Argot du corps et dépréciation. Formes et valeurs d’une pratique discursive de moquerie








titreArgot du corps et dépréciation. Formes et valeurs d’une pratique discursive de moquerie
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date de publication21.01.2020
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[9] Jean-Claude Beacco, Jean-Marc Caré, Parlez-lui d’amour. Le français des relations amoureuses. Paris : CLE International, 1988.


[20] Catégorie sociale ou « socio-style », désignant les « bourgeois-bohèmes ». Le mot-valise « bobo », comme « beurgeois » pour parler des enfants d’immigrés embourgeoisés et fortunés, tend à devenir méprisant.

[2] Argot de « vous ennuie ».

[22] Célèbre exhortation de Maurice Thorez, homme politique français, communiste, s’adressant à des ouvriers en grève.

[23] Argot de « courageux, gonflé ».

[24] Argot de « pourri, nul, pas intéressant ».
par Francis Yaiche

Professeur des Universités

Sorbonne Paris 5 « René Descartes » (France)



Argoul corpului/The Body Slang/L’Argot du corps


Argot du corps et dépréciation.

Formes et valeurs d’une pratique discursive de moquerie
Florence Charles

Université de Bretagne Occidentale, Brest (France)

IUFM de Bretagne

CREAD EA 3875

charles.florence@orange.fr
Rezumat: Argoul corpului şi judecata depreciativă. Forme şi valori ale unei practici discursive ironice


Gros lard (‘persoană obeză’), gros tas (a. ‘om gras lipsit de energie’; b. ‘fată grasă şi urâtă’), gravos(se) [javanais (tip de jargon constând în introducerea silabei -av- sau -va- sau -ag- după fiecare consoană sau grup de consoane pronunţată/pronunţate într-un cuvânt) de la gros, grosse ‘gras, grasă’]...: câteva exemple de cuvinte care, pronunţate în anumite situaţii, caută, printr-o observaţie referitoare la înfăţişarea fizică a persoanei în cauză, să aducă atingere fiinţei şi identităţii sale. Articolul se concentrează pe formele lexicale folosite de copiii care îşi bat joc de un seamăn, un alt copil supraponderal sau obez. Studiul nu constă într-o anchetă sociolingvistică care să exploateze, de exemplu, datele empirice culese sub formă de înregistrare video sau audio, sau sub formă de interviu. Acesta analizează comentariile atribuite unor personaje şi se concentrează asupra imaginii pe care universul copilăriei o are în patru lucrări ale literaturii pentru tineret. Axa de cercetare aleasă – relaţia dintre forme şi valori – explică alegerea făcută: ficţiunile aduc împreună o serie de forme, iar liniile de semnificaţie pe care le creează permit interogarea valorilor pragmatice ale acestor forme. Înainte de a aborda aceste două aspecte, va fi schiţat conturul studiului, iar apoi va fi prezentat corpusul studiat.


Cuvinte-cheie: argoul corpului, bătaie de joc, supraponderalitate/obezitate, literatură pentru copii



Abstract: Body Slang and Depreciation. Forms and Values of a Discursive Practice of Mockery
Fatso, big lump, fatty: a few examples of remarks that, when pronounced in certain situations, seek to affect a person in their well being and their identity via a remark on their physical appearance. The article looks at lexical forms used by children that mock peers, who are fat or obese. The study is not a socio-linguistic study that uses, for example, empirical data collected in the form of video or audio recordings, or in oral interviews. It analyses remarks attributed to characters and looks at the image that is given of children’s society in four publications of children’s literature. The line of research adopted – the relationships between forms and values – explains the choice made: fiction brings together a certain number of forms, and the lines of meaning that they create allow one to question the pragmatic values of these forms. Before addressing these two points, the dissertation will specify the scope of the study and will then present the corpus studied.
Keywords: body slang, mockery, overweight/obesity, children’s literature



Résumé
Gros lard, gros tas, gravos(se)... : quelques exemples de propos qui prononcés en certaines situations cherchent par une remarque ayant trait au physique à atteindre la personne concernée dans son être et son identité. L’article s’intéresse aux formes lexicales employées par des enfants, qui se moquent d’un pair, un autre enfant gros ou obèse. L’étude ne consiste pas en une enquête sociolinguistique exploitant, par exemple, des données empiriques recueillies sous forme d’enregistrement vidéo ou audio, ou sous forme d’entretien oral. Elle analyse des propos prêtés à des personnages et s’intéresse à l’image qui est donnée de la société enfantine dans quatre œuvres de littérature jeunesse. L’axe de recherche retenu – les relations entre des formes et des valeurs – explique le choix effectué : les fictions rassemblent un certain nombre de formes et les lignes de signification qu’elles créent permettent d’interroger les valeurs pragmatiques de ces formes. Avant d’aborder ces deux points, le développement précisera les contours de l’étude, puis présentera le corpus considéré.
Mots-Clefs : argot du corps, moquerie, surpoids/obésité, littérature pour enfants



1. Une image fictionnelle d’une activité argotique
ÉTUDE MENÉE S’INTÉRESSE à des représentations qui ne sont pas sans entretenir des liens avec des réalités effectives. Les œuvres littéraires retenues s’adressent, en effet, en premier lieu à un lectorat pour qui les situations fictionnelles décrites peuvent entrer en résonance avec des situations vécues, que ces situations soient personnelles ou non, ou entrer en résonance avec des situations dont le lecteur possède une connaissance indirecte, parce que, par exemple, il en a entendu parler. Les mondes fictifs créés dans trois des quatre œuvres, deux romans – Tu fais du lard, Gaspard ! de Sylvie Mathuisieulx paru aux éditions Magnard jeunesse en 2005, La danse de l’éléphante de Jo Hoestlandt aux éditions Acte Sud junior en 2010 – et un album – Hugo un héros… un peu trop gros écrit par Valérie Weishar-Giuliani, paru aux éditions Alice jeunesse en 2011 –, se présentent comme étant réalistes : ils retracent le quotidien d’un enfant connaissant un problème de surpoids ou bien d’obésité. Les faits évoqués confèrent eux aussi pour une part une dimension réaliste au monde de la fiction dans Le journal de grosse patate, une pièce de théâtre écrite par Dominique Richard, publiée en 2001 aux éditions Théâtrales : Grosse Patate parle, outre de sa boulimie et de ses régimes, d’aspects de sa vie d’écolière sur une année scolaire, l’année de CM2.

En relation avec cette thématique principale du surpoids/de l’obésité, les quatre fictions, de façon plus ou moins étendue, rapportent les moqueries dont les quatre héros sont l’objet. Ceux-ci, pour reprendre une formule enfantine, se font « traiter ». Dans trois des fictions, les moqueries émanent des pairs, c’est-à-dire d’enfants scolarisés dans la même école que le héros. Le journal de grosse patate et La danse de l’éléphante donnent une indication à propos du niveau de scolarité, à savoir la fin de la scolarité élémentaire. Seul le petit roman Tu fais du lard, Gaspard ! met en scène une grande sœur moqueuse. Les propos tenus par ceux qui appartiennent à une même classe d’âge le sont dans le cadre de ce qui représente pour les personnages des relations sociales ordinaires, en contexte scolaire essentiellement, et pour Tu fais du lard, Gaspard ! en contexte extrascolaire – la maison, au sein de la fratrie. Tel est également le cas pour une petite part en fin de récit dans l’album Hugo un héros… un peu trop gros lors d’un après-midi passé chez l’amie d’Hugo. L’ensemble des propos présente la caractéristique d’être énoncés hors de la présence de l’adulte ou hors de la portée de l’adulte qui n’entend pas ce qui est dit. Les propos tenus pour parler d’un corps gros/obèse sont donc présentés comme circulant entre soi, au sein d’un groupe, autrement dit d’une communauté définie par une classe d’âge. Cette appartenance implique notamment des rapports sociaux contextualisés spécifiques.

L’étude s’intéresse par conséquent à un exemple d’activité argotique chez l’enfant, une activité représentée, et précisément aux relations que l’analyse peut établir entre argot du corps et dépréciation dans le cas d’une pratique discursive de moquerie. Il s’agira d’examiner en quoi les formes verbales con-sidérées – unités lexicales, polylexicales, syntagmes et un énoncé – sont dépréciatives afin d’être ensuite en mesure d’examiner les valeurs pragmatiques dont se chargent les formes, valeurs associées à une visée mère de moquerie.

Cet examen de la portée de formes dépréciatives questionnera les liens pouvant être établis entre, d’une part, des formes verbales à caractère argotique et un point de vue dépréciatif, entre, d’autre part, ces formes et des valeurs pragmatiques. L’étude souhaite, en effet, contribuer à la connaissance de caractéristiques linguistiques ainsi qu’à la connaissance de la fonctionnalité de formes qui sont argotiques, en ce sens que ces formes, dont certaines sont recensées par plusieurs dictionnaires spécialisés comme ayant été ou étant argotiques, apparaissent comme assurant des fonctions au sein du groupe d’âge concerné et comme étant en cela, bien que les formes soient employées par d’autres locuteurs, assez spécifiques sur le plan langagier du parler de ce groupe d’âge.

Un double critère constitue le point de référence théorique du travail conduit : un argot est appréhendé en tant que façon de parler, qui est propre ou est plus particulière à un groupe et par laquelle l’individu et le groupe se distinguent (Guiraud, 1985) ; ce parler considéré comme une forme ou variété de la langue remplit des fonctions déterminées (Calvet, 1999). Il sera intéressant à ce propos d’examiner si les valeurs pragmatiques identifiées nouent des contacts avec des fonctions majeures assignées aux argots : une fonction identitaire (Goudaillier, 1998 ; Calvet, 1999), une fonction ludique (Goudaillier, 1998 ; Colin, 2000), une fonction emblématique ou sémiologique (Calvet, 1999), c’est-à-dire l’expression d’un rapport à la langue et à travers elle l’expression d’un rapport à la société, et plus globalement l’expression d’un rapport au monde (fonction expressive).
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