Essais sur le roman








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La Soirée avec Monsieur Teste, 1896
Cet homme avait connu de bonne heure l'importance de ce qu'on pourrait nommer la plasticité humaine. Il en avait recherché les limites et le mécanisme. Combien il avait dû rêver à sa propre malléabilité !

J'entrevoyais des sentiments qui me faisaient frémir, une terrible obstination dans des expériences enivrantes. Il était l'être absorbé dans sa variation, celui qui devient son système, celui qui se livre tout entier à la discipline effrayante de l'esprit libre, et qui fait tuer ses joies par ses joies, la plus faible par la plus forte, -la plus douce, la temporelle, celle de l'instant et de l'heure commencée, par la fondamentale -par l'espoir de la fondamentale.

Et je sentais qu'il était le maître de sa pensée : j'écris là cette absurdité. L'expression d'un sentiment est toujours absurde.

M. Teste n'avait pas d'opinions. Je crois qu'il se passionnait à son gré, et pour atteindre un but défini. Qu'avait-il fait de sa personnalité ? Comment se voyait-il ?... Jamais il ne riait, jamais un air de malheur sur son visage. Il haïssait la mélancolie.

Il parlait, et on se sentait dans son idée, confondu avec les choses : on se sentait reculé, mêlé aux maisons, aux grandeurs de l'espace, au coloris remué de la rue, aux coins...

L'esprit de raison, cher à Valéry à son revers : une certaine raideur sans tendresse:

"L'amour consiste à être bête ensemble"

La Soirée de Monsieur Teste
Valéry n'est pas un romancier mais un poète. La Soirée de Monsieur Teste est un texte très important dans notre littérature. Ce texte est ce qu'il y a de plus modernes chez lui. Il était contre le roman. Il s'intéresse aux mécanismes de la création.

" Nous n'aurons guère de description, pas de portrait. On aura surtout le portrait d'un intellectuel en activité". (Introduction à la méthode de Léonard de Vinci)

" C'est monsieur tout le monde, c'et un anonyme" : il se confond dans la masse.


ROUSSEL (1877-1933)

La fortune de ses parents lui assura une enfance heureuse, orientée vers la musique; mais à 17 ans, convaincu de son génie poétique, il abandonna le piano pour la table de travail. La Doublure, minutieuse description en vers du carnaval de Nice, rencontra une indifférence qui bouleversa profondément l'auteur et influença toute sa production. La Vue, tableau d'une plage, fut un autre échec, de même qu'Impressions d'Afrique, bien que R. eût conscience d'avoir enfin réussi à s'y exprimer à sa convenance; il fit créer trois adaptations scéniques de l'oeuvre, qui furent trois fours. Locus solus, porté de même au théâtre (1922), provoqua des batailles entre une minorité fanatique et la majorité du public; la critique fut exécrable, mais le scandale imposa le nom de Roussel.

L'oeuvre de Roussel déconcerte moins aujourd'hui des lecteurs qui connaissent et surréalisme et nouveau roman : telles sont en effet les deux écoles dont ce méconnu est le précursseur. Breton a compris quel don visionnaire menait cette imagination minutieuse, et Robbe-Grillet ou Butor, en célébrant dans leurs articles son génie verbal, ont su reconnaître que Roussel avait, parmi les premiers, ouvert le chemin à la réflexion sur l'écriture littéraire.

Il a aussi influencé l'Oulipo (OUvroir de LIttérature Potentielle : groupe d'écrivains créé par François le Lyonnais et Raymond Queneau en 1960 qui constitue un atelier de littérature expérimentale).

1932 : Comment j'ai écrit certains de mes livres

Il écrit en prose des récits étranges, en vers et égalemment pour le théâtre.

Selon Breton , c'est le "plus grand magnétiseur des temps moderne".

Roussel s'impose des contraintes formelles avec lesquelles il fait des récits. Les contraintes engendrent le récit : oeuvre à partir du langage.
Comment j'ai écrit certains de mes livres

Je me suis toujours proposé d'expliquer de quelle façon j'avais écrit certains de mes livres ..

Il s'agit d'un procédé très spécial. Et, ce procédé, il me semble qu'il est de mon devoir de le révéler, car j'ai l'impression que des écrivains de l'avenir pourraient peut-être l'exploiter avec fruit.

Très jeune j'écrivais des contes de quelques pages en employant ce procédé.

Je choisissais deux mots presque semblables(...). Par exemple, billard et pillard. Puis j'y ajoutais des mots pareils, mais pris dans deux sens différents, et j'obtenais ainsi deux phrases presque identiques.

1° Les lettres du blanc sur les bandes du vieux billard...

2° Les lettres du blanc sur les bandes du vieux pillard.

Dans la première, "lettres" était pris dans le sens de "signes typographiques", "blanc" dans le sens de "cube de craie" et "bandes" dans le sens de "bordures".

Dans la seconde, "lettres" était pris dans le sens de "missives", "blanc" dans le sens d'"homme blanc" et "bandes" dans le sens de "hordes guerrières".
Les deux phrases trouvées, il s'agissait d'écrire un conte pouvant commencer par la première et finir par la seconde.

Or c'était dans la résolution de ce problème que je puisais tous mes matériaux.

Dans le conte en question il y avait blanc (un explorateur) qui, sous ce titre "Parmi les noirs", avait publié sous forme de lettres (missives) un livre où il était parlé des bandes (hordes) d'un pillard (roi nègre).
Au début on voyait quelqu'un écrire avec un blanc (cube de craie) des lettres (signes typographiques) sur les bandes (bordures) d'un billard. Ces lettres, sous une forme cryptographique, composaient la phrase finale : " Les lettres du blanc sur les bandes du vieux pillard", et le conte tout entier reposait sur une histoire de rébus basée sur les récits épistolaires de l'explorateur.
A l'intérieur de son récit, il emploie la méthode du lexique pour engendrer son texte. (cf Pour un nouveau roman de Robbe-Grillet)

- recherche formelle peu soucieuse de reproduire le monde

- création d'un monde fictionnel en toute conscience qui s'auto-représente

- description de machines étranges à faire voir : monde de détails, description infinie.

Idées sur le roman : texte critique sur le roman français, Larousse, 1992
II LES ANNEES VINGT : GIDE ET PROUST

GIDE (1869-1951)

Celui par qui le scandale arrive. André Gide est né dans une famille de la bourgeoisie protestante: éducation austère, puritaine (répression de la chair). Son père meurt quand il a 12 ans. Ses études sont irrégulières à cause d'une santé fragile. Après des études secondaires à l'Ecole alsacienne, à Paris, il commence à écrire et publie anonymement en 1891 les Cahiers d'André Walter. Sa mère meurt en 1895. C'est au cours d'un séjour en Tunisie, de 1893 à 1895, qu'il rompt avec son éducation rigide et prend conscience de son homosexualité. Il se marie toutefois avec sa cousine Madeleine Rondeaux. Après de nombreux voyages, notamment au Congo et au Tchad, il milite contre le colonialisme et devient sympathisant du parti communiste. Un voyage en URSS lui dévoile la réalité du régime soviétique, qu'il critique vivement. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il séjourne en Afrique du Nord. Son influence est grandissante et il obtient le prix Nobel de littérature en 1947.

Inquiéter, tel est le rôle que Gide assigne à l'écrivain. A son époque, revendiquer son homosexualité (son homosexualité est révélé à sa femme qui part : cette rupture est un drame dans sa vie) comme il le fait, de façon encore discrète, dans l'Immoraliste (1902), puis dans Corydon (1924) est jugé subversif, comme peut l'être aussi tout ce qui ébranle les conventions : l'exaltation des sens dans les Nourritures terrestres (1897: évangile de liberté et de sexualité), la critique de la religion (crise religieuse), la reconnaissance de l'acte gratuit dans les Caves du Vatican (1914), le rejet des formes romanesques traditionnelles dans Paludes (1895) et les Faux-Monnayeurs (1926), qui ouvrent la voie du Nouveau Roman. André Gide s'est essayé à tous les genres littéraires (poésie, roman, sotie, théâtre, essais, journaux...), ce qui est le signe d'un esprit toujours en mouvement, vivant avec son temps et qui ne se laisse enfermer dans aucune forme.

C'est un des fondateurs du NRF.
Gide a été un inquiéteur dans ce qu'il a été et dans ce qu'il a voulu être.
Les Nourritures terrestres, I , 1897
Nathanaël, je te parlerai des attentes. J'ai vu la plaine, pendant l'été, attendre; attendre un peu de pluie. La poussière de routes était devenue trop légère et chaque souffle la soulevait. Ce n'était même plus un désir; c'était une appréhension. La terre se gerçait de sécheresse comme pour plus d'accueil de l'eau. Les parfums des fleurs de la lande devenaient presque intolérables. Sous le soleil tout se pâmait. Nous allions chaque après-midi nous reposer sous la terrasse, abrités un peu de l'extraordinaire éclat du jour. C'était le temps où les arbres à cônes, chargés de pollen, agitent aisément leurs branches pour répandre au loin leur fécondation. Le ciel s'était chargé d'orage et toute la nature attendait. L'instant était d'une solennité trop oppressante, car tous les oiseaux s'étaient tus. Il monta de la terre un souffle si brûlant que l'on sentit tout défaillir; le pollen des conifères sortit comme une fumée d'or des branches. -Puis il plut.(...)

Nathanaël. Quand aurons-nous brûlé tous les livres !
Les Nourritures terrestres visent à enseigner à un jeune disciple, Nathanaël, l'immoralisme, c'est-à-dire la libération des désirs, la disponibilité, le détachement. Dans ce roman, Gide parle de la morale dont le fondement est Nietzsche.

" Famille, je vous hais"

" Il faut Nathanaël que tu brûles en toi tous les livres"

Les Nourritures terrestres exprime un vivre dangereux entre poème en prose et lyrisme.

L'immoraliste : Autobiographie largement transposée, grâce à la présence d'un "personnage objectif", Ménalque, qui instaure la distance entre le récit des expériences de l'auteur, en même temps qu'il sert de catalyseur pour la prise de conscience du héros, Michel. Celui-ci, historien de métier, a épousé Marceline, dont le dévouement au cours d'un voyage en Afrique du Nord, l'a aidé à rétablir sa santé gravement compromise. Rentré à Paris, Michel reprend son activité d'historien, Marceline est enceinte. Michel trouve alors en Ménalque le représentant d'une sagesse fondée sur une totale disponibilité, Ménalque qui pressent chez Michel un sentiment d'envie à son égard; mais il lui fait observer que, marié et bientôt père, il a, par là même, renoncé à toute disponibilité par un choix qui l'engage. Marceline est victime d'une fausse couche, dont elle ne se remet pas. Pour favoriser son rétablissement, le couple retourne en Algérie, à Biskra. L'état de Marceline s'aggrave, et, tandis qu'elle agonise dans sa chambre, après un reste de scrupule, Michel cède à la tentation de sortir dans la nuit arabe avec le jeune Algérien Moktir, qui exerce sur lui une étrange séduction. Il ne rentrera que pour recueillir le dernire soupir de Marceline. Ainsi finit l'histoire que Michel raconte, trois mois après à ses amis. Après un silence, il ne reprend la parole, à la dernière page, que pour évoquer la jalousie du petit Ali, frère d"une jeune prostituée dont Michel dit : "Je souffrais les premières semaines, que parfois elle passât la nuit près de moi". On notera qu'à la fin de la préface, Gide précise:"Au demeurant, je n'ai cherché de rien prouver, mais de bien peindre et d'éclairer ma peinture."

C'est le journal de Michel qui veut s'affranchir de toute morale et qui ira jusqu'à laisse mourir sa jeune femme afin d'échapper aux liens de la fidélité.
La Porte étroite, 1909 : C'est l'histoire de Jérôme et d'Alissa, couple formé dès l'enfance et exalté jusqu'au myticisme par la parabole évangélique de la Porte étroite. L'accent est mis, non sans quelque ambiguïté, sur le sacrifice d'Alissa, qui ne sera révélé à Jérôme qu'après sa mort, par le journal qu'elle tenait secrètement. C'est le journal de l'aveu de l'amour, et du renoncement à l'amour, tel qu'il avait été finalement vécu par les deux héros, mais à une altitude inégale, lors d'une ultime rencontre, dans le jardin de leur enfance, où Alisa, depuis trois jours, attendait Jérôme, mais pour le refuser.

Cela raconte les amours adolescents avec sa cousine-héroïne : amour secret et impossible qui va se transformer en passion mystique.
La symphonie pastorale, 1925: Gide critique une forme de mensonge à soi-même

Gertrude, l'héroïne, de ce cours roman, orpheline et aveugle de naissance, est recueillie par un pasteur qui entreprend son éducation et qui se souvient, dans ses cahiers, des difficultés et des progrès de la jeune fille. Gertrude vient d'apprendre à sourire lorsque le pasteur lui propose une promenade: "Craignant que Gertrude ne s'étiolât à demeurer auprès du feu sans cesse, comme une vieille, j'avais commencé à la faire sortir. Mais elle ne cosentait à se promener qu'à mon bras."

Ce roman est le fruit de sa crise religieuse. Le rejet de la religion va lui permettre d'aller vers la vérité (comme annoncer son homosexualité). C'est le journal d'un pasteur vertueux, père de famille qui prend conscience de l'amour de sa pupille, jeune fille ignorante. Il pense que le sentiment amoureux, dans l'Evangile, n'est pas condamnable. Quand elle perd la cécité, elle se rend compte qu'elle est amoureuse du fils...
Les Caves du Vatican : Sous les apparences d'une parodie des intrigues policières, cette "sotie" est l'illustration d'une esthétique et d'une éthique de l'arbitraire, figure extrémiste du thème gidien de la disponibilité, ici figurée par l'image du "carrefour". Car, selon le héros, Lafcadio, au moment où, par un "acte gratuit" resté célèbre, il a précipité par la portière d'un wagon de chemin de fer le vieil Amédée Fleurissoire, fabricant d'objets de piété, celui-ci lui est apparu comme un "carrefour". Mais cette image est aussi le symbole de l'arbitraire et de la gratuité des choix possibles en quoi consiste la disponibilité authentique et, par exemple aussi, la liberté d'affabulation de l'écrivain, dont l'intrigue des Caves offre une parfaite illustration. Ce Fleurissoire, en effet, est une sorte de croisé, engagé dans l'aventure que suscite l'alliance suspecte et inattendue des jésuites et de la franc-maçonnerie, aventure qui a pour objectif de libérer le vrai pape enfermé au château Saint-Ange alors qu'un antipape est installé au Vatican. Mais en fait, ce n'est là qu'un "canular", monté par des escros qui y voient le moyen de soutirer beaucoup d'argent aux naïfs. C'est dans le train qui va de Rome à Naples que Lafcadio va se livrer à son fameux acte gratuit aux dépens de Fleurissoire. Mais alors va paraître un autre personnage : Fleurissoire, en effet, avait sur lui le carnet d'agence Cook de son beau-frère, l'écrivain Julius de Baraglioul, ainsi que des boutons de manchettes donnés à ce dernier par l'étrange Carola. C'est que Fleurissoire avait par hasard rencontré à Rome Julius, venu là pour assister à un congrès mais aussi pour présenter au Vatican le cas d'un troisième beau-frère, le savant athée Anthime Armand-Dubois, récemment converti par un miracle. Mais Julius avait encore pour mission de recueillir des informations sur un mystérieux jeune homme, qui n'est autre que Lafcadio, lequel se trouve être le bâtard du père de Julius. De loin en loin était déjà apparu le personnage inquiétant d'un chef de bande connu sous le nom de chef du Mille-Pattes; c'est lui qui fournira à la sotie un dénouement cocasse: il a en effet surpris le crime de Lafcadio et y voit une occasion d'enrôler ce dernier, par chantage, dans sa bande. Mais les deux hommes se reconnaissent : le chef du Mille-Pattes n'est autre que "Protos", camarade de collège admiré par Lafcadio pour avoir trouvé le moyen, un jour, d'être de façon inattendue, premier en thème grec !...

Les Caves du Vatican renvoit à la farce, au retournement. Il s'inspire d'événements contemporains sous fond de policier plein de rebondissements.
Les Faux-Monnayeurs : Bernard Profitendieu découvre, en lisant une ancienne lettre d'amour adressée à sa mère, qu'il n'est pas, comme il le croyait, le fils du juge Profitendieu : cette découverte lui donne le sentiment d'une libération, et, d'ailleurs, il quittera la maison de son père. Là-dessus vont se greffer des intrigues parallèles et entrecroisées, justifiées par la présence, autour de Bernard,de ses amis et et camarades, en particulier les deux fils du magistrat Molinier, Oscar et Vincent. Il y a surtout l'oncle des Molinier, Edouard, romancier particulièrement populaire auprès de la jeunesse, et que Bernard est curieux d'approcher. Comme le romancier rentre d'un voyage en Angleterre, Bernard se trouve en possessin de sa valise; il n'hésite pas devant l'indiscrétion, qui lui permet, après l'avoir ouverte, d'y trouver le journal d'Edouard et de lire les pages consacrées au roman que celui-ci est en train d'écrire sous le titre : les Faux-Monnayeurs. C'est alors ce roman d'Edouard qui devient le sujet du roman de Gide : introduction du personnage de la doctoresse Sophroniska, qui interroge Edouard sur sa conception du roman; on en retiendra que, pour lui, ce roman est un roman "sans sujet". Mais la réflexion sur le roman n'interrompt pas le roman lui-même : la doctoresse soigne, par thérapeutique psychanalytique, le jeune Boris, petit-fils du vieux pianiste La Pérouse, lui-même ami d'Edouard et surveillant dans la pension où se trouve Boris. Or il ya dans cette pension, dans la classe du jeune homme, une bande, les "Hommes forts" : ils ont embrigadé Boris et ils imaginent de tirer au sort le nom de celui d'entre eux qui , pour accéder à la dignité héroïque, se suicidera sans motif : ce sont eux les "faux-monnayeurs", et en un sens,bien que ce puisse être aussi les romanciers. C'est Boris que le sort désigne, Boris qui s'exécute aussitôt sous les yeux de La Pérouse. Est-ce par hasard qu'au même mement Edouard apprend, pour conclure le roman que Bernard Profitendieu est retourné chez son père?

On assiste en direct à la composition du roman avec le journal d'Edouard : problème de la technique romanesque. On va voir un apprenti romancier au travail (cf photocopie)
Le roman, c'est le genre incodifiable avec le refus de l'auteur-dieu, de l'auteur omniscient. Il s'intéresse à la diversité des points de vue sur l'action : le narrateur n'en sait pas plus que le personnage. Chaque personnage assure un point de la narration. Il est possible que les récits se complètent ou se contredisent. Cette problématique devient l'essentielle : il faut liquider le narrateur omniscient. Il en fait le problème du romanesque. Il fait un roman qui met en scène le roman. Le narrateur lui-mêm est perplexe devant l'évolution des personnages. L'ignorance du narrateur est doubler de faire travailler le lecteur : le lecteur doit reconstituer un puzzle. Le roman d'un roman en train de s'écrire : mise en abyme.
Histoire du roman français depuis 1918, 1950, Claude-Edmonde Magny

" Les adolescents des Faux-Monnayeurs sont vrais, parce qu'ils sont peints par quelqu'un qui leur est foncièrement semblable, amoureux du poosible, épris de sa propre incertitude et plein d'horreur, comme on l'est à 18 ans, à l'idée que peut-être un jour viendra où il ne se trouvera plus indéfiniment disponible. Et ceci est encore une autre leçon des Faux-Monnayeurs : l'adolescence passe, mais elle est éternelle. Tel est le sens de cette fresque de jeunes gens que le roman déroule sous nos yeux : après Olivier, il y a Georges; après Georges, il y aura Caloub; la dernière phrase du livre, c'est celle que prononce Edouard : "Je suis bien curieux de connaître Caloub", à la fois transposition romanesque du "Pourrait être continué" que Gide voulait substituer au mot "Fin", et affirmation du fait que c'est de l'adolescence "métaphysique" essentielle, et pas seulement psychologique, que les Faux-Monnayeurs sont le roman. Roman de l'adolescence plus que de l'adolescent."
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