Essais sur le roman








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PROUST (1871-1922)

Un étrange humain : "Moi l'étrange humain, qui, en attendant que la mort le délivre, vit les volets clos, ne rien du monde, reste immobile comme un hibou et, comme celui-ci, ne voit un peu clair que dans les ténèbres" : c'est ainsi que se décrit Marcel Proust dans une lettre adressée à un ami en 1920. La maladie l'aura accompagné toute sa vie. Né en 1871 dans une famille aisée, il est très tôt sujet à des crises d'asthme qui perturbent sa soclarité. Ses études terminées, il travaille sans grande ardeur comme bibliothécaire et passe son temps dans les salons mondains, où il rencontre ceux qui inspireront quelques personnages de son oeuvre. Mais la disparition de sa mère en 1905 le confronte brutalement à la mort. Commencent alors des années d'intense travail. Sortant peu, évitant le jour et les bruits qui le fatiguent (il a fait tapisser sa chambre de liège), il se consacre essentiellement à la rédaction de son oeuvre majeure, A la recherche du temps perdu, qui comportera sept volume. Le premier, Du côté de chez Swann (1913) déconcerte ses contemporains. Mais, en 1919, il obtient le prix Goncourt avec le deuxième, A l'ombre des jeunes filles en fleurs. Paraissent ensuite le Côté de Guermantes (1920) puis Sodome et Gomorrhe (1922). Et c'est bien "un étrange humain" que les "ténèbres" ravissent en 1922, alors qu'il achève in extremis une oeuvre dont il n'aura pas le temps de revoir les trois derniers volumes, qui paraîtront après sa mort : la Prisonnière(homosexualité, jalousie, épreuve de l'amour malheureux), 1923; Albertine disparue, ou la Fugitive, 1925; le Temps retrouvé (1927).
A la recherche du temps perdu : Avec plus de trois mille pages près de cinq cents personnages, A la recherche du temps perdu domine l'histoire littéraire du XX siècle par son ampleur et son dessein : faire resurgir grâce à l'écriture "l'édifice immense du souvenir", retrouver la vie oubliée, le temps perdu. Ce monument, Proust le voulait à l'image d'une cathédrale dont les deux principaux piliers seraient le premier et le dernier volume. Entre ces deux limites, la Recherche a pu s'enrichir de toutes les expériences du passé : l'enfance à Combray, les premières amours, la vie mondaine, la passion, la jalousie et la découverte d'une vocation d'écrivain. La Recherche n'est pas pour autant un roman autobiographique, car Proust, même s'il s'en inspire, n'y raconte pas sa vie et il ne saurait être confondu avec le narrateur du roman, qui , au moment même où il comprend le pouvoir destructeur du temps, a la révélation que seul l'art peut sauver l'homme et les choses de l'oubli, de l'habitude, de la mort.
L'étoile de Proust n'a jamais cessé de grandir. C'est un très grand écrivain du XX. Il transforme les idées en personnages. Il a écrit des articles sur Baudelaire, Nerval, Chateaubriand. Il a pris l'idée de la volonté involontaire. Il connaît extrêmement bien l'oeuvre de Flaubert.

Tout le temps du récit, le narrateur voulait être écrivain : il ne sait pas bien ce qu'est une oeuvre d'art. Quelle est la valeur, quelle est sa fonction ?

" Les mots nous présentent des choses une petite image claire et usuelle comme celles que l'on suspend aux murs des écoles pour donner aux enfants l'exemple de ce qu' est un établi, un oiseau, une fourmilière, choses conçues comme pareilles à toutes celles de même sorte. Mais les noms présentent des personnes -et des villes qu'ils nous habituent à croire individuelles, uniques comme des personnes- une image confuse qui tire d'eux, de leur sonorité éclatante ou sombre, la couleur dont elle est peinte uniformément, comme une de ces affiches, entièrement bleues ou entièrement rouges, dans lesqueles, à cause des limites du procédé employé ou par un caprice du décorateur sont bleus ou rouges, non seulement le ciel et la mer, mais les barques, l'église, les passants."

Du côté de chez Swann, III 1913 p298

1) La jeunesse de la recherche

1856-1906 : période avant la recherche

"Les grands littérateurs n'ont jamais fait qu'une seule oeuvre"

Il a découvert les principes de la recherche vers l'âge de 40 ans. La recherche a été écrite en 15 ans.

1896 : Les Plaisirs et les Jours marqué par l'esprit symboliste

1895-1902 : Jean Santeuil qui n'a pas été publié de son vivant : sorte d'autobiographie transposée. On y trouve beaucoup de scènes de mémoires involontaires. Proust n'arrive pas à trouver la forme de son roman. Il s'abandonne et se tourne vers l'esthétique : réflexion constante sur l'esthétique. Il traduit la bible d'Amiens.

1905 : date charnière avec la mort de sa mère qui lui a permis d'écrire

Proust revient à la question du roman et se demande si il doit écrire un roman ou un essai : il cherche une forme mixte. Il écrit quelque chose qui devait s'appeler Contre Sainte-Beuve

(p 280): projet d'écriture qui mêle du récit et de la critique plus des bases autobiographiques. Il est en désaccord sur tout avec Sainte-Beuve. C'est au départ un article pour le Figaro qui se développe en roman. Il faut distinguer le moi social et l'autre moi. Pour lui, on ne connaît un auteur qu'à travers son oeuvre.

Il insiste pour dire que l'intelligence pure ne suffit pas pour faire une oeuvre d'art. On se fait une oeuvre d'art sans partir des sentiments, de ce que la mémoire rend de la sensation et du sentiment : grand enjeu de la mémoire affective à ne pas confondre avec la mémoire intellectuelle.
1905-1922 A la Recherche du temps perdu

A l'origine, l'oeuvre s'intitulait Les intermittances du corps en deux points : le temps perdu et le temps retrouvé. Dès le début, Proust connaît la fin et connaît les principes avec lesquelle il va arrivé. Proust sait où il va. A la parution, on voit le titre qu'il y a désormais.
" L'étude du roman de Proust à la lumière de sa biographie fait apparaître un fait encore plus important. Il se trouve non seulement que La Recherche du Temps perdu est entièrement fondée sur l'expérience de son auteur, mais qu'elle s'offre comme une histoire symbolique de sa vie, et qu'elle occupe une place unique parmi les grandes oeuvres romanesques, du fait que ce n'est pas, à proprement parler, une fiction, mais une "autobiographie créatrice". Proust pense, avec raison, que sa vie offre l'aspect et la signification d'une grande oeuvre d'art."

Marcel Proust George D. Painter
2) Originalité en cinq points

C'est un roman de deux traditions : le genre des mémoires et le roman de Balzac (La Comédie Humaine) : c'est un grand cycle romanesque depuis Balzac. Il a vanté chez Balzac le retour des personnages (cf Le Père Goriot).
C'est un roman à la première personne et qui a donc un point de vu subjectif : le récit s'appuie sur une dimension philosophique.

Proust cherche des lois sous les phénomènes et déchiffre la réalité sous forme de signes. Il y a chez Proust un sociologue qui s'intéresse aux groupes et aux lois qui les rejettent , au mimétisme social, au snobisme. Proust n'est pas étranger à la sociologie des foules

û bourgeoisie montante

û aristocratie descendante

û guerre 14-18

û l'affaire Dreyfus

Chronique de moeurs : enquête sur la sexualité. C'est une oeuvre qui reflète son temps avec l'évolution des moeurs. C'est une oeuvre à multiples enjeux.

C'est l'histoire d'une conscience : roman d'analyse de la conscience. La mémoire affective joue un rôle important. L'enjeu est de constituer une durée pour l'éternité : lutte contre la mort.
Du côté de chez Swann, 1913 (p 283): c'est en goûtant une madeleine qu'il a trempée dans du thé que le narrateur, envahi d'une joie profonde qu'il n'arrive pas à cerner, prend d'un seul coup conscience du phénomène de la mémoire involontaire.

" Arrivera-t-il jusqu'à la surface de ma claire conscience , ce souvenir, l'instant ancien que l'attraction d'un instant identique est venue de si loin solliciter, émouvoir, soulever tout au fond de moi ? Je ne sais. Maintenant je ne sens plus rien, il est arrêté, redescencu peut-être, qui sait s'il remontera jamais de sa nuit ? Dix fois il me faut recommencer me pencher vers lui (...).

Et tout d'un coup le souvenir m'est apparu. Ce goût, c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (...) quand j'allais lui dire bonjour dans sa chambre,ma tante Léonie m'offrait après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul..."
Qu'est-ce qui fait qu'on ne se souvient pas de tout ? : l'habitude ou bien la mémoire ne conserve pas toutes les formes. D'un passé ancient, rien ne subsiste. Il se pose sur de l'infini : ici le goût, la saveur, l'odeur : microcosme qui va donner le monde qui a été oublié. Quelques sensations attendent que quelque chose vienne les révéler.
3) histoire d'une conscience

profondeur d'analyse : mémoire affective (différend de mémoire involontaire)

Il cherche la vérité d'une vie là où l'inconscient la conserve dans la mémoire affective. Il a une conception du temps qui vient de Bergson : Matière et mémoire. C'est un explorateur des virtualités du temps humain.
page 281 Du côté de chez Swann : ouverture de la recherche

La première page du roman : " un homme qui dort tient en cercle autour de lui le fil des heures, l'ordre des années et des mondes..."

- oscillation d'une conscience somnolente entre trois temps : temps des horloges (= temps réel), temps du rêve, temps de la rêverie issu de la lecture.

- temps imaginaire : univers proustien avec anticipation des choses qui se sont déjà passées dont on se souviendra plus tard.

- temps de l'éveil : projection d'un malade insmoniaque : souffrance et croit que c'est déjà le matin

- temps des choses : temps immémoriable

û quattuor et église qui reviennent à plusieurs reprises dans le récit.

La plongée vers l'autre côté des choses : Un mouvement assez suivi et cohérent, malgré la lenteur des phrases qui s'étirent : immersion preque immédiate, perte d'un contrôle raisonné ("que je croyais avoir...", oubli, introspection, floraison de l'imagination.

Quelques thèmes dominants : la solitude, d'où part toute méditation sur le temps ; la conscience à la lisière de deux mondes; glissement et imprégnation; fusion du passé dans l'instant présent; dédoublement et doute; images du rêve, lieu de volupté et de merveilles, constratant avec un réel décevant, qui risque d'affleurer sans cesse.
3) L'architecture : architecture romanesque

C'est une oeuvre construite. Elle demande de nouvelles formes.

- il doit rendre compte dans l'inconscience de la superposition des époques

- il doit rendre compte du déroulement d'une existence

L'enjeu est d'accéder à la vérité qui ne peut être développer que progressivement.

On ne peut juger une oeuvre que celle-ci achévée. C'est l'acheminement par étapes dans une cathédrale. Il faudra attendre Le temps retrouvé pour que tout s'éclaire. La clé de l'oeuvre est comment devenir écrivain. L'idée de Proust est de disjoindre ce qui dans la mémoire est joint. L'oeuvre est une découverte progressive de cette vérité.
Regards et souvenir

- Le désir est surtout visuel, chez Proust, et tout ce qui est caché attire : volets, tiroir, lettre cachetée. Le point de vue s'exerce à partir d'un poste d'observation : fenêtre, clocher, butte, coin discret d'un salon. De même, le regard est un langage,une complicité, irritante pour ceux qui en sont exclus, mais analysable.

- La vraie vision sur le monde est cependant le souvenir : il nous "tire du néant obscur où nous nous débattons". Associé à la lumière, il dessille notre regard, suscite l'imagination et donne son contour à la réalité.

- La mémoire involontaire est même éblouissement, révélation totale : le goût de la madeleine;la petite phrase de la sonate de Vinteuil; un geste qui restitute la présence d'une grand-mère; des pavés sur lesquels on trébuche ou une serviette empesée.
Du côté de chez Swann : le travail du déchiffrement peut s'opérer sur des sujets très différents. A sa manière, le jeu métaphorique est déjà en soi un moyen de traduire et révéler. De même, la dynamique du roman est une investigation des "strates" profondes sur lesquelles s'est édifiée une personnalité.

Conscient que nous ne trouvons beau que ce qui, d'une manière consciente, évoque un instant heureux de notre passé, le Narrateur cherche à définir les "gisements profonds de [son] sol mental". Il perçoit alors qu'ils ont "deux cotés", correspondant au deux types de promenades de son enfance, l'été à la campagne : le côté de Méséglise-la- Vineuse et celui de Guermantes.

" Mais c'est surtout comme à des gisements profonds de mon sol mental, comme aux terrains résistants sur lesquels je m'appuie encore, que je dois penser au côté de Méséglise et au côté de Guermantes."

" Le côté de Méséglise avec ses lilas, ses aubépines, ses bluets, ses coquelicots, ses pommiers, le côté de Guermantes avec sa rivière à tétards, ses nymphéas et ses boutons d'or ont constitué à tout jamais pour moi la figure des pays où j'aimerais vivre (...)"

" Car souvent j'ai voulu revoir une personne sans discerner que c'était simplement parce qu'elle me rappelait une haie d'aubépine, et j'ai été induit à croire, à faire croire à un regain d'affection, par un simple désir de voyage."

L'enjeu est que nous devenions les lecteurs de nous-même. Le premier volume est une ouverture au sens musical : rassemblement des chevaux avant le départ. C'est à Swann (microscosme) que le lecteur ressemble mais en même tant, il ne faut pas. Le thème de la fuite du temps et du temps retrouvé est mis en abyme. C'est une quête du sens : expérience des signes et de leur emboitement.

page 298

"Swann et Guermantes ne sont pas seulement deux routes, deux côtés, ce sont aussi deux phonétismes. Si le nom propre a chez Proust cette fonction oecuménique, résumant en somme tout le langage, c'est que sa structure coïncide avec celle de l'oeuvre même : s'avancer peu à peu dans les significations du nom (comme ne cesse de le faire le narrateur), c'est s'initier au monde, c'est apprendre à déchiffrer les essences : les signes du monde (de l'amour, de la mondanité) sont faits des mêmes étapes que ses noms; entre la chose et son apparence se développe le rêve."

Nouveaux Essais critiques, Roland Barthes, 1967



page 290 Sodome et Gomorrhe

L'enquête du Narrateur ne peut se réduire à une continuelle introspection. Son regard s'exerce à deviner la nature cachée des êtres qui l'entourent, à se conduire en espion, en déducteur. La suite du roman viendra souvent justifier ses intuitions. Voici deux exemples de cette enquête sociale et psychologique.

- le narrateur observe le baron Charlus et à la révélation, devant une de ses manoeuvres de séduction, de ses véritables moeurs

- autre suspicion, plus insupportable pour le narrateur, mais encore improbable : le goût d'Albertine pour les femmes.

C'est comme une danse d'un bourdon autour d'une orchidée, danse érotique : le narrateur est un voyeur.
" A chaque instant, le personnage de Proust se retrouve devant une réalité et un avenir dont la signification ne lui est que partiellement révélée. Cela peut-être, par exemple, un salon. Cela peut-être une personne, comme celle de Bergotte, longtemps rêvée et devant qui, soudain, l'on se trouve (...). Mais les passages essentiels sont ceux égrenés tout au long du livre, où tout d'un coup l'être se trouve en face d'un objet qui le sollicite et lui propose une énigme : le contemplateur se trouve en présence d'une entité qui refuse de se laisser immédiatement posséder ou connaître, et qui appartient par conséquent à la fois au monde du dehors et à celui de l'avenir."

Etudes sur le temps humain, Georges Poulet, 1968
C'est une contruction intellectuelle : un essai en forme de conversation-critique. L'essai d'esthétique se fonde dans le romanesque. L'oeuvre est une construction intellectuelle. C'est un projet intellectuel qui prend la forme d'un roman. Proust recherche la loi psychologique, la loi qui articule les signes du monde entre eux : construction dogmatique. C'est une expérience inégalée à son époque du temps, de la durée, de la mémoire affective : complexité des problèmes.


page 295 A l'ombre des jeunes filles en fleur, 1918

Puisqu'il refuse le réalisme grossier et l'académisme, Proust semble défendre une peinture proche de l'impressionnisme. Grand admirateur de Monet, il partage avec lui le goût des plantes d'eau (nénuphars, nymphéas) : des métamorphoses que provoque, sur les couleurs , l'éclairage; du sens aigu des nuances lumineuses, plus suggestives que le trait. Monet est cité plusieurs fois dans La recherche ("quel génie !"). Il est possible de le retrouver dans le personnage d'Elstir, inventé par Proust, dont le narrateur aime les tableaux.

"Or, l'effort d'Elstir de ne pas exposer les choses telles qu'il savait qu'elles étaient, mais selon ces illusions optiques sont notre vision première est faite, l'avait précisément amené à mettre en lumière certaines de ces lois de perspective, plus frappantes alors, car l'art était le premier à les dévoiler"

Proust nous parle de la technique du peintre Elstir. Il ne faut jamais décrire les choses telles qu'elles sont mais telles qu'elle paraissent associées à autre chose . C'est un travail sur la métaphore. (mer entourée de granit / falaise en forme de lac = impression)
page 286 Sodome et Gomorrhe, 1921-1922

" Car aux troubles de la mémoire sont liées les intermittences du coeur. C'est sans doute l'existence de notre corps, semblable pour nous à un vase où notre spiritualité serait enclose, ce qui nous induit à supposer que tous nos biens intérieurs, nos joies passées, toutes nos douleurs sont perpétuellement en notre possession."

Si le "je " est difficile à cerner, ce n'est pas seulement parce qu'il est la vois, dans le roman, d'un narrateur-héros. Ce passage continuel entre le regard réflexif et le récit de l'action illustre la conception que Proust se fait de la conscience : elle est en soi un va-et-vient. Soumis au temps, le moi change sans cesse, se perd et se retrouve. Nos sentiments aussi subissent les "intermittences du coeur". Par exemple, le narrateur raconte ici, comment, un après la mort de sa grand-mère, lors d'un séjour à Balbec, il la retrouve enfin vraiment.
4) le roman d'une quête esthétique

Comment le narrateur devient écrivain ? Devenant écrivain, il affranchi le temps : créateur. Proust s'appuie à la littérature de notation (héritage naturalisée ) : le petit fait vrai ne l'intéresse pas.
page 254 Le Temps retrouvé, 1927

La théorie de l'oeuvre d'art selon Proust : contre une littérature qui vise à restituer les faits vécus; pour un art qui soit vision supérieure et globale.

" Comme la littérature de notations aurait-elle une valeur quelconque puisque c'est sous de petites choses comme celles qu'elle note que la réalité est contenue (la grandeur dans le bruit lointain d'un aéroplane, dans la ligne du clocher de Saint-Hilaire, le passé dans la saveur d'une madeleine, etc.) et qu'elles sont sans signification par elles-mêmes si on ne l'en dégage pas ?"

C'est un projet d'interprétation. La réalité intérieure ne peut être développée que par un style que lui donne la forme.

ligne 13-24

III Le roman de l'entre-deux-guerres

1) Panorama du roman d'entre-deux-guerres

Le roman de l'entre-deux guerres foisonne : il y a une production romanesque importante. Il y a beaucoup de romanciers et parmi eux peu de vrais novateurs comme Jules Romain, Gide ou Proust.
cf photocopie Martin du Gard

Le lecteur va être déranger sur quelques points, mais il le faut. On ne peut plus désamment présenter qu'un seul point de vue : il y a plus de points de vue priviligié sur le monde. Le nouveau réalisme comme doctrine esthétique apparaît. il y a une incertitude de la vie : je ne sais pas ce que je ferais demain. L'être est liberté.
L'influence surréaliste : le roman n'a pas de nécessité artistique aux yeux du poète. Mais Breton fait quand même un récit autobiographique comme Nadja mais c'est écrit comme un document. Les descriptions sont supprimées et à la place il y a des photographies.

L'inspiration surréaliste anime les premiers romans d'Aragon : Anicet ou le panorama et Le paysan de Paris.

Mais il y a aussi les romans de Julien Gracq qui seront considérés par Breton comme partie majeure du surréalisme. Julien Gracq a une écriture splendide et très très chargée de métaphores : 1938, Au château d'Argol; 1951, le Rivage des Syrtes û roman de l'attente; personnage en attente d'un événement.
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