Résumé L’objectif de ce travail porte sur l’organisation socio-cognitive du concept de soi chez des patients toxicomanes. Les sujets ont été rencontrés lors de leur consultation au Centre Baudelaire pour toxicomanes.








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Concept de soi chez des patients toxicomanes

Gauchet, Aurélie*

Tarquinio, Cyril*

Fischer, Gustave Nicolas*

Kuntz, Michèle**

Titre courant : Concept de soi chez des patients toxicomanes.
Self-concept with drug addict patients.

Résumé
L’objectif de ce travail porte sur l’organisation socio-cognitive du concept de soi chez des patients toxicomanes. Les sujets ont été rencontrés lors de leur consultation au Centre Baudelaire pour toxicomanes. Notre démarche est directement issue de la méthodologie adoptée par Markus (1977) et Clemmey & Nicassio (1997) dans l'étude du concept de soi. Les sujets toxicomanes devaient réaliser trois tâches qui nécessitaient la manipulation de traits de personnalité connotés positivement et négativement ( une tâche auto-descriptive avec mesure des temps de décision, une tâche autobiographique et une tâche de rappel). Les résultats montrent que: 1. les toxicomanes mettent plus de temps que les sujets du groupe témoin pour juger comme auto-descriptifs les traits positifs, alors qu'ils mettent plus de temps que les sujets du groupe contrôle pour rejeter les traits négatifs. 2. les sujets toxicomanes par opposition au groupe des sujets témoins jugent comme auto-descriptifs plus de traits négatifs que de traits positifs. 3. les sujets toxicomanes contrairement aux sujets du groupe témoin rappellent plus de traits négatifs que de traits positifs.
Mots clés : Concept de soi, patients toxicomanes, addiction, adaptation, stigmatisation.

Abstract
The purpose of this study deals with the sociocognitive organization of the self-concept in drug addict patients. Subjects were interviewed during their consultation for treatment to the Baudelaire Center for drug addicts. Our approach was derived directly from the methodology used by Markus (1977) and Clemmey & Nicassio (1997) in their studies on the self-concept. The subjects had to perform three tasks that required manipulating personality traits with positive and negative connotations (a self-description task in which decision time was measured, an autobiographical task, and a recall task). The results showed that : 1. In their self-descriptions, drug addicts took more time than control subjects both to accept positive traits and to reject negative ones ; 2. Unlike control subjects, drug addicts considered more negative traits to be self-descriptive than positive traits, and ; 3. Unlike controls, drug addicts recalled more negative traits than positive ones.
Key words : Self-concept, drug addict patients, addiction, adaptation, stigmatization.

Concept de soi chez des patients toxicomanes

Introduction
Cette étude porte sur l’organisation socio-cognitive du concept de soi chez des patients toxicomanes. L’objectif de ce travail est d’appréhender la structuration du concept de soi à partir des facteurs d’approbation sociale identifiés comme déterminants de traits de personnalité positifs ou négatifs, lorsque ces patients se trouvent soumis à des tâches d’auto-évaluation. Une perception sociale négative, détermine pour une part au moins la perception de soi, notamment lorsque les sujets appartiennent à des catégories sociales minoritaires. Les travaux de Clark & Clark (1947) furent parmi les premiers à montrer la dévalorisation de l’image de soi chez les enfants noirs, indiquant ainsi que la structuration de l’image de soi dépend aussi de la perception que le sujet a des évaluations que les autres ont de lui (Drozd & Dalenberg, 1994). En d’autres termes, l’individu s’attribue un jugement de valeur relatif au jugement qu’autrui porte sur lui (Crocker, Major & Steele, 1998). En outre, les conséquences sociales et professionnelles des addictions contribuent à structurer cognitivement l’identité des personnes, à modifier ou structurer leur concept de soi. Selon Markus (1977), au fur et à mesure que les individus accumulent des expériences personnelles d'un même type (et les conduites addictives en sont des modalités), leur concept de soi devient de plus en plus résistant aux informations non conformes ou contradictoires. C'est ainsi par exemple, que les personnes souffrant de maladie chronique se différencient sur le plan de la structuration cognitive du soi, des personnes non malades (Clemmey & Nicassio, 1997).

Développés sous l’impulsion de Markus (1977), les travaux sur le concept de soi ont considéré cette dimension comme une généralisation cognitive résultant d’expériences passées, qui organise et guide le traitement des informations relatives à soi (Higgins & King, 1981 ; Bargh, 1982 ; Gaertner & McLaughlin, 1983 ; Bargh & Pratto, 1986 ; Bylsma, Tomaka, Luhtanen, Crocker & Major, 1992). Ainsi, tout ce qu'un individu fait pour parvenir à organiser ou expliquer son propre comportement dans un domaine donné concourt à la formation de structures cognitives relatives à soi, structures cognitives que Markus appelle des self-concept (Markus, & Sentis, 1982 ; Markus & Nurius, 1986 ). Le concept de soi peut donc être appréhendé comme une structure permettant la généralisation ou la théorisation sur soi à partir de la catégorisation des comportements répétés par soi et autrui. Il conduit à une idée clairement identifiée du type de personne que l'on est dans un domaine particulier. C’est ainsi que dans un domaine défini, un sujet peut posséder un concept de soi d’un certain type (masculinité, réussite scolaire, réussite professionnelle, indépendance) et posséder le concept inverse (féminité, échec scolaire, échec professionnel, dépendance) ou encore ne pas posséder de concept de soi particulier relativement à ce domaine (Tarquinio & Somat, 2001). Les concepts de soi se constituent comme autant de bases de perception et d'interprétation de notre propre comportement, permettant aux individus de donner sens à leurs expériences sociales (Markus & Smith, 1981).



Les travaux sur le concept de soi ont cherché essentiellement à en comprendre le fonctionnement cognitif ; dans ce cadre, les aspects sociaux ont rarement été traités comme des modalités résultants des évaluation et des perceptions sociales (Monteil, 1991 ; Martinot, 1993). Dans cette étude sur les patients toxicomanes, le concept de soi est appréhendé comme déterminé par des variables psychosociales en référence à la stigmatisation dont ces personnes sont l’objet. Dans ces conditions les traits de personnalité peuvent constituer les expressions de ce concept de soi déterminés par le contexte social dans lequel vivent ces toxicomanes et non plus seulement par les caractéristiques des processus cognitifs à l’œuvre. Ce fonctionnement du concept de soi correspond aussi à un processus dynamique qui intègre les facteurs psychosociaux comme une composante de sa propre expression. A cet égard notre travail aborde la question du concept de soi sous un angle qui se démarque des approches existantes dans le domaine et qui dans leur globalité ne prennent en compte que les aspects cognitifs dans la construction du concept de soi. Les résultats du jugement à partir des traits de personnalité pourront en effet être interprétés non seulement comme des expressions de processus socio-cognitifs, mais aussi comme des modalités adaptatives dans la mesure où le concept de soi est l’expression de l’ajustement cognitif et évaluatif du soi au contexte social dans lequel vivent les toxicomanes.

Le cadre général de ce travail est donc basé sur le fait que les cognitions relatives à soi sont des produits de l’environnement socioculturel, formés et modifiés à travers les interactions interpersonnelles ; de ce fait on pourra expliquer les transactions environnementales comme des internalisations qui s’expriment en terme de croyances et de buts personnels. Les patients toxicomanes du fait de leur appartenance à une catégorie particulière font l’objet d’évaluations sociales qui les stigmatisent. Stigmatiser, c’est imposer des attributs négatifs à certaines personnes, leur jeter un discrédit, leur donner une image d’eux-mêmes négative. La notion de stigmate qui est très ancienne, désignait une marque corporelle, en général appliquée au fer rouge et qui avait pour objectif “ d’exposer ce qu’avait d’inhabituel et de détestable le statut moral de la personne ainsi signalée ” (Goffman, 1975). Elle a été reprise et utilisée essentiellement dans les travaux psychosociologiques pour caractériser le marquage représenté par une forme ou une autre de disqualification sociale (Paugam, 1991). Les conduites addictives rendent également compte de cette disqualification sociale qui empêche d’être pleinement accepté par la société. Une des conséquence est le repli sur soi, qui oblige à prendre conscience de ce marquage social. Celui-ci a tendance à les renforcer dans une perception et une image négatives qui au fil du temps peuvent concourir à l’émergence d’un soi particulièrement dévalorisé, notamment lorsque le toxicomane ressent la nécessité d'une prise en charge thérapeutique. C’est pourquoi nous pensons que : Les sujets ayant des conduites addictives jugeront comme auto-descriptifs plus d'items négatifs que les sujets du groupe contrôle qui au contraire jugeront comme auto-descriptifs les items positifs. De la même manière, les addicts toxicomanes mettront plus de temps que les sujets du groupe contrôle pour juger auto-descriptif des traits positifs, alors que ces mêmes sujets mettront plus de temps que les sujets du groupe contrôle pour rejeter un trait négatif. De plus, le score d’auto-description obtenu par les sujets ayant des conduites addictives sur les traits négatifs sera plus élevé que celui obtenu par les sujets du groupe contrôle. En revanche le score obtenu sur les traits positifs sera plus élevé pour les sujets du groupe contrôle que pour les sujets addicts. Enfin, les toxicomanes rappelleront davantage de traits négatifs que de traits positifs par opposition aux sujets du groupe contrôle qui devraient rappeler plus de traits positifs.

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