Rapport préliminaire








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IV. OUTILS


28. L’application fructueuse de l’approche centrée sur le Paysage urbain historique exige un solide arsenal d’outils interdisciplinaires et innovants, adaptés aux contextes locaux. Ces outils peuvent être classés en plusieurs catégories, comme suit :

29. Les systèmes de réglementation devraient inclure des ordonnances, des actes ou des décrets spéciaux pour gérer les composantes matérielles et immatérielles du patrimoine urbain, y compris ses valeurs sociales et environnementales. Les systèmes traditionnels et coutumiers devraient être reconnus et renforcés, si nécessaire.

30. Les outils de participation communautaire devraient permettre à différents groupes représentatifs de parties prenantes d’identifier les valeurs essentielles dans leur territoire urbain de formuler une vision, de fixer des objectifs et de se mettre d’accord sur des actions pour sauvegarder leur patrimoine et promouvoir le développement durable. De tels outils devraient favoriser le dialogue interculturel en prenant en compte l’histoire des communautés, leurs traditions, leurs valeurs, leurs besoins et leurs aspirations, et en facilitant la médiation et la négociation entre des groupes aux intérêts divergents.

31. Les outils techniques devraient aider à protéger l’intégrité et l’authenticité des attributs architecturaux et matériels du patrimoine urbain. Ils devraient également permettre la reconnaissance de la signification et de la diversité culturelle, et faciliter le suivi et la gestion du changement afin d’améliorer la qualité de vie et de valoriser l’espace urbain. Il faudrait envisager d’inventorier et cartographier les éléments culturels et naturels, et procéder à des études d’impact sur le patrimoine, la société et l’environnement afin de prendre en compte les impératifs de pérennité et de continuité aux stades de la planification et de la conception.

32. Les outils financiers devraient servir à améliorer le territoire urbain tout en sauvegardant leurs valeurs patrimoniales. Ils devraient viser à renforcer les capacités et à appuyer un développement innovant et générateur de ressources, enraciné dans la tradition. Outre les fonds publics et les financements provenant des organismes internationaux, les outils financiers devraient être employés efficacement pour promouvoir des investissements privés au niveau local. Le microcrédit et d’autres modalités de financement souples destinés à soutenir les entreprises locales ainsi que différentes formules de partenariat public-privé sont également déterminants pour que l’approche centrée sur le Paysage urbain historique soit financièrement viable.

V. RENFORCEMENT DES CAPACITÉS, recherche, INFORMATION et COMMUNICATION


33. Le renforcement des capacités devrait concerner les principales parties prenantes – les communautés, les décideurs, les professionnels et les gestionnaires – afin de favoriser la compréhension de l’approche centrée sur le Paysage urbain historique et sa mise en œuvre. L’efficacité de tels efforts implique une interaction appropriée entre ces différents acteurs, de façon à pouvoir définir des stratégies et des objectifs, des cadres d’action et des mécanismes de mobilisation des ressources.

34. La recherche devrait cibler la stratification complexe des ensembles urbains afin d’identifier les valeurs qui s’y rattachent et de comprendre l’importance que leur attribuent les communautés. Il est essentiel de documenter l’état des zones urbaines et leur évolution, de faciliter l’évaluation des propositions de transformation et d’améliorer la gestion.

35. Il faudrait faire appel aux technologies de pointe en matière d’information et de communication pour documenter, comprendre et présenter la stratification complexe du territoire urbain et leurs éléments constitutifs, en ciblant en particulier les femmes, les jeunes et tous les groupes sous-représentés afin de susciter leur intérêt et de mobiliser leur soutien et leur participation.

VI. COOPÉRATION INTERNATIONALE


36. Les États membres et les organisations internationales gouvernementales et non gouvernementales devraient faciliter la compréhension du public et son implication dans la mise en œuvre de l’approche centrée sur le Paysage urbain historique en diffusant les meilleures pratiques et les enseignements tirés des différentes régions du monde, afin de renforcer le réseau de partage des connaissances et d’intensifier le développement des capacités.

37. Ils devraient également promouvoir la responsabilité sociale des entreprises, en vue de faire du secteur privé un partenaire à part entière dans l’approche centrée sur le Paysage urbain historique et de créer des conditions qui favorisent l’investissement privé dans la gestion durable du territoire urbain et de leur cadre historique.

38. Dans tous les cas de figure, la participation et les pressions de la communauté internationale devraient être mises en balance avec l’identité et les aspirations locales, de façon à respecter l’objectif de la continuité historique et culturelle dans le cadre d’une évolution dynamique et créative.



Plan d’action accompagnant la Recommandation
concernant le Paysage urbain historique


En adoptant la nouvelle Recommandation de l’UNESCO concernant la conservation du Paysage urbain historique à la 36e session de la Conférence générale à l’automne 2011, les États membres s’engagent à prendre les mesures appropriées pour :

  • adapter ce nouvel instrument à leur contexte spécifique ;

  • le diffuser le plus largement possible sur leur territoire ;

  • faciliter sa mise en œuvre par la formulation et l’adoption de politiques d’accompagnement ;

  • suivre son impact sur la conservation et la gestion des villes historiques et habitats urbains.

Si l’accent est mis sur la nécessité de prendre en compte la singularité du contexte de chaque ville et habitat urbain, ce qui induira une gestion différenciée, on peut néanmoins définir six étapes essentielles que les États membres doivent envisager lorsqu’ils appliqueront l’approche centrée sur le Paysage urbain historique, à savoir :

(1) entreprendre des études exhaustives et une cartographie des ressources naturelles, culturelles et humaines de la ville (bassins hydrographiques, espaces verts, monuments et sites, bassins visuels, traditions culturelles vivantes des communautés locales) ;

(2) parvenir à un consensus en pratiquant une planification participative et en consultant les parties prenantes sur les valeurs à protéger et à transmettre aux générations futures, et déterminer les attributs qui concrétisent ces valeurs ;

(3) évaluer la vulnérabilité de ces attributs aux pressions socioéconomiques ainsi qu’aux impacts du changement climatique ;

(4) une fois ces étapes franchies, et alors seulement, élaborer une stratégie de développement urbain ou de conservation urbaine pour intégrer les biens patrimoniaux et leur vulnérabilité dans la démarche plus large d’urbanisme, en indiquant (a) les périmètres à préserver strictement ; (b) les zones sensibles qui requièrent une attention particulière lors de la planification, de la conception et de la réalisation ; et (c) les zones de projets et de développement (notamment constructions de grande hauteur) ;

(5) hiérarchiser les actions de conservation et de développement ;

(6) établir des partenariats et des cadres de gestion locale appropriés pour chacun des projets de conservation ou de développement prévus dans la stratégie ci-dessus, ainsi que des mécanismes pour la coordination des activités menées par les différents acteurs publics et privés.

Soucieuse d’aider les États membres dans ce processus, l’UNESCO entend mettre en place un programme de soutien pour le Paysage urbain historique qui fera appel à l’expertise internationale et intersectorielle, le but étant d’encourager la coopération pour l’élaboration et la mise en œuvre futures de l’approche préconisée, l’échange d’idées et de pratiques ainsi que la communication et la transmission des connaissances à l’ensemble des parties prenantes et de la société civile.

Dans cette optique, le programme de soutien comprendrait les sept volets suivants :

(1) création d’un site Web dédié pour faciliter la communication et l’échange se rapportant à l’élaboration et à la mise en œuvre de l’approche centrée sur le Paysage urbain historique, qui offrirait en particulier une plate-forme virtuelle aux autorités locales et aux gestionnaires des sites pour le partage de vues, d’idées et de connaissances ;

(2) établissement d’un groupe de travail composé de partenaires institutionnels compétents en matière d’élaboration et de mise en œuvre de l’approche susmentionnée, en particulier ceux qui sont à même de fournir des compétences et une expertise spécialisées aux États membres sollicitant une assistance technique ;

(3) mise au point d’ensembles de prestations d’assistance technique qui peuvent être financés par des donateurs bilatéraux et des acteurs du privé, avec une prépondérance accordée aux régions moins développées comme l’Afrique, l’Asie centrale et les petits États insulaires en développement, et une sélection de sites pilotes qui requièrent une attention particulière, tels que des villes historiques inscrites sur la Liste du patrimoine mondial en péril ou d’autres listes de surveillance ;

(4) promotion de la recherche scientifique concernant les aspects scientifiques de l’approche centrée sur le Paysage urbain historique, à savoir notamment la législation relative au patrimoine intégré ; le patrimoine urbain et l’intégrité ; la compatibilité des interventions contemporaines ; les limites du changement acceptable ; l’évaluation stratégique et l’étude de l’impact sur le patrimoine ; la planification et la conception modernes face au savoir traditionnel ; la créativité et la promotion du patrimoine ; la prévention des catastrophes naturelles et l’adaptation à celles-ci ; l’implication du secteur privé ; la documentation, la visualisation et la présentation ;

(5) organisation de conférences et de colloques en vue de stimuler le débat international sur l’amélioration et la mise en œuvre de l’approche relative au Paysage urbain historique et de diffuser les travaux théoriques et pratiques récents, le but étant aussi de les faire connaître par le biais de publications, notamment électroniques ;

(6) soutien à la conception de matériels didactiques ainsi que de curricula de formation des enseignants en rapport avec les cursus et modules sur la conservation urbaine et l’approche centrée sur le Paysage urbain historique, en synergie avec l’ICCROM et les divers centres de catégorie 2 établis sous l’égide de l’UNESCO dans le monde entier ;

(7) bilan, tous les six ans, de la mise en œuvre de la Recommandation par les États membres et de son impact sur la conservation et la gestion des ensembles urbains et villes historiques, en vue de formuler des principes directeurs fondés sur les meilleures pratiques ainsi que des conseils spécifiques à l’intention des parties prenantes, et de rendre compte à la Conférence générale de l’UNESCO.

1 En particulier, la Convention de l’UNESCO pour la protection du patrimoine mondial culturel et naturel de 1972, la Convention de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine immatériel de 2003, la Convention de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles de 2005, la Recommandation de l’UNESCO concernant la sauvegarde de la beauté et du caractère des paysages et des sites de 1962, la Recommandation de l’UNESCO concernant la préservation des biens culturels mis en péril par les travaux publics ou privés de 1968, la Recommandation de l’UNESCO concernant la protection, sur le plan national, du patrimoine culturel et naturel de 1972, la Recommandation de l’UNESCO concernant la sauvegarde des ensembles historiques ou traditionnels et leur rôle dans la vie contemporaine de 1976, la Charte internationale de l’ICOMOS sur la conservation et la restauration des monuments et des sites (Charte de Venise) de 1964, la Charte des jardins historiques de l’ICOMOS (Charte de Florence) de 1982, et la Charte internationale de l’ICOMOS pour la sauvegarde des villes historiques (Charte de Washington) de 1987.

2 En particulier, la Conférence mondiale sur les politiques culturelles, en 1982 à Mexico, la Conférence de Nara sur l'authenticité en 1994, le Sommet de la Commission mondiale de la culture et du développement en 1995, la Conférence HABITAT II à Istanbul en 1996, avec la ratification d’Action 21, la Conférence intergouvernementale de l’UNESCO sur les politiques culturelles pour le développement, à Stockholm en 1998, la Conférence Banque mondiale/UNESCO : Comprendre la place de la culture dans le développement durable – Investir dans les biens culturels et naturels en 1998, la Conférence internationale sur le patrimoine mondial et l’architecture contemporaine, à Vienne en 2005, l’Assemblée générale de l’ICOMOS sur les monuments et sites dans leur milieu, à Xi’an en 2005, ainsi que l’Assemblée générale de l’ICOMOS sur l'esprit du lieu, à Québec en 2008.

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