"L'Architecture éveille en l'homme des états d'âme La tâche des architectes est de préciser ces états d'âme" Adolf Loos 15








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Matériaux

  1. La nature


Jusqu'à très récemment, l'être humain a évolué dans un contexte étroitement lié à la nature. En raison de ce contact et de cette dépendance privilégiés pour sa survie, il lui accorde, dans sa psyché, une importance primordiale. Cette relation privilégiée, tissée depuis toujours a été éloignée par le modèle du progrès technologique. L’ego de l’invention humaine nous imbue de nous-mêmes et nous fait perdre notre perspective sur la nature.

L’homme fait attention à la nature quand il y a des conditions extrêmes de tremblement de terre, d'irruption de volcan, de tornade, d'ouragan ou d'orages et tempêtes avec inondations ou bris par le verglas. Dans notre histoire récente l’homme a réussi à détruire l’équilibre délicat qui existait entre toutes les formes de vie animales et végétales. Maintenant nous devons réagir aux méfaits que nous avons fait subir à l’environnement.

Même si nos vies sont maintenant plus axées sur la technologie et que notre lien direct avec la nature est réduit, notre bien-être est toujours conditionné par notre environnement naturel. C’est comme une loi de la physique que chaque action a un effet égal de réaction. Il y a des industries qui ont fait beaucoup d’argent aux dépens de l’environnement. Il n’aurait pas coûté si cher d’avoir agi de façon plus responsable mais maintenant il en coûtera très cher pour corriger la situation. Souvent la compagnie fautive n’existe même plus et c’est la société qui doit assumer la grosse facture.

Le concept du progrès à tout prix n’est plus soutenable, maintenant il faut du progrès intelligent. Au lieu de courir vers notre autodestruction il faut limiter la surconsommation et questionner notre modèle économique basé sur la consommation. Les indicateurs de progrès doivent être questionnés et remplacés par des indicateurs de qualité de vie. La richesse n’est pas la seule mesure.

À travers tous les changements qu'on peut vivre, la nature, comme une amie fidèle, demeure une référence stable de nos vies et du passage du temps.

Malgré les plus remarquables avancées de la technologie, la nature n'a pas livré tous ses secrets et elle soulève l'émerveillement des scientistes. Même si nous n'en sommes pas toujours conscients, nous sommes en relation très étroite avec les divers éléments de la nature, en perpétuelle transformation, tel un gigantesque organisme vivant.

Nous faisons partie de ce tout vivant et plus nous y serons attentifs pour y jouer bien notre rôle de vivre notre place à l’intérieur de cet écosystème. Plus nous serons responsable en harmonie et jouirons de notre plénitude d'être.

Il y a une grande harmonie dans la création à travers la diversité des éléments qui la composent, incluant l'être humain. Cette diversité dans l'harmonie assure que chaque être soit distinctif et unique.

Notre ego comme être humain nous pousse à nous améliorer en cherchant à nous surpasser et à perfectionner nos outils. Toutefois, les réalisations humaines, même si elles atteignent un haut niveau de performance (sophistication) technologique, ne peuvent pas égaler la richesse des nombreuses qualités des matériaux naturels et de la matière vivante. Chaque élément naturel est un chef-d’œuvre en lui-même et un joyau de la mère terre.

Si nous comparons le bois et la mélamine qui le remplace si souvent, nous voyons la différence. La mélamine, avec ses surfaces unies, dures et sèches quasi-parfaites, n'a pas le caractère du bois plus mou et de forme plus douce, rempli de grains et de nuances de couleurs, chaleureux visuellement et au toucher. Même si nous voulons donner l'apparence du bois à la mélamine avec une imitation de son grain, elle n'a pas la même subtilité de caractère. Nous regardons le bois avec ses grains, témoins de sa croissance, et avec ses nœuds, vestiges de ses branches, et nous imaginons l'arbre tel que nous en voyons dans le paysage. Nous établissons des liens plus étroits avec des matériaux issus de mélanges synthétiques dont nous ne pouvons pas imaginer la recette. Et malgré tous nos efforts technologiques, un matériau synthétique n'aura jamais l'âme d'un matériau naturel.

Les matériaux naturels sont d'une échelle plus modeste et plus humaine et leur texture est plus variée en relief et en grain. Au toucher, leurs vibrations nous rejoignent davantage et leurs odeurs établissent de riches associations avec nos expériences. Les matériaux naturels vieillissent bien, ils sont plus facilement modifiables, réparables et recyclables et comme ils sont biodégradables, il est facile de les retourner à la nature. Puisque les matériaux naturels comme le bois, la pierre, l'argile, les fibres et tissus naturels, se prêtent à une vaste gamme d'utilisations, il est facile de les incorporer dans nos espaces.

Le contact avec la nature grâce à la terre, au végétal, au minéral et à l'eau peut être réalisé à travers diverses composantes d'un bâtiment. Ces matériaux nobles font partie de notre héritage et de notre coexistence sur cette planète. Ce sont des éléments qui ont plus de signification et d'intérêt pour nous aujourd'hui et il en sera de même demain.
      1. L'importance du choix des matériaux


Dans l'industrie de la construction, les décisions prises touchent de nombreuses ressources matérielles, financières et humaines. Dans un projet architectural soucieux de l'écologie, ces décisions doivent être pesées en fonction de leurs implications micro et macro environnementales dans le respect de la nature et des besoins de la personne et de la collectivité. Pour y arriver, on doit adopter une approche globale qui tienne compte des conséquences à toutes les étapes de la construction mais aussi à toutes les étapes des opérations situées en amont et en aval.

De toutes les ressources impliquées, les matériaux, pour la plupart, s'intègreront dans le corps même des bâtiments de façon permanente et leur choix est d'autant plus crucial. On pourrait être tenté de choisir ces matériaux en fonction des échéanciers, des budgets ou de leur seule apparence mais quelles seront les conséquences de ces choix? Évidemment l'utilisation de matériaux sains pour l'environnement comme pour les utilisateurs est un objectif de base mais il y plus encore. En fait, tous les matériaux doivent être choisis selon une stratégie qui vise à réduire au minimum toute incidence néfaste sur l'environnement et les gens sur tous les plans et à tous les niveaux.

Il faut choisir des matières premières idéalement non industrialisé qui demandent un minimum de transformation comme les matériaux naturels tels le bois et la pierre. Même le choix du bois a de l'importance. Les dimensions requises peuvent exiger la coupe de vieux arbres matures au lieu de jeunes arbres qui poussent rapidement et qui sont remplacés. Le choix de l'essence du bois n'est pas à négliger, il faut éviter de contribuer à la destruction des forêts tropicales en spécifiant des essences qui ne sont pas cultivées ou qui seraient menacées.

Plusieurs considérations s'appliquent aussi à l'extraction, à la transformation et à la manufacture des matériaux. Le produit contribue-t-il à l'épuisement d'une ressource non renouvelable? Les processus de production ont-ils impliqué l'utilisation de beaucoup d'énergie, ce qu'on appelle l'énergie intrinsèque d'un matériau. Les processus provoquent-ils l'émission de beaucoup de polluants dans l'air, l'eau ou le sol tels gaz, produits chimiques ou résidus toxiques? Sont-ils dangereux pour les travailleurs? Évidemment, sur ces plans, les matériaux comportant des matières recyclées sont moins néfastes que ceux exigeant des matières premières brutes. Le potentiel de recyclage d’un matériau composite hétérogène pose plus de problèmes de recyclage qu’un matériau homogène. Les matériaux synthétiques ou composites ne sont pas ou peu recyclables.

D'autres considérations s'appliquent aussi lors des étapes suivantes de construction et d'utilisation. Le transport à toutes les étapes jusqu'au chantier doit être minimal afin d'éviter une consommation excessive d'énergie (essence) et les émissions de pollution subséquentes. Le type et la quantité d'emballage du produit permettent-ils d'en disposer ou de le recycler facilement? Lors de l'installation du produit, la pose est-elle polluante ou dangereuse pour les installateurs? Les utilisateurs seront-ils incommodés par des émissions toxiques qui diminuent la qualité de l'air?

Les produits devraient être durables, faciles à maintenir et à réparer. Dans le quotidien, ils devraient exiger un entretien minimal, facile, pratique et non toxique. Les détails des finis, constructions et assemblages ne devraient pas retenir la poussière, l'humidité et la moisissure afin de faciliter le nettoyage. A plus long terme, un remplacement partiel des produits est-il possible? En cas de démolition, une réutilisation des produits est-elle possible? Les constituants des produits sont-ils recyclables? En dernier recours comme déchets, les produits sont-ils biodégradables sans encourir de risque de contamination du sol, de l'air ou de l'eau lors de leur décomposition?

Le choix de la compagnie qui fournira les produits et services est aussi important parce qu'il peut avoir des implications éthiques et sociales. Est-ce que la compagnie agit de façon responsable face à l'environnement par ses procédés, sa pollution, ses déchets ou ses programmes de recyclage? Est-ce que les matériaux étaient testés sur les animaux? Est-ce que la compagnie s'est dotée de règles de sécurité adéquates? Les conditions de travail et les relations avec les travailleurs et les syndicats sont-elles bonnes? Est-ce qu'il y a des garderies pour les enfants et des programmes assurant l'équité salariale? Est-ce qu'il y a des liens avec la production d'armes ou avec des pays dont les gouvernements sont responsables de répression ou d'exploitation de l'environnement ou de la main-d’œuvre? C'est la responsabilité sociale et morale de faire en sorte que l'environnement bâti soit un facteur positif dans l'avènement d'un monde meilleur. Tous les intervenants impliqués devraient se les poser chacun dans son domaine de compétence aux diverses étapes du cycle de vie des matériaux.
      1. Une meilleure utilisation des ressources naturelles


Même si les statistiques ne sont pas toujours intéressantes à étudier, elles sont quand même utiles pour démontrer certains faits et mettre en perspectives les réalités qui nous confrontent. Ainsi, les pays développés représentent 25% de la population de la terre mais consomment 70% des ressources mondiales. De plus, ils polluent deux fois plus que le reste du monde. Diverses raisons expliquent ces excès: le haut niveau d'industrialisation et le climat énergivore bien sûr mais aussi les valeurs et le mode de vie pour une bonne part.

Parmi les pays développés, le Canada récolte la distinction peu enviable de contribuer démesurément, en proportion de sa population, au stress environnemental. Sa consommation d'énergie, d'eau et d'autres ressources impliquent la production élevée de polluants dans l'air, l'eau et le sol et il est même classé champion mondial de l'accumulation des déchets solides. Un cinquième de ces déchets provient des chantiers de construction, ce qui laisse croire que les Canadiens, dans leur façon de construire et de vivre, gaspillent énormément de ressources qui pourraient être recyclées. Heureusement, les progrès récents dans le recyclage sont encourageants.

Toujours en proportion du nombre d'habitants, le Canada se range deuxième au monde après les États-Unis pour la consommation d'eau. Seulement 5% de cette consommation répond aux besoins essentiels de la boisson et de la cuisine, ce qui laisse beaucoup de liberté dans la diminution de son utilisation.

Le peuple canadien est le plus énergivore du monde en raison de la rigueur du climat du pays, de l'étendue de son territoire et du style de vie de ses habitants et de leur attitude envers la nature qui leur fournit des ressources en si grande abondance. La production et l'utilisation d'énergie génèrent malheureusement de nombreux polluants qui contribuent grandement aux problèmes de l'effet de serre et du réchauffement de la terre.

Si on regarde plus en détail, la consommation d'énergie au Canada se répartit comme suit: 25% pour le transport, 40% pour l'industrie et 35% pour les bâtiments (20% est affecté aux habitations et 15% à toute autre forme de bâtiments). Cependant, si on tient compte de l'énergie consommée pour fabriquer, transporter et installer les matériaux pour la construction, la finition et l'ameublement, le pourcentage d'énergie consacrée au domaine de l'architecture est plus élevé que peut le laisser croire le 35% ainsi calculé.

La consommation directe d'énergie dans les habitations, représentant 20% de la consommation totale d'énergie au pays, se répartit comme suit: 17% pour l'eau chaude, 14% pour les appareils électroménagers, 2% pour l'éclairage et la plus grande proportion, 67%, pour le chauffage et la climatisation. Ce dernier item, à lui seul, représente donc 13% de la consommation totale d'énergie au Canada. Ce haut niveau, dû principalement au chauffage et dans une moindre mesure à la climatisation, mérite une analyse.

La facture élevée du chauffage est notamment due aux nombreuses pertes de chaleur. Le quart de ces pertes sont dues à de l'infiltration ou de l'exfiltration d'air autour des ouvertures dans les parois des habitations comme autour des portes et fenêtres. Les autres pertes sont dues à la transmission de chaleur par l'enveloppe des habitations soit 30% par les fondations, 15% par les murs extérieurs, 15% à travers les portes et fenêtres et 15% par l'entre toit. L'ampleur des pertes de chaleur à travers l'enveloppe des habitations suggère qu'on prenne action pour améliorer sa résistance thermique en augmentant le niveau d'isolation et en soignant davantage les détails de construction. Multipliées par la longueur de vie d'une habitation, ses pertes de chaleur ont un impact majeur sur sa consommation d'énergie et leur réduction devient un enjeu important.

Une part importante de l'énergie consommée au pays l'est dans nos habitations pour le chauffage. Cela nous touche donc de près et nous devons prendre nos responsabilités. La société a beaucoup évolué dans l'utilisation de l'énergie mais sans assez se préoccuper de sa conservation. Nous devons maintenant apprendre comment mieux utiliser l'énergie disponible tout en prenant les moyens de la conserver. Il faut même penser à réduire nos besoins d'énergie en raison de ses effets néfastes sur l'environnement. En prenant conscience de notre utilisation des ressources naturelles, nous nous rendrons compte qu'il est possible de bien vivre sans exagérer dans notre consommation pour le bénéfice de la planète et de toute la civilisation présente et future.
      1. Une meilleure utilisation des progrès technologiques


Depuis plus d'un siècle, la progression de l'homme et l'essor de ses technologies sont remarquables. Ces changements extraordinairement rapides nous ont propulsés dans une société de haute technologie. C'est très impressionnant. Les avances technologiques ont même été si rapides qu'elles n'ont pas laissé le temps d'en analyser les meilleures utilisations.

Bien sûr, beaucoup des progrès technologiques récents ont été bénéfiques pour notre condition humaine. Mais, si la technologie est un outil qui devrait servir à combler nos besoins et améliorer notre qualité de vie, elle est aussi préoccupante car nous ne saisissons plus la direction philosophique qu'elle imprime à la société. En fait, c'est à nous d'orienter nos outils harmonieusement selon les lignes directrices, les buts ou les préoccupations de la société que nous souhaitons. Il faut définir les rôles de nos outils afin qu'ils contribuent aux objectifs que nous nous fixons.

Nous sommes éblouis par nos créations et même par les projets envisagés pour la prochaine génération d'avances technologiques. Nous percevons l'amélioration de la qualité de notre vie par les solutions technologiques déjà en place et nous avons confiance que les problèmes futurs seront solutionnés par de nouvelles inventions. Cette confiance parfois aveugle dans la technologie s'intègre bien dans notre structure économique. Notre société de marché libre a besoin d'être alimentée par la consommation de biens et services.

Les progrès incessants de la technologie, qui remplacent ceux qui les précèdent, sont une force majeure dans la croissance économique d'une société. Beaucoup de personnes gagent leur vie avec les innovations qu'elles mettent à notre service. Conséquemment, nous ne devons pas nous étonner que notre société soit si fortement axée sur l'homme et ses technologies en donnant l'impression que nous pouvons dominer la nature.

Dans nos villes, entourées par nos nombreuses réalisations technologiques, nous pouvons être impressionnés par nos capacités mais aussi préoccupés par leurs conséquences. Est-ce que toutes ces réalisations favorisent vraiment notre bien-être? Dans notre société, nous valorisons les avances technologiques et économiques et les considérons comme le progrès. Ce progrès est influencé par différentes modes. Ainsi à une certaine époque, le neuf était privilégié et le vieux était perçu comme une absence de progrès. Mais à travers le temps, une approche est devenue typique de notre civilisation: la recherche du progrès à tout prix, quelles que soient les implications sur l'environnement.

En Amérique du Nord, où nous sommes les plus gros consommateurs de ressources et en conséquence les plus gros générateurs de pollution et de déchets solides par personne au monde, il doit y avoir une autre explication que notre structure économique de marché libre. Assurément, nous sommes riches en ressources et devant cette abondance, nous pensons moins à leurs limitations éventuelles. Comme société riche, nous n'avions pas à nous préoccuper des économies dans l'utilisation ou la réutilisation de nos ressources et nous sommes devenus une société de consommation du "jeter après usage".

Une autre attitude spécifique à l'Amérique du Nord dépend de son évolution. Les gens d'aventure qui ont peuplé ses jeunes pays ont dû affronter une géographie sauvage et des climats hostiles. Pour survivre, il était nécessaire de combattre et de conquérir l'environnement afin de faire sa place. Cette attitude de domination de la nature a guidé les actions jusqu'à ce que les répercussions des attaques contre l'environnement commencent à se faire sentir. Même avec l'immensité du territoire, il y a des limites à ce que les processus écologiques peuvent assumer. Quand les bornes sont dépassées, les agressions contre l'environnement se retournent contre nous.

Avec cette prise de conscience, nous nous sommes éveillés à notre responsabilité face à l'écosystème. Cette nouvelle ère de sensibilité est encourageante pour corriger les erreurs du passé. Il y a beaucoup de chemin à parcourir parce que les abus de plusieurs générations ne peuvent pas être inversés rapidement. Il nous faudra développer beaucoup d'efforts pour changer nos valeurs et notre mode de vie. L'autocritique de nos façons de faire et le réajustement de nos habitudes prendra de la détermination et de la conviction. Le gaspillage est un problème culturel qui n'existe pas dans les pays moins fortunés que le nôtre. Face à notre existence et à notre place dans ce monde, nous ne pouvons plus nous permettre d'être si agressifs et violents contre l'environnement.

Notre société est régie par un système social, économique et politique axé sur l'être humain et les technologies qui lui permettent de maîtriser la nature. Le progrès à tout prix met en péril la qualité de l'écosystème, soutien de toute vie. On est loin des sociétés ancestrales qui utilisaient des ressources brutes, à peine transformée par des moyens ingénieux et retournées dans la nature après utilisation comme toute autre vie dans l'écosystème. Cette intégration respectueuse de l'environnement était saine pour l'ensemble de la planète à long terme. L'air, l'eau, la terre et le soleil qui fournit l'énergie constituent les fondements de la vie sur cette planète. On ne peut plus se permettre le progrès à tout prix. On doit adopter une philosophie de développement durable qui utilise les ressources avec prudence pour créer des produits de qualité répondant aux vrais besoins. Nous devons penser à long terme pour conserver la qualité de l'environnement et conséquemment garantir notre propre qualité de vie.
      1. Un choix de matériaux écologiques


Dans le domaine de l'architecture, les matériaux utilisés contribuent de façon importante à la définition du caractère d'un habitat. Habituellement, dans le choix d'un matériau, les caractéristiques comme le prix, la fonctionnalité, la disponibilité, la facilité d'installation et l'esthétisme sont considérées. Mais d'autres considérations sont nécessaires et nous avons tout autant la responsabilité d'y porter attention afin d'être conscients de toutes les implications de nos choix si nous voulons nous assurer qu'ils soient respectueux de l'environnement. En architecture chaque chose devra être utilisée précisément, intelligemment, efficacement et économiquement aux fins pour lesquelles elle est le mieux adapté.

Une architecture saine se doit d'avoir un impact minimal sur l'environnement. En construction comme en rénovation, chaque décision est susceptible d'avoir des conséquences d'ordre écologique. Le souci de ne pas vouloir affecter l'environnement pourrait, à la limite, nous empêcher de construire. Mais si on doit bâtir pour répondre à des besoins économiques et sociaux, on veillera à le faire de la façon la moins néfaste possible. Face à l'environnement, la construction nous force à des compromis mais si nos décisions sont imprégnées de la sensibilité environnementale requise, les conséquences négatives seront minimisées.

À elle seule, une caractéristique comme le prix d'achat d'un matériau ne peut aucunement garantir l'atteinte de ces objectifs. On doit donc étudier d'autres caractéristiques des matériaux comme les dépenses énergétiques et les implications environnementales autant lors de la fabrication que lors de l'installation et de l'utilisation. En fait, à chaque matériau peut être associé un bilan écologique dans lequel figurent des caractéristiques comme le respect de la santé humaine et environnementale, l'efficacité énergétique, la durabilité et le degré d'utilisation des matières recyclées.

Plus le degré d'exposition intérieure d'un matériau est important, plus son choix devra être effectué avec soin. Ce degré d'exposition peut être évalué en terme de distance avec les personnes qui habitent un bâtiment ou avec les équipements installés susceptibles de faire réagir les matériaux par leur chaleur et de distribuer leurs émanations dans l'air. Ainsi, plus un matériau est posé à proximité des personnes ou des équipements, plus ses effets négatifs pourront être ressentis, affectant d'autant la santé. Une attention prioritaire devra donc être apportée aux revêtements et finis des planchers, des murs, des plafonds et de l'ameublement en raison de leur grande superficie et de leur lien direct avec les personnes.

Des composés nocifs peuvent être dégagés dans l'air au cours de l'installation ou de l'utilisation d'un matériau. Le niveau de toxicité et le potentiel d'irritation de ces composés, gaz ou particules, doivent être analysés. De même, la durée et l'intensité des émissions ou absorptions d'un matériau sont à considérer. Les émissions d'un matériau humide comme la peinture sont très élevées après son application mais diminuent rapidement après séchage. Les émissions d'un matériau sec comme l'aggloméré de bois diminuent très lentement au cours des années. Les matériaux poreux, rugueux ou floconneux absorbent les polluants de l'air comme des éponges et peuvent en retour les dégager plus tard.

Le degré de durabilité des matériaux est important à analyser. Il faut considérer leur longueur de vie, leur résistance à l'usure et aux brisures, les implications de leur réparation ou de leur remplacement. Il faut veiller à ce que leur entretien soit minimisé, avec la main d’œuvre et toute la gamme de polluants que cela entraîne.

Le nombre, le type et la quantité des composants chimiques des matériaux ainsi que la rugosité de leurs surfaces affectent leur stabilité et leur taux d'émission ou d'absorption. Les produits évaporés et diffusés dans l'air sont absorbés dans les matériaux poreux. Ces échanges sont aussi affectés par la température, l'humidité et le degré de ventilation. Plus la température et l'humidité sont élevées, plus les matériaux dégagent d'émanations. Pour accélérer la libération de ces substances après une construction ou une rénovation, on devra "cuire" les espaces avec une grande chaleur et beaucoup d'aération pour que les matériaux émettent leurs substances nocives sans que d'autres les absorbent.

Il faut choisir des matériaux qui ont un minimum d'émissions pendant la construction et durant l'utilisation ultérieure des bâtiments. Ainsi, en évitant les matériaux auquel est associé un bilan écologique négatif pour favoriser plutôt ceux ayant démontré un bilan écologique positif pour répondre intelligemment aux exigences requises en minimisant les impacts négatifs et en maximisant les bénéfices pour l'utilisateur, la société et l'environnement.
      1. Matériaux sains - matériaux malsains

        1. Quelles influences cet environnement peut-il avoir sur ses occupants?


Les vêtements et la maison remplissent les mêmes fonctions que la peau du corps humain. Ils ont un rôle de protection, d’isolation thermique et hydrométrique et de respiration.
        1. Y a-t-il des alternatives à tous ces produits?


L’industrie chimique qui nous fournit des matériaux de construction modernes peut par ses performances devenir un risque pour notre équilibre vital.

On retrouve de l’urée formaldéhyde dans les contreplaqués, des plastiques et de l’amiante dans les recouvrements de planchers en vinyle, des solvants volatiles dans les peintures, les colles et autres adhésifs, des fongicides dans les tapis. Non seulement ces produits chimiques synthétiques affectent l’environnement en cours de production, mais ils émettent des gaz lorsqu’ils sont installés dans nos maisons et ils empoisonnent l’air ambiant.

Nous devons substituer à ces matériaux, lorsque c’est possible, des matériaux non toxiques ou de moindre toxicité. Ils existent et même s’ils sont plus dispendieux et demandent plus d’entretien, ils contribuent à rendre l’environnement plus salubre. De plus, une bonne ventilation intérieure est primordiale.
        1. Moyens de réduire ou d’éliminer les polluants à l’intérieur


    • Éliminer la source

    • Isoler la source

    • Utiliser la ventilation

    • Contrôler la température

    • Utiliser la filtration

Le meilleur moyen de réduire les polluants est d’éliminer la source. On sait que ce n’est pas toujours facile pour les matériaux de construction. On peut tout de même débarrasser la maison des produits de consommation toxiques, des tapis synthétiques des panneaux de particules, des soudures au plomb et des appareils à combustion non ventilés.

Le contrôle de la température aide au maintien de la qualité de l’air à l’intérieur : si l’humidité relative est au-dessus de 50% ou en dessous de 30%, elle favorise le développement des moisissures. Une humidité trop élevée favorise l’émission de formaldéhyde (1% de plus par degré d’humidité). Le degré de température affecte aussi l’émission de formaldéhyde : la concentration dans l’atmosphère est deux fois plus élevée à une température intérieure de 800F qu’à 700F.

Avec les systèmes de filtration, il faut s’assurer de leur efficacité et de l’absence de production d’ozone. Les filtres à particules sont efficaces : ils enlèvent presque toutes les poussières, fumées, pollen, vapeurs, moisissures et plusieurs gaz.
        1. Quelques notes additionnelles sur les propriétés du bois


On recommande l’utilisation du bois pour la construction à cause de ses qualités biologiques. Il est poreux; il s’imprègne de toutes les émanations. Une fois traité à la cire d’abeille, à l’huile de lin ou à l’essence de térébenthine, le bois acquiert des propriétés prophylactiques qui neutralisent les effets électrostatiques de l’environnement. De plus, le bois est un régulateur hygrométrique. Des études ont démontré que lorsque par exemple l’humidité atmosphérique passe de 30% à 70%, 1m2 de surface de bois absorbe en quatre heures 12 g. d’eau. Quand l’humidité atmosphérique tombe de 70% à 30%, la même quantité d’eau est rejetée dans le même temps. D’autre part, le bois résiste bien aux agressions (moisissures) et possède de bonnes qualités mécaniques quand il est sec et dur.

Il semble que le bois demeure le matériau par excellence qui rétablit un équilibre, là où ce dernier est menacé par les nombreux facteurs anti-vie de notre monde moderne. Les symptômes de maladies écologiques sont réversibles. Le principe à suivre est de maintenir à son plus bas niveau les concentrations de tous ces produits toxiques. Pour retrouver un équilibre vital, il faut éviter les produits polluants qui ne sont pas vraiment nécessaires à notre bien-être. Nous ne devons choisir que les matériaux et les produits non toxiques dont nous avons besoin et accorder à notre organisme le temps de se guérir dans une demeure qui favorise la vie.





  1. Environnement

Fournir dans le silence, la solitude et face au soleil, à l’espace, à la verdure, un logis qui soit le réceptacle parfait d’une famille.

Le Corbusier

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