Pierre Laroque lui-même n’a jamais manqué de souligner le soutien et l’appui en toutes circonstances qu’il a reçut de son ministre Ambroise Croizat et celui en particulier de la cgt








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date de publication12.07.2017
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Aujourd’hui, pour beaucoup d’historiens, ou prétendus chercheurs, l’origine de la Sécurité sociale et sa mise en place tournent autour d’un seul homme : Pierre Laroque, haut fonctionnaire, rallié au Général De Gaulle et à la résistance dès 1940. Oui, dès 1944, Pierre Laroque s’est employé à réaliser, promouvoir et défendre ce qui sera l’œuvre de sa vie et l’une des plus belles conquêtes des travailleurs. Mais ces fameux historiens oublient allègrement ceux qui furent à ses côtés dans la réalisation de cette œuvre collective, particulièrement Ambroise Croizat.

Pierre Laroque lui-même n’a jamais manqué de souligner le soutien et l’appui en toutes circonstances qu’il a reçut de son ministre Ambroise Croizat et celui en particulier de la CGT.

En évoquant le souvenir de ces deux hommes, il ne s’agit pas de créer une dualité entre l’un et l’autre. Mais au contraire, de bien mettre en lumière leur apport respectif et celui de tous ceux qui se sont investit dans cette grande réalisation. Pourtant dans la mise en place de la Sécurité sociale, Ambroise Croizat tient une place à part. Parce qu’il était communiste, parce qu’il était syndiqué CGT, il a été oublié des ministères, oublié des municipalités et pire encore, oublié des institutions de la Sécurité sociale.

Cet oubli volontaire, organisé, nous est insupportable. C’est parce qu’il est notre camarade CGT que nous lui rendons hommage aujourd’hui.

Alors revenons ensemble sur la vie de cet homme, aux convictions chevillées au corps.

Né en Savoie en 1901, il est fils d’une tisseuse et d’un ouvrier métallurgiste, engagé politiquement et syndicalement. A treize ans, le départ de son père et de son frère aîné pour le front de la grande guerre, l’oblige à abréger sa scolarité. Il sort de l’école avec le niveau certificat d’études primaires, et commence sa vie professionnelle de métallurgiste. Il continue complémentairement à suivre une formation professionnelle.

Il s’engage très tôt syndicalement et participe à nombre de réunions politiques. Il prend rapidement des responsabilités dans les organisations, ce qui l’amène à occuper le poste de secrétaire de la Fédération des Métaux de la CGT en 1928. Il a donc 27 ans.

En 1936, à 35 ans, il est élu Député et participe activement aux négociations des accords de Matignon.

A la déclaration de guerre, en septembre 1939, le parti communiste est interdit, il entre dans la clandestinité. Il est arrêté quelques semaines plus tard puis emprisonné avec 26 autres députés, un procès inique : Accusé de trahison, déchue de son mandat de député, privé de ses droits civiques, condamné à une lourde amende, s’ensuivront pas moins de 14 prisons différentes et le bagne pétainiste à Alger. Il en sort à la libération de l’Afrique du Nord en février 1943, physiquement affaibli, mais avec une détermination intacte sinon renforcée.

C’est donc dès sa libération qu’il participe à l’Assemblée Consultative Provisoire, au titre de la CGT et y préside la Commission du Travail. C’est de là, que se nourrissent les rêves du Conseil National de la Résistance, qui établit son programme en mars 1944. Et ces hommes courageux écrivent, dans la tourmente de la guerre : « Nous, combattants de l’ombre, exigeons la mise en place d’un plan complet de sécurité sociale vivant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence dans tous les cas ou ils sont incapables de se le procurer par le travail avec gestion par les intéressés et l’État ». Dans ces lignes tout y est. Et du rêve nait une aspiration profonde d’un changement complet de société.

Retrouvant le sol national fin août 1944 il devient président de la commission des affaires sociales de l’Assemblée consultative. Durant tout l’été 45, cette commission travaille, entre autre, sur le projet de Sécurité sociale, défini par le Conseil National de la Résistance et soumis par le ministre du travail de l’époque, Alexandre Parodi. Le fruit de ce travail sera concrétisé par un vote de l’Assemblée par 194 voix contre 1. De ce vote Pierre Laroque rédige les ordonnances, qui sont promulguées les 4 et 19 octobre 1945.

La sécu est maintenant conçue, reste le temps de la gestation et de la naissance.

Le 21 octobre1945, Ambroise Croizat est réélu député et le 13 novembre, il est nommé Ministre du Travail et de la Sécurité Sociale. Se présente maintenant la lourde tâche de mettre en place et de faire vivre la Sécurité Sociale, conformément aux ordonnances. Pierre Laroque en tant que premier Directeur de la Sécurité Sociale, grand serviteur de l’Etat, se charge avec brio, de tout l’aspect administratif. Le chantier est immense.

Ambroise Croizat, le Ministre, est sans doute celui qui, au plan politique, doit mener les plus dures batailles pour faire adopter les lois qui fondent le système.

Il doit convaincre les députés et voici son premier discours de Ministre du travail à la tribune de l’Assemblée le 2 décembre 1945:

« Le nouveau système de sécurité sociale que nous établissons dès aujourd'hui est à prendre dans son sens le plus large qui dépasse la simple protection sociale de santé ou de maladie. Notre ambition est désormais, par le nouveau système, de mettre toute la vie de l'individu en "sécurité sociale". Désormais nous sécuriserons toute la vie de l'individu, de la naissance au décès. Ainsi sont prévus, pour une enfance digne, un doublement des allocations familiales, la création pour la première fois au monde d'une prime prénatale, d'une allocation de salaire unique, du doublement du congé grossesse. Pour l'adolescence nous prévoyons, outre la sécurité sociale, toutes les lois sur l'apprentissage. Pour l'entrée au travail seront améliorées les conventions collectives doublées d'une vraie prévention dans l'entreprise avec reconnaissance des maladies professionnelles, la loi sur les heures supplémentaires, une augmentation de tous les salaires et la création d'une caisse d'intempérie du bâtiment qui n'existait pas. Enfin, pour une retraite qui ne soit pas l'antichambre de la mort mais une nouvelle étape de la vie, nous attribuerons une allocation importante à tous les travailleurs".

Et dans le même temps, il doit également convaincre les travailleurs, que la Sécurité sociale devient leur affaire, que faisant partie intégrante de leur salaire il convient de la défendre, tout comme le produit de leurs efforts quotidiens. Parcourant le pays, il s’adresse à eux : « Rien ne pourra se faire sans vous, leur dit-il, la Sécurité sociale n’est pas qu’une affaire de lois et de décrets. Elle implique une action concrète sur le terrain dans la cité, dans l’entreprise. Elle a besoin de vos mains ».

Le 1er juillet 1946 la Sécurité Sociale est debout, prête à faire ses premiers pas.

Ce que les anglais ont obtenu en 8 ans, ce que d’autres pays n’ont toujours pas mis en place, en France, le peuple des travailleurs anonymes, ses représentants convaincus, des fonctionnaires hautement compétents, un personnel de l’institution dévoué, l’ont fait en 7 mois !

Cette prouesse colossale, loin de s’en attribuer une quelconque gloire, Ambroize Croizat la partage avec le peuple tout entier. Voici ses paroles devant l’Assemblée le 8 août 1946.

« Le plan de sécurité sociale est une réforme d’une trop grande ampleur, d’une trop grande importance pour la population de notre pays pour que quiconque puisse en réclamer la paternité exclusive…Cette grande réforme n’appartient à aucun parti, aucun groupement et à aucune confession…Cette Sécurité née de la terrible épreuve que nous venons de traverser appartient et doit appartenir à tous les français et à toutes les françaises sans considération politique, philosophique ou religieuse.».

Pendant toutes ces années de lutte, il intervient et agit particulièrement dans les domaines de l’organisation du travail et du social, et son nom reste pour nous attaché à nombre de réalisations. Loin d’être des acquis, il constate les attaques incessantes de nos adversaires et les considère plutôt comme des conquis sociaux. En vingt-huit mois il met en place et préfigure tout un système complet et cohérent de protection sociale. C’est l’organisation administrative des caisses et des élections aux conseils d'administration, les caisses et régimes des fonctionnaires, la généralisation des retraites, un système de prestations familiales unique au monde, les comités d’entreprises, les classifications des salaires, la médecine du travail, la reconnaissance des maladies professionnelles, le statut des mineurs, des électriciens et gaziers (co-signé avec Marcel Paul), des délégués du personnel, les conventions collectives, la prévention et la réparation des accidents du travail, l’apprentissage, la formation professionnelle …etc.

Pour y parvenir, il s’appuie sur le soutien de la population, dont on trouve au premier rang les 5 millions de militants de la CGT . Sa popularité est exceptionnelle, et il se voit attribuer le surnom de « ministre des travailleurs ».

Marcel Paul dit à ce sujet : «la France a connu plusieurs ministres du Travail, mais un seul ministre des travailleurs… C’est bien là, la démonstration de toute la singularité du personnage.»

Affaibli par ses années de captivité, ébranlé par la mort accidentelle de son fils en juillet 1950, la maladie l’emporte le 11 février 1951. Il vient d’avoir 50 ans. Plus d’un million de personnes suivront ses obsèques au cimetière du Père Lachaise à Paris.

Que chacun de nous n’oublie pas ses dernières paroles devant l’Assemblée Nationale. Elles montrent son engagement absolu et son attachement viscéral  pour cette œuvre la plus symbolique de son parcours militant et d’une vie passée au service des autres.

« Jamais nous ne tolérerons qu’un seul des avantages de la Sécurité sociale soit mis en péril. Nous défendrons à en perdre la vie et avec la dernière énergie cette loi humaine et de progrès… ».

Et bien, que ce cri, encore répété ce jour, le soit par tous les syndicats, toute la population. Pour que notre Sécurité Sociale ne soit pas demain qu’une « coquille vide » livrée aux assurances privées, mais demeure ce qu’Ambroise CROIZAT a toujours voulu qu’elle soit : « un vrai lieu de solidarité, un rempart contre le rejet, la souffrance et l’exclusion ».

Si l’œuvre est immense pour Ambroise CROIZAT, elle est surtout indispensable et vivante pour nous tous au quotidien. Nous vivons aujourd’hui de ce qui fut une utopie.

Les français sont unanimement attachés à notre système de protection sociale. Reconnu et envié de par le monde, il s’inscrit comme un élément fondamental du patrimoine culturel et social de notre pays. La Sécurité sociale en est le socle.

Notre sécu, jeune de ses 70 ans, est toujours une idée neuve ! Faite par le peuple et pour le peuple, c’est une idée révolutionnaire.

Que ce moment que nous vivons ensemble soit, parmi tant d’autres, une étape dans le processus de reconnaissance de l’homme qui a participé à l’écriture des plus belles pages de l’Histoire Sociale de notre pays. Nous souhaitons que l’Histoire Nationale accorde la place qu’il mérite à cet infatigable combattant des droits sociaux, qui s’est illustré comme l’un des architectes majeurs du modèle social à la française. Un bâtisseur de la Sécurité sociale.

Il est aujourd’hui légitime que son action soit reconnue et son souvenir honoré.

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