La Bibliothèque électronique du Québec








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Journée du Chrétien au lieu de la Quinzaine de Pâques. Toute la ville apprit le soir ce malheur. Mademoiselle avait été forcée de revenir de Saint-Léonard chez elle, et son départ subit de l’église, où elle avait dérangé toutes les chaises, fit supposer des énormités. Elle fut donc obligée de dire à ses amis la cause de cet accident.

– Josette, avait-elle dit avec douceur, que pareille chose n’arrive plus !

Mademoiselle Cormon était, sans s’en douter, très heureuse de ces petites querelles qui servaient d’émonctoire à ses acrimonies. L’esprit a ses exigences ; il a, comme le corps, sa gymnastique. Ces inégalités d’humeur furent acceptées par Josette et Jacquelin, comme les intempéries de l’atmosphère le sont par le laboureur. Ces trois bonnes gens disaient : « Il fait beau temps ou il pleut ! » sans accuser le ciel. Parfois, en se levant, le matin dans la cuisine, ils se demandaient dans quelle humeur se lèverait mademoiselle, comme un fermier consulte les brumes de l’aurore. Enfin nécessairement mademoiselle Cormon avait fini par se contempler elle-même dans les infiniment petits de sa vie. Elle et Dieu, son confesseur et ses lessives, ses confitures à faire et les offices à entendre, son oncle à soigner avaient absorbé sa faible intelligence. Pour elle, les atomes de la vie se grossissaient en vertu d’une optique particulière aux gens égoïstes par nature ou par hasard. Sa santé si parfaite donnait une valeur effrayante au moindre embarras survenu dans les tubes digestifs. Elle vivait d’ailleurs sous la férule de la médecine de nos aïeux, et prenait par an quatre médecines de précaution à faire crever Pénélope, mais qui la ragaillardissaient. Si Josette, en l’habillant, trouvait un léger bouton épanoui sur les omoplates encore satinées de mademoiselle, c’était un sujet d’énormes perquisitions dans les différents bols alimentaires de la semaine. Quel triomphe si Josette rappelait à sa maîtresse un certain lièvre trop ardent qui avait dû faire lever ce damné bouton. Avec quelle joie toutes deux disaient : – Il n’y a pas de doute, c’est le lièvre.

– Mariette l’avait trop épicé, reprenait mademoiselle, je lui dis toujours de faire doux pour mon oncle et pour moi, mais Mariette n’a pas plus de mémoire que...

– Que le lièvre, disait Josette.

– C’est vrai, répondait mademoiselle, elle n’a pas plus de mémoire que le lièvre, tu as bien trouvé cela.

Quatre fois par an, au commencement de chaque saison, mademoiselle Cormon allait passer un certain nombre de jours à sa terre du Prébaudet. On était alors à la mi-mai, époque à laquelle mademoiselle Cormon voulait voir si ses pommiers avaient bien neigé, mot du pays qui exprime l’effet produit sous ces arbres par la chute de leurs fleurs. Quand l’amas circulaire des pétales tombés ressemble à une couche de neige, le propriétaire peut espérer une abondante récolte de cidre. En même temps qu’elle jaugeait ainsi ses tonneaux, mademoiselle Cormon veillait aux réparations que l’hiver avait nécessitées ; elle ordonnait les façons de son jardin et de son verger, d’où elle tirait de nombreuses provisions. Chaque saison avait sa nature d’affaires. Mademoiselle donnait avant son départ un dîner d’adieu à ses fidèles, quoiqu’elle dût les retrouver trois semaines après. C’était toujours une nouvelle qui retentissait dans Alençon que le départ de mademoiselle Cormon. Ses habitués, en retard d’une visite, venaient alors la voir ; son appartement de réception était plein, chacun lui souhaitant un bon voyage comme si elle eût dû faire route pour Calcutta. Puis le lendemain matin, les marchands étaient sur le pas de leurs portes. Petits et grands regardaient passer la carriole, et il semblait qu’on s’apprît une nouvelle en se répétant les uns aux autres : – Mademoiselle Cormon va donc au Prébaudet ! Par ici, l’un disait : – Elle a du pain de cuit, celle-là. – Hé, mon gars, répondait le voisin, c’est une brave personne ; si le bien tombait toujours en de pareilles mains, le pays ne verrait pas un mendiant... Par là, un autre : – Tiens, tiens, je ne m’étonne pas si nos vignobles de haute futaie sont en fleurs, voilà mademoiselle Cormon qui part pour le Prébaudet. D’où vient qu’elle se marie si peu ? – Je l’épouserais bien tout de même, répondait un plaisant : le mariage est à moitié fait, il y a une partie de consentante ; mais l’autre ne veut pas. Bah ! c’est pour monsieur du Bousquier que le four chauffe ! – Monsieur du Bousquier ?... elle l’a refusé. Le soir, dans toutes les réunions, on se disait gravement : – Mademoiselle Cormon est partie. Ou : – Vous avez donc laissé partir mademoiselle Cormon ?

Le mercredi choisi par Suzanne pour son esclandre était, par un effet du hasard, ce mercredi d’adieu, jour où mademoiselle Cormon faisait tourner la tête à Josette pour les paquets à emporter. Donc, pendant la matinée, il s’était dit et passé des choses en ville qui prêtaient le plus vif intérêt à cette assemblée d’adieu. Madame Granson était allée sonner la cloche dans dix maisons, pendant que la vieille fille délibérait sur les encas de son voyage, et que le malin chevalier de Valois faisait un piquet chez mademoiselle Armande de Gordes, sœur du vieux marquis de Gordes dont elle tenait la maison, et qui était la reine du salon aristocratique. S’il n’était indifférent pour personne de voir quelle figure ferait le séducteur pendant la soirée, il était important pour le chevalier et pour madame Granson de savoir comment mademoiselle Cormon prendrait la nouvelle en sa double qualité de fille nubile et de présidente de la Société de Maternité. Quant à l’innocent du Bousquier, il se promenait sur le Cours en commençant à croire que Suzanne l’avait joué : ce soupçon le confirmait dans ses principes à l’endroit des femmes.

Dans ces jours de gala, la table était déjà mise vers trois heures et demie ; car en ce temps le monde fashionable d’Alençon dînait, par extraordinaire, à quatre heures. On y dînait encore, sous l’Empire, à deux heures après midi, comme jadis, mais l’on soupait ! Un des plaisirs que mademoiselle Cormon savourait le plus, sans y entendre malice, mais qui certes reposait sur l’égoïsme, consistait dans l’indicible satisfaction qu’elle éprouvait à se voir habillée comme l’est une maîtresse de maison qui va recevoir ses hôtes. Quand elle s’était ainsi mise sous les armes, il se glissait dans les ténèbres de son cœur un rayon d’espoir : une voix lui disait que la nature ne l’avait pas si abondamment pourvue en vain, et qu’il allait se présenter un homme entreprenant. Son désir se rafraîchissait comme elle avait rafraîchi son corps ; elle se contemplait dans sa double étoffe avec une sorte d’ivresse, puis cette satisfaction se continuait alors qu’elle descendait pour donner son redoutable coup d’œil au salon, au cabinet et au boudoir. Elle s’y promenait avec le contentement naïf du riche qui pense à tout moment qu’il est riche et ne manquera jamais de rien. Elle regardait ses meubles éternels, ses antiquités, ses laques ; elle se disait que de si belles choses voulaient un maître. Après avoir admiré la salle à manger, remplie par la table oblongue où s’étendait une nappe de neige ornée d’une vingtaine de couverts placés à des distances égales ; après avoir vérifié l’escadron de bouteilles qu’elle avait indiquées, et qui montraient d’honorables étiquettes ; après avoir méticuleusement vérifié les noms écrits sur de petits papiers par la main tremblante de l’abbé, seul soin qu’il prît dans le ménage et qui donnait lieu à de graves discussions sur la place de chaque convive ; alors mademoiselle allait, dans ses atours, rejoindre son oncle, qui, vers ce moment le plus joli de la journée, se promenait sur la terrasse, le long de la Brillante, en écoutant le ramage des oiseaux nichés dans le couvert sans avoir à craindre les chasseurs ou les enfants. Durant ces heures d’attente, elle n’abordait jamais l’abbé de Sponde sans lui faire quelques questions saugrenues, afin d’entraîner le bon vieillard dans une discussion qui pût l’amuser. Voici pourquoi, car cette particularité doit achever de peindre le caractère de cette excellente fille.

Mademoiselle Cormon regardait comme un de ses devoirs de parler : non qu’elle fût bavarde, elle avait malheureusement trop peu d’idées et savait trop peu de phrases pour discourir ; mais elle croyait accomplir ainsi l’un des devoirs sociaux prescrits par la religion qui nous ordonne d’être agréable à notre prochain. Cette obligation lui coûtait tant qu’elle avait consulté son directeur, l’abbé Couturier, sur ce point de civilité puérile et honnête. Malgré l’humble observation de sa pénitente qui lui avoua la rudesse du travail intérieur auquel se livrait son esprit pour trouver quelque chose à dire, ce vieux prêtre, si ferme sur la discipline, lui avait lu tout un passage de saint François de Sales sur les devoirs de la femme du monde, sur la décente gaieté des pieuses chrétiennes qui devaient réserver leur sévérité pour elles-mêmes et se montrer aimables chez elles et faire que le prochain ne s’y ennuyât point. Ainsi pénétrée de ses devoirs, et voulant à tout prix obéir à son directeur qui lui avait dit de causer avec aménité, quand la pauvre fille voyait la conversation s’alanguir, elle suait dans son corset, tant elle souffrait en essayant d’émettre des idées pour ranimer les discussions éteintes. Elle lâchait alors des propositions étranges, comme celle-ci : personne ne peut se trouver dans deux endroits à la fois, à moins d’être petit oiseau, par laquelle, un jour, elle réveilla, non sans succès, une discussion sur l’ubiquité des apôtres à laquelle elle n’avait rien compris. Ces sortes de rentrées lui méritaient dans sa société le surnom de la bonne mademoiselle Cormon. Dans la bouche des beaux esprits de la société, ce mot voulait dire qu’elle était ignorante comme une carpe, et un peu bestiote ; mais beaucoup de personnes de sa force prenaient l’épithète dans son vrai sens et répondaient : – Oh, oui ! mademoiselle Cormon est excellente. Parfois, elle faisait des questions si absurdes, toujours pour être agréable à ses hôtes et remplir ses devoirs envers le monde, que le monde éclatait de rire. Elle demandait, par exemple, ce que le gouvernement faisait des impositions qu’il recevait depuis si longtemps. Pourquoi la Bible n’avait pas été imprimée du temps de Jésus-Christ, puisqu’elle était de Moïse. Elle était de la force de ce country gentleman qui, entendant toujours parler de la Postérité à la Chambre des Communes, se leva pour faire ce speech devenu célèbre : – Messieurs, j’entends toujours parler ici de la Postérité, je voudrais bien savoir ce que cette puissance a fait pour l’Angleterre ? Dans ces circonstances, l’héroïque chevalier de Valois amenait au secours de la vieille fille toutes les forces de sa spirituelle diplomatie en voyant le sourire qu’échangeaient d’impitoyables demi-savants. Le vieux gentilhomme, qui aimait à enrichir les femmes, prêtait de l’esprit à mademoiselle Cormon en la soutenant paradoxalement ; il en couvrait si bien la retraite, que parfois la vieille fille semblait ne pas avoir dit une sottise. Elle avoua sérieusement un jour qu’elle ne savait pas quelle différence il y avait entre les bœufs et les taureaux. Le ravissant chevalier arrêta les éclats de rire en répondant que les bœufs ne pouvaient jamais être que les oncles des taures (nom de la génisse en patois). Une autre fois, entendant beaucoup parler des élèves et des difficultés que ce commerce présentait, conversation qui revenait souvent dans un pays où se trouve le superbe haras du Pin, elle comprit que les chevaux provenaient des montes, et demanda pourquoi l’on ne faisait pas deux montes par an ? Le chevalier attira les rires sur lui. – C’est très possible, dit-il. Les assistants l’écoutèrent. – La faute, reprit-il, vient des naturalistes qui n’ont pas encore su contraindre les juments à porter moins de onze mois. La pauvre fille ne savait pas plus ce qu’était une monte qu’elle ne savait reconnaître un bœuf d’un taureau. Le chevalier de Valois servait une ingrate : jamais mademoiselle Cormon ne comprit un seul de ses chevaleresques services. En voyant la conversation ranimée, elle ne se trouvait pas si bête qu’elle pensait l’être. Enfin, un jour, elle s’établit dans son ignorance, comme le duc de Brancas, le héros du distrait, se posa dans le fossé où il avait versé, et y prit si bien ses aises, que quand on vint l’en retirer, il demanda ce qu’on lui voulait. Depuis cette époque assez récente, mademoiselle de Cormon perdit sa crainte, elle eut un aplomb qui donnait à ses rentrées quelque chose de la solennité avec laquelle les Anglais accomplissent leurs niaiseries patriotiques et qui est comme la fatuité de la bêtise. En arrivant auprès de son oncle d’un pas magistral, elle ruminait donc une question à lui faire pour le tirer de ce silence qui la peinait toujours, car elle le croyait ennuyé.

– Mon oncle, lui dit-elle en se pendant à son bras et se collant joyeusement à son côté (c’était encore une de ses fictions, elle pensait : – Si j’avais un mari, je serais ainsi !) ; mon oncle, si tout arrive ici-bas par la volonté de Dieu, il y a donc une raison de toute chose ?

– Certes, fit gravement l’abbé de Sponde qui chérissant sa nièce se laissait toujours arracher à ses méditations avec une patience angélique.

– Alors, si je reste fille, une supposition, Dieu le veut ?

– Oui, mon enfant, dit l’abbé.

– Mais, cependant, comme rien ne m’empêche de me marier demain, sa volonté peut être détruite par la mienne ?

– Cela serait vrai, si nous connaissions la véritable volonté de Dieu, répondit l’ancien prieur de Sorbonne. Remarque donc ma fille que tu mets un si ?

La pauvre fille, qui avait espéré entraîner son oncle dans une discussion matrimoniale par un argument ad omnipotentem, resta stupéfaite ; mais les personnes dont l’esprit est obtus suivent la terrible logique des enfants qui consiste à aller de réponse en demande, logique souvent embarrassante.

– Mais, mon oncle, Dieu n’a pas fait les femmes pour qu’elles restent filles ; car, elles doivent être ou toutes filles, ou toutes femmes. Il y a de l’injustice dans la distribution des rôles.

– Ma fille, dit le bon abbé, tu donnes tort à l’Église qui prescrit le célibat comme la meilleure voie pour aller à Dieu.

– Mais si l’Église a raison, et que tout le monde fût bon catholique, le genre humain finirait donc, mon oncle ?

– Tu as trop d’esprit, Rose, il n’en faut pas tant pour être heureuse.

Un mot pareil excitait un sourire de satisfaction sur les lèvres de la pauvre fille, et la confirmait dans la bonne opinion qu’elle commençait à prendre d’elle-même. Et voilà comment le monde, comment nos amis et nos ennemis sont les complices de nos défauts ! En ce moment, l’entretien fut interrompu par l’arrivée successive des convives. Dans ces jours d’apparat, cette scène locale amenait de petites familiarités entre les gens de la maison et les personnes invitées. Mariette disait au Président du Tribunal, gourmand de haut bord, en le voyant passer : – Ah ! monsieur du Ronceret, j’ai fait les choux-fleurs au gratin à votre intention, car mademoiselle sait combien vous les aimez, et m’a dit : – Ne les manque pas, Mariette, nous avons monsieur le Président.

– Cette bonne demoiselle Cormon ! répondit le justicier du Pays. Mariette, les avez-vous mouillés avec du jus au lieu de bouillon ? c’est plus onctueux !

Le Président ne dédaignait point d’entrer dans la chambre du conseil où Mariette rendait ses arrêts, il y jetait le coup d’œil du gastronome et l’avis du maître.

– Bonjour, madame, disait Josette à madame Granson qui courtisait la femme de chambre, mademoiselle a bien pensé à vous, vous aurez un plat de poisson.

Quant au chevalier de Valois, il disait à Mariette, avec le ton léger d’un grand seigneur qui se familiarise : – Eh ! bien, cher cordon bleu, à qui je donnerais la croix de la Légion d’Honneur, y a-t-il quelque fin morceau pour lequel il faille se réserver ?

– Oui, oui, monsieur de Valois, un lièvre envoyé du Prébaudet, il pesait quatorze livres.

– Bonne fille ! disait le chevalier en confirmant Josette. Ah ! il pèse quatorze livres !

Du Bousquier n’était pas invité. Mademoiselle Cormon, fidèle au système que vous savez, traitait mal ce quinquagénaire, pour qui elle éprouvait d’inexplicables sentiments attachés aux plus profonds replis de son cœur. Quoiqu’elle l’eût refusé, parfois elle s’en repentait ; elle avait tout ensemble comme un pressentiment qu’elle l’épouserait, et une terreur qui l’empêchait de souhaiter ce mariage. Son âme, stimulée par ces idées, se préoccupait de du Bousquier Sans se l’avouer, elle était influencée par les formes herculéennes du républicain. Quoiqu’ils ne s’expliquassent pas les contradictions de mademoiselle Cormon, madame Granson et le chevalier de Valois avaient surpris de naïfs regards coulés en dessous, dont la signification était assez claire pour que tous deux essayassent de ruiner les espérances déjà déjouées de l’ancien fournisseur, et qu’il avait certes conservées. Deux convives, que leurs fonctions excusaient par avance, se faisaient attendre : l’un était monsieur du Coudrai, le conservateur des hypothèques ; l’autre, monsieur Choisnel, ancien intendant de la maison de Gordes, le notaire de la haute aristocratie par laquelle il était reçu avec une distinction que lui méritaient ses vertus, et qui d’ailleurs avait une fortune considérable. Quand ces deux retardataires arrivèrent, Jacquelin leur dit, en les voyant aller au salon : –
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