Comment parler de culture aux enfants ?








télécharger 51.44 Kb.
titreComment parler de culture aux enfants ?
date de publication06.02.2018
taille51.44 Kb.
typeDocumentos
ar.21-bal.com > littérature > Documentos


Lauranne Triaire

Master 2 MTI
Comment parler de culture aux enfants ?
Introduction
Avant de pouvoir répondre à la question « comment parler de culture aux enfants ? », il convient d’abord d’éclairer les différents termes de cette problématique afin de délimiter notre champ de réflexion.
Pour commencer, le « comment » dont il est question ici se réfère à la façon dont on va s’y prendre pour aborder les différents objets culturels avec les enfants. Il s’agit de la manière dont on va s’exprimer (choix des mots, choix de l’angle d’attaque…) mais plus largement de toutes les approches possibles (pédagogie, expérimentation, jeu) ainsi qu’à l’ensemble des dispositifs, c’est à dire les supports mis en œuvre pour que la rencontre entre culture et enfants ait lieu (musées, ateliers, livres…).
Ensuite, le terme « parler » renvoie à plusieurs significations. Dans son sens premier, il fait écho à ce que nous venons de dire, à la manière dont on va adapter notre langage pour être compris de l’enfant mais aussi et avant tout pour le toucher, le sensibiliser. Plus largement, le terme « parler » renvoie au fait d’initier, d’éveiller mais aussi d’éduquer puisque la culture fait partie intégrante de l’éducation des enfants et qu’il s’agit bien de lui donner des connaissances.
Le terme de « culture », quant à lui, est sans doute celui qui pose le plus gros problème en termes de définition. Aujourd’hui la culture est une notion très vague, très large, que l’on a du mal à délimiter tant elle englobe des objets de formes variées. Si l’on se réfère à la définition donnée par l’UNESCO lors de la Conférence mondiale sur les politiques culturelles à Mexico City (26 juillet-6 août 1982), « La culture, dans son sens le plus large, est considérée comme l’ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuelles et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l'être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances. ». Le fait que cette définition soit volontairement ouverte nous montre à quel point la culture est une notion complexe sinon impossible à définir précisément. Au fil du temps, beaucoup d’objets ont acquis un « statut culturel » au sein des grandes institutions, en témoignent l’exemple du Musée de l’histoire de l’immigration ou celui de la mine d’Auchel, des sujets que l’on ne se représente pas intuitivement comme faisant partie de la culture. En plus d’être complexe, la notion de culture est évolutive, en perpétuel mouvement. Cependant, dans le cadre de notre exposé nous avons choisi de nous référer à l’idée traditionnelle et conventionnelle que l’on se fait de la culture en s’attachant particulièrement aux arts mais aussi aux lettres et aux sciences. Ce choix résulte à la fois de la nécessité de définir notre cadre de réflexion mais aussi du rapport intime qu’entretiennent ces différentes disciplines avec l’éducation des enfants comme l’illustre le Rapport de la Commission royale d’enquêtes sur l’avancement des arts, lettres et sciences au Canada (1949-1951) : « La culture est la partie intellectuelle et artistique de l’éducation. C’est le perfectionnement de l’esprit par les arts, les lettres et les sciences. ».
Enfin, le terme d’ « enfant » mérite lui aussi d’être défini dans le sens où l’enfance comporte plusieurs phases qu’il est important de distinguer. Selon le programme établit par le CNED, l’enfance est divisée en deux grandes périodes : d’une part la « petite enfance » (de la naissance jusqu’au début de la scolarisation), de l’autre la « grande enfance » (les 6-13 ans, en Europe du moins). L’adolescence est distincte de l’enfance dans la mesure où il s’agit d’une période charnière entre l’enfance et l’âge adulte et c’est pourquoi nous ne la traiterons pas. Pour notre argumentation, nous avons choisi de prendre pour cible les enfants de 6-13 ans bien que nous sommes conscients qu’au sein même de cette catégorie se situent plusieurs paliers (un enfant de 6 ans n’aura pas la même vision qu’un autre de 10 ans).
Ainsi, notre réponse à la question « comment parler de culture aux enfants ? » se déroulera en trois temps. Premièrement, nous parlerons de l’approche pédagogique de la culture à travers l’exemple des musées. Ensuite, nous nous intéresserons à la nécessité de la dimension ludique dans l’appropriation de la culture par les enfants. Enfin, nous consacrerons une partie à l’édition où nous parlerons aussi bien des livres que des magazines.
1. Les musées, pour une approche pédagogique
1.1. Musée et éducation
Depuis plusieurs années le jeune public est devenu l’une des préoccupations principales des grandes institutions, en particulier des musées qui représentent les institutions culturelles par excellence. Désormais, la grande majorité d’entre eux possèdent un espace jeunesse pour accueillir les enfants de tout âge et leur proposer plusieurs activités afin de leur faire découvrir les œuvres. Cependant, si cette ouverture au jeune public est assez récente il ne faut pas oublier que le musée a toujours joué un rôle éducatif comme le mentionne Claire Merleau-Ponty dans Les enfants dans les musées : encore un petit effort (La lettre de l’OCIM, n°72, 2000). En effet, cette enseignante en muséologie rappelle que le musée est, depuis ses origines, un lieu d’apprentissage où les étudiants des Beaux-Arts viennent par exemple se former et parfaire leur technique en recopiant les tableaux ou les sculptures. Si l’intégration des enfants a été beaucoup plus tardive, c’est en raison du peu d’attention qu’on manifestait à leur égard et de la tendance à les considérer comme un public « nuisible » du fait qu’ils soient bruyants et agités. Ce sont les différentes réformes en matière de scolarité (comme la loi visant à rendre l’école obligatoire, gratuite et laïque de Jules Ferry) mais aussi l’évolution du statut de l’enfant au sein de la société qui ont considérablement changé la donne. A ce titre, Claire Merleau-Ponty écrit que « Le musée devient un terrain de découverte et d’expérience où l’on peut y voir les illustrations en deux ou trois dimensions des enseignements scolaires. Peu à peu, il devient même dans certains cas, un complément à l’éducation dispensée dans les écoles. ». Le musée est donc intimement lié à l’éducation de par le lien qu’il entretient avec le système éducatif. Cependant, comme l’illustre cette citation le musée ne dispense pas le même savoir que le professeur pendant les cours. Claire Merleau-Ponty parle d’« une forme vécue de la connaissance » en opposition à l’école qui délivrerait « un savoir purement abstrait ». Le musée constitue donc bel et bien une approche pédagogique de l’art et de la culture en général mais elle ne repose pas sur les mêmes mécanismes que l’école.
1.2. Rendre la visite au musée attractive et enrichissante
En effet, le but du musée est de sensibiliser les enfants aux œuvres, sensibilisation qui va faire appel à des facultés autres que l’intellect tel que l’observation et la curiosité. Mais pour que la visite au musée soit enrichissante, plusieurs critères doivent être pris en compte. En voici quelques-uns que nous avons répertoriés grâce à nos recherches et aux visites que nous avons effectué :


      • La visite ne doit pas être trop longue.

Il est difficile de mobiliser l’attention des enfants plusieurs heures d’affilé, encore plus lorsqu’il s’agit de rester immobile devant un tableau. C’est pourquoi le temps passé devant chaque œuvre ne devra pas être trop long (un quart d’heure environ). Une visite de deux heures maximum est suffisante pour découvrir l’ensemble des œuvres d’une collection.


      • Un parcours spécifiquement adapté aux enfants doit être mis en place.

Il est important de structurer la visite afin que l’enfant ne soit pas perdu au milieu des différentes collections. Un parcours soigneusement défini et comportant plusieurs étapes permettra à l’enfant de se concentrer sur des œuvres en particulier comme c’est le cas au musée du Louvre qui possède plusieurs parcours où les enfants sont accompagnés par un médiateur.


      • Le nombre d’œuvre présenté doit être limité.

Ce n’est pas parce qu’il y a une trentaine d’œuvres à voir qu’il faut s’arrêter sur chacune d’elles : non seulement les enfants risqueraient de s’ennuyer mais il y aurait aussi peu de chance qu’ils retiennent les œuvres en question. En choisissant de s’arrêter sur un nombre restreint d’œuvres comme c’était le cas lors de notre visite au Musée en Herbe, les enfants auront plus de chance de les mémoriser et de les rattacher aux propos qu’ils auront entendus.


      • Le médiateur doit employer des méthodes pédagogiques simples

La figure du médiateur est particulièrement importante car c’est à travers lui que les enfants vont pouvoir s’imprégner des œuvres. Pour ce faire, il est important qu’il ait une bonne connaissance des enfants, c’est à dire de leur mode de fonctionnement. Il doit pouvoir adapter son discours afin de le rendre intelligible auprès d’eux en utilisant des mots simples, des références propres à la culture de jeunesse ou tout simplement à leur quotidien. Enfin, il est essentiel que le médiateur fasse appel à leur participation afin de favoriser l’échange et de créer une dynamique qui renforcera leur attention et stimulera leur intérêt.


      • La visite au musée doit comporter une dimension ludique sur laquelle nous reviendrons dans la deuxième partie de notre exposé.


1.3. La nécessité de l’expérimentation
Enfin, le dernier aspect du musée que nous traiterons et qui peut, dans certains cas, être le moteur même de la visite concerne les ateliers. Pour les enfants, l’intérêt majeur de ces ateliers est de pouvoir alterner la découverte des œuvres où ils sont passifs à la dimension pratique pour laquelle ils manifestent toujours un certain engouement. En effet, le toucher est une chose à laquelle ils sont particulièrement sensibles : c’est une forme d’appropriation. C’est pour cette raison que la grande majorité des musées proposent désormais des ateliers qui leur sont spécialement destinés : c’est à la fois un moment récréatif qui va faire appel à leur créativité, à leur imagination, mais c’est aussi une manière d’appréhender les œuvres sous une autre forme. Lors de notre visite au Musée en Herbe par exemple, nous avons pu assister à un atelier créatif en lien avec les œuvres de la visite qui portaient sur le thème du Nouveau Réalisme, un courant artistique caractérisé par la récupération d’objets du quotidien et leur collage sur des tableaux, entre autre. L’atelier qui suivait au précédait la visite mobilisaient plusieurs techniques artistiques en lien avec les œuvres tel que la peinture et le collage de divers matériaux (papier crépon, mosaïque, paillettes). Il permettait ainsi aux enfants d’explorer de réelles techniques artistiques tout en surfant sur la tendance du moment, à savoir celle de la personnalisation et de la customisation. Dans un tout autre domaine, nous pouvons également citer l’exemple de notre visite à l’Exploradôme de Vitry-sur-Seine qui se présente comme un musée spécialisé dans la vulgarisation de la culture scientifique. Dans ce musée, il est formellement interdit de ne pas toucher comme le rappellent les animateurs, une manière d’inciter les enfants à se lancer corps et âme dans les expérimentations, à développer leur curiosité mais également leur intérêt pour les phénomènes scientifiques tel que la création des tornades, la formation des dunes de sable ou encore les illusions d’optique. D’autre part, chaque phénomène est accompagné d’un écriteau explicatif dont le but est de fournir une explication simple, claire et concise. Aujourd’hui, la méthode de l’expérimentation est quasiment employée dans tous les musées, que ce soit au travers d’ateliers créatifs ou de la manipulation d’objets. Elle permet une assimilation sensorielle des œuvres toute en possédant une certaine dimension de plaisir pour l’enfant sur laquelle nous allons maintenant nous pencher.
2. L’approche ludique ou la nécessité du plaisir
2.1. L’enfant et le jeu
De manière générale, on remarque que les enfants sont beaucoup plus réceptifs lorsque l’on apporte une dimension ludique à l’apprentissage ou à tout autre contenu à but pédagogique. Pour eux le jeu est un langage à lui seul, il est même l’un « des premiers modes de communication des enfants avec leur environnement » comme l’analyse Claire Merleau-Ponty. En effet, le jeu les entoure dès leur plus jeune âge, que ce soit par l’intermédiaire des jouets ou du jeu à proprement parler. D’ailleurs, il est intéressant et essentiel de rappeler que le jouet et le jeu sont deux choses distinctes : alors que le jouet renvoie à un bien matériel le jeu renvoie à la pratique et aux règles. Pour ce qui est du jouet, il n’est a priori pas conçu pour favoriser un quelconque enseignement mais il fait partie intégrante de la culture de jeunesse et de la vie des enfants. Toutefois, on ne peut pas nier que certains jouets peuvent revêtir une dimension d’apprentissage par le biais de l’imitation qu’ils présupposent. On peut ainsi prendre l’exemple des « poupées bébés » pour les petites filles qui vont vouloir s’occuper d’elles et reproduire les gestes et comportement des adultes en les promenant dans une poussette ou en les lavant, ce qui permet d’introduire un sentiment de responsabilisation. Pour ce qui est du jeu, beaucoup de chercheurs se sont penchés sur la question et il en ressort qu’il s’agit plus qu’un simple amusement. En effet, le jeu permet à l’enfant de développer plusieurs capacités comme celles de mémoriser (avec des jeux de cartes où il faut par exemple retrouver deux paires), d’analyser (comme certains jeux de société où l’observation doit conduire à une stratégie) ou encore d’assimiler. D’autre part, il existe de plus en plus de jeux comportant une intention pédagogique affirmée, en particulier pour ce qui touche aux sciences comme le jeu « Mon corps humain à reconstituer » où l’enfant doit reconstituer le corps d’un homme avec ses différents composant (os, organes, muscles) et en apprendre plus grâce à un livret documentaire ludique. Le jeu est donc un moyen efficace pour véhiculer un contenu pédagogique : il permet non seulement d’attirer l’attention de l’enfant et de renforcer son intérêt mais il favorise également son assimilation.


2.2. Le jeu au sein des musées
Dans le cadre d’une visite au musée l’approche ludique est très sollicitée, en particulier pour les 5-8 ans où le jeu fait souvent partie intégrante de la visite car il encourage la découverte des différentes œuvres autrement que par la lecture (que les enfants maîtrisent généralement à peine à 6 ans). Lors de notre visite au Musée en Herbe, nous avons ainsi été confrontés à la mise en pratique de cette théorie car les médiateurs avaient prévu plusieurs approches ludiques pour les enfants. Avant même de rentrer dans la salle d’exposition, la principale médiatrice leur a présenté les Nouveaux Réalistes dont Daniel Spoerri connu pour son « déjeuner sous l’herbe ». A partir de cette œuvre les médiateurs ont ainsi eu l’idée d’orienter la visite sur le thème de l’archéologie en plongeant les enfants dans un rôle d’archéologue en herbe qu’ils ont concrétisé en leur offrant des gilets spéciaux. Le simple fait d’utiliser un accessoire symbolique et de proposer un thème susceptible de plaire aux enfants permet déjà de rendre la visite ludique et donc moins ennuyeuse pour eux. D’autre part, les enfants disposaient de petits « carnets de fouilles » de petit format pour faciliter la prise en main et contenant plusieurs mini-jeux spécifiquement liés aux œuvres. Globalement les enfants se sont immédiatement pris à ce jeu et ont manifesté une certaine implication.
2.3. Le cas des « serious games »
Enfin, depuis plusieurs années maintenant les nouveaux outils numériques se sont progressivement mis au service de la pédagogie et nous parlerons plus spécifiquement ici des jeux vidéo. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, tous les jeux vidéo n’ont pas le divertissement ou l’évasion pour seul et unique but : certains peuvent revêtir des fonctions pédagogiques telles que la catégorie des « serious games » (« jeux sérieux »). Avec ces « serious games », les ressorts ludiques ont pour but de communiquer un contenu dit « sérieux » qui peut être aussi bien de type pédagogique qu’informationnel ou encore d’entraînement (les jeux de simulations par exemple). Pour les enfants, ces jeux ont une vocation pédagogique et peuvent aussi bien concerner l’éducation scolaire que d’autres domaines comme celui de la prévention ou, dans notre cas, celle de l’approche culturelle et artistique. En effet, on constate aujourd’hui que de plus en plus d’institutions culturelles, patrimoniales ou encore scientifiques françaises lancent leurs propres « serious game », que ce soit à travers un jeu de type logiciel, une application, ou un jeu praticable sur le navigateur internet. A titre d’exemple nous pouvons citer le jeu A la recherche des animaux disparus qui a été proposé par le Muséum National d’Histoire naturelle dans le cadre de l’exposition « Dans l’ombre des dinosaures » qui fut présenté en 2011. La prise en main est aisée et rapide du fait que l’on dirige le personnage grâce aux touches du clavier. Le but est d’attraper les animaux afin d’avoir accès à leur fiche personnelle ainsi qu’à des photos de leur fossile qui nous renseignent sur le spécimen capturé. Dans un autre domaine, le Château de Fontainebleau a développé « Le livre des siècles » qui propose une expérience de visite avec la possibilité d’écouter plusieurs commentaires sur la construction et l’architecture du monument. Enfin, ces « serious games » sont également très prisé par la culture scientifique pour qui ces nouveaux outils numériques permettent de rendre la recherche accessible au plus grand nombre.
3. L’édition jeunesse
3.1. Le rapport de l’enfant au livre
Comme en témoigne le Salon du Livre et de la Presse Jeunesse qui se déroule chaque année à Montreuil, la littérature de jeunesse occupe une part importante de l’édition tous domaines confondus. Selon les statistiques établies par le SNE (Syndicat National de l’Edition), le secteur jeunesse constitue à lui seul 13.4 % du chiffre d’affaire des ventes totales avec une augmentation notable pour la catégorie « petite enfance » qui a augmenté de 7.4%. Ces constats ne sont pas surprenants quand on sait que le livre fait partie intégrante de la vie de l’enfant et ce même avant qu’il ne sache lire. Dès ses premières années l’enfant est éveillé à la lecture par le simple contact avec le livre qui devient entre ses mains un outil manipulable et donc avec lequel il va se familiariser. Comme nous l’avons énoncé auparavant, l’enfant est un être particulièrement sensible au toucher et au visuel, ce qui explique l’importance que les éditeurs vont accorder à l’objet livre. Que ce soit le format, le type de papier, les illustrations, la typographie mais aussi la mise en page ou même l’odeur, chaque élément va être déterminant dans le choix du livre, aussi bien pour l’adulte que pour l’enfant. Ce constat est d’autant plus vrai pour les livres qui vont permettre de délivrer des connaissances, que ce soit dans le domaine historique, scientifique, culturel ou encore artistique. Livre à caractère encyclopédique pour les plus grands ou albums d’illustrations agrémentés de textes simples pour les plus jeunes, toutes les tranches d’âge peuvent être initiées à toutes les formes de culture.
3.2. Les adaptations littéraires
A présent, nous allons nous pencher sur un autre aspect de la littérature de jeunesse en parlant des adaptations littéraires. En effet, il est difficile de mettre un roman « adulte » entre les mains d’un enfant car il serait automatiquement rebuté par l’aspect du livre, la quantité de pages ou encore par l’absence d’illustrations. De ce fait, l’adaptation peut se présenter comme une alternative intéressante pour faire découvrir les chefs-d’œuvre littéraires mais elle comprend plusieurs risques comme celui de dénaturer l’œuvre originale dont la force réside dans les mots et le style de l’auteur. D’autre part, l’adaptation nécessite un travail rigoureux qui doit passer par plusieurs phases et répondre à plusieurs questions.


      • Pour quels enfants vais-je écrire ?

C’est la première question que doit se poser l’auteur car la tranche d’âge va déterminer en grande partie le type de roman dont l’adaptation est susceptible de plaire. Pour les plus jeunes par exemple, les contes sont un terrain propice à l’adaptation tant par l’univers médiéval-fantastique qui les caractérise que par leur simplicité (nombre de personnages restreint, intrigue simple, récit court…). Pour les plus grands, on va pouvoir commencer à adapter des livres plus longs avec des chapitres et moins d’illustrations.


      • Quel livre vais-je adapter ?

Après avoir déterminé la tranche d’âge il va falloir se demander quel thème est le plus approprié pour le public visé car il est évident que les enfants ont des affinités avec certains éléments dont beaucoup sont propres à la culture de jeunesse. Pour des enfants de 6-8 ans par exemple, il peut être intéressant de cibler la littérature du Moyen-Âge dans la mesure où les enfants sont familiers avec l’univers de la chevalerie et du merveilleux (dessins-animés, jouets, contes…). Dans un autre registre, un exemple concret d’adaptation de littérature médiévale est le Roman de Renard qui rencontre un franc succès chez les enfants, notamment parce qu’il s’agit d’un récit mettant en scène des animaux.


      • La sélection des éléments

Il s’agit de la plus grosse partie du travail d’adaptation car elle demande un certain travail de réflexion. En effet, même pour un enfant de 8 ou 10 ans il est important que le roman ne soit pas trop long. L’auteur devra sélectionner les moments clés du récit mais aussi choisir d’ôter ou d’atténuer des passages pouvant heurter la sensibilité selon le contexte


      • La réécriture

Il s’agit de la dernière phase du travail, difficile aussi car l’auteur doit adopter un vocabulaire et des tournures de phrase simples sans pour autant s’éloigner de l’œuvre originale.


      • Vais-je incorporer des illustrations ?

Dans la mesure où le livre s’adresse aux enfants la question de l’illustration est essentielle. En effet, plus l’on s’adresse à un jeune public plus elles vont avoir de l’importance et de l’intérêt puisqu’elles constituent à elles-seules une forme de lecture.
Cette partie sur les adaptations littéraires pour les enfants mériterait d’être creusée plus en profondeur car elle met surtout en relief les différentes étapes du processus. Il serait intéressant de se pencher sur des cas d’adaptation particulier tels que les romans adaptés en bande dessinée, une pratique de plus en plus courante (exemple : Dorian Gray, Enrique Corominas, 2011).
3.3. Les magazines
Enfin, nous ne pouvons pas parler d’édition jeunesse sans mentionner la presse qui, quoi que moins imposante que la littérature pour enfant, n’en reste pas moins un excellent moyen de diffuser des connaissances. En plus d’offrir des contenus variés et axés sur de multiples thèmes comme l’histoire, l’actualité, les sciences ou autre, elle n’épargne aucune tranche d’âge, ce qui est une fois de plus révélateur de l’intérêt que l’on porte aux enfants. On peut ainsi répartir les magazines en trois catégories principales :

  • la presse éveil, qui regroupe les premiers magazines jusqu’à 6 ans (Picoti, Abricot, Pomme d’Api…)

  • la presse enfance accessible dès 6 ans (Les P’tites sorcières, Wapiti, Picsou Magazine…)

  • la presse pour les adolescents (Phosphore, Okapi, Vocable…).

D’autre part, il est important de souligner que la presse jeunesse offre aussi un moment de détente pour les enfants grâce aux nombreux jeux et activités proposés par les magazines.
Conclusion
Il n’existe pas une mais plusieurs façons de parler de culture aux enfants qui ont chacune leur spécificité et leur intérêt. Parmi toutes celles qui existent, nous avons choisi de mettre en relief trois approches différentes et complémentaires : la pédagogie d’une part, à travers l’exemple du musée qui se présente comme une expérience vécue de l’enseignement scolaire, l’usage du jeu d’autre part qui permet une réelle appropriation des œuvres et enfin l’édition qui permet de délivrer des connaissances et initier à la littérature.



similaire:

Comment parler de culture aux enfants ? iconLeçon (1)
«Témoignage de Pline le Jeune» aux élèves (1 pour 2). Avant de lire le texte, qui peut me dire de quoi IL va parler ? Comment on...

Comment parler de culture aux enfants ? iconRapport aux institutions des parents d’enfants en situation de handicap 62
«structures d’action médico-sociale précoce» sont prévues pour l’accueil d’enfants «chez qui un handicap aura été décelé ou signalé»...

Comment parler de culture aux enfants ? iconLittérature québécoise
«d’instruire, d’amuser et de servir la famille». Elle proposait des articles qui traitaient de culture, de mode, d’éducation des...

Comment parler de culture aux enfants ? iconClement pierre Architecte, Professeur à l’Ecole d'architecture
La théorie générale d’urbanisme Peut-on alors raisonnablement parler d’urbanisme en Chine sur une aussi longue durée ? Ou doit-on...

Comment parler de culture aux enfants ? iconA. La culture comme éducation de l’homme par la société 7
«la culture, c’est ce qui reste quand on a tout oublié»1, et que l’on peut insister, comme le fait Nietzsche, sur le lien étroit...

Comment parler de culture aux enfants ? iconA. La culture comme éducation de l’homme par la société 7
«la culture, c’est ce qui reste quand on a tout oublié»1, et que l’on peut insister, comme le fait Nietzsche, sur le lien étroit...

Comment parler de culture aux enfants ? iconI. Pourquoi parler d’action publique et non de politique publique?
«Public choice» insiste sur le poids des clientèles électorales, montrant comment les périodes pré-électorales étaient des périodes...

Comment parler de culture aux enfants ? iconI. Pourquoi parler d’action publique et non de politique publique?
«Public choice» insiste sur le poids des clientèles électorales, montrant comment les périodes pré-électorales étaient des périodes...

Comment parler de culture aux enfants ? icon«La musique est simplement là pour parler de ce dont la parole ne...
«nature morte» naît à la fin du xviième siècle. Cependant, ce type de représentations apparaît à l’époque de l’Antiquité

Comment parler de culture aux enfants ? iconPré-lancement de WallMuse aux professionnels de la culture Communiqué de presse








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
ar.21-bal.com