Argot du corps et dépréciation. Formes et valeurs d’une pratique discursive de moquerie








titreArgot du corps et dépréciation. Formes et valeurs d’une pratique discursive de moquerie
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date de publication21.01.2020
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Introduction




INQUANTE ANS DURANT et à une incroyable cadence, Frédéric Dard a composé, tel un artisan, la série des San-Antonio [1]. Cet auteur très prolixe – et surtout connu du grand public par le biais des enquêtes du commissaire San-Antonio – aura contribué à façonner une œuvre qui, on peut l’affirmer aujourd’hui, appartient au patrimoine français de la littérature populaire du XXe siècle [2].

Nul ne s’étonnera qu’un colloque lui ait été consacré en Sorbonne assez récemment (Rullier-Theuret et al., 2010). Il faut néanmoins rappeler que hormis quelques études, d’ailleurs de qualité [3], la critique académique prend du temps à reconnaître la valeur « littéraire » de cette œuvre et admet avec peine que cet immense corpus est bel et bien un précieux objet de recherche [4]. Il a pourtant été montré ailleurs que l’étude de l’idiolecte de Frédéric Dard, précisément celui que l’on rencontre dans la somme des San-Antonio, peut se révéler particulièrement riche pour qui se penche sur la question de l’évolution de la langue française au cours de la seconde moitié du siècle dernier, notamment dans ses variations diastratique et diaphasique (voir Galli, 2011).

Dans la contribution qui suit, nous souhaitons formuler quelques remarques à propos d’une parcelle du lexique san-antonien, à savoir le langage du corps, et ceci tout en nous intéressant au rapport que celui-ci entretient avec la langue argotique. L’objet premier de cet article est donc l’étude de l’emploi de l’argot dans San-Antonio, en d’autres termes son utilisation par l’auteur. À côté de cela, et c’est sans doute l’enjeu principal de notre analyse, nous voudrions montrer comment Frédéric Dard, s’il reste profondément lié à l’argot tout au long de son œuvre, ouvre des perspectives nouvelles dans la dénotation du corps. Il sera là question de néologie, d’abord parce que l’argot contribue à alimenter la création lexicale, ensuite parce que celui-ci laisse progressivement la place à des formes plus personnelles.

Notre examen portera sur cinq romans dont les dates de publication sont espacées d’une dizaine d’années, de sorte à pouvoir couvrir l’ensemble de la période d’écriture et suivre son évolution dans le temps. Si le corpus est modeste au regard de l’immense production san-antonienne, celui-ci se veut être avant tout un échantillon significatif, et de l’idiolecte, et de sa transformation [5]. Les mots d’argot puis les néologismes renvoyant aux différentes parties du corps relevés dans notre corpus sont reproduits in extenso dans les annexes 1 et 2, afin d’offrir au lecteur une vue d’ensemble à côté des exemples qui étayent notre propos [6].
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