Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres








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André Durand présente
John Maxwell COETZE
(Afrique du Sud)
(1940-)

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

qui sont résumées et commentées.
Bonne lecture !

Né au Cap, il est issu d’une longue lignée de colons afrikaners, mais fut scolarisé dans un établissement anglophone. Il fit des études supérieures en Angleterre où il reçut une formation poussée en linguistique et en informatique. Il y travailla un temps comme programmeur pour I.B.M..

Mais il délaissa rapidement cette activité pour, passé aux États-Unis, y poursuivre des études d’histoire et de littérature à l’université du Texas à Austen où il termina, en 1968, une thèse de doctorat intitulée ‘’The English fiction of Samuel Beckett : An essay in stylistic analysis’’. Pendant deux ans, il enseigna à l’université de Buffalo (État de New York). À cause de sa participation aux manifestations contre la guerre au Viet-Nâm, au début des années soixante-dix, il fut obligé de quitter les États-Unis.

Il choisit finalement de retourner en Afrique du Sud, malgré l’incertitude de la situation du pays. Depuis, il enseigne la littérature américaine à l’université du Cap.

Il est venu à l’écriture en 1973, peu après les massacres de Soweto :

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‘’Dusklands’’

(1974)

‘’Terres de crépuscule’’
Recueil de deux nouvelles

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‘’The Vietnam Project’’

‘’Le Projet Vietnam’’
Nouvelle
Pendant la guerre du Vietnam, un employé de l'administration américaine rêve de créer un système invincible permettant de remporter la guerre psychologique, tandis que sa vie privée se désintègre inéluctablement.

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‘’The narrative of Jacobus Coetzee’’

‘’Le récit de Jacobus Coetzee’’
Nouvelle
Un pionnier boer du XVIIIe siècle rend compte d'une expédition chez les indigènes africains qui tourne au drame sanglant.

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Commentaire sur le recueil
Dans ces deux longues nouvelles parallèles, J. M. Coetzee explora, avec un détachement en apparence ironique, glacial, et déjà une étonnante maîtrise technique, l'âme de deux personnages mégalomanes, à la frontière où l'on rencontre l'autre et où on l'extermine, exprimant ainsi la mort et la folie que chacun a peur de détecter en soi.

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‘’In the heart of the country’’

(1976)

‘’Au cœur de ce pays’’
Roman
Vivent dans une ferme isolée du veldt, quatre personnages : la narratrice, Magda, la fille laide et vierge du maître, qui est nourrie de solitude et de rêveries stériles ; son père, le « Baas », homme autoritaire et sanguin ; Hendrik, le régisseur noir au service de la famille ; Anna, sa jeune épouse qu’il vient d'amener lorsque débute cette histoire. Le père séduit Anna et cela déclenche le drame car c'est, pour Hendrik, la dernière humiliation. Entre eux tous, et parce que les choses ne pouvaient pas se passer autrement, aux offenses répondent d’autres offenses dans une violence extrême. La narratrice arrive peu à peu à enfermer le lecteur dans le champ clos, morbide et régressif, de sa folie meurtrière.
Commentaire
Dans ce huis-clos puissant et âcre, se déroule une hallucinante histoire de haine amoureuse, sur fond de torpeur et de délire, de violence et de peur. Ce roman de l'oppression, de la haine et de la revanche est la métaphore bouleversante de la société sud-africaine contemporaine. L’apartheid n’est pas nommé, mais ce soliloque furieux est à l’image même de l’isolement raciste choisi par la culture afrikaner.

En 1985, dans une nouvelle édition française, le roman reçut le titre : ‘’Dust, au cœur de ce pays’’.

La même année, il a été adapté au cinéma par Marion Hänsel, avec Jane Birkin, Trevor Howard, John Matshikiza, Nadine Owampa.

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‘’Waiting for the barbarians’’

(1980)

‘’En attendant les barbares’’
Roman
Aux confins de l'Empire, dans un désert sans nom et un temps incertain, une oasis qui vit au rythme des saisons abrite une cité paisible. Au-delà de la frontière, s’étend une « terra incognita » parcourue par des nomades chasseurs qui ne sont, pour la ville, qu’une vague menace. Le fort qui surveille la frontière de l'Empire est tenu par un homme juste et bon, le Magistrat.

Mais le pouvoir central, s'inquiétant d'une invasion barbare, dépêche sur les lieux le colonel Joll, un tortionnaire de la pire espèce qui organise une expédition punitive. Les soldats rentrent avec des prisonniers qui sont ensuite affreusement torturés. Parmi eux, une jeune fille aux chevilles brisées attire l'attention du Magistrat qui s'éprend d’elle. Il lui fait partager son lit.

Puis il décide de la reconduire chez les siens à la tête d'une expédition qui est soumise à tous les périls : climat, espace qui se dérobe sans cesse, incompréhension des nomades. Mais il est rejeté par le peuple de la jeune fille, et il doit s'en retourner auprès des siens.

Convaincu d'intelligence avec l'ennemi et de trahison, il devient lui aussi victime des tortionnaires, va passer par les mains du bourreau alors que s'est déclenchée l'escalade des représailles. Les hostilités vident peu à peu la ville de ses forces vives. Pillée par les soldats, désertée par sa garnison, elle attend terrorisée, l’assaut définitif des barbares.
Commentaire
J.M. Coetzee joua ici sur la peur de l'autre et de l'inconnu qui mène parfois à la plus grande des cruautés. Il s’interrogea sur les notions de liberté et de pouvoir au sein d'un État imaginaire qui n'est pas sans rappeler l'Afrique du Sud de l'apartheid.

C'est avec ce roman qu’il connut le succès international.

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Life and time of Michael K.”

(1983)

Michael K., sa vie, son temps
Roman de 210 pages
Dans une Afrique du Sud déstabilisée par la guerre civile, un humble et innocent jardinier à bec-de-lièvre, décide de fuir la ville avec sa mère pour revenir sur les terres d’une enfance heureuse. Mais, après sa mort, il continue d'errer, tantôt victime du conflit, tantôt y échappant dans la solitude, enfin pris pour un complice des terroristes.

Dans la deuxième partie, un médecin exprime son intérêt pour ce simple d'esprit qui détient la vérité. Il revient au lieu d'où il est parti, prêt à venir en aide à un vieillard.
Commentaire
Le livre obtint le “Booker prize”, mais J.M. Coetze refusa de se rendre à Londres.

Il obtint aussi le Femina étranger.

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‘’Foe’’

(1986)

‘’Foe’’
Roman
Revenant de Bahia, où elle était allée rechercher une soeur perdue, Susan Barton, à la suite d’une mutinerie, est, au milieu de l'Atlantique mais en vue d’une île, rejetée du bateau avec le cadavre du capitaine dont elle a été la maîtresse. Elle nage jusqu’au rivage. Sur l’île, elle se trouve face au Blanc Robinson Cruso, le maître, et au Noir Vendredi, l’esclave dont la langue a été coupée sans qu’on sache par qui et pourquoi. Elle découvre une société organisée selon des règles simples et strictes : survie, travail, ordre, mais qui n’a édifié qu’une architecture de terrasses pierreuses dominant des plages mornes et désolées. Elle attend d'être secourue.

Ils le sont par un navire marchand. Cruso meurt à bord et Susan et Vendredi continuent jusqu’en Angleterre. De retour à Londres, elle écrit un mémoire, "La femme rejetée" et , avec Vendredi comme preuve de son étrange aventure, elle rend visite à l'écrivain Daniel Foe pour obtenir de lui qu’il raconte son histoire. Mais elle doit lutter pour que soit préservée sa vision de l’île alors qu’il veut lui imposer ses propres idées. Et il s'intéresse moins à l'histoire de l'île qu'à celle de Susan. Vendredi est le seul témoin de leur lutte, comme il le fut du mystère de l'île, mais il ne peut parler.
Commentaire
Cette variation sur le thème de ‘’Robinson Crusoé’’ de Daniel De Foe, est un roman à la fois brillant et austère.

Le texte se divise en quatre parties : il commence avec le mémoire de Susan, continue avec une série de lettres adressées à Foe, lettres qu’il n’a pas reçues parce qu’il se cache pour échapper à ses créanciers ; puis on a un comptte rendu de la relation entre Susan et Foe et de leur lutte pour garder la maîtrise de l’histoire et de sa signification ; enfin, une séquence due à un narrateur inconnu (qui pourrait être Coetzee lui-même) revise l’histoire telle que nous la connaissons en contestant l’histoire, les personnages et les idées du roman de Defoe pour remettre en question les notions de vérité, de confiance, de crédibilité. Le roman étudie les oppositions entre verbe et silence, raison et folie, vérité et mensonge, ébauche une réflexion sur l’écriture romanesque, la principale question étant : « Quelle histoire est la vraie? Y a-t-il même une histoire vraie? »

D’abord, on s’interroge sur la voix narrative. Susan Barton est d’abord la narratrice. En tant qu’héritière vivante de Cruso, elle défend sa conception de l’histoire contre celui qui n’est pas pour rien appelé « Foe », nom ambivalent qui fut le nom réel de Defoe avant qu’il l’ait anobli avec la particule « De » et qui signifie « ennemi », figurant spécialement dans des textes religieux protestants où il désigne le diable, ayant aussi été utilisé par les colons britanniques pour définir les peuples colonisés, dans une tentative lexicale de justifier leurs actions dans des pays « non civilisés ». Foe ne demeure pas un simple scribe, mais devient de plus en plus autoritaire, introduit dans l’histoire des possibilités comme des retrouvailles entre Susan et sa soeur et des péripéties qui apparurent réellement dans ‘’Robinson Crusoé’’. L’intérêt se déplace donc de ce qui est dans l’esprit de Susan à ce qui pourrait se trouver dans celui de Foe. Susan, de réel personnage qu’elle était, est transformée en simple muse qui pousse le romancier à écrire son livre. Finalement, ce que nous obtenons est la description du processus par lequel une histoire prend sa forme finale. Le roman plonge dans le naufrage des scories laissées par Daniel Defoe, examine les profondeurs que ‘’Robinson Crusoé’’ ne révèle pas.

Le texte étudie les notions traditionnelles de classe, de genre et de race dans les processus d’acceptation et d’exclusion culturelles. Écrit depuis la position marginale qu’a la littérature de l’Afrique du Sud, il remet en question la marginalité elle-même dans une tentative de briser le silence du post-colonialisme. Coetzee opposa son roman à la littérature britannique qui était traditionnellement maîtresse et examina les conditions dans lesquelles les écrivains d’Afrique du Sud pouvaient travailler. Basé sur une révision de ‘’Robinson Crusoé’’, un des fondements du roman et le prototype du texte colonialiste, le roman développe une re-conception de l’intrigue, de l’acte de création du livre par son auteur, Foe, et des fameux personnages de Robinson Crusoé (dans ‘’Foe’’, son nom est « Cruso ») et de Vendredi avec l’aide d’un nouveau protagoniste féminin.

À travers le roman, la présence silencieuse et énigmatique de Vendredi gagne de plus en plus d’impotance jusqu’à ce qu’il domine la narratrice à la fin. C’est que sa seule arme contre le pouvoir culturel est de demeurer silencieux, de tourner le dos à la tentative des Européens de raconter son histoire. On peut déceler cette intention à travers toute l’histoire : il ne peut pas être pénétré par les autres et, ainsi, ils ne peuvent raconter son histoire. On peut y voir une représentation de la seule possibilité de rebellion des Africains contre la domination historique et culturelle des Européens.

Coetzee introduisit un autre changement fondamental : le narrateur est une femme. ‘’Robinson Crusoé’’ manquait de personnage féminin : le seul élément féminin était l’île qui était dominée et domestiquée par les humains (d’où, dans cette autre variation sur le thème de ‘’Robinson Crusoé’’ qu’est ‘’Vendredi ou les limbes du Pacifique’’ de Michel Tournier, les amours de Robinson avec l’île, ce roman anti-colonialiste lui aussi ayant ce titre parce que Vendredi subvertit complètement la domination exercée par Robinson). La narration de Susan Barton introduit une affirmation de soi qui est féministe, qui est celle que déjà Defoe donna à sa Roxana, dont le nom réel pourrait donc être Susan (il est intéressant de constater ici qu’une autre variation sur le thème de ‘’Robinson Crusoé’’ est ‘’Suzanne et le Pacifique’’ de Giraudoux). Elle s’emploie pour que son histoire soit racontée par le romancier Foe : elle souhaite que soit préservée sa vision de l’île mais a besoin que Foe écrive l’histoire pour elle, lui fournissant ainsi un accès à la tradition et à l’institution littéraire, ce qui n’était pas possible pour une femme à cette époque.

Une dernière importante différence avec le roman de Defoe réside dans le personnage de Vendredi : dans ‘’Robinson Crusoé’’, il était « un grand et beau garçon, svelte et bien tourné, et, à mon estime d'environ vingt-six ans. Il avait un bon maintien, l'aspect ni arrogant ni farouche et quelque chose de très mâle dans la face ; cependant il avait aussi toute l'expression douce et molle d'un Européen, surtout quand il souriait. Sa chevelure était longue et noire, et non pas crépue comme de la laine. Son front était haut et large, ses yeux vifs et pleins de feu. Son teint n'était pas noir, mais très basané, sans rien avoir cependant de ce ton jaunâtre, cuivré et nauséabond des Brésiliens, des Virginiens et autres naturels de l'Amérique ; il approchait plutôt d’une légère couleur d'olive foncée, plus agréable en soi que facile à décrire. Il avait le visage rond et potelé, le nez petit et non pas aplati comme ceux des nègres, la bouche belle, les lèvres minces, les dents fines, bien rangées et blanches comme ivoire. »

Dans ‘’Foe’’, c’est un Africain : « Il était noir, un nègre avec une tête de laine crépue [...] un visage plat, de petits yeux sans éclat, un nez épaté, des lèvres épaisses, une peau qui n’était pas noire mais d’un gris sombre, sèche comme si elle était enduite de poussière. » La mutilation de sa langue est emblématique de la castration culturelle imposée aux Africains par les envahisseurs blancs et elle se retourne en une inaccessibilité de son monde au monde européen, conséquence de l’oppression colonialiste et du racisme.

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‘’White writing : On the culture of letters in South Africa’’

(1988)
Essai

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