Cours n°3 Présentation de la littérature courtoise








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Cours n°3



  1. Présentation de la littérature courtoise

Le mot « courtoisie» s’étend en deux acceptions : l’une sociale, exprimant ce qui concerne la cour, l’autre morale, désignant la qualité d’un individu.

La littérature courtoise reçut ses règles du Roman de la Rose, composé vers 1240 par Guillaume de Lorris, repris et renouvelé entièrement par Jean de Meung, une quarantaine d’années plus tard. C’est une œuvre didactique, qui vise à établir les règles de l’amour courtois. Pendant de nombreuses années poètes de cour et musiciens utilisèrent les fines allégories de ce recueil. Mais cette poésie aristocratique allait être régénérée par le lyrisme personnel illustré par les noms fameux de Charles d’Orléans et de Villon.


      1. Roman de la Rose 


Plus de 250 manuscrits ont conservé le Roman de la Rose, poème de 21750 octosyllabes, chef d’œuvre du 13°siècle et monument de la littérature française qu’on peut comparer à l’œuvre de Dante ou à celle de Cervantès. Cependant la critique moderne montre quelques réticences à lui accorder cette valeur pour deux raisons : en raison de sa dualité ( aux 4028 vers de continuation de Loris s’est ajoutée, quarante ans plus tard, entre 1270 et 1285, la continuation de Jean de Meun, qui rend difficile l’appréciation de cette architecture composite. Mais aussi de son hermétisme, allégorie dans la première partie et ironie dans la seconde.

La première partie due à Guillaume de Lorris se présente comme le récit d’un songe. Le narrateur se souvient d’un rêve de jeunesse, qui s’est avéré prophétique. Un matin de printemps, il part dans la nature, où les fleurs et les oiseaux manifestent la joie du renouveau. Il arrive bientôt devant un verger clos de murs infranchissables. D’effrayantes images y sont peintes, représentant des vices personnifiés ou des misères qu’on leur associé. Attiré par le chant des oiseaux, le narrateur trouve une petite porte qu’une belle demoiselle, Oiseuse (Oisiveté), vient lui ouvrir. A l’intérieur, on trouve une société joyeuse, entourant Amour. Ce personnage est armé de deux arcs et de dix flèches d’or ou de fer. A coté de lui, des personnifications des vertus et des qualités se livrent aux joies de la danse. Explorant le jardin où pullulent animales et végétales, le héros arrive près d’une fontaine : celle où Narcisse a trouvé la mort. Il s’approche avec crainte du miroir naturel au reflet de cristal dans lequel Cupidon a jeté sa graine pour prendre les amoureux. Il aperçoit dans l’image réfléchie du jardin, un buisson de roses et, fasciné par un bouton près d’éclore, il se dirige vers lui. Alors Amour lance cinq flèches, dont Beauté, et le nouvel amoureux, blessé, doit rendre hommage à ce redoutable seigneur. Il reçoit les commandements d’Amour, puis des conseils et des avertissements. Et, c’est alors la série d’épreuves qui commence, les efforts pour se rapprocher de la rose, pour la cueillir, l’intervention de Danger, qui repousse l’amoureux. Raison de le dissuader, Ami l’encourage. Il peut en effet obtenir un baiser. Mais Mal Bouche(la Médisance), Honte, Peur et Jalousie vont susciter de nouveaux obstacles. Un mur est construit autour ou parterre où sont gardées les roses, et Bel Accueil est retenu prisonnier dans une tour. Le récit de Guillaume de Lorris s’interrompt au moment où l’amoureux s’abandonne au désespoir.

Jeau de Meun semble d’abord apporter une consolation philosophique à l’amoureux désespéré. Mais, le lecteur est frappé par l’audace et le cynisme de certains propos. Ami enseigne les ruses qui permettent de conquérir les femmes ; il donne des conseils ironiques aux maris pour les garder. Faux-Semblant démontre le pouvoir décisif de l’hypocrysie. La Vieille , prenant la défense des femmes et cherchant à les venger, leur révèle toutes les recettes. Elle leur apprend à duper les hommes en s’enrichissant à leurs dépens. Elle exalte le plaisir physique et la liberté sexuelle.

Le livre de Jean Meun renferme un remarquable message métaphysique. Il ouvre une nouvelle perspective sur le monde, alors que celui de Guillaume de Lorris semble s’arrêter à la vision courtoise.

      1. les romans bretons

Ainsi nommés parce qu’ils ont pour sujet des légendes dites bretonnes(né en Grande Bretagne). Ils comprennent deux groupes : les « romans arthuriens » et les romans inspirés de la légende de Tristan et Yseut.

        • Chrétien de Troyes est le plus célèbre des auteurs de romans arthuriens. Ses romans les plus connus sont Perceval ou le Conte de Graal, Yvain ou le Chevalier au lion ou lancelot ou le Chevalier à la charrette. Ils sont écrits en en vers de huit syllabes à rimes plates. A défaut du génie poétique, Chrétien de Troyes se recommande par un réel talent descriptif, et surtout par une finesse psychologique qui lui permet de déceler les nuances les plus subtiles du sentiment. Il fait, dans ses peintures, une large place à l’amour courtois.

  • Thomas (1150) et Beroul (1170) ont fait connaître la légende de Tristan et Yseut, dont ils ont l’un et l’autre, et chacun a sa manière, raconté divers épisodes. Celle-ci a pour sujet l’histoire de deux amants qui n’étaient pas destinés l’un à l’autre, mais qu’un philtre magique a rapprochés en dépit de toutes les épreuves et des reproches mêmes de leur conscience. Ils se rejoignent enfin dans la mort comme ils étaient unis dans la vie. Le caractère pathétique et ardent de cette œuvre dépasse les grasses un peu mignardes de l’amour courtois.

      1. les romans antiques

Furent une première ébauche de la renaissance. De nombreuses écoles y ont fait refleurir l’étude des auteurs latins ( par exemple : Ovide, poète de l’amour). Ces premiers romans ont pour traits intéressants d’etre écrits pour etre lus(et non chantés), de faire une très grande place au merveilleux( on y voit Alexandre le Grand descendre au fond de la mer dans une cage de verre) et de n’avoir aucun souci de la couleur locale. Les principaux romans de ce cycle appartiennent au XII° siècle. Mentionnons : le Roman d’Alexandre par Lambert-Le-Tort et Alexandre de Bernay, poème en verre de douze syllabes(un poème de 20000vers) ; le Roman de Thèbes, imité de la Thébaide de Stace et enfin, le Roman de Troie inspiré de l’Eneide de Virgile.

      1. Les romans d’aventures

  • Nous pouvons citer les écrits de Marie de France, première poétesse française, a eu l’originalité de ramener à des brefs poèmes octosyllabiques les grands romans courtois. Un de ses lais les plus connus, le Lai du chèvrefeuille, a pour sujet la légende de Tristan et Yseut.

  • Une autre œuvre Aucassin et Nicolette, qui est une « chantefable » (poème où le chant alterne avec récit en prose), un chef d’œuvre de l’amour courtois.

  • Le Conte de Floire et Blancheflor (version dite aristocratique), rimé en couplets

d’octosyllabes vers 1150 par un certain Tourangeau, Robert d’Orbigny, est célèbre pour le couple parfait et exemplaire dont il relate les péripéties. Il a effectivement pour thème primordial la séparation de deux enfants amoureux, leurs retrouvailles et leur mariage mixte au pays natal, après une longue quête et de nombreuses aventures à l’étranger. J.-L. LECLANCHE, éditeur de ce texte, suppose qu’en ce qui concerne le schéma narratif, l’auteur du Conte s’est inspiré du récit arabe de Neema et Noam, et que ses sources secondaires proviennent du fond culturel commun aux clercs médiévaux.

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