Prologue : Un drame La religion est le soupir de la créature opprimée, le cœur d’un monde sans cœur et l’âme d’une époque sans âme. Elle est l’opium du peuple Karl Marx 1








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3.2


Les nouveaux bureaux de la société Tudal n’avaient plus rien de commun avec les locaux de la rue Pierre Corneille. Les anciens, dissimulés dans l’ombre d’une rue transversale, se composaient d’un hall d’accueil flanqué d’une secrétaire à temps partiel et d’une salle de réunion rudimentaire et isolée. Les nouveaux bureaux s’affichaient en plein centre-ville, le long d’une façade de près de cinquante mètres de longueur et de trois étages, s’étalaient sur deux rues et comprenaient trois portes cochères.

Quatre cents mètres carrés habitables formaient ce nouveau siège social, dont cent trente – un étage entier – avaient été réservés pour la convenance personnelle du Tudal, cinquante pour l’accueil du public, et près de cent formaient les salles de réunion et de formation des nouveaux prêtres Tudals. Le reste constituait un ensemble de bureaux clairs et contigus alloués aux cinq principaux acteurs de cette société.

Un autre bâtiment avait été récemment annexé, situé à Villeurbanne près de la rive gauche du Rhône. C’était en réalité une ancienne salle de spectacle qui avait été rachetée par la société à la municipalité, afin de devenir le siège des assemblées décisionnaires des "sages", lors de leurs réunions hebdomadaires. Ces derniers ne formant à ce moment qu’un groupe d’une dizaine de personnes, leurs rencontres pouvaient aisément se dérouler dans une salle de réunion des locaux principaux.

Parmi les salles de réunion, il en existait une, la plus petite, qui ressemblait très fortement à la pièce qui servait auparavant aux réunions secrètes des quatre conspirateurs. Celle-là se nommait la "salle blanche" car, dénuée de fenêtres, la lumière n’y parvenait que par le truchement de murs luminescents. Ce mode d’éclairage peu répandu avait la particularité de baigner la pièce dans une ambiance laiteuse et éthérée et d’en éliminer quasiment toutes les ombres.

Sous cette lueur diaphane, le visage du Tudal ressemblait aux représentations qu’en donnaient certains artistes, c’est à dire une icône sainte ou un nouveau-né à la peau encore dépourvue d’imperfection. A l’inverse, son interlocuteur du moment, bien qu’il fût soumis au même traitement luminescent, ne dégageait pas la même impression de sainteté et de pureté. La lumière mettait plutôt en avant la désagréable maigreur de son visage et son menton fuyant, ce qui le rendait encore plus laid qu’il ne l’était véritablement. Dans cette ambiance lumineuse, il ressemblait d’avantage à un vieillard qui serait parvenu au ciel pour la confrontation avec le Juge Suprême qu’au jeune homme de trente ans qu’il était en réalité.

Une deuxième caractéristique de la pièce était sans conteste sa qualité acoustique. Grâce au revêtement spécial des cloisons, aucun écho ne se répercutait sur les murs, aucune réverbération ne venait parasiter les mots qui étaient prononcés dans ce lieu. Ici, les paroles du Tudal étaient fluides et nettes, et pénétraient leur cible avec une vigueur inégalable.

« Notre entreprise emploie aujourd’hui 456 salariés, dont près d’un quart sont installés dans l’une de nos succursales à l’étranger. Nous embauchons environ deux nouvelles personnes par semaine. Nos chiffres de croissance sont exponentiels. Nous drainons chaque mois un chiffre d’affaires proche de 500.000 €, que nous investissons immédiatement, soit dans la bourse, soit dans des actions sociales, soit dans l’évolution de notre société. En outre, nous faisons vivre une quinzaine d’entreprises sous-traitantes.

«  Nous avons à notre disposition douze scribes qui couchent sur écrit l’Histoire de notre action pour les générations futures. Nous dénombrons 47 églises Tudales, dont 8 à Lyon, 11 à Paris et 7 dans les principales capitales européennes. Nous inaugurons une nouvelle église toutes les semaines. Une centaine de prêtres officient sur le sol français, et une dizaine à l’étranger. Nous avons des formateurs qui peuvent rendre opérationnels d’autres officiants en moins d’un mois.

« Nous considérons que la moitié de la population française est d’ors et déjà convertie à notre culte et que 78 % approuve notre mouvement. Nos églises françaises reçoivent environ huit mille fidèles par soir, pour les offices, et près de cinquante mille par jour, pour les recueillements et les visites ponctuelles.

« Dans les autres pays d’Europe, nous évaluons qu’en moyenne, entre 10 et 25 % de la population est convertie. 68 % d’entre elle éprouve à notre égard de la sympathie, contre 20 % d’antipathie – et cette tendance était inversée, il y a à peine deux mois.

« Les principales autres religions européennes, Islam, Christianisme, Protestantisme et Anglicanisme, ont vu le nombre de leurs fidèles baisser de 50 à 80 %, selon les pays. Seul le bouddhisme, bien que marginal sous nos latitudes, résiste un tant soit peu au raz-de-marée que nous formons. Les dons de nos paroissiens sont 3 à 5 fois supérieurs à ceux que pouvaient espérer ces autres cultes dans leurs meilleures années.

« Savez-vous, monsieur Moerl, que l’Eglise Catholique nous a déjà vendu douze églises ?

Entre les doigts du Tudal, brillait l’écran d’une médiaconsole de poche, pouvant afficher à loisir tous les éléments dont il avait eu besoin pour son explication. Mais ses yeux n’avaient pas parcouru une seule fois cette surface lisse et étaient restés plongés dans ceux de son interlocuteur.

_ Je sais tout cela, Tudal, acquiesça Moerl. Je sais également comment fonctionne votre société, sans conseil d’administration mais avec une chambre parlementaire, comme un petit état.

_ Un conseil des sages, rectifia le Tudal. Il approuve en son âme et conscience toutes les directives qui sont proposées par les conseillers. Ces sages sont choisis au hasard dans la population, doivent être convertis au Tudalisme et prêter serment sur ma tête. Ils peuvent refuser s’ils le veulent ; mais s’ils acceptent leur rôle, ce sont eux qui dirigent effectivement la société.

_ Sous votre contrôle, bien sûr.

_ Evidement, mais toutes les décisions sont rendues publiques. La structure est un peu lourde mais totalement transparente et démocratique.

_ Je n’en doute pas une seconde approuva Moerl. Mais vous savez que je ne suis pas venu pour remettre en cause votre système de gestion, ni contester vos résultats surprenants.

_ Que voulez-vous, alors ? fit sèchement le Tudal.

_ Je vous l’ai déjà dit.

_ Redites-le !

L’homme sembla hésiter devant le ton péremptoire qui avait été employé.

_ Je désire vous aider.

_ Pour quelle raison ! admonesta le messie, les yeux fixés sur Moerl.

Celui-ci semblait de plus en plus mal à l’aise et lançait des regards dans chaque recoin de la pièce, comme pour rechercher la trace d’un quelconque système d’écoute. Puis il chercha à tâtons un mouchoir dans sa poche et le passa fébrilement sur son front moite. Alors que son regard rencontrait celui du Tudal, un déclic se produisit en lui, et ce fut comme si un mur de soutènement s’écroulait, ou si un barrage cédait à la pression de l’eau, répandant dans la nature des millions de litres restés trop longtemps prisonniers. Sa mâchoire inférieure se détendit et sa lèvre se retroussa légèrement. Ses yeux devinrent lumineux et ses sourcils s’aplatirent à l’horizontale.

_ Ecoutez, balbutia-t-il, les poings crispés contre la table. Je crois en vous, je vous ai aimé dès que je vous ai vu à la média il y sept mois. Je meurs chaque jour de ne pouvoir vous être utile. Vous savez, j’ai des relations haut placées dans l’administration française…

Lentement, le Tudal leva la main, ce qui eut pour effet de faire taire le flot de paroles qui émanait de son interlocuteur.

_Monsieur Moerl, dit-il sobrement, avez-vous l’impression que j’ai besoin de vous ? Croyez-vous que je vous recevrais dans cette pièce si je voulais vous prendre à mon service ?

Cette remarque, sèche et inattendue, fit sur Moerl l’effet d’une douche froide.

_ Vous…vous avez tort, balbutia ce dernier. Je suis votre plus fervent admirateur. Je peux vous porter plus haut que n’importe qui.

Le Tudal esquissa un léger sourire qui pouvait être pris pour de l’amusement.

_ En France, confia-t-il, nos dogmes sont acceptés par 99 % de la population et nos rites pratiqués par 100 %. Même lorsqu’ils l’ignorent, les français réalisent quotidiennement les gestes issus du culte de ma personne. Que m’apporteriez-vous de plus ?

Moerl se rapprocha et parla plus bas, comme s’il voulait faire une confidence qui ne devait être connue que d’eux deux :

_ Je peux vous aider si vous avez des ambitions politiques.

_ Vous n’êtes pas le seul, répondit le Tudal sur le même ton.

_ Mais personne ne sera aussi dévoué que moi. Je suis prêt à passer mes nuits pour vous.

_ Ce ne sera pas nécessaire, je possède déjà tous les conseillers qu’il me faut. Et ils sont très dévoués.

_ Vous n’avez pas peur d’une…diversification anarchique de votre mouvement, d’une perte d’identité ? Toutes les religions en sont passées par-là, il vous faut un garant…

_ Cela n’arrivera pas de mon vivant, coupa le Tudal. Je suis le garant de l’intégrité et de l’unicité de mon mouvement. Ma seule crainte provient guère d’un petit comité révolutionnaire qui propage une image négative de ma société (sourire paternel du Tudal) mais je n’ai pas besoin de vous pour régler ce problème. Avez-vous entendu parler des dix bienheureux ?

Moerl hésita.

_ Ce sont les personnalités historiques que vous avez déifiées. Mais je ne vois pas le rapport…

_ Prenez ceci, fit le Tudal en lui tendant une petite fiche plastifiée. C’est la liste de ces "personnalités historique", comme vous les appelez, classées par ordre chronologique.

La main peu assurée, Moerl prit la liste et la parcourut :

En 1800, le Compte Alessandro Volta, physicien italien, invente la pile électrique.

En 1886, Thomas Craper est le premier à avoir l’idée d’installer une réserve d’eau de 10 L au-dessus des toilettes, actionnée par un système de levier, ainsi que le siphon d’évacuation des excréments. Il invente ainsi la chasse d’eau.

Louis Pasteur, biologiste français, est le créateur de microbiologie. Durant la seconde moitié du XIXème siècle, il découvre l’existence des microbes, invente l’asepsie et met au point une technique de vaccination contre la rage.

En 1861, l’allemand Philip Reis invente le principe du téléphone, quinze ans avant l’américain Alexander Graham Bell.

En 1889, Carl Benz et Wilhelm Maybach, construisent en Allemagne la première voiture, propulsée par un moteur deux temps et appelée quadricycle.

En 1884, l’allemand Paul Nipkow crée et construit la première télévision en deux dimensions et en noir et blanc.

En 1918, les français J. Abraham et E. Block construisent le premier calculateur pouvant être considéré comme un ordinateur.

En 1921, Albert Einstein obtient le prix Nobel de physique. Durant la fin du XIXème et le début du XXème, ses travaux sur la relativité de l’espace et du temps, appliqués aux échelles atomiques et astronomiques, ont révolutionné les sciences modernes.

En 2068, Alan Flips fait construire la première maison entièrement sous contrôle d’un ordinateur central et pourvue d’un visiophone et d’une connexion permanente à Internet (ancien nom du RMC), en vue d’une commercialisation à grande échelle. Il crée le principe de la médiatechnologie domestique, dont le nom ne paraît que quelques années plus tard dans un magasine scientifique.

_ C’est très instructif, reprit l’hôte après sa lecture, mais je ne…

_ Je veux forcer l’homme à décider de son destin, à affronter ses choix. Grâce à ces "bienheureux", j’érige au rang de saints des hommes qui ont eu assez de volonté pour parvenir à leur fin et modifier l’existence de ceux qui vivraient après eux. Du statut d’homme célèbre, ceux là vont bientôt passer à celui de modèle de conduite, de repère pour les générations qui doivent se prendre en main.

« C’est une démarche unique et innovante, car c’est la première fois que l’homme aura été placé au centre d’une religion, la première fois qu’il aura été poussé à croire en lui plus qu’en Dieu. D’autres religions, d’influence orientale, ont favorisé l’introspection, la recherche de la vérité en soi, mais cela a toujours eu pour but de mieux chercher Dieu, ou de trouver la Voie Suprême que chacun recèle en soi. Jamais cela n’aura eu comme intérêt avoué celui de réussir sa vie. Est-ce que vous comprenez, Monsieur Moerl ? Le Tudalisme va jusqu'à puiser dans l’histoire des hommes pour trouver des exemples de ce que peut produire son imagination et son intelligence et pour le pousser à réitérer ces exploits humains.

_ Certes. Je ne doute pas du bien-fondé de cette initiative, mais…

_ Et il existe un enseignement à tirer de cette liste, déclara le Tudal en coupant son interlocuteur pour la troisième fois, notamment dans la situation qui est à la votre.

_ Ha bon ! Je…je ne vois pas. Peut-être voulez-vous que je me renseigne sur la vie de ces…

_ Le fait est, Monsieur Moerl, que vous ne faites pas partie de cette liste. Vous n’êtes donc manifestement pas un bienheureux ; et, de fait, le rejet de votre requête n’est pas étonnant.

_ Quoi ! Vous…vous me répudiez ? Vous ne voulez pas de mon offre, avec toute la bonne volonté que vous témoigne ?

_ On le dirait bien. Vous êtes perspicace, en fin de compte.

Les traits de Moerls se modifièrent rapidement. De l’étonnement, puis du dédain, du dégoût et enfin de la colère se dessinèrent successivement sur son visage longiligne. Son poing droit se décrispa doucement et se leva à quelques centimètres de la table. Un doigt tremblant émergea alors et se tendit en direction du Tudal.

_ Vous ne l’emporterez pas au paradis, M. Tudal.

_ Simplement Tudal, je vous prie, répondit-il. Nous sommes entre amis.

La seule chose qu’il entendit ensuite fut le claquement de la porte qui se refermait et des pas marqués sur le sol du couloir. Son visage portait le masque du plus parfait stoïcisme lorsqu’il actionna un contact caché et qu’un moniteur média apparut dans l’une des cloisons. Un visage y était représenté, aux traits aussi sobres que ceux du Tudal lui-même.

_ Tu as bien fait, assura l’homme.

_ J’aurais préféré le prendre à mon service, avoua sombrement le Tudal. C’est toujours dangereux de laisser un fou en liberté. Un fou de Dieu, qui plus est.

_ C’était nécessaire.

_ Oui, bien sûr.

_ Tu aurais tout de même pu le manipuler avec plus de douceur.

_ Je n’ai presque rien fait, répliqua le Tudal.

_ C’était plutôt facile, alors.

_ Non. Ce n’est jamais facile de se faire des ennemis.

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