"L'Architecture éveille en l'homme des états d'âme La tâche des architectes est de préciser ces états d'âme" Adolf Loos 15








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Évolution de l'architecture domestique


Depuis le début des temps, l'être humain a dû s'abriter pour se protéger de son environnement climatique. On peut noter, pour répondre aux exigences dans l’architecture traditionnelle, l'originalité et la simplicité des habitats construits de façon compétente et ingénieuse avec les outils et les ressources disponibles. Leur utilisation était adaptée avec sagesse et imagination aux conditions et aux besoins. En effet, les habitats étaient construits avec les matériaux du milieu, ils s'y intégraient et lorsque leur vie utile s'était écoulée, ils retournaient à la nature comme la continuation logique des cycles de la vie. Ainsi les peuples aborigènes nomades qui avaient des abris temporaires afin de pouvoir les transporter d'une place à une autre ont démontré beaucoup d'ingéniosité. Leurs habitats, abris ou refuges, étaient vraiment un bon exemple d'adaptation à leur environnement pour répondre à leurs besoins.

Avec le temps, notre civilisation a évolué et notre technologie nous a permis plus de possibilités de confort et aussi plus de salubrité. Jusqu'à récemment, notre société était agricole et nos ancêtres sur les fermes étaient très près de la nature. Cette symbiose avec l'environnement duquel ils étaient si dépendants se refléta naturellement dans leur architecture. On peut le constater facilement en faisant un tour de l'Île d'Orléans ou en circulant dans la campagne. L'architecture s'intégrait à la nature selon le gros bon sens parce qu'il était plus logique de collaborer avec l'environnement que de le confronter.

Nos ancêtres ont transformé les modèles d'architecture qu'ils ont connus en France pour les adapter aux conditions d'ici. Même dans les maisons modestes, on pouvait remarquer qu'un style particulier se dessinait. (La suite logique de toute cette évolution fut la maison québécoise.) Suite à la conquête en 1760, l'architecture a été influencée par la culture anglaise. Certains détails comme la mouluration autour des ouvertures sont intégrés et de nouveaux styles sont carrément empruntés tels le palladien, le monumental, le cottage regency (anglo-normand) et le victorien.

Avec l'indépendance des États-Unis en 1775, des loyalistes ont émigré au Québec et y ont introduit les inspirations architecturales de Nouvelle Angleterre et plus tard le style du toit mansarde se propager. À partir de la fin du 19e siècle, avec les chemins de fer, plus de québécois vont aux États-Unis pour travailler et reviennent avec des notions architecturales empruntées de là-bas. L'information circule aussi plus librement par le biais des revues agricoles qui montrent les nouveautés de l'architecture américaine. Il en résulte une forte influence américaine sur notre architecture domestique.

Cette architecture domestique est également influencée par l'industrialisation de la société, passant d'un mode de vie agricole à un mode de vie industriel et de plus en plus urbain. Avec les avances de la technologie pour le chauffage et l'isolation, les gens ont même développé une certaine indépendance de l'environnement. Les nouveaux matériaux comme l'asphalte, les isolants efficaces, le béton, l'acier et les feuilles d'amiante ont donné plus de flexibilité dans l'expression architecturale. La grandeur, les aménagements de ces adaptations étaient possibles grâce aux améliorations importantes apportées au chauffage par les poêles à bois. Grâce à des améliorations technologiques dans la construction et le chauffage, d'autres modèles d'architecture pouvaient être introduit dans notre climat.

Au milieu du 19e siècle, l’utilisation de la couverture en membrane a permis de faire des toits à faible pente et de ramener par la suite l’eau à l’intérieur de la maison par des drains de toit. Cette technique a permis de mettre au point des modèles urbains d’habitation qui solutionnent les problèmes de déversement de neige et de glace sur les trottoirs.

Certains détails témoignent des façons de construire propres à son époque d’origine ou révèlent des modifications apportées au fil des ans. Les fondations de béton ont été popularisées au début du 20e siècle; auparavant, elles étaient en maçonnerie de pierre.

Le vide sanitaire indique que la construction date d’avant 1900, notamment en région rurale. Les poutres ou solives du plancher du rez-de-chaussée grossièrement équarries à la hache ou même faites de troncs d’arbres avec leur écorce nous ramènent avant les années 1870. Les traces de coupe antérieures à 1870 seront le fruit de l’utilisation de la hache, de l’herminette ou de la scie verticale (la scie de long). Une poutre de cette époque peut ainsi avoir quatre faces équarries à la hache et parfois une ou deux faces qui arborent des traits de scie parallèles, indice de l’emploi de la scie de long.

Avant les années 1870-1880, les clous étaient forgés et leur corps était carré avec une tête martelée (aussi appelée tête rosacée). Aux 18e et 19e siècles, les clous forgés ont été trapus et grossiers. Le perfectionnement de la machinerie au début du 20e siècle donnera des clous coupés plus réguliers. Vers 1920 apparaît le clou à fil d’acier, au corps rond et de même épaisseur, dont l’usage est courant de nos jours.

Les larges planches appartiennent davantage aux 18e et 19e siècles alors qu’un revêtement de petites planches embouvetées avec rainures en V caractérise la fin du 19e et le début du 20e siècle, tout comme le revêtement de linoléum.

Un déclin de bois avec un quart de rond mouluré sur le bord apparent appartient à la première moitié du 19e siècle. La taille dite ‘’vermiculée’’ se retrouve sur les bâtiments commerciaux prestigieux de la fin du 19e siècle et du début du 20e siècle. Des bardeaux d’amiante-ciment posés à l’horizontale ou en oblique indiquent une construction ou une intervention de modernisation qui date des années 1920-1940, tout comme le ‘’papier brique’’.

Au bas des murs, une plinthe de bois large et haute avec un profil élaboré rappelle l’époque victorienne de la deuxième moitié du 19e siècle.

Les lattes étaient fendues jusque vers 1870, puis elles ont été sciées. Le gypse du début du 20e siècle contenait du crin de cheval, alors que le crépi du début du 19e comporte de nombreuses traces de morceaux de chaux imparfaitement mêlés au mélange.

L’ardoise est de la fin du 19e et du début du 20e et la tôle à la canadienne de la fin du 18e à la fin du 19e. La tôle à baguette a été utilisée à compter du dernier quart du 19e et la tôle à joint pincé, au tournant du 19e et dans la première moitié du 20e siècle.

Les premières maisons construites hors des villes ne comptaient qu’une seule pièce habitable souvent exposée au sud. Puis au 18e siècle, la maison crût : à la première section, souvent en bois, s’ajouta une seconde, parfois en pierre, avant que, la prospérité aidant, on reconstruise aussi la première section en pierre. Cet habitat agrandi comptait deux pièces contiguës : la ’’salle’’, plutôt dévolue aux activités quotidiennes- son usage survit dans la cuisine, pièce familiale par excellence encore aujourd’hui- et la ‘’chambre’’ plus privée puisque l’on ne pouvait y accéder qu’en traversant la ‘’salle’’. Le 18e siècle apporta cependant un nouveau confort : le corps de logis double, grâce auquel la maison pouvait aussi être agrandie en profondeur.

Des espaces tampons comme les remises, les laiteries et parfois les cuisines d’été étaient disposées vers les endroits froids et venteux. Des sas d’entrée étaient encore mieux qu’une double porte.

Les grandes avancées de toiture (larmiers) qui protégeaient la galerie servaient comme pare-soleil en été.

Les Anglais et les Écossais ont fait que l’espace habité s’y distribuait autour d’un hall qui, puisqu’il desservait directement chaque pièce, y favorisait la vie privée. Pavillonnaire (detached house) en milieu rural, la maison s’aligna ‘’en rangée’’ en ville. Elle formait alors avec ses voisines une ‘’terrasse’’ alignement séparé de la rue par une marge de recul et normalement desservi par des ruelles. La maison des champs vit son intérieur adopter une distribution symétrique des pièces autour d’un hall central. Plus ouverte grâce au perfectionnement des systèmes de chauffage, la silhouette de la maison rurale s’assouplit et son toit se prolongea de larmiers incurvés recouvrant, sur les façades avant et arrière, les ‘’galeries’’ devenues synonymes de villégiature.

Au début du 20e siècle, la mode était "Boom town houses" ensuite, les années '30, le style international. Vers le milieu du siècle, notre architecture domestique a perdu son caractère québécois traditionnel. Nos nouvelles habitudes de vie se reflètent sur nos conceptions de l'aménagement intérieur. À partir des années '40 et '50, un style international rococo d'architecture devient populaire et s'implante ici comme ailleurs. Dans les années '60, le style américain des maisons ranch de Californie devient la mode.

Toutes ces modes étrangères importées ont été remises en question par la crise du pétrole dans les années '70 alors que le coût de l'énergie a grimpé en flèche. Tout à coup, on réalise que nos maisons ne sont pas si efficaces énergétiquement et elles coûtent cher à chauffer. Il y a aussi eu un court retour à la maison québécoise traditionnelle qui, enracinée dans notre passé, apportait un sentiment de sécurité. Pour contrer l'étalement et le coût du terrain, les lots deviennent plus petits et ça devient plus rentable de construire des maisons plus efficaces de deux étages. Pendant les années '80 et '90, les modes changent encore, cette fois, du post-moderne au recyclage d’ancien style connu le cottage anglais ou au victorien.

Mais toutes ces modes ne s'appliquaient pas efficacement chez-nous. Une remise en question environnementale doit se traduisit par la recherche d'une nouvelle architecture québécoise née de nos besoins, de nos conditions climatiques et de nos traditions culturelles. Cette vision moderne resta cependant marginale à cause de notre tendance à regarder ailleurs et à nous inspirer par les styles de vie d'ailleurs.

Nous avons vu que de nombreux styles architecturaux ont été empruntés d'autres cultures et climats et implantés ici comme modes passagères. Mais nous sommes maintenant plus matures comme peuple et pouvons être plus indépendants et confiants dans notre propre expression architecturale. Ainsi, au lieu de nous laisser trop influencer par ces tendances étrangères à notre environnement au point de les suivre aveuglément nous devrions retourner à une approche fondamentalement liée à notre climat et à nos valeurs comme société pour développer une nouvelle architecture proprement québécoise, efficace, saine et respectueuse de l'environnement.
      1. Évolution de l'architecture


Depuis le début des temps, l'être humain a dû s'abriter pour se protéger de son environnement climatique et social. On peut noter l'originalité et la simplicité des habitats construits de façon ingénieuse avec les ressources disponibles ainsi que la sagesse et l'imagination dans leur utilisation bien adaptée aux conditions et aux besoins. Les habitats étaient construits avec les matériaux du milieu, ils s'y intégraient et lorsque leur vie utile s'était écoulée, ils retournaient à la nature. Les peuples aborigènes qui avaient des abris temporaires pour les transporter d'une place à une autre ont démontré beaucoup d'ingéniosité. Leurs maisons étaient vraiment une réponse à leur environnement en même temps qu'à leurs besoins.

Avec le temps, notre civilisation a évolué et notre technologie nous a permis plus de possibilités de confort et aussi plus de salubrité (moins de fumée à l'intérieur). Jusqu'à récemment, notre société était agricole et nos ancêtres sur les fermes étaient très près de la nature. Cette symbiose avec l'environnement duquel ils étaient si dépendants se refléta naturellement dans leur architecture. On peut le constater facilement en faisant un tour de l'Île d'Orléans ou en circulant dans la campagne. L'architecture s'intégrait à la nature selon le gros bon sens parce qu'il était plus logique de collaborer avec elle que de la confronter.

Les premiers colons d'Europe ont apporté avec eux leurs concepts d'architecture comme ils avaient évolué dans leur propre environnement. Ils ont essayé d'implanter leur approche ici mais ils ont vite constaté que ça ne convenait pas à notre climat et ils ont dû les réadapter. Ainsi, avec des matériaux naturels et avec peu de transformation, ils ont réussi à construire des maisons saines. De ces origines, s'inspire la maison québécoise.

Cette maison n'était pas alignée avec la route mais orientée vers le sud avec plus de fenêtres sur le côté ensoleillé. À cause de leur manque d'efficacité, les fenêtres étaient petites. En raison de la grande quantité de neige reçue en hiver, le plancher du rez-de-chaussée était plus élevé que le niveau du sol et la pente du toit était plus prononcée pour éviter l'accumulation de neige et les charges additionnelles sur la structure.

Les bâtiments secondaires étaient situés autour de la maison pour bloquer les vents froids auxquels elle était exposée. Les murs de pierre massifs étaient épais pour faire de la masse thermique évitant les trop grandes fluctuations de température lors du chauffage en hiver et maintenant la fraîcheur en été. Une cuisine d'été permettait aussi de ne pas surchauffer la maison en été. En hiver, cette cuisine servait de vestibule d'entrée pour éviter les courants d'air des portes et d'espace tampon pour modérer l'exposition des murs au froid. Un autre élément architectural constitué des galeries couvertes donnait de l'ombrage pour diminuer le réchauffement par le soleil durant l'été.

Avec l'urbanisation de la population et les avances de la technologie pour le chauffage, les gens ont développé une certaine indépendance de l'environnement. À partir des années '40 et '50, un style international d'architecture devient populaire et s'implante ici comme ailleurs. Dans les années '60, le style américain devient la mode et on construit des maisons ranch de Californie. Dans les années '70, il y a eu la crise du pétrole et le coût de l'énergie a grimpé. Tout à coup, on réalise que nos maisons ne sont pas si efficaces énergétiquement et elles coûtent cher à chauffer. Au cours de la même période, grâce à la technologie, de plus en plus de matériaux synthétiques sont utilisés au prix d'une perte dans la qualité de l'air intérieur. Pour contrer l'étalement et le coût du terrain, les lots deviennent plus petits et ça devient plus rentable de construire des maisons de deux étages plus efficaces. Pendant les années '80 et '90, les modes changent encore, cette fois, du post-moderne au cottage anglais ou au victorien.

En fin de compte, au lieu de nous laisser trop influencer par ces tendances étrangères à notre environnement au point de les suivre aveuglément nous devrions retourner à une approche fondamentalement liée à notre climat et à nos valeurs comme société pour développer une nouvelle architecture proprement québécoise, efficace, saine et respectueuse de l'environnement.


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