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SENTENCES ET CHANTS MALGACHES


Voici quelques sentences ou proverbes qui ont été recueillies par les Pères et dont j’ai pu me procurer une traduction ; elles sont suivies d’une sorte de récit chanté avec accompagnement de vallya ou d’un instrument plus simple, souvent en frappant une main dans l’autre.

SENTENCES.


Riches, ne soyez pas orgueilleux ; pauvres, ne vous découragez pas ; il est difficile de trouver la fortune et on pleure pour l’avoir.

Ne charpentez pas un arbre encore debout. Beaucoup veulent dire de Rasalama, mais la maladie ne permet pas d’y arriver. Beaucoup veulent avoir qui ne sont pas favorisés. Ne regrettez pas ce qui n’est pas ; chacun a son lot.

Veillez à votre bouche (langue), les taches faites avec la boue se lavent avec de l’eau ; celles faites avec la bouche amènent des dépenses et des procès.

La pluie (orana) – veut dire aussi chevrette – connaît la nouvelle lune, et moi, enfant des hommes, je ne connaîtrais pas les bons procédés dont on doit user réciproquement !

La foudre qui tombe n’a pas deux éclairs, – suivre la voie de la justice est nuisible.

RÉCITATIFS.


Aimez-vous, ô vivants : les étrangers (ceux qui ne sont pas parents) ne viendront pas à vous, ne seront pas sincères.

Aimez-vous, ô vivants : les morts ne sont pas des compagnons ; les morts avec les morts, les vivants avec les vivants ; il n’y a rien à espérer des morts, on ne doit compter que sur les vivants.

Aimez-vous, ô vivants : les bons (les doux) arriveront au terme ; comprimez vos élans pour conquérir la bienveillance des autres ; les regrets ne viennent pas avant, ils ne viennent qu’après. Ceux-là ont de grands regrets qui se laissent aller à la colère ; ceux-là qui savent la dompter n’en ont jamais.

Aimez-vous, ô vivants ; ne faites pas deux maisons d’une seule ; on ne peut recourir à ceux qui sont loin, mais on aime les voisins. Heureux ceux qui sont nombreux ! car ceux qui sont en petit nombre sont dévorés par les fourmis.

Aimez-vous, ô vivants ; imitez les sauterelles : elles voyagent quand elles sont fortes.

Aimez-vous, ô vivants ; voyez le coton dévidé, quoique mince il résiste, comme un léger filet d’eau interrompu et l’eau du sable qu’on dirait desséchée ; il y en a pourtant.

Aimez-vous, ô vivants ; imitez le bazar qui sans appel réunit tout le monde. On y va pour apprendre ce qu’on ignore, pour voir ce qu’on ne connaît pas.

Aimez-vous, ô vivants, comme la peau du volatile qui à la naissance se garnit de plumes et ne se sépare du corps qu’à la mort.

Aimez-vous, ô vivants ; n’imitez pas les bœufs : les gros attaquent les petits, les gras écrasent les maigres.

Aimez-vous, ô vivants, mais non à la manière des pierres, car on ne peut leur demander pardon dans leur colère ; si elles se brisent, on ne peut les rajuster. Les grandes ne parlent pas ; les petites n’augmentent pas de volume.

Aimez-vous, ô vivants, mais n’imitez pas les joncs qui, unis à l’extérieur, renferment intérieurement bien des nœuds.

Aimez-vous, ô vivants ; ne faites pas comme les eaux qui se troublent en se mêlant (dans les pluies). La première ne dit pas à celle qui vient après : Dépêchez-vous ; celle qui vient après ne dit pas : Attendez-moi, mais elles se mêlent et se troublent.

AIRS ET CHANTS MALGACHES




L’air de la Reine dont les paroles se trouvent dans le récit du voyage est chanté par les hommes et les femmes qui suivent la reine dans les grandes cérémonies. Les fanfares d’instruments à vent le jouent aussi.

L’air des guerriers et le Lato-fatra sont joués par les fanfares dans les occasions officielles ; quand les soldats se mettent sous les armes, aux réceptions des gouverneurs, dans les forts ou batteries, lorsqu’il y a fête. Ce sont les airs nationaux que jouent aussi les vallyas dans les réunions particulières. Ils ont évidemment une facture anglaise.

Le dernier air est, comme le premier, indigène. Je l’ai entendu chanter en chœur par un assez grand nombre de Malgaches Betsimsarak qui traversaient une forêt. Cet air simple et d’un ton plaintif dans la solitude d’une forêt vierge produisait un effet remarquable et plein de charme.

Table des matières

PRÉFACE 5

INTRODUCTION

APERÇU SOMMAIRE DE LA COLONISATION FRANÇAISE À MADAGASCAR. 7

SOUVENIRS DE MADAGASCAR

(1868-1869) 26

I.

Tamatave. 27

II.

De Tamatave à Tananarive. 47

III.

Tananarive. 73

IV.

Tananarive à Tamatave. 112

V.

De Tamatave dans le Nord, au Manangoure. 129

HISTOIRE – POPULATION

MŒURS ET INSTITUTIONS

À MADAGASCAR 148

I.

Population. 149

II.

Influence européenne à Madagascar. 183

SENTENCES ET CHANTS MALGACHES 211

Note sur l’édition 217

Note sur l’édition


Le texte a été établi à partir de l’édition originale.

La mise en page doit tout au travail du groupe Ebooks libres et gratuits (http://www.ebooksgratuits.com/) qui est un modèle du genre et sur le site duquel tous les volumes de la Bibliothèque malgache électronique sont disponibles. Je me suis contenté de modifier la « couverture » pour lui donner les caractéristiques d’une collection dont cet ouvrage constitue le trente-quatrième volume. Sa vocation est de rendre disponibles des textes appartenant à la culture et à l’histoire malgaches.

Vos suggestions et remarques sont bienvenues, à l’adresse : bibliothequemalgache@bibliothequemalgache.com.

Tous les renseignements sur la collection et les divers travaux de la maison d’édition, ainsi que les liens de téléchargements et les sites annexes se trouvent ici : www.bibliothequemalgache.com.

Pierre Maury, novembre 2007

1 Commerson, dans son voyage à Madagascar, a compté plus de deux cents villages incendiés pendant les six ans du gouvernement de M. de Flacourt. Le pillage et l’incendie étaient permanents.

1 Le vallya représente un peu les sons de la guitare. C’est un gros bambou dont l’écorce soulevée et soutenue par une sorte de chevalet et pincée avec les doigts donne des sons variés.

1 Depuis 10 ans elle a augmenté beaucoup, par suite des relations plus suivies, avec Maurice surtout.

1 Ce chant est entremêlé de musique instrumentale. En voici le texte :

Rabodoandriapoiemerina
Au Sud d’Ambotonofoudra,
Au Nord d’Ambolultsiminka,
À l’Ouest d’Amboimenandra,
À l’Est d’Ambozanahari.

Vivez, Rabodo !

Et vous Ramboasalem (compétiteur au trône de Radama II),

Et vous Rakosone Radama,

Et vos nombreux parents qu’on ne saurait compter,

Des pièces d’argent forment le sol que vous foulez,

Les angles de vos habitations sont des fusils ; vous ne vous enorgueillissez pas de votre puissance. L’enceinte que vous habitez est tapissée de lances et tapissée d’hommes, ô Rabodo Andrianapoiemerina.

Comme un arbre qui croît seul dans le fleuve, peu ont le droit de l’abattre. Vous êtes notre maîtresse. La nouvelle lune de l’Ouest, la pleine lune de l’Est, les arbres d’Amboimanga qui deviennent énormes contemplent la jeune souveraine. Rabodo règne là.

Les petits ont leurs biens, et les grands ont les leurs. On ne se heurte pas en route, on ne se fatigue pas. Vivez, Rabodo ! Vous n’avez de haine contre personne. Ceux qui ont leurs pères et leurs mères sont gros et gras.

1 Ces vallyas sont la harpe malgache. Chaque gros bambou a au moins une dizaine de cordes de longueur différente, qui donnent des sons aigus et graves, et le tout est harmonieux. Nos musiciens chantèrent le chant de la reine, le chant des guerriers et d’autres qui ne manquaient pas de charmes. Les notes ne sont pas nombreuses et vont généralement de la tonique à la quarte.

1 Un grand palais en pierre granitique vient d’être construit récemment à côté de l’ancien. Ce sont les Anglais qui ont dirigé ces constructions.

1 Ceux que j’estime être venus les premiers dans cette île, ce sont les Zafe-Hibraim ou de la lignée d’Abraham, habitants de l’île Sainte-Marie et des terres voisines, d’autant qu’ayant l’usage de la circoncision, ils n’ont aucune tache de mahométisme, ne reconnaissant ni Mahomet, ni ses califes et réputant ses sectateurs pour des hommes sans lois, ne mangeant pas et ne contractant aucune alliance avec eux. Ils célèbrent et chôment le samedi, non le vendredi comme les Maures et n’ont aucun nom semblable à ceux qu’ils portent, ce qui me fait croire que leurs ancêtres ont passé en cette île dans les transmigrations des Juifs et qu’ils sont descendus des plus anciennes familles des Ismaélites, dès avant la captivité de Babylone, ou de ceux qui pouvaient être restés dans l’Égypte environ la sortie des enfants d’Israël. Ils ont retenu les noms de Moïse, d’Isaac, de Jacob, de Noé. Il en est peut-être venu des côtes d’Éthiopie, mais les blancs nommés Zaféramini y sont venus depuis 500 ans, et les Zafearimambore des matatanes, qui sont les écrivains, n’y sont venus que depuis 150 ans. (Flacourt, Avant-propos.)

1 Ces réflexions étaient écrites depuis quelques mois, et les dernières nouvelles annoncent la réalisation de ce que je prévoyais. Le premier ministre vient, pour épouser la reine, de divorcer avec sa femme à laquelle il avait été toujours fidèle et dont il a quinze enfants. Un ministre méthodiste hova a consacré la nouvelle union. Les ministres méthodistes auraient bien voulu, à ce qu’il paraît, se charger de cette nouvelle consécration ; mais en habile politique, et se souvenant de Radama II, Rainilaiarivony n’a pas voulu qu’un étranger prît part à cet acte. Tout en accomplissant une union hors des usages, des lois mêmes, un plébéien ne pouvant épouser une femme de sang royal, il est resté Malgache, et c’est là l’essentiel aux yeux de tous et de son parti surtout. – Voilà donc le premier ministre roi de fait depuis longtemps, qui va prendre sans doute bientôt le titre de la royauté. – Sa prudence, sa sobriété, sa grande fortune, lui permettront de soutenir ce nouveau rôle, qu’il maintiendra à la condition de ne pas s’appuyer sur les étrangers, quels qu’ils soient.

1 Pendant les onze années de ma résidence chez les Betsimsaraks, j’ai trouvé en eux un grand fond de probité et il est certain que sur ce point ils étaient évidemment calomniés aux îles de France et de Bourbon par ceux-là même qui se faisaient un jeu de les tromper. – Sans doute à Tamatave et à Foulpointe, lieux particulièrement fréquentés par les navires et où résidaient tous les mauvais sujets du pays, il pouvait y avoir de nombreuses exceptions. Hors de ces lieux fréquentés par les navires, il suffisait d’un bâton planté devant la porte d’une case, que rien ne fermait solidement pour indiquer l’absence du maître et en éloigner les passants. L’horreur pour le vol était si grande que ceux qui en étaient soupçonnés étaient souvent forcés de s’expatrier pour échapper au mépris public. À entendre certaines personnes, les Hovas, peuple de l’intérieur, étaient loin de posséder les mêmes qualités. Pendant mon séjour à la capitale, il y eut, en effet, plusieurs incendies attribués à la malveillance et allumés dans le but de profiter, pour piller, du désordre qui devait en être la suite. Mais s’il est vrai que les Hovas sont plus vicieux que d’autres peuples de la même île, cela ne pourrait-il pas tenir à ce qu’ils habitent un pays où la vie est moins facile, où l’on trouve même des exemples de misère inconnue sur le littoral. (Corayon, Histoire de l’établissement, etc.) – Ces observations concordent avec les miennes. – Malgré les craintes qu’on m’en donnait, je n’ai jamais été volé sur la côte. Quant aux incendies, ils sont fréquents par la nature des cases faites en paille et l’insouciance des habitants. – Mais j’ai toujours vu dans les incendies, à Tamatave entre autres, les Hovas soutenir l’ordre. – Ils étaient du reste les premiers atteints par le feu. – Ensuite il n’y avait eu que des craintes de vol.

1 Je n’ai du moins jamais constaté ce fait dans mon voyage à Tananarive et dans le Nord.

1 D’après M. Ellis, le christianisme avait conservé quelque temps après le départ des missionnaires des adeptes passionnés, et il cite de nombreux martyrs, même vers la fin du règne de Ranavalo Ire. Je crois qu’il est dans l’exagération et les faits prouvent que la vieille reine comme ses successeurs avait voulu atteindre surtout l’influence étrangère plus que la foi religieuse. Les croyances leur importent peu et ils en font bon marché ; mais ce qui excite leur défiance et leur cruauté, c’est l’apparence de l’invasion de la puissance étrangère. – (M. Ellis, Madagascar revisited.)

1 Établissement industriel à 60 kilomètres environ de Tananarivo, où M. Laborde avait créé des fabriques de tout genre. Pendant qu’il était présent, la vie dominait dans toute cette région. À peine parti, les Malgaches ont tout abandonné, et aujourd’hui on n’y aperçoit que des ruines dans un pays désert.

1 La polygamie est permise, mais elle est assez rare : elle a peu de raison d’être, du reste, dans un pays où les liens du mariage sont peu respectés et où les jeunes filles sont absolument libres de leur corps. La pudeur et la jalousie sont deux sentiments fort peu développés chez les Malgaches de tout sexe, de tout rang ; ils poussent très-loin la licence des mœurs, mais naïvement et sans avoir en quelque sorte la conscience des devoirs qu’ils violent en se livrant à tous leurs instincts. Ce qui leur paraît prodigieux au contraire, c’est la continence dont les missionnaires leur donnent l’exemple et s’efforcent vainement de leur faire comprendre la nécessité. (J. Dupré, Trois mois à Madagascar, p. 153.)

2 Les Pères de Tamatave m’ont assuré que depuis leur séjour on comptait une grande amélioration dans les mœurs, mais je n’ai pas rencontré beaucoup de leur avis, et là comme à la capitale ils sont faciles à croire ce qu’on leur dit sur cette question, mais au fond c’est la même licence.

1 Les hommes de la côte, les races soumises détestent profondément les Hovas et leur ont donné le nom d’Amboalambe, qui veut dire chien, cochon.

1 Ce chapitre n’existe pas. (Note de l’éditeur.)

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PRÉface iconEssai préface de Vittorio prodi

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PRÉface iconPréface du catalogue Bernard Moninot Galerie nationale du jeu de paume Paris 1997

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