Résumé Breton se demande : «Qui suis-je? [ ] Qui je hante?»








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titreRésumé Breton se demande : «Qui suis-je? [ ] Qui je hante?»
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présente
‘’Nadja’’

(1928)
Ensemble de récits autobiographiques d’André BRETON
(150 pages)
pour lequel on trouve un résumé
puis successivement l’examen de :
la genèse (page 8)
la structure du livre (page 9)
l’intérêt littéraire (page 13)
l’intérêt documentaire (page 16)
l’intérêt psychologique (page 21)
l’intérêt philosophique (page 25)
la destinée de l’œuvre (page 30)

Bonne lecture !

Résumé
Breton se demande : «Qui suis-je? [...] Qui je hante?» car il joue, de son vivant, «le rôle d’un fantôme», «image finie d’un tourment qui peut être éternel». Mais rien ne peut le distraire «de la recherche d’une aptitude générale, qui [lui] serait propre.» Et il s’«efforce, par rapport aux autres hommes, de savoir en quoi consiste, sinon à quoi tient [sa] différenciation

Il voudrait que la critique se borne au domaine «où la personne de l’auteur, en proie aux menus faits de la vie courante, s’exprime en toute indépendance». Il apporte des exemples fournis par Hugo, Flaubert, Courbet, Chirico. Celui-ci «ne pouvait peindre que surpris par certaines dispositions d’objets», pour avoir sur eux «ses vues les plus subjectives». Pour Breton, sont «plus importantes encore [...] les dispositions d’un esprit à l’égard de certaines choses». Il dit avoir les mêmes «manières» qu’avait Huysmans «d’apprécier tout ce qui se propose», ressentir aussi l’«ennui vibrant que lui causèrent à peu près tous les spectacles» ; il apprécia que ce romancier l’ait fait «assister à ce grand éveil du machinal sur le terrain ravagé des possibilités conscientes» ; qu’il l’ait convaincu de l’«absolue fatalité [de ce «grand éveil»] et de l’inutilité d’y chercher des échappatoires.» Il distingue Huysmans «de tous les empiriques du roman qui prétendent mettre en scène des personnages distincts d’eux-mêmes.» Il ne s’intéresse «qu’aux livres qu’on laisse battants comme des portes, et desquels on n’a pas à chercher la clé». Il pense que «les jours de la littérature psychologique à affabulation romanesque sont comptés». Il se propose de continuer «à habiter [sa] maison de verre». Il est subjugué par «la disparition de Lautréamont derrière son oeuvre», mais considère qu’«il serait par trop vain d’y prétendre».

Avant d’enter dans son «récit», il prétend que sa propre vie ne l’intéresse que «dans la mesure où elle est livrée aux hasards» ; où elle l’«introduit dans un monde comme défendu qui est celui des rapprochements soudains, des pétrifiantes coïncidences» ; où elle lui fait découvrir «certains enchaînements qui passent de loin notre entendement» ; où il n’est «que le témoin hagard» de faits (certains étant des «faits-glissades», d’autres des «faits-précipices») qui «présentent chaque fois toutes les apparences d’un signal sans qu’on puisse dire au juste de quel signal». Il trouve, dans «la part d’incommunicabilité» de «ces sensations électives», «une source de plaisirs inégalables». Il entend se «souvenir sans effort de ce qui, ne répondant à aucune démarche de [sa] part [lui] est quelquefois advenu», car il est «l’objet» d’une «grâce» et d’une «disgrâce particulières».

Il indique qu’«à Paris la statue d’Étienne Dolet, place Maubert  [l’]a toujours [...] attiré et [lui a] causé un insupportable malaise». Mais il ne veut pas qu’on le considère «justiciable de la psychanalyse, méthode [...] dont [il] pense qu’elle ne vise à rien moins qu’à expulser l’homme de lui-même, et dont [il attend] d’autres exploits que des exploits d’huissier

Il a fait, «le jour de la première représentation de ‘’Couleur du Temps’’, d’Apollinaire», la rencontre d’«un jeune homme» qu’il allait plus tard retrouver en Paul Éluard.

Se promenant, il remarqua des «boutiques» affichant «les mots BOIS-CHARBONS qui s’étalent à la dernière page des ‘’Champs magnétiques’’. Il signale que «le crâne de Jean-Jacques Rousseau», sur sa statue, le fit reculer, «pris de peur».

Il reçut la visite d’une femme qui voulait «un numéro de la revue ‘’Littérature’’» pour un Nantais qui s’avéra être Benjamin Péret.

Pour lui, Robert Desnos, qui emprunte souvent la personnalité de Marcel Duchamp, est capable d’«équations poétiques» qui ont «la valeur absolue d’oracle».

Il a l’habitude de, «vers la fin de l’après-midi», déambuler «boulevard de Bonne-Nouvelle» sans qu’il sache ce qui pourrait «constituer pour [lui] un pôle d’attraction», même si, alors qu’il entre dans les cinémas «sans jamais consulter le programme», il fit ainsi la découverte inattendue du film «‘’L’étreinte de la Pieuvre’’». Il apprécie «certaines salles de cinéma du dixième arrondissement» qui lui «paraissent être des endroits particulièrement indiqués pour qu’[il s’y tienne] comme au temps où» Jacques Vaché et lui s’y installaient «pour dîner».

Au «Théâtre Moderne», il se plaît à aller voir des pièces médiocres.

Il révèle qu’il a «toujours incroyablement souhaité de rencontrer la nuit, dans un bois, une femme belle et nue», mais qu’il n’en a vu une que dans «une galerie», où, n’ayant eu qu’«à se défaire d’un manteau», elle allait «d’un rang à l’autre».

Il raconte qu’il est descendu «vraiment dans les bas-fonds de l’esprit» quand, «au ‘’Théâtre des Deux-Masques’’», il a vu la pièce «‘’Les Détraquées’’» qu’il décrit : dans «une institution de jeunes filles», la directrice attend Mlle Solange ; se présente enfin «une femme adorable» qui a «ce rien de ‘’déclassé’’» qu’il «aime tant» ; elle a entretenu de «bonnes relations » avec «certaines élèves» ; plus tard, «on a constaté la disparition d’une enfant» bien qu’«il est impossible qu’elle soit sortie» ; alors que «toutes les recherches sont restées vaines», Mlle Solange passe, indifférente «à l’émoi général» ; quand «la grand-mère de l’enfant vient de se trouver mal au parloir» et «qu’il faut lui donner des soins», de «l’armoire à pansements» sort «le corps ensanglanté de l’enfant». Breton indique que le rôle de Mlle Solange «était tenu par la plus admirable et sans doute la seule actrice de ce temps [...] Blanche Derval».

Il avoue avoir fait «un rêve assez infâme» où il frappait, «d’un coup de canne» «un insecte» dont on retira de sa gorge «deux de ses grandes pattes velues», rêve qui aurait pu être provoqué parce que, dans le lieu où il se tient, se trouve «un nid, autour duquel tourne un oiseau que [sa] présence effarouche un peu, chaque fois que des champs il rapporte en criant quelque chose comme une grosse sauterelle verte». Il pense que les images de rêve sont dues à «ce double jeu de glaces» qui s’opère entre «certaines impressions très fortes, nullement contaminables de moralité» et «ce qu’on lui oppose très sommairement sous le nom de réalité

Alors que «Rimbaud exerça sur [lui] vers 1915» un «pouvoir d’incantation», il rencontra «une jeune fille» qui, «sans préambule», «s’offrit à [lui] réciter un des poèmes qu’elle préférait : ‘’Le Dormeur du Val’’». «Au ‘’marché aux puces’’ de Saint-Ouen», il fit l’acquisition d’une «sorte de demi-cylindre blanc irrégulier, verni, présentant des reliefs et des dépressions sans signification pour [lui], strié d’horizontales et de verticales rouges et vertes, précieusement contenu dans un écrin, sous une devise italienne». Il découvrit aussi, dans «un exemplaire très frais des ‘’Œuvres Complètes’’ de Rimbaud», «un poème de forme libre» composé par la vendeuse, qui s’intéressait à la littérature et même aux surréalistes. «Elle s’appelle Fanny Beznos

«Une dame» qui faisait «visite» à «la ‘’Centrale Surréaliste’’», lui offrit «un des étonnants gants bleu ciel qu’[elle] portait». Breton, pris de «panique», l’en dissuada, tandis qu’il admirait «un gant de bronze qu’elle possédait».

Aragon lui fit «observer » une enseigne où se lisait «MAISON ROUGE» qui devenait «sous une certaine obliquité» «POLICE». Il fut impressionné par «une gravure ancienne qui, vue de face, représente un tigre», vue différemment présente plutôt «un vase», ou «un ange».

Voilà qui démontre «la grave insuffisance de tout calcul soi-disant rigoureux [...] de toute action qui exige une application suivie» ; qui s’oppose à l’idée de «la valeur morale du travail» que Breton accepte «comme nécessité matérielle», comme soumission aux «sinistres obligations de la vie». Et voilà «qui justifie, sans plus tarder ici, l’entrée en scène de Nadja».
* * *
«Le 4 octobre» 1926, «rue Lafayette», Breton voit «une jeune femme, très pauvrement vêtue», «frêle». Elle «va la tête haute», «un sourire imperceptible errant peut-être sur son visage». Elle est «curieusement fardée». Il lui «adresse la parole». Elle l’«entretient avec une certaine insistance de difficultés d’argent qu’elle éprouve», lui faisant un «début de confession» : elle a quitté Lille, «il y a deux ou trois ans», «a connu un étudiant », qu’«elle s’est résolue à quitter alors qu’il s’y attendait le moins, et cela ‘’de peur de le gêner’’», qu’elle a revu, pour alors se rendre compte, en regardant ses mains, «que les deux derniers doigts en étaient inséparablement joints», «malformation» dont elle ne s’était auparavant pas «aperçue», ce qui lui fait demander : «Vous croyez que l’amour peut faire de ces choses?», et indiquer que ce «bel idiot» était «parti». À Breton, elle dit le nom «qu’elle s’est choisi : ‘’Nadja, parce qu’en russe c’est le commencement du mot espérance, et parce que ce n’en est que le commencement’’.» «Elle revient encore à son passé», «parle de son père», «un homme si faible !» mais qu’elle «aime tant» ; de sa mère, «une ‘’bonne’’ femme» à laquelle elle fait croire qu’elle habite chez «les Soeurs de Vaugirard», qui se demande ce qu’elle fait à Paris. Elle indique à Breton que, «le soir, vers sept heures, elle aime se trouver dans un compartiment de seconde du métro» pour, observant les voyageurs, chercher «à surprendre sur leurs visages ce qui peut bien faire l’objet de leurs préoccupations». Comme elle dit qu’il y a là «de braves gens», Breton lui rétorque : «Ces gens ne sauraient être intéressants dans la mesure où ils supportent le travail, avec ou non toutes les autres misères», et ne peuvent s’élever à «la révolte» ; il dit haïr, «de toutes [ses] forces, cet asservissement qu’on veut [lui] faire valoir», celui «de braves gens [...] comme ceux qui se sont fait tuer à la guerre». Elle l’«écoute et ne cherche pas à [le] contredire.» «Elle vient à [lui] parler de sa santé, très compromise», pour laquelle elle devrait faire une «cure» ou y suppléer par un «travail manuel» (mais «on lui a offert des salaires dérisoires»). Comme il se fait tard, qu’il doit la quitter, qu’il lui signale qu’il est «marié», elle y va d’un «Tant pis», et lui confie qu’elle l’a vu aller vers «une étoile» qui «est comme le coeur d’une fleur sans coeur». Breton étant «extrêmement ému», «pour faire diversion», lui «demande où elle dîne», et elle répond, avec «liberté», n’importe où. À sa dernière question : «Qui êtes-vous?», elle répond «sans hésiter : ‘’Je suis l’âme errante’’.» Elle lui dit «ce qui la touche en [lui] : [sa] pensée, [son] langage, [sa] manière d’être» et, «un des compliments auxquels [il] a été de [sa] vie le plus sensible, la simplicité

«5 octobre» : Nadja est «assez élégante», mais «la conversation est pourtant devenue plus difficile [...] jusqu’à ce qu’elle s’empare des livres qu’[il a] apportés», fixe son attention, dans ‘’Les Pas perdus’’, «sur un poème de Jarry [...] qu’elle examine de très près, [qui] semble vivement l’émouvoir», qu’elle interprète avec finesse. «Puis elle [lui] parle de deux amis qu’elle a eus : [...] l’un, «un homme de près de soixante-quinze ans, qui avait longtemps séjourné aux colonies» ; «l’autre, un Américain [...] qui [l]’appelait Lena». Elle lui dit voir ainsi sa «femme» : «Brune, naturellement. Petite. Jolie.» Puis, le tutoyant «brusquement», elle lui propose «un jeu» où, à partir d’un mot, il faut imaginer des personnes, ce qui lui permet de se raconter «toutes sortes d’histoires». Comme elle l’a raccompagné chez lui, elle retournera «à l’endroit même où» ils étaient auparavant.

«6 octobre» : Breton, allant au café ‘’La Nouvelle-France’’ rejoindre Nadja, la voit dans la rue, «sous son aspect du premier jour», s’avançant «comme si elle ne voulait pas [le] voir», observant «certaines distances», se montrant «même soupçonneuse», avouant «qu’elle avait l’intention de manquer le rendez-vous» bien qu’elle tenait «l’exemplaire des ‘’Pas perdus’’ qu’[il] lui [avait] prêté» où, cependant, elle n’avait coupé que les pages de l’article ‘’L’esprit nouveau’’ où était racontée «une rencontre frappante» ; à ce propos, elle s’étonne qu’il se soit «passé de commentaires» ; comme elle lui demande «le degré d’objectivité qu’[il] prête» à cet article, il rétorque «que dans un tel domaine le droit de constater [lui] paraît être tout ce qui est permis». «Comme elle parle de rentrer chez elle, [il] offre de la reconduire.» Dans le taxi, elle lui «offre ses lèvres», «lui parle de [son] pouvoir sur elle, de la faculté qu’[il a] de lui faire penser et faire ce qu’[il veut]», le supplie «de ne rien entreprendre contre elle». Elle dit avoir «l’impression d’avoir participé vraiment» à la «courte scène dialoguée, qui se trouve à la fin de ‘’Poisson soluble’’ «et même d’y avoir joué le rôle, pour le moins obscur, d’Hélène.» Ils dînent «place Dauphine où se situe, chose curieuse, un autre épisode de ‘’Poisson soluble’’ : ‘’Un baiser est si vite oublié’’». «Pour la première fois, durant le repas, Nadja se montre assez frivole». Ils sont importunés par un ivrogne. Elle dit être «certaine que sous [leurs] pieds passe un souterrain qui vient du Palais de Justice». Elle signale une fenêtre dont elle annonce que «dans une minute elle va s’éclairer», ce qui se produit, Breton commentant : «Ceci passe peut-être les limites de la crédibilité.» Plus tard, elle est effrayée par «le vent bleu» qui «passe dans les arbres». Puis ils marchent «le long des quais» où il la sent «toute tremblante». Ils reviennent «vers la Conciergerie» où elle pose ces questions : «
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