Du même auteur, à la Bibliothèque : Nouvelles genevoises La bibliothèque de mon oncle Voyages et aventures du docteur Festus Préface








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XI


Cependant le docteur Festus, caché dans le comble, s’y serait trouvé fort bien s’il eût été certain qu’il fût réellement dans un comble. Mais récapitulant, dans une suite de propositions générales, les événements qui s’étaient succédé depuis qu’il avait mis ses gants de peau de daim, il arrivait à douter de son sens intime, et au lieu de partir, avec Descartes, de l’axiome : Je sens, donc j’existe ; il partait de ce principe : Je suis dans le comble d’un moulin à vent, donc je ne suis pas chez moi ; et poursuivait ainsi : mais je puis être chez moi, et cependant rêver que je suis dans le comble d’un moulin à vent ; donc il n’est pas prouvé que je sois dans le comble d’un moulin à vent. Je puis encore n’être ni chez moi, ni dans le comble d’un moulin à vent, et néanmoins rêver que je suis chez moi, où je rêve que je suis dans un comble de moulin à vent, où je rêve que je suis chez moi, et ainsi de suite jusqu’à la neuvième puissance d’un rêve primitif, multiplié par le comble d’un moulin à vent, et divisé par



Il craignit alors d’être tombé dans un idéalisme blâmable, et rebroussa avec une telle vigueur, qu’il tomba dans un matérialisme complet, voyant sa propre âme comme une bouillie, ses idées sous la forme de noyaux de pêche, et la morale comme une idéalité creuse, semblable à une bulle de savon. Il craignit alors d’avoir trop dépassé le sensualisme, et rebroussant de nouveau vers un éclectisme raisonnable, il s’arrêta à l’idée qu’il n’était ni chez lui, ni dans le comble d’un moulin à vent, mais toujours dans l’auberge du Lion-d’Or, où il rêvait sagement dans son lit, en attendant l’aurore aux doigts de rose. Puis, revenant à la morale, il comprit que même dans un rêve, elle lui ordonnait de veiller à sa propre conservation, et de s’échapper au plus tôt d’un moulin où il était pris pour le diable. Sur quoi il souleva quelques tuiles et mit le nez à l’air, juste au moment où le soleil mettait le nez sur l’horizon. Faute d’échelle, il se décida à descendre dans la campagne, le long de l’aile du moulin à laquelle il vint s’accrocher.

XII


Nous avons laissé la force armée marchant sans ordre parmi les seigles, et recevant des carottes sur la tête, faute de discipline. Elle avait continué ainsi plusieurs jours. Mais déjà vers minuit de celui où nous sommes, se trouvant sous le vent du moulin où était l’habit, elle avait poussé de ce côté, montrant déjà sous cette influence quelques symptômes de discipline, qui prenaient un caractère beaucoup plus tranché à mesure qu’elle avançait dans cette direction. À la fin, ayant aperçu le plumet du chapeau du Maire qui sortait par les tuiles du comble, elle avait pris le pas de course, et était arrivée au moment où le docteur venait de s’accrocher à l’aile du moulin dans l’intention de prendre terre.

XIII


Mais le docteur se trouvait dans un grand embarras. Pendant qu’il enfourchait son aile, un léger vent d’ouest s’élevant, l’avait mise en mouvement avec les trois autres, de façon que le docteur tournait avec tout le système, en songeant aux tourbillons de Descartes.

Voyant cela, la force armée s’accrocha aux deux ailes suivantes pour courir après l’habit, espérant l’atteindre avant midi ; ce qui lui semblait toujours plus probable, car les ailes allaient toujours plus vite.

En effet, le vent ayant excessivement fraîchi, et, rencontrant au bout des ailes une surface qui lui donnait plus de prise, il en était résulté une vitesse telle, que les ailes n’étaient déjà plus visibles pour un observateur placé en face. C’est ce qui fit que les huit cochons d’Irlande, venant sans crainte paître l’herbe qui avait crû dessous, furent très surpris de se trouver lancés par une courbe parabolique jusqu’au pays de Ginvernais, où ils tombèrent, au bout de trois semaines, dans des filets de pêcheurs qui séchaient au bord du lac d’Eaubelle, appelé depuis le lac des cochons, au grand déplaisir des poètes du pays. C’est là qu’ils furent recueillis au nombre de vingt-huit, car les femelles avaient mis bas durant la traversée. De ce jour date l’introduction du cochon rouge d’Irlande en Ginvernais, où ils se sont tellement multipliés que les races bovine et moutonnière y ont dépéri, faute d’espace. D’où résulte que ceux du Ginvernais, pour manger trop de saucisses, ont le sang échauffé et le visage pustulent, battant leurs femmes, et crevant de colère avant l’âge.
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