La Porte d’Âge Mentionnée dès le 14e siècle Vestiges restaurés en 1998








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date de publication06.02.2018
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La Porte d’Âge




Mentionnée dès le 14e siècle

Vestiges restaurés en 1998

« La Porte d’Âge est mentionnée dès le 14e s. C’est une ancienne ferme appartenant aux Chartreux. Elle atteste les liens étroits qui existaient entre les fermiers du Reposoir et les Chartreux, propriétaires des terres et des forêts depuis le 12e s.

Les Chartreux passaient avec les fermiers des baux de neuf ans en général, renouvelables, qui engageaient les deux partis à des droits et des devoirs réciproques. Les fermiers devaient respecter scrupuleusement les clauses du contrat sous peine, notamment, d’être expulsés par les Chartreux.

La Porte d’Âge fait partie de ces fermes acensées, construites par les Chartreux.
Pour limiter le pillage des forêts, les Chartreux furent obligés de réglementer le droit de couper du bois dans la forêt du Reposoir. Ils passèrent avec les habitants de Scionzier différents contrats (en 1372, 1493, 1676…) qui ne furent pas toujours respectés.
La Porte d’Âge avait deux fonctions :

  • recueillir, auprès des contractants, le prix convenu pour couper du bois ;

  • verbaliser les gens qui entraient de force dans la combe du Reposoir et emmenaient du bois.

Le fermier attaché à la ferme de la Porte d’Age était chargé de percevoir le péage dû aux Chartreux, péage dont il gardait le tiers.
La fonction de la Porte d’Âge explique sa situation particulière :

  • elle est construite dans un lieu étroit ;

  • adossée de part et d’autre au rocher pour empêcher les passages frauduleux ;

  • on entre dans le vallon du Reposoir par un passage voûté qui permet de contrôler les allées et venues.


La présence de meurtrières et de tourelles latérales donne à cette ferme un aspect fortifié et laisse supposer une certaine résistance vis-à-vis des habitants de la plaine ; ou, du moins, la volonté, de la part des Chartreux, véritables seigneurs de lieux, d’affirmer symboliquement leur pouvoir spirituel et temporel.
Les chicanes entre les Chartreux et les gens de la vallée durèrent jusqu’à la Révolution, date à laquelle la ferme de la Porte d’Âge (ou porte de péage) fut vendue comme bien national.
La façade actuelle date probablement du 17e s. Elle rappelle vivement l’architecture de la Chartreuse avec son entrée en arc plein cintre à clé de voûte passante et surmontée de plusieurs niches. Un chasse-roue et un trou de boulin (trou pratiqué dans le mur où vient se loger l’extrémité d’une poutre) renseignent sur le moyen de fermeture de l’entrée de la Porte d’Âge, très certainement une porte en bois, bloquée par une poutre dont les extrémités venaient se loger dans deux trous de boulin.
Plusieurs photographies témoignent de la lente dégradation de la Porte d’Âge jusqu’à sa restauration en 1998.

  • en 1938-1939, le toit en ardoises couvre encore l’édifice dont la forme générale est presque intacte.



Façade amont

Vers 1938-1939


  • en 1961, la végétation a commencé d’envahir le site (un arbre a poussé devant le passage de l’entée) et le bâtiment s’est dégradé

  • entre 1961 et 1970, une importante dégradation s’est produite : le pan de mur à gauche des niches s’est effondré.



Façade aval en 1961



Aussi, en 1998, une équipe de bénévoles s’est mobilisée pour restaurer les vestiges de la Porte d’Âge.
Les statues de la Porte d’ Âge
Aujourd’hui, une seule des trois niches de la façade abrite une statue. Autrefois, chacune en accueillait une.
Les statues en bois :

Les deux statues manquantes datent probablement de la fin du 15e-début 16e s. Elles représentent deux religieux chartreux :

  • Saint Bruno (vers 1030-1101) dont la statue se trouvait dans la niche de gauche. Il est le fondateur, en 1084, de l’ordre des Chartreux, au pied du massif de la Chartreuse, au nord-est de Grenoble.

  • Le Bienheureux Jean d’Espagne (1123-1160) dont la statue se trouvait dans la niche de droite. Il est le fondateur, en 1151, de la Chartreuse du Reposoir et en fut le premier prieur.



Saint Bruno le Bienheureux Jean d’Espagne

Tous deux portent le costume cartusien : une longue robe de laine blanche et par-dessus la cuculle, sorte de chape serrée à la taille par une ceinture de cuir blanc où un chapelet pend du côté gauche. Ils ont la tête, la barbe et la moustache rasées.
Les essences de bois employées pour les statues ont varié selon les époques et les régions. Le noyer, le tilleul et le chêne prédominent dans la sculpture du 15e s. Dans les Alpes, l’arole (ou pin cembro) et l’épicéa fournissent la matière des statues. Les statues de saint Bruno et du Bienheureux Jean d’Espagne sont en bois de tilleul.
La statue est en principe taillée dans un seul bloc de bois, tiré d’un tronc scié en deux dans le sens de la longueur. L’artiste fixe le bloc horizontalement sur un grand tour et taille la sculpture en la faisant pivoter à son gré. Le bois est dégrossi à la hache, à la plane et à l’herminette. Le maillet de bois frappant le ciseau et les gouges de tous profils permettent un travail plus précis. Les couteaux, les burins, les vilebrequins et les poinçons servent à donner la dernière main, à ciseler les cheveux, les traits du visage et les ornements du vêtement. La râpe n’est pratiquement pas utilisée, la lime encore moins.
Certaines parties de la statue sont coupées du bloc, travaillées séparément, puis recollées. Ce fut certainement le cas pour les statues de la Porte d’Âge dont les avant-bras ont disparu, de même que les attributs que les personnages tenaient dans leurs mains et qui les caractérisaient. Saint Bruno portait un lys, un livre, un crâne et une mitre ; le Bienheureux Jean d’Espagne, un livre et une palme.
Les deux statues sont creuses. En effet, le bois se fendant en séchant, les sculpteurs prenaient soin d’enlever le cœur en creusant fortement le dos de la statue à grands coups d’herminette.
Les statues en bois de la Porte d’Âge sont recouvertes d’une couche grisâtre. Correspond-elle à une préparation appliquée avant la peinture ou à un simple badigeon apposé au 19e s ? Ses statues étaient-elles peintes ? Rien ne permet de l’affirmer.
Elles restent néanmoins un exemple remarquable de la statuaire médiévale.
La statue en pierre de la Vierge à l’Enfant :

La statue de la Vierge à l’Enfant qui se trouve aujourd’hui dans la niche centrale de la Porte d’Âge est la copie d’une statue du début du 16e s.
Cette dernière est marquée par la tradition stylistique de l’art de la Bourgogne ducale, telle qu’elle s’est développée au nord des Alpes à la fin du 15e s.
La Vierge tient dans sa main droite des gentianes, fleurs des Alpes, et porte sur son bras gauche l’Enfant Jésus qui, lui-même, tient une colombe dans sa main gauche.




Cette statue atteste le grand amour que les Chartreux portaient à la Vierge.
Elle est en pierre calcaire, la peinture est à base de liant minéral et les pigments sont naturels (ocre rouge, ocre jaune, bleu cobalt).
Classée Monument Historique en 1974, cette Vierge à l’Enfant, fortement endommagée par le temps, a été restaurée selon les techniques d’origine. Elle se trouve aujourd’hui dans l’église paroissiale du Reposoir, à la croisée du transept.
La copie que vous pouvez voir dans la niche centrale de la Porte d’Âge a été réalisée, en grès d’Alsace, par la sculptrice Béatrice Sassone-Bouvet, et déposée le 14 septembre 2002, redonnant ainsi vie à la façade. »

Extrait d’un document

disponible au Syndicat d’Initiative du Reposoir,

réalisé par Anne-France Matuzzi, Guide du Patrimoine,

à votre service pour des visites sur le terrain,

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