Bulletin de l’Académie malgache








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André Coppalle

Voyage
à la capitale
du roi Radama




VOYAGE

DANS L’INTÉRIEUR

DE MADAGASCAR

ET À LA CAPITALE

DU ROI RADAMA

PENDANT LES ANNÉES

1825 ET 1826

André Coppalle

Bulletin de l’Académie malgache

1909-1910

NOTE DE Mr DE FROBERVILLE
DÉTENTEUR DU MANUSCRIT DE COPPALLE


L’auteur du voyage dans l’intérieur M. André Coppalle faisait partie de l’université de France. C’était un lettré, un esprit fin et distingué. Pendant son séjour à Maurice, il remplissait les fonctions de professeur de dessin au Collège Royal. Cette fonction lui valut tout naturellement d’être agréé de suite par Radama.

Ses notes primitives, son journal écrit au jour le jour pendant le voyage n’existent plus. La bibliothèque de la Pigeonnière possède seulement trois rédactions autographes à peu près semblables de ces notes. Celle dont nous donnons la copie est la plus correcte quant au style et à la netteté de l’écriture. Elle était destinée par l’auteur à être publiée. Coppalle, après quelques temps de repos à Maurice au retour de son voyage, avait commencé à préparer l’impression de son ouvrage. Il avait cherché des souscripteurs, rédigé un prospectus. Quelques signatures avaient été recueillies, entre autres celle de sir G. Lowry-Cole, gouverneur de Maurice, auquel une des rédactions que je possède avait été soumise.

L’auteur revenu en France, n’avait pu continuer la révision définitive de ses manuscrits. Sa santé était fortement altérée par le séjour à Madagascar, il se trouvait sans ressources, et dut reprendre du service dans l’Université. Il fut nommé proviseur du collège d’Albi, où il ne tarda pas à mourir laissant inachevée sa tâche.

Les deux autres rédactions du voyage sont complètes. Leur comparaison éclaire et précise certains faits, certaines assertions. Elle permet d’apprécier la consciencieuse exactitude des vues et considérations de l’auteur, et ne laisse aucun doute sur la haute valeur des documents recueillis par ce remarquable voyageur.

INTRODUCTION


Avant de commencer la lecture d’un voyage, on aime généralement à connaître ; par qui il a été entrepris, quels en ont été les motifs et quel but on se proposa en en publiant la relation. Ces notions préliminaires aident à l’intelligence des faits, donnent aux assertions une autorité proportionnée à l’opportunité des circonstances dans lesquelles s’est trouvé l’observateur, et fixent presque toujours l’opinion du lecteur.

Puissent celles qui suivent créer une prévention qui me soit favorable !

La passion des voyages, qui m’avait fait quitter à l’âge de 20 ans ma patrie et ma famille, et qui m’avait successivement conduit des côtes de l’Amérique septentrionale aux rivages de la Méditerranée et dans diverses parties de la mer des Indes, me rendait insupportable la longue inaction où quelques affaires me retenaient dans les deux îles de Maurice et de Bourbon.

Je désirais surtout visiter Madagascar, cette grande île sur laquelle on a tant écrit, qui est fréquentée depuis si longtemps par les Européens1, qui en est si peu connue encore, et dont l’intérieur vient enfin d’être ouvert à la constance britannique.

Tout ce que j’apprenais de ce pays curieux augmentait l’envie que j’avais d’aller moi-même m’assurer de la vérité, et me faisait regretter de ne pouvoir exécuter de longtemps le projet que j’en avais conçu. J’éprouvais une sorte de jalousie en voyant dans les feuilles publiques le nom de ceux qui venaient de voyager parmi les industrieux sauvages qui peuplent Madagascar ; et les détailsi qu’ils publiaient me semblaient autant de richesses qui m’étaient enlevées à moi-même.

Cependant en considérant que la plupart des relations étaient contradictoires, souvent exagérées, et qu’elles respiraient une sorte d’enthousiasme toujours ennemi de la vérité, d’où l’on pouvait présumer que les voyageurs avaient peu on mal vu, ou que le penchant pour le merveilleux, si naturel à l’homme, les avait emportés au-delà du vrai, je voyais avec quelque satisfaction qu’il restait encore beaucoup de choses à observer et à dire après eux.

Un défaut assez commun chez les voyageurs, c’est de faire des réflexions générales sur les pays qu’ils parcourent, au lieu de se borner à recueillir des faits et des observations locales, et c’est justement celui dans lequel est tombée une bonne partie des écrivains qui ont parlé de Madagascar.

Pour l’éviter moi-même, je méditais déjà de ne faire entrer dans la relation du voyage vers lequel se portaient toutes mes idées, que la narration des faits dont j’aurais été le témoin, accompagnée de quelques réflexions propres à en faire apercevoir les causes et les conséquences. Je me plaisais à tracer d’avance le plan de ce travail ; et j’économisais scrupuleusement les modiques fruits de mes occupations journalières pour me mettre à même de subvenir aux frais d’un voyage dont je ne prévoyais point encore l’époque.

Une circonstance heureuse vint à mon aide et hâta mon départ. Radama, roi de Madagascar, désira se faire peindre : j’offris mes talents, qui furent acceptés ; et je partis sous les auspices de Son Excellence Lowry Cole, gouverneur de Maurice, qui voulut bien recommander à M. l’agent britannique, J. Hastie, qui pendant deux années que j’ai passées à Madagascar, m’a plutôt traité en ami qu’en étranger2, et dans la conversation duquel j’ai puisé d’excellents renseignements sur les mœurs et les coutumes des Malgaches. Je dois aussi beaucoup sur ce point à MM. les missionnaires et en particulier à MM. Jones et Griffith dont la société est aussi agréable que leur conduite est régulière et édifiante.

Malgré ces secours, je n’ai pu exécuter qu’une très petite partie de mes projets. Voyageant à mes propres frais, il m’avait était impossible de me procurer divers instruments dont le voyageur le plus instruit ne saurait se passer. Les miens se bornaient à une boussole, un mauvais cercle et son horizon. Je n’avais d’autres livres qu’une Connaissance des tems, une table de logarithmes, et un Horace tout étonné de voyager si loin et en telle compagnie. Ce n’est, pas, au reste, celui dont la société m’a été la moins agréable ; et dans une infinité de petites vicissitudes dont j’épargnerai le récit à mes lecteurs, je n’ai point ouvert mon Horace sans éprouver quelque consolation. À chacun des vers de l’aimable poëte, je voyais attachée une anecdote de collège, et ceux qui savent avec quel plaisir on revoit, loin de sa patrie, et dans les pays étrangers, un ami de jeunesse, comprendront combien ces souvenirs devaient former dans mes idées une agréable diversion. C’est alors que j’appréciais à sa juste valeur le magnifique éloge que Cicéron fait de l’étude des sciences et des lettres dans son discours pour le poète Archias : « Hoc studia adolescentiam alunt, senectutem oblectant, secundas redornant, adversis perfugium ac solatium praebent, delectant domi, non impediunt foris, pernoctant nobiscum, peregrigrinantur, rusticantur »3. Mais revenons à mon sujet. Il m’a fallu retourner à Maurice sans avoir pu terminer mon travail. Je projetais une seconde expédition : mais dis aliter visum. Voilà un an que je suis de retour, et comme je ne verrai probablement plus Madagascar, je livre au public la relation de mon voyage. Elle a le mérite d’avoir été écrite sur les lieux dont elle donne la description, et (je puis le dire) en présence même des faits. Son ordre est celui des dates. Si l’on y trouve des réflexions peu conséquentes entre elles, c’est qu’en m’instruisant j’ai dû nécessairement changer quelques fois d’opinion. Quant aux faits, j’en crois pouvoir garantir la certitude, n’ayant moi-même admis que ceux dont j’ai été, en quelque sorte, le témoin oculaire, ou dont j’ai pu vérifier l’authenticité.

On ne trouvera donc en cet ouvrage que la description des lieux que j’ai parcourus. Et ce qui sera dit des mœurs, usages, etc., quoique dans des termes généraux, ne sera applicable qu’aux peuples au milieu desquels j’ai vécu.

J’ai joint à cette relation un aperçu grammatical de la langue malgache, et un petit vocabulaire dont les mots malgaches ont été copiés avec le plus grand soin sur un manuscrit qui me fut donné par la princesse Ravao, sœur de Radama, et qu’elle avait écrit de sa propre main. La prononciation est figurée ; et j’ai joint à chaque mot une phrase qui en détermine l’application.

Sur le point d’envoyer mon manuscrit en Europe pour y être publié, MM. les commissaires d’enquête, venus à Maurice par l’ordre du gouvernement britannique, m’ayant fait l’honneur de m’adresser quelques questions au sujet de Madagascar, je leur ai demandé la permission de reproduire ici, avec mes propres réponses, celles de ces questions qui m’ont paru les plus intéressantes.

J’ai encore quelques matériaux que je réserve pour un second ouvrage, si, comme je l’espère, le public accueille favorablement le premier.

Port-Louis (Île Maurice), le 10 novembre 1827

Signé : A. COPPALLE.
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