Et moi, je te dis aussi que tu es Pierre [grec petros, pierre, caillou], et que sur cette pierre [grec petra, roc, rocher ] je bâtirai mon Église, et








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date de publication05.07.2017
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Petros/Petra

« Et moi, je te dis aussi que tu es Pierre [grec petros, pierre, caillou], et que sur cette pierre [grec petra, roc, rocher] je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle. » Matthieu 16:18 (Chanoine Ostervald, version catholique).

« Moi aussi, je te dis que tu es Pierre [grec petros] ; et [or, mais, même, pourtant, etc.] [c’est] sur ce roc [-là] [grec kai epi tautei tei petrai] [que] je bâtirai mon assemblée, et les portes du Hadès ne prévaudront pas contre elle. » Matthieu 16:18 (Darby, version protestante).

Ce jeu de mot de Jésus, entre pétros et pétra, intraduisible en français, a déjà fait couler beaucoup d’encre. Mais on a fait aussi couler beaucoup de sang, en prenant cette déclaration comme prétexte pour fonder abusivement la suprématie de l’apôtre Pierre

Et moi, je te dis aussi que tu es Pierre [grec petros, pierre, caillou], et que sur cette pierre [grec petra, roc, rocher] je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle. Matthieu 16:18 (Chanoine Ostervald, version catholique).

Ce jeu de mot de Jésus, entre pétros et pétra, intraduisible en français, a déjà fait couler beaucoup d’encre. Mais on a fait aussi couler beaucoup de sang, en prenant cette déclaration comme prétexte pour fonder abusivement la suprématie de l’apôtre Pierre

Matthieu 16:18 « Et MOI (Jésus), je te dis que tu es PIERRE (Petros), et que sur cette PIERRE (Petra) JE (Jésus) bâtirai mon assemblée ».

1/ Analyse des mots du texte.

ΚΑΤΑ ΜΑΤΘΑΙΟΝ 16:18-19SBL Greek New Testament (SBLGNT)1

18 κἀγὼ δέ σοι λέγω ὅτι σὺ εἶ Πέτρος, καὶ ἐπὶ ταύτῃ τῇ πέτρᾳ οἰκοδομήσω μου τὴν ἐκκλησίαν, καὶ πύλαι ᾅδου οὐ κατισχύσουσιν αὐτῆς·

Πέτρος, numéro strong G4074 : nom masculine, ici ce mot désigne Pierre l’apôtre.

Littéralement, ce mot signifie : caillou, un petit caillou, ou un morceau de granit.

πέτρᾳ = numéro Strong G4073 est un nom féminin, qui littéralement signifie rocher, roc de grande taille.

Ce nom commun de genre féminin évoque une immense base de roc inébranlable. L'Eglise repose donc sur un immense fondement de roc, et non sur un morceau de granit.

Petros et Petra sont deux mots différents qui ne désignent pas la même chose.

L’un est masculin et l’autre féminin.

Ce verset est une paronomase2 figure de style très utilisée à l’époque de Jésus.

Une exégèse à prendre en compte :

Voici l'exégèse de ce passage. En syriaque, qui est probablement le langage dans lequel s'exprimait Jésus, le mot « cepha » signifie bien une pierre et cepha (ou cephas) nom donné par Jésus à Simon, devait se traduire également par Pierre. Dans ce cas, il y aurait lieu à une équivoque, si le texte grec et inspiré de l'Evangile n'y eût remédié. En effet bien que le mot grec (petros) signifie à la fois une pierre et le nom Pierre; l'évangéliste ne voulant laisser subsister aucun doute sur l'interprétation de ce passage a dit : « Et sur cette pierre » au lieu de « Et sur ce Pierre. »

Cette exégèse est de Saint Augustin3.

Il écrivait dans son livre des Rétractations (Ch. 21) : 1. Pendant que j’étais prêtre; j’écrivis encore un livre contre une lettre de Donat, qui fut à Carthage le second évêque du parti donatiste après Majorinus. Dans cette lettre, il prétendait que si on n’était pas de sa communion on n’était pas baptisé en Jésus-Christ. Mon livre le combat. En un passage j’ai dit de l’apôtre saint Pierre que l’Eglise a été fondée sur lui comme sur la pierre; c’est le sens que célèbre l’hymne très-répandue du bienheureux Ambroise dans ces vers sur le chant du coq : « A ce chant, la pierre de l’Eglise efface sa faute.» Mais je sais que très-souvent, dans la suite, j’ai expliqué cette parole du Seigneur : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise,» en ce sens que cette pierre est Celui que Pierre a confessé en disant : « Vous êtes le Christ, Fils du Dieu vivant 1 ; » de la sorte, Pierre tirant son nom de cette pierre, figurait la personne de l’Eglise, qui est élevée sur elle et qui a reçu les clefs du royaume des cieux. Il ne lui a pas été dit en effet: « Tu es la pierre (petra), » mais : « Tu es Pierre (Petrus). »

Car la pierre était le Christ ; et Simon, l’ayant confessé comme toute l’Eglise le confesse, a été nommé Pierre. Que le lecteur choisisse de ces deux interprétations celle qui lui semblera la plus probable. »

1. Liv. II, C. XXI. — 2. Matt, VII, 7,11,



2/ Il y a des règles fondamentales d’herméneutique à respecter afin d’interpréter correctement les textes bibliques.

1/ Tenir compte du contexte. En effet, un texte qui est sorti de son contexte peut devenir un prétexte pour faire dire au texte ce qu’on veut qu’il dise et pas forcément ce qu’il dit réellement.

2/ Tenir compte de la pensée générale de la Bible quand on interprète un texte, c’est pourquoi, il est important de se poser la question : est-ce que l’interprétation que je donne à ce passage est conforme à la pensée générale de la Bible ?

3/ Un texte unique ne peut pas servir de base pour établir une doctrine ou un dogme.

Examinons le verset Matthieu 16:18 en tenons compte des 3 règles fondamentales d’herméneutique que nous venons de citer.

1/ Le contexte de ce passage c’est-à-dire ce qu’il y a avant et après.

Des opposants religieux demandent à Jésus de faire un miracle pour prouver sa divinité (verset 1). Ces « juifs » tentent par là d’affirmer leur autorité religieuse, sérieusement remise en question par le charisme et l’intelligence supérieure de Jésus et surtout par la cohérence irrécusable existant entre son enseignement et son comportement. Jésus, comme souvent, les renvoie aux prophéties bibliques qu’ils sont censés bien connaître (ici Jonas), prophéties suffisantes pour le légitimer, et il refuse d’entrer en discussion (16:2-4).

Jésus met en garde ses disciples contre l’état d’esprit, extrêmement pernicieux, de ce type de religieux (16:5-12).

Jésus, à présent éloigné géographiquement des religieux et de leur zone d’influence peut parler plus librement avec ses disciples de sa messianité divine (16:13-18). Il interroge ses disciples sur ce que les gens disent de lui. Et dans un second temps, il interroge ses disciples sur ce qu’ils pensent eux.

Nous voyons Pierre qui reconnaît Jésus comme le Messie : verset 16. // Rom. 10:10

Jésus relève au verset 17 que la réponse de Pierre est le résultat d’une révélation du Père.

Au verset 19, Jésus parle des clés du royaume

Dans les versets suivants, nous voyons Pierre qui parle plus vite que sa pensée et que ses capacités. Jésus le reprend.

Remarques :

Rien dans le contexte ne laisse supposer qu’il soit question de la « suprématie de Pierre » sur le reste des apôtres.

Nous voyons deux visages de Pierre, un Pierre capable d’avoir un élan spirituel et de recevoir une révélation de Dieu ; et un Pierre capable d’avoir un élan présomptueux que Jésus réprime.

Qui était le roc dont Jésus parla en Matthieu 16:18 : Pierre ou Jésus lui-même ? Le contexte que nous venons de voir indique que la discussion engagée avait trait à l’identification de Jésus au « Christ, le Fils du Dieu vivant », comme le qualifia Pierre lui-même (Matthieu 16:16, Os). En toute logique, le roc sur lequel serait solidement fondée l’Église serait Jésus, et non Pierre, qui allait renier le Christ à trois reprises. — Matthieu 26:33-35, 69-75.

2/ La pensée générale de la Bible.

Si nous examinons les textes bibliques, ils établissement que :

  • Pierre, était un pécheur de poissons qui devint un pécheur d’hommes.

Il fut disciple de JC, apôtre de Christ et un pilier dans l’église du premier siècle avec Jacques, Jean ….et Paul. Nous suivons l’itinéraire de Pierre à travers l’évangile de Marc, le livre des Actes des apôtres.

A aucun moment, il est présenté comme la « Petra » le grand rocher sur lequel l’église a été fondée.

  • Jésus : les évangiles nous le montre sous différents aspects : Jésus fils de Dieu, fils de l’homme, le Messie… mais plus encore :

Comme étant la pierre angulaire, la principale de l’édifice, le rocher des siècles, le fondement de l’église : 1 Corint. 3:10-12.

// Matthieu 21:42 ; Marc 12:10 ; Actes 4:11 (cf. Ps 118:22) ; Rom. 9:33 (cf. Esaïe 8:14 et 28:16) ; 1 Corint. 10:4 ; Eph. 2:20…

Les croyants sont les pierres vivantes attachées à la pierre angulaire : 1 Pierre 2:4

Lire également : Apoc. 21:14

Remarques :

Aucun texte biblique ne met en évidence la suprématie de Pierre, et ne vient appuyer l’interprétation de l’Eglise Catholique Romaine de Matthieu 16:18.

Nous en déduisons donc logiquement que le mot « Petra » ne désigne pas Pierre, mais bien Jésus.

Les évangiles relatent un épisode qui mérite notre attention.

Il y a une discussion qui éclate au milieu des apôtres pour savoir lequel était le plus grand. Certains convoitaient déjà les places d’honneur auprès du Christ dans son royaume. Jésus n’a jamais déclaré Pierre comme étant le Premier et le plus grand des apôtres. Luc 22: 24-25 ; Marc 10:35-45 ; Matthieu 20:20-28.

Si Pierre avait désigné comme étant au-dessus des autres apôtres, Jésus n’aurait pas manqué de le signaler.

Au sujet des clés du royaume au verset 19a : Nous avons l’accomplissement de cette parole en Actes 10 et 11:1-3 et 18. C’est par l’intermédiaire de Pierre que la porte s’est ouverte pour les païens. C’est l’apôtre Pierre le premier qui prêcha l’évangile à Corneille, sa famille et les gens rassemblés dans sa maison. Nous savons qu’il a reçu une révélation avant d’aller dans la maison de Corneille, car à cette époque, il était inconcevable qu’un juif mette les pieds chez un païens, et encore moins chez un militaire à la solde de Rome. L’apôtre Pierre devra d’ailleurs rendre des comptes auprès des autres apôtres de cette situation. Les apôtres et les chrétiens rassemblés reconnurent après le témoignage de Pierre que c’était Dieu qui avait ouvert la porte ; et ils glorifièrent Dieu.

Quelques commentaires de Pères de l’Eglise.

Origène « Serait-ce peut-être que les clés du Royaume des cieux auraient été données par le Seigneur au seul Pierre et qu'aucun autre des élus ne les recevrait ? Pourquoi ces paroles; je te donnerai les clés, etc, ne sont-elles pas communes aux autres apôtres, comme celles qui précèdent et celles qui suivent, quoiqu'elles semblent adressées directement à Pierre seul !4 »

Saint Jérôme « Vous dites que l'Eglise est fondée sur Pierre; mais nous nous disons qu'elle est fondée sur tous les apôtres également et que chacun d'eux a reçu les clefs du royaume des cieux5. »


Saint Ambroise assure que ce qui a été dit à Pierre : Je te donnerai les clefs... l'a été aussi aux autres apôtres6.


Gaudence affirme que tous les apôtres, après la résurrection, reçurent avec Pierre les clés du royaume des cieux, quand le Sauveur leur dit : Recevez le Saint-Esprit7.

Saint Augustin (De Ag. cap. 30). Ce grand docteur déclare que les pouvoirs de lier et de délier, furent donnés à l'Eglise quand ils furent donnés à Pierre. Et il écrit ailleurs : « Dira-t'on que ces clefs, Pierre et Paul les reçurent seuls ? Non. Est-ce que Pierre, Jacques et Jean et les autres apôtres ne les reçurent pas ? Ne sont-ce pas ces clés données à l'Eglise dans laquelle chaque jour les péchés sont remis ? Ces clés n'ont pas été remises à un homme seul, mais à l'unité de l'Eglise8 ».

Au sujet de lier/délier au verset 19b : l’autorité n’est pas seulement donnée à Pierre, mais à tous les disciples : Luc 10:17 ; Matthieu 18:18 ; Marc 16:15-20…

3/ Un texte unique ne peut pas servir de base pour établir une doctrine ou un dogme.

Aucun texte biblique ne peut soutenir la doctrine ou dogme de l’Eglise Catholique Romaine au sujet de la suprématie de Pierre.

L’interprétation que l’ECR propose de Matthieu 16:18 est une interprétation singulière pour justifier le pouvoir extraordinaire (autrefois absolu) des papes de Rome, attribuant à l'apôtre Pierre un rôle fondateur unique dans l'Église ainsi qu'une autorité et un pouvoir exceptionnels transmis d'une façon ou d'une autre aux papes de Rome.

C’est une erreur fondamentale d’herméneutique et d’exégèse.

4/ Le témoignage de l’histoire de l’Eglise.

Matthieu 16:18 : se fondant sur ce texte, l’Église Catholique Romaine prétend que Jésus bâtit son Église sur Pierre qui, dit-elle, fut le premier d’une lignée ininterrompue d’évêques de Rome, les successeurs de Pierre.

L’histoire révèle deux choses :

La lignée ininterrompue d’évêques de Rome est difficile à justifier, car l’histoire chaotique de la papauté elle-même qui a vu de nombreux antipapes, des dépositions, des assassinats et quelques renonciations font qu’il est impossible de donner une liste exacte. De plus, les modalités d’élection (ou de nomination) et d’intronisation ont plusieurs fois changé, de sorte qu’un pape élu à une certaine date dans certaines conditions serait considéré comme non valable s’il avait été élu à une autre date (d’où le traitement différent accordé au prêtre Étienne et à Adrien V, pour prendre un exemple). Établir qui est un pape régulièrement élu et intronisé et qui ne l’est pas est parfois hasardeux. Ainsi les différentes listes circulant se contredisent sur la « validité » de tel ou tel pape9.

Pierre fondement de l’Eglise n’est pas un dogme qui a fait l’unanimité au sein de l’Eglise Catholique Romaine (ECR).

Le pape Étienne (257), dès l'époque des persécutions de l'empereur Dèce, se nomme « évêque des évêques », exprimant l'opinion particulière qui pointait déjà à Rome.
Dans le même temps, ce pape s'efforce d'excommunier en masse ses confrères dans l'épiscopat, recevant finalement cette semonce de leur part : « Tu crois pouvoir les excommunier tous de toi, mais tu n'as fait que t'excommunier toi-même de tous ».

Au 5ème siècle, le pape Innocent déclare « qu'on ne peut rien décider sans en référer à la chaire romaine, dans les affaires de la foi en particulier, tous les évêques doivent s'adresser à l'apôtre Pierre », c'est-à-dire à l'évêque de Rome.

Au 7ème siècle, le pape Agathon affirme à son tour que l'évêque de Rome n'a jamais péché et ne pouvait pécher10.

Leurs affirmations n’ont aucune base biblique.

Au sujet de Mattieu 16:18

Eusèbe de Césarée (†340), père de l'histoire ecclésiastique, mentionnant ce verset dans ces commentaires sur les psaumes, estime que le Christ est lui-même le fondement de l'Église (Η πετρα δε ην ο Χριστος)11, suivant les textes des épîtres apostoliques (I Cor 10: 14 et I Cor 3:11). Après le Sauveur, toujours suivant l'apôtre Paul (Eph 2:20), on peut également considérer comme fondations de l'Église, la prédication des prophètes et des apôtres (ειτα μετ′ αυτον θεμελιοι της Εκκλησιας προφητικοι και αποστολικοι λογοι), ayant « Jésus Christ lui-même pour pierre angulaire ».

Eusèbe de Césarée, il définit clairement Jésus Christ et la foi en Sa Divinité comme fondations de l'Église, exprimant sans doute l'opinion de l'Église paléochrétienne.


Saint Hilaire de Poitiers (†367), surnommé « l'Athanase de l'Occident » pour avoir activement défendu l'Orthodoxie contre l'arianisme en Gaule, appelle pierre sur laquelle est bâtie l'Église la confession du bienheureux Simon (super hanc igitur confessionis petram Ecclesiae aedificatio est)12.

Le fondement intangible (immobile fundamentum) est donc la pierre de la confession de foi bienheureuse de Pierre (una haec felix fidei petra Petri ore confessa)13.

Saint Grégoire de Nysse (†394), l'un des trois grands « cappadociens », ne s'attarde pas à louer Simon, un simple pécheur, mais glorifie sa foi ferme (αλλα προς την εκεινου πιστιν την στερεαν), qui est le fondement de toute l'Église14.

Saint Ambroise de Milan (†397), l'un des grands docteurs de l'Église latine, qui convertit saint Augustin au christianisme et influença l'empereur Théodose le Grand, estime que la foi est le fondement de l'Église (Fides ergo est Ecclesiæ fundamentum), car il n'est pas dit de la chair de Pierre, mais de la foi que les portes de la mort ne l'emporteront pas sur elle (non enim de carne Petri, sed de fide dictum est, quia portæ mortis ei non prævalebunt)15.

Saint Ambroise appelle ensuite le Christ rocher, suivant la pensée de l'apôtre Paul développée dans la lettre aux Corinthiens (I Cor 10:4) et invite chaque chrétien à s'efforcer de devenir pierre à son tour. Le chrétien ne doit pas chercher la pierre en dehors, mais au-dedans de lui. Cette pierre, c'est sa foi, et la foi est le fondement de l'Église16.

Saint Épiphane de Chypre (†403), infatigable pourfendeur d'hérésies, relie, lui, d'une certaine façon l'apôtre Pierre à sa foi. D'une part, l'apôtre Pierre est le premier parmi les apôtres (τον πρωτον των αποστολων), la pierre solide (την πετραν την στερεαν) sur laquelle est fondée l'Église (εφ′ ην η Εκκλησια του Θεου ωκοδομηται)17.

D'autre part, « Saint Pierre, qui préside parmi les apôtres (κορυφαιοτατος των αποστολων), est devenu pour nous en vérité cette pierre solide (στερεα πετρα) affirmant la foi du Seigneur, pierre sur laquelle est bâtie l'Église »18.

Saint Épiphane cite ensuite Mt 16:18 et explique ainsi l'exclamation du Seigneur après la confession de Pierre : « Sur cette pierre de la foi inébranlable, je bâtirai mon Église » (Επι τη πετρα ταυτη της ασφαλης πιστεως οικοδομησω μου την Εκκλησιαν)19.

Pour saint Épiphane, la meilleure expression de la tradition apostolique est le Symbole de foi proclamé par les Pères du Concile de Nicée, et non la personne de l'apôtre Pierre : « Cette foi nous a été transmise par les saints apôtres et (confirmée) dans l'Église en la ville sainte (εν Εκκλησια τη αγια πολει) d'un seul cœur par tous ceux qui étaient alors les saints évêques, au nombre de plus de trois cent dix »20.

Saint Jean Chrysostome (†407), la pierre sur laquelle est fondée l'Église est la confession (τη πιστει της ομολογιας) de la Divinité de Jésus Christ par l'apôtre Pierre. Lorsque Pierre le reconnaît comme Christ Fils de Dieu, Jésus appelle Pierre fils de Yonas, introduisant un parallèle pour montrer qu'il est le vrai Fils de Dieu, de sa propre substance, avant de parler de la fondation de l'Église sur cette confession (επι της ομολογιας) de Sa divinité21.

Saint Jérôme (†419), traducteur latin des Saintes Écritures et auteur de la Vulgate, estime que la pierre est le fondement de l'Église (Super hanc petram Dominus fundavit Ecclesiam), l'apôtre Pierre ayant reçu son nom de cette pierre (ab hac petra apostolus Petrus sortitus est nomen). Le fondement unique posé par l'architecte apostolique (I Cor 3) est notre Seigneur Jésus Christ lui-même (Fundamentum quod Apostolus architectus posuit, ICor.III, unus/unum est Dominus noster Jesus Christus) et sur ce fondement stable et ferme le Christ a bâti l'Église (Super hoc fundamentum stabile et firmum ... aedificatur Christi Ecclesia)22.


Saint Augustin (†430), fondateur de la théologie occidentale chrétienne, qui inspira les conciles de Carthage contre la centralisation romaine23, affirme que l'Église est fondée sur la pierre de laquelle l'apôtre Pierre reçut son nom (fundata est super petram, unde Petrus nomen accepit), de la même façon que le mot chrétien vient du nom « Christ » (christianus a Chisto vocatur). Cette pierre, c'est le Christ lui-même, l'Église est bâtie sur le Christ (Petra enim erat Christus, ICor.X,4; ...fundatur in Christo, ICor.III,11)24.

« Tous ils ont bu à la même source, qui était spirituelle, car ils buvaient à un rocher qui les accompagnait, et ce rocher, c'était déjà le Christ » (I Cor 10, 4) ; « Les fondations, personne ne peut en poser d'autres que celles qui existent déjà : ces fondations, c'est le Christ » (I Cor 3, 11). Dans d'autres textes, saint Augustin affirme que la pierre est la confession de foi de Pierre, l'Église étant fondée par le Christ non sur un homme, mais sur cette confession de foi25.

Saint Augustin ne pense cependant pas que la position élevée de l'apôtre Pierre puisse se transmettre26.

Après une longue confession de la foi de l'Église au III Concile œcuménique d'Éphèse, Acace de Mélitène (†ок.438) conclut que l'Église est fermement assise sur cette foi qui est la nôtre (αυτη ημων η πιστις· επι τουτω τω θεμελιω ωκοδομηθη η Εκκλησια)27.

Saint Cyrille d'Alexandrie (†444), célèbre exégète et polémiste égyptien, défenseur de l'Orthodoxie contre le nestorianisme, qui cite ce texte de l'Évangile, la pierre, c'est la foi inébranlable du disciple (πετραν, οιμαι, λεγων το ακραδαντονεις πιστιν του μαθητου)28, dont le nom ne signifie rien d'autre que cette foi inébranlable et ferme sur laquelle repose l'Église du Christ (την ακατασειστον και εδραιοτατην του μαθητου πιστιν)29.

Saint Théodoret de Cyr (†457), l'un des meilleurs représentants de l'école de théologie d'Antioche, attire l'attention sur la déclaration du grand Pierre confessant la divinité de Jésus Christ et la confirmation de ces paroles de Pierre par le Christ, proclamant la fondation de l'Église sur cette pierre. C'est pourquoi le sage apôtre Paul, le plus grand bâtisseur d'églises, ne propose pas d'autres fondations : « Les fondations, personne ne peut en poser d'autres que celles qui existent déjà : ces fondations, c'est Jésus Christ » (I Co 3, 11). Aussi le saint écrivain Théodoret estime que le Christ est le fondement de l'Église (cf Epistola 146, ad Joanneum œconomum)30.

Le pape Grégoire le Grand (†604), « Je suis convaincu de ce que toute personne se dénommant grand-prêtre universel, ou désireux de s'affirmer comme tel, dépasse l'antichrist par l'orgueil (Ego autem fidenter dico quia quisquis se universalem sacerdotem, vel vocari desiderat, in elatione sua Antichristum præcurrit...)31.

Saint Jean Damascène († vers 780) parle du zèle ardent de l'apôtre Pierre inspiré par l'Esprit Saint lorsqu'il confessa le Christ, Fils du Dieu vivant. C'est selon lui cette théologie (θεολογια) qui est la foi ferme et inébranlable sur laquelle, comme sur un roc, est fondée l'Église (αυτη η πιστις η ακλινης και ακλονητος, εφ ην ως η Εκκλησια εστηρικται)32.

En 1869 et 1870, l’évêque Joseph G. Strossmayer (1815-1905), évêque de Bosnie et de Syrmie à Djakovo, en Croatie, assista au premier Concile du Vatican à Rome33. Strossmayer utilisa à plusieurs reprises des déclarations comme «je ne trouve pas un seul chapitre, ni un seul verset, dans lesquels Jésus Christ donne à Saint Pierre l'autorité sur les apôtres, ses compagnons d'œuvre» ; «le Seigneur est silencieux sur ce point», «Certainement s'Il avait désiré qu'il en soit ainsi, Il l'aurait dit», «dans ses lettres aux différentes églises», Paul «aurait oublié le premier ce ces ministères, si la papauté avait été une institution divine ?», «L'apôtre Paul ne fait pas mention de la suprématie de Saint Pierre dans ses lettres aux différentes églises ;... «Si cette primauté avait existé, si en un mot l'Eglise avait dans son corps un chef suprême, infaillible, dans son enseignement, est-ce que le grand apôtre aurait oublié de le mentionner ? Que dis-je, il aurait écrit une longue lettre sur ce sujet de première importance. Alors pourquoi le fondement, la clef de voûte a-t-elle été oubliée, quand l'édifice de la doctrine chrétienne était en train de s'ériger ? »

Strossmayer a résumé ainsi ses conclusions se trouvant dans l'Ecriture et l'histoire, «Ne trouvant pas trace de la papauté aux jours des apôtres, je me dis que je trouverais ce que je cherche dans les annales de l'Eglise. Eh bien je le dis franchement: j'ai cherché un pape dans les quatre premiers siècles et je ne l'ai pas trouvé.»

Le défunt pape Jean-Paul II (1920-2005) « L'Église est bâtie sur la foi et la fidélité de l'apôtre Pierre »34.

5/ Conclusion.

Sur l'interprétation de Matth 16:18, nous pouvons conclure que :

1. L'apôtre Pierre (Πετρος - Petros) et la pierre (πετρα - petra) sur laquelle le Christ a fondé son Église sont deux phénomènes différents.

2. Les fondations de l'Église, suivant les textes bibliques sont le Christ lui-même et/ou la foi en Sa divinité, confessée pour la première fois clairement et fermement par l'apôtre Pierre, ce qui suscita l'exclamation du Christ.


3. Le témoignage de l’Ecriture (Jean 17:21) est appuyé par de nombreux pères de l’Eglise.


4. Les Saintes Écritures et leur interprétation par les Pères de l'Église du premier millénaire n'offrent aucune base à la théorie de la primauté du pape35.


A cela, ajoutons :

Aucun indice, ni dans l’Écriture ni dans l’Histoire, ne donne à penser que Pierre détenait la primauté parmi ses compagnons. L’apôtre n’en fait état nulle part dans ses lettres, et les trois autres Évangiles, dont celui de Marc (que celui-ci rédigea apparemment d’après le récit que lui rapporta Pierre), ne mentionnent même pas cette déclaration de Jésus à Pierre. (Luc 22:24-26; Actes 15:6-22; Galates 2:11-14.)


Il n’y a pas de preuves absolues qui permettent d’affirmer que Pierre ait été à Rome36 (1 Pierre 5:13). Au sujet du martyre de Pierre. Il n’y a pas de certitude quant au lieu où il a eu lieu. Si c’est à Rome, comme le revendique l’Eglise Catholique Romaine, ce fut probablement la seule fois que Pierre était à Rome (Jean 21:18-19).

Quand Paul vint à Jérusalem, « Jacques, Céphas [Pierre] et Jean, ceux qui semblaient être des colonnes », lui apportèrent leur soutien. À cette époque, Pierre était donc l’un des piliers de l’église de Jérusalem, lesquels se trouvaient au moins au nombre de trois. Il n’était nullement un « pape », et n’avait ni cette réputation ni celle d’être un « évêque » dominant de Jérusalem. (Galates 2:7-9; Actes 28:16, 30, 31)

Dans sa lettre aux chrétiens de Rome, l'apôtre Paul a salué quelque 30 membres de cette église, sans même mentionner Pierre. (Romains 16:1-23). Si Pierre avait été à la tête de l’église de Rome, Paul n’aurait pas oublié de le citer.

Paul écrit sa seconde à Timothée, où il mentionne ouvertement la ville de Rome sans faire allusion à Pierre. Dans aucune de ses lettres l’apôtre Paul ne fait mention de Pierre à Rome. L'activité de Paul à Rome est relatée à la fin du livre des Actes, mais, là encore, il n'est pas question de Pierre (Actes 28:16, 30, 31). Par conséquent, un examen objectif des preuves bibliques, exempt de toute idée préconçue, permet d'aboutir à la conclusion que Pierre n'a pas prêché à Rome.

Le témoignage le plus ancien invoqué par l’ECR est le passage de I Pierre 5:13 où il est écrit : « Celle qui est à Babylone, élue comme vous, vous envoie ses salutations. » Dans une note en bas de page, une traduction catholique37 récente, la New American Bible, identifie ainsi cette « Babylone » : « Rome qui, comme l’ancienne Babylone, conquit Jérusalem et détruisit son temple. » Toutefois, cette traduction catholique reconnaît que, si Pierre est l’auteur de cette lettre, « elle doit être datée d’avant 64-67 de notre ère, époque à laquelle il a été exécuté sous le règne de Néron ». Or, Jérusalem n’a pas été détruite par les Romains avant l’an 70 de notre ère. Ainsi, lorsque Pierre écrivit sa lettre, ce parallèle entre Babylone et Rome n’existait pas. Il n’y a donc aucune preuve solide archéologique ou historique, démontrant que Pierre séjourna à Rome. Le témoignage biblique affirme le contraire.

1 Texte grec : https://www.biblegateway.com/passage/?search=Matthieu+16%3A18-19&version=LSG;SBLGNT

2 Procédé qui consiste à rapprocher, dans une même phrase, des paronymes ou des mots aux sonorités proches

3 Texte complet ici : http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/augustin/retractationes/#_Toc524190814

4 Hamel 12 un M. n°11

5 Advers Jorim lib. 1

6 In psalm. 38

7 Orat. LXVI

8 Serm. 149 et 295

10 Archiprêtre Mitrophane Znosko-Borovsky, L'orthodoxie, le catholicisme romain, le protestantisme et le sectarisme (en russe). Chapitre « Les prétentions des évêques romains à la primauté dans l'Église. Les raisons de l'élévation de la chaire romaine

11 Commentaires sur les psaumes PG 23, col.173,176

12 De la Trinité, livre VI, 36-37, PL 10, col.186

13 De la Trinité, livre II, 23, PL 10, col.66

14 Panégyrique de saint ÉtiennePG 46, col.733

15 Du mystère de l'Incarnation du Seigneur, V:34, PL 16, col.827

16 Commentaires sur l'Évangile de Luc, chap. 6; PL 15, col.1694.

17 Ancoratus, PG 43, col.33

18 Panarion, PG 41, col.1029.

19 Ibid.

20 Ancoratus; PG 43, col.233.

21 PG 54, col.534, PG 61, col.611.

22 Commentaires sur l'évangile selon saint Mathieu, 7:26, PL 26, col.50.

23 Вolotov, V., Travaux sur l'histoire de l'Église (en russe). Т.4: Conférences sur l'histoire de l'Église ancienne. Мoscou: Martis, 2002, p.286.

24 Tractatus 124, PL 35, col.1975.

25 John Rotelle. Works of St Augustine, Sermons, Vol. 6, Sermon 229P.1 - New Rochelle: New City Press, 1993, p.327.

26 Вolotov, V., Travaux sur l'histoire de l'Église (en russe). Т.4: Conférences sur l'histoire de l'Église ancienne. Мoscou: Martis, 2002, p.285-286.

27 PG 77, col.1472.

28 Commentaire sur Isaïe,IV,2, PG 70, col.940.

29 Dialogue sur la Trinité livreIV, PG 75, col.866

30 La patrologie de Migne ne contient pas la lettre de saint Théodoret lui-même, mais sa description (PG 84, col.305).

31 PL 77, col.891D.

32 PG 96, col.556

34 «The Church of Christ is built on Peter's faith and fidelity», www.CatholicCulture.org

35 Les prémisses politico-religieux du papisme sont à rechercher dans l'antique héritage païen de Rome, plus exactement dans le culte des empereurs divins.

36 Des archéologues de l’Église catholique romaine découvrirent dans les années 50 un tombeau à Jérusalem contenant un ossuaire – une boîte d’ossements utilisée lors des inhumations juives du premier siècle – qui portait le nom gravé de « Siméon Bar Jonas » (nom sous lequel est connu l’apôtre Pierre dans le Nouveau Testament). Pour ne pas être battu, le Vatican fournit rapidement ses propres preuves archéologiques que le tombeau et les restes de Pierre étaient ensevelis sous le grand autel de la basilique Saint-Pierre de Rome. Au cœur de cette dispute se tenait un sarcophage découvert lors de la première moitié du siècle, que les autorités commencèrent à examiner de plus près juste après la Deuxième Guerre mondiale. Malheureusement, il est impossible de prouver si le sarcophage ou l’ossuaire contiennent les vrais restes de Pierre.

37 L’abbé Louis-Claude Fillion dans ses commentaire sur 1 Pierre 5:13 soutien la thèse que Babylone = Rome http://jesusmarie.free.fr/bible_fillion_pierre_1.pdf

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