Médie qu’une simple province de la Perse, de l’Empire Achéménide qui s’étendait au Nord et à l’Ouest jusqu’à la Mer noire et jusqu’à la Thrace, soit l’actuelle Bulgarie, jusqu’à l’Afghanistan et le Pakistan, au Sud et au Sud-Ouest jusqu’à l’Irak, la Syrie, l’Egypte, le Nord de l’Arabie saoudite, la Jordanie, Israël, le Liban et le Nord de la Lybie.

    L’empire achéménide fut vaincu par Alexandre le Grand, mais avant les destructions perpétrées par le Macédonien il laissa au monde Persépolis qui fut construite sous le règne de Darius Ier avec le dessin que par la grâce d’Ahura Mazda, (le dieu mâle et féminin nommé dans les Gathas), tous les dieux soient rassemblés. La construction de la ville fut continuée par son fils Xerxès Ier qui fit bâtir « La Porte des Nations » en référence aux multiples peuples et royaumes composant l’empire achéménide ; il fit aussi bâtir le Palais aux 100 colonnes où tout symbolisait la fertilité, les fleurs de grenade, les lions victorieux du taureau, les griffons à tête humaine gardant Ahura Mazda, où tout concourrait à célébrer le Novrouz, jour de l’an nouveau, jour des offrandes et si l’on en croit Werner F. Dutz et Sylvia A. Matheson ( in « Persepolis, Archeological sites in Fars »), jour de la perception des impôts en provenance de toutes les satrapies et aussi des plus fastueux banquets tenus dans ce lieu de suprême beauté qui surpassait en splendeur temples grecs et pyramides d’Egypte.

    Mais cette merveille des merveilles architecturale inspirée par le zoroastrisme, incendiée et détruite par Alexandre le Grand n’est peut-être pas la chose la plus importante qui ait été léguée à l’humanité par la Perse ancienne : nous lui préférons le Cylindre de Cyrus découvert à Babylone en 1879 et exposé depuis au British Museum de Londres. Cette antique chartre du droit des gens fut traduite en 1971 dans toutes les langues officielles de l’Organisation des Nations Unies ; on peut y lire :

« Je n’ai autorisé personne à malmener le peuple et détruire la ville. J'ai ordonné que toute maison reste indemne, que les biens de personne ne soient pillés. J'ai accordé à tous les hommes la liberté d'adorer leurs propres dieux et que nul n'ait le droit de les maltraiter pour cela. J'ai ordonné que chacun soit libre de sa pensée, de son lieu de résidence, sa religion et ses déplacements, que personne ne soit en droit de persécuter autrui... » (Cyrus II Le Grand, -538 av. J.C.)

On mesure à la lecture de ce texte combien fade et sujette à caution est la notion de progrès.

Il est aujourd’hui difficile de comprendre l’importance du zoroastrisme tant celle-ci était grande : elle fut par exemple plus forte que celle du catholicisme durant le Moyen âge occidental...

Tous les temples de cette religion, peut-être pourrait-on parler de « civilisation », comprenaient un autel du feu : c'était le cas de celui dévolu aux prêtres dans la ville de Kariyan, au sud-ouest de l'Iran, de celui des agriculteurs à Burzen-Mihr, au nord-ouest de Nishapur dans la région iranienne de Khorassan et enfin de celui des guerriers et des rois, le Gushnap qui lui se trouvait à Gandja, de nos jours deuxième ville de l'Azerbaïdjan.

Chaque nouvel empereur effectuait pour son intronisation une visite au Feu de Gushnap.

Le culte du feu n'a certes pas attendu le Zoroastrisme pour s'imposer en Azerbaïdjan et autour de la Mer Caspienne (certains temples datent du cinquième millénaire avant Jésus-Christ) ; on peut même dire que ce phénomène naturel dont l'apprivoisement fut l'un des moteurs de l'histoire humaine est inséparable de l'esprit azéri, qu'il accompagna celui-ci depuis la préhistoire, depuis les premières domestications qui permirent aux hommes de se chauffer, de s'éclairer, de cuire des aliments, de durcir des outils en bois jusqu'aux outils les plus composites et les plus récents, ceux de la métallurgie, des moteurs thermiques, ceux de l'âge du pétrole et du nucléaire...

Le feu chauffe, éclaire, cuit, protège, mais aussi a favorisé la convivialité, l'hominisation et l'éthique qui lui est consubstantielle.

Nonobstant l'immémorial avènement du feu et de sa bénéfique capacité de rassemblement autour des dansantes flammes et de la chaleur qu'elles procurent, il nous a paru légitime d'accorder une place privilégiée à Zarathoustra immortalisé en Europe par Mozart et surtout Nietzsche.

10 § Le zoroastrisme ou le temple le mieux enseveli de l’Azerbaïdjan

Il fut un temps où les hommes avaient le respect et l’amour du naturel, de l’être de ce qui est, un temps où la religion n’avait pas encore pris le pas sur la philosophie et ses constructions immanentes, un temps où l’on savait intuitivement, comme d’instinct ce que Kant nous rappelle au paragraphe 5 de son anthropologie, à savoir qu’il y a « des idées que nous avons, sans en avoir conscience ».

Voici environ 4000 ans, des populations ont quitté les rives glacées de la Mer Noire et de la Volga pour s’installer plus au Sud, en des terres plus fertiles qui bénéficiaient d’un climat plus doux. Ils ont appelé ces hauts plateaux « Airyana vayah », « la terre des aryens », laquelle appelation se transforma à Airyen, en Airan et en Iran.

La langue des Aryens se divisa en une branche orientale qui comprend l’Avestique et sa version la plus ancienne, le Gathique ainsi que des dialectes Scythes, Sarmates ou Pashtouns et en une branche occidentale qui compte le Mède, le Parthe, le Kurde et le Persan tant ancien que moderne.

Les Aryens croyaient aux forces naturelles, au soleil, aux étoiles, au ciel, à l’eau, au feu, à la terre, aux vents ; ils croyaient aux forces bienfaisantes de l’existence, lesquelles donnèrent lieu à des interprétations religieuses dont on peut douter que Georges Dumézil ait eu raison d’en faire un constituant de ce qu’il appelait « l’idéologie tripartite des indo- européens ».

Les constituants à l’œuvre en toute société humaine sont l’éthique (les critères de valorisation et de dévalorisation, c’est-à-dire les valeurs), la politique (l’appropriation collective d’un territoire ainsi que les dialectiques du commandement et de l’obéissance, des alliés et des ennemis, du privé et du public) et l’économie ( la satisfaction collective des besoins individuels), mais il n’y a pas lieu d’admettre que la religion soit au fondement de la philosophie et ne soit pas tout au contraire un dérivé tardif de celle-ci, un dérivé réclamant périodiquement d’importants correctifs. Ils surgissent avec ce que nous avons appelé : « l’éternel retour de la liberté ». 

Dans la société aryenne, un culte s’était instauré vénérant Mithra, lequel impliquait des sacrifices de taureaux et la consommation d’haoma, une boisson enivrante obtenue à partir de la racine de l’Ephédra. C’est contre le mithraïsme pratiqué par les prêtres, les karpans alliés au pouvoir politique tenu par les kavis que s’est élevé Zarathoustra en se faisant le défenseur d’un retour à la nature, d’un retour au sens de la terre et nullement de l’annonce d’un dieu transcendant et unique qui serait compatible avec les dogmes de l’Islam.

Le seul Dieu est la Nature même, est l’être de ce qui est ; le zoroastrisme est en ce sens un monothéisme et c’est pourquoi des religions comme le manichéisme (fondé par Mani au IIIème siècle), le mazdakisme (religion préfigurant le communisme fondé au Vème siècle par Mazdak), le zurvanisme et le bouddhisme, se revendiquèrent du zoroastrisme afin d’échapper à la terreur islamique. C’est aussi pourquoi tant de confusions règnent en la matière et par exemple, bien que le zoroastrisme ne promeuve explicitement aucun culte, les zoroastriens furent souvent présentés comme des « idolâtres du feu ».

Les zoroastriens refusèrent de se convertir à l’Islam et nombre d’entre eux s’exilèrent aux Indes, dans la région de Bombay où sous le nom de Parsis ils perpétuent aujourd’hui encore le culte de Zarathoustra.

Si le zoroastrisme a disparu à cause de l’invasion arabo-musulmane, la figure de Zarathoustra demeura néanmoins présente et joua, par exemple, un rôle majeur dans l’œuvre du philosophe Sohrawardi qui voulut allier la pensée de l’auteur des Gathas à celle de Platon.

Ce grand Soufiste (mot dérivé du grec sophos) irrita les Ulémas qui font de la haine de la pensée le tout de leur pensée ; ainsi, les gardiens de la foi musulmane parvinrent-ils à le faire exécuter en 1191 dans la citadelle d’Alep en Syrie.

Il avait à peine 36 ans : assassiner un philosophe n’équivaut cependant pas à tuer sa pensée.

Sohrawardi demeure connu comme le « Platon perse », comme le « Maître de la sagesse orientale », comme « l’Orient philosophique » ou encore comme « le lever de soleil de la pensée ».

Le philosophe byzantin Pléthon ( 1355-1454) qui enseigna à Constantinople et à Florence où il donna de nombreuses conférences et rencontra Cosme de Médicis, lequel créa « la nouvelle Académie platonicienne » et en confia la direction à Marsile Ficin, Pléthon donc, de son vrai nom Georges Gémiste, se référait explicitement à Zarathoustra, ce qui lui valut d’être arrêté pour hérésie, de devoir fuir Constantinople et s’exiler à Mistra, près de Sparte, dans le despotat de Morée.

Il nous faut toutefois reconnaitre que ces tentatives de restauration de la pensée zoroastrienne demeuraient vaines dans la mesure où les textes eux-mêmes restaient inconnus.

Il fallut attendre 1771 et les recherches du français Hyacinthe Anquetil- Duperron pour que le texte des Gathas soit découvert au terme d’une enquête qu’il conduisit à Bombay auprès des Parsis : ce grand philologue fut calomnié, discrédité, traité de « menteur », de « faussaire », de « charlatan », entre autres par William Jones, le fondateur des études linguistiques comparées, par le sinistre Pierre Bayle, par Voltaire lui-même et bien entendu par l’Eglise Catholique qui le menaça d’excommunication.

A l’époque, seuls Jean-Philippe Rameau par son opéra « Zoroastre » et bien entendu Mozart qui dans « La Flûte enchantée » fit de lui le personnage de Sarastro, l’initiateur aux mystères des héros Tamiro et Pamina accordèrent crédit à sa découverte.

Attaqué par tant de savants influents et sûrs d’eux-mêmes, Anquetil-Duperron renonça à défendre son travail. Six ans plus tard, le linguiste allemand Johaan Friedrich Kleuker publia sa propre traduction de l’Avesta et rendit justice au français.

Ce n’était pourtant pas encore la vraie victoire car les Gathas demeuraient disséminés dans l’Avesta même qui était rédigé dans une langue beaucoup plus tardive. Ce n’est qu’en 1863 que le philologue Martin Haug réussissant à traduire le gathique livrera au public allemand la première traduction du plus ancien poème philosophique qui nous soit connu : Nietzsche avait 17 ans lorsqu’il prit connaissance de cet écrit qui contenait les principes de sa philosophie, mentionnait le gai savoir et la merveille des merveilles, à savoir celle d’être un être vivant parmi les autres vivants, parmi les animaux, les arbres et les plantes.

Des archéologues russes, parmi eux Victor Sarianid, ont découvert au Turkménistan à Merv des temples zoroastriens datant du début du deuxième millénaire avant J.C : le savant iranien Zabih Behrouz a situé le commencement de la rédaction des Gathas vers 1738 avant J.C, ce qui met la naissance de Zarathoustra vers 1778.

Les Gathas sont composés de 17 chants affirmant que le sens de la vie est dans cette vie et non avant, après ou au- dessus. Aux théologies du surnaturel et à l’alliance des Eglises et des Etats, des karpans et des kavis, du spirituel et du temporel, Zarathoustra a substitué une philosophie de la vie, de la joie de vivre qui fera à la fin du dix-neuvième siècle l’un de ses grands retours, celui revenu avec la pensée de Nietzsche :
« La vie consiste pour nous à transformer sans cesse en lumière et en flamme tout ce que nous sommes et aussi tout ce qui nous touche » (Préface du Gai Savoir)
La vie est volonté de puissance et de transmutation, est dynamisme naturel, instinct d’expansion ; la vie veut plus de vie, elle veut moins la persévérance et la longévité que la plénitude et la liberté. Ceci vaut de tous les êtres et pas seulement de l’homme, ceci vaut du chêne et de l’aigle, c’est une manière d’être et non un goût de l’avoir, ce n’est ni une affaire de biens matériels, ni une question de pouvoirs politiques, c’est uniquement un problème de création.

Désirer, ce n’est pas manquer, c’est créer.

La philosophie de Zarathoustra est une philosophie de la création, non de la stagnation, une philosophie de l’Esprit, non de la conscience, du corps, non de l’âme, de l’intensité, non de l’intentionnel, de la nécessité, non de la finalité, de l’être, non du devoir être.

La vie dans sa forme individuelle mais aussi dans sa dimension collective est une lutte perpétuelle contre le nihilisme ; elle est une résistance à la servitude.

Elle affirme sa primauté contre la mort et tout ce qui tend à détruire ou asservir les vivants.

Cet esprit d’indépendance, ce goût de la vie sans autre modèle que la vie s’est réaffirmé avec force lors de la première indépendance azérie qui s’est instaurée entre le tsarisme et le bolchevisme, mais plus encore avec la révolution victorieuse de 1991.

A la vérité, cet esprit de liberté s’est manifesté tout au long de l’histoire azérie à la manière d’un passé toujours vivant, d’un passé qui ne passe pas, mais qui continue à faire l’histoire.

Le zoroastrisme est demeuré vivant dans l’inconscient azéri, il fait corps avec l’esprit poétique de ce peuple.

On le trouve mentionné, autre exemple, dans l’œuvre « Le Livre des Rois » de Ferdowsi. 


11 § La pensée de Zarathoustra selon Ferdowsi

L’histoire n’est pas un long fleuve qui irait de sa source à son embouchure sans connaitre de retour : il y a certes une irréversible orientation du temps, une ligne qui est un devenir, mais il y a au sein de celui-ci du revenir, ce que l’on appelle en psychologie des retours du refoulé.

Nous avons vu que la « religion  naturelle » des Aryens venus habiter les hauts plateaux d’Iran avait cédé la place au mithraïsme et à son culte sacrificateur de taureaux, religion renversée par Zarathoustra dont la pensée néanmoins commença à s’édulcorer comme … « zoroastrisme ».

Celui-ci a pourtant inspiré de très grandes réalisations telles la construction de Persépolis ou la rédaction du Cylindre de Cyrus le Grand déjà citées.

Détruit par Alexandre le Grand, le zoroastrisme a réussi à faire retour avec la dynastie des Sassanides qui lutta d’égal à égal avec la Rome nouvelle, celle bâtie par Constantin et Justinien, lequel fit construire Sainte- Sophie («  hagia sophia », « divine sagesse »), « d’égal à égal », mais pour leur ruine commune. Les victoires arabo- islamiques « tempérées » par une pression démographique qui était d’origine mongole furent les puissances émergentes.

Ferdowsi (940-1025) qui n’entendait pas « innover », mais seulement, pour user de ses propres paroles, faire revivre l’Iran ancien et «rajeunir poétiquement le passé afin qu’il ne puisse plus vieillir » a en fait largement contribué à effacer le sens du zoroastrisme au profit de la construction d’une identité iranienne étrangère à l’esprit du grand philosophe.

Ferdowsi prête à Zarathoustra cela même que le philosophe s’attachait à récuser : la sagesse dont il fit l’éloge et qu’il déclara « éternellement jeune » est celle d’une royauté dont les principes diffèrent complètement de l’enseignement zoroastrien.

Il ne suffit pas de faire appel à la raison et à l’intelligence du cœur, il faut encore que le contenu de la raison soit rationnel.

Alors qu’Ahura Mazda est l’existence même, est autocréation de la nature en tant que telle, est à la fois mâle et femelle, Ferdowsi se rallie à l’hypothèse sans rigueur d’un Dieu hors du monde, d’un Dieu transcendant et unique, omniscient et omnipuissant prescrivant une supériorité de l’homme sur la femme, manifestant une prédilection pour la monocratie théocratique et le créationnisme ex nihilo. Autant de principes issus de la Bible, mais surtout du Coran, lequel avait conduit les envahisseurs arabes à persécuter les zoroastriens, à s’attribuer la pureté du cœur et à taxer d’ignorance et d’impiété les non musulmans. L’homme selon eux serait un composé de deux mondes : un bon, un divin, un rationnel appartenant à Dieu et au Roi ; un mauvais futile et sensuel, capricieux et féminin.

Le Livre des Rois est un idéal masculin, l’ « idéal » d’une société où la femme passe de l’autorité du père à celle du mari sans avoir jamais de réelle autonomie ou de liberté : sa valeur se mesure à sa fonction de « gardienne » d’une tradition qui fait du ciel et de la terre des complémentaires, mais le divin est céleste tandis que le terrestre est de rang inférieur. Il s’agit d’un ordre hiérarchisé selon un principe dynastique et nationaliste auquel Ferdowsi confère une origine mythique figurée par les quatre premiers rois : Kyumars, Hushang, Tahmuras et Djamshid.

12 § L'Islam contre la religion joyeuse : le martyre de Babak.

Comme toutes les religions qui furent capables de conférer une grande expansion à leur système de croyances et de dogmes, l'Islam s'est appuyé sur une politique de conquêtes ; elle s'est appelée « combat sur le chemin de Dieu ».

L'Islam est la soumission au pouvoir prophétique de Muhammad, marchand inculte, guerrier redoutable qui dictait ses lois en les décrétant conformes à la volonté divine, laquelle selon ce prophète réclamait une action militaire permanente : -« J'ai reçu l'ordre de combattre les hommes jusqu'à ce qu'ils disent : Point de divinité, excepté Allah ! »

Cette grande ligne de force de l'Islam émanait de son guide, de son grand conducteur et fondateur des us et coutumes s'imposant aux croyants, aux affidés, à ceux qui accordent foi à Celui qui garantit, comme dans le christianisme, les saluts individuels et collectifs.

L'Islam est exclusif : il y a ceux qui adhèrent complètement et ceux qui sont réfractaires ; il y a les élus et les exclus, lesquels sont les objets d'une guerre absolue.

Certains d'être dans la droite allégeance du grand droit divin, ces fanatiques furent aveugles et sourds à tout ce qui ne cautionnait pas leurs inhumains préjugés. Ils allaient pourtant rencontrer une formidable opposition en la personne de Babak le Rouge, adepte de « la religion joyeuse » unissant ceux qui aimaient le vin, les femmes et ne se laissaient imposer aucun interdit alimentaire. « Dans le cochon, tout est bon ! »

Cette sagesse naturelle — y-en-a-t-il une autre ? — ralliait les sages, mais les fous étaient et sont toujours les plus nombreux. Il ne s'agissait de rien moins pour les Arabes islamisés que de conquérir le tout du monde par tous les moyens, par les militaires et les diplomatiques.

L'Islam désigne en un seul mot la soumission à un pouvoir politique et à un ordre religieux ; il est une profession d'allégeance à l'union du temporel et du spirituel, manière d’union sacrée à laquelle chacun doit marquer sa sujétion et payer sa dîme.

Ce sont les guerres humaines plus que les arguments divins qui confortèrent les fondations de l'Islam et permirent de désigner qui étaient les imposteurs méritant le « rejet », méritant d’être l’objet de la « ridda ».

Bref, les conquêtes religieuses et les bons butins faisaient, comme de toujours, cause commune : forts de leurs succès guerriers, les islamistes imaginèrent que la terre leur appartenait et qu'ils pouvaient partout exiger le paiement d'impôts cautionnés par Dieu : il ne s'agissait plus des taxes aumônières dues par tous les croyants, mais d'une capitation exigible auprès de toutes les populations vaincues.

Allah le Miséricordieux pouvait même accorder les plus grandes libertés religieuses à ceux qui acceptaient de payer l'impôt sans rechigner et reconnaissaient avec humilité que Dieu, au fond, avait fait don de leurs terres aux Arabes. Ceux-ci s'estimaient donc en droit de collecter les impôts prescrits par le Coran, mais encore d'imposer comme volonté divine que le vin soit interdit, que les femmes fussent voilées, les adultères lapidées ou flagellées à mort ainsi que l'avait déjà décrété en d’autres temps le terrifiant Moïse.

La « religion joyeuse » n’avait que faire de tout ce lot d'interdictions cruelles : aussi organisa-t-elle une résistance à l'Islam qui fut dirigée par le premier peut- être des grands héros azéris : Babak le Rouge.
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