Prologue : Un drame La religion est le soupir de la créature opprimée, le cœur d’un monde sans cœur et l’âme d’une époque sans âme. Elle est l’opium du peuple Karl Marx 1








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2.7


Ce fut une jeune fille détruite, le regard empli de larmes et le cœur d’amertume, qui fit le trajet reliant les locaux de la rue Pierre Corneille à l’appartement de la rue du Quai. Cette fois-ci, les visages qui se retournaient sur son chemin étaient choqués par la tristesse et la déception qui se dégageaient des traits de Léocadie, et rares furent ceux qui croisèrent sa route sans un pincement au cœur. Elle-même n’avait plus l’assurance qui était sienne lors du voyage aller et, les yeux embués de rancœur et de déception, il lui arrivait de butter contre des passants ou des coins de murs, ne s’excusant pas plus face aux premiers que contre les seconds.

Lorsqu’elle fut enfin parvenue rue du Quai, elle retrouva un appartement qui lui sembla immense, froid, et surtout vide. Son esprit fut traversé par des pensées diaboliques, suicidaires, mais elle n’y sombra pas. Il lui aurait été trop facile de fuir ses responsabilités, maintenant que tout était si clair dans son esprit. Au lieu de cela, elle mit son énergie dans la préparation un repas pour cinq personnes.

Romain fut le premier à réintégrer le loft, pour midi et demi. Ses narines furent agréablement accueillies par un harmonieux fumet se dégageant de la cuisine, et ses yeux par la vue d’un repas mijotant patiemment dans ses gamelles. Ses sens ainsi éveillés, il ne put s’empêcher de penser qu’un heureux évènement était arrivé dans la vie de Léocadie. Avait-elle trouvé du travail ?

Mais le spectacle qui l’attendait dans la chambre devait le faire déchanter, car Léocadie n’avait pas du tout l’air d’avoir trouvé du travail, au contraire. A peine entré dans la pièce, elle lui sauta au cou, sans lui laisser le moindre répit verbal, et lui raconta ses déboires. La scène n’aurait pas été très différente si un valeureux prince charmant avait fait irruption dans le carcéral donjon d’une jouvencelle éploré.

En prenant bien soin d’occulter de son histoire les sentiments qui l’avaient conduite à se rendre dans le fief de Léopold – les pincements – et à affronter son regard, elle raconta ce qu’elle y avait vu, ce qu’elle y avait ressenti, et ce qu’elle y avait fait. Cette déclaration était un torrent de mots, une abondance de pleurs un déploiement de sentiments et, par contrecoup, la conversation qui y fit suite ne devait guère contenir que des phrases comportant trois ou quatre mots :

_ Tout est clair, dit-elle.

_ Quoi ?

_ On doit agir, développa-t-elle. On le doit à Léo.

On ne peut pas impunément avoir été Léo et être Léopold, pensa-t-elle, c’est trop facile. Si je ne peux pas aimer l’un, je m’évertuerai à détruire l’autre. Ce sera désormais le but de mon existence.

Romain lui caressa doucement les cheveux. Même s’il ne les entendait pas, il s’accordait avec les réflexions de Léocadie. Les quelques mots qu’il percevait lui suffisaient pour savoir qu’il comprenait sa réaction et qu’il approuvait sa décision.

_ Que proposes-tu ?

Léocadie hésita une seconde. Elle n’avait pas vraiment réfléchi aux modalités pratiques qu’impliquaient les circonstances.

_ Tu as une voiture ?

_ Mais non !

Romain était presque indigné par cette question, mais il se rendit compte que ce devait être l’émotion qui avait fait perdre le sens des réalités à Léocadie. Elle savait pourtant très bien qu’aucun membre de leur groupe ne pouvait se permettre de s’acheter un objet aussi futile et aussi contraignant qu’une automobile, aussi bon marché qu’elle puisse être.

_ Mais je crois que…

_ Oui ?

_ Ce ne sera pas nécessaire.

_ Ha bon.

Elle se blottit un peu plus profondément contre l’épaule de Romain. C’était confortable.

_ Tu as une idée ? demanda-t-il.

_ Oui.

_ Quand ?

_ Dès que possible.

Léocadie eut un soupir d’aise. Elle aurait voulu rester toute sa vie dans cette position, contre la chaleur de cet homme, à pouvoir respirer son parfum, essuyer ses larmes contre son pull et sentir ses muscles contre son corps. Elle oubliait tous ses doutes, tous ses tourments. A ce moment, la boule au fond de sa gorge disparaissait complètement pour ne jamais réapparaître, ses craintes s’enfuyaient pour ne demeurer que de mauvais souvenir. Cet instant était spécial, magique. Elle perçut un tressaillement en Romain lorsque celui-ci se remit à parler. Bizarrement, elle pensa qu’à ce moment précis, ils devaient former une sorte de symbiose.

_ T'es sûr que…

_ T’en fais pas, rassura-t-elle, en collant deux doigts contre sa bouche.

Elle posa un baiser sur ces doigts, et laissa le temps filer à travers eux.

Lorsque les autres locataires arrivent uns à uns dans l’appartement, ils virent le couple enlacé, les lèvres jointes, mais n’imaginaient pas toute la force qui les maintenait liée entre eux. Eux deux non plus d’ailleurs.

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