Séquence n°1: Ecriture et vision du monde dans la poésie baroque








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Séquence 1 : écriture et vision du monde dans la poésie baroque.

Séquence n°1: Ecriture et vision du monde dans la poésie baroque.

Perspectives dominante :

Histoire littéraire.

Perspective complémentaire :

La poésie.

Objet d’étude : Mouvement littéraire et cultuel : le baroque.

Objectifs spécifiques :

  • révision de la notion de Mouvement littéraire (quelle écriture pour quelle vision du monde?)

  • définir la vision du monde baroque et ses expressions (thèmes, motifs, figure)

  • les figures de style du baroque (antithèse, oxymore, hyperbole...)

Groupement de textes

Lectures analytiques :

1- P. de MARBEUF. "Et l’amour et la mer "

2- J. de SPONDE."Mais si faut-il mourir…"

3- T. L’HERMITE. "Beau monstre de nature"


Séance 1: Découverte du corpus.

1. Vous classerez les textes du corpus selon les critères qui vous semblent pertinents.
2. Vous direz, en justifiant votre réponse la ou les raisons qui peuvent justifier leur rassemblement en un groupement de textes


La présence récurrente de certains motifs, et de certaines figures de style permet assez facilement de poser l'hypothèse d'un mouvement littéraire commun, dont on esquisse les contours chronologiques, thématiques et stylistiques.


Jean ROUSSET. La littérature de l'âge baroque en France, Corti, 1954

Toute une époque, qui va approximativement de 1580 à 1670, de Montaigne au Bernin, se reconnaît à une série de thèmes qui lui sont propres: le changement, l'inconstance, le trompe-l'oeil et la parure, le spectacle funèbre, la vie fugitive et le monde en instabilité. On les voit s'incarner en deux symboles exemplaires qui semblent commander l'imagination de ce temps: Circé et le paon, la métamorphose et l'ostentation. Ces thèmes et ces symboles répondent mal à l'idée de classicisme ou de pré-classicisme, et ne satisfont pas davantage à celle de romantisme. Ils justifient par conséquent de faire appel à une nouvelle catégorie.

Gérard GENETTE. Figures, I, "L'or tombe sous le fer", Seuil, 1966.

En effet, la prédilection du poète baroque pour les termes d'orfèvrerie ou de joaillerie ne traduit pas essentiellement un goût profond pour les matières qu'ils désignent.(...) Ces éléments, ces métaux, ces pierreries ne sont retenus bien au contraire, que pour leur fonction la plus superficielle et la plus abstraite: une sorte de valence définie par un système d'oppositions discontinues, qui évoque davantage les combinaisons de notre chimie atomique, que les transmutations de l'ancienne alchimie. Ainsi, Or s'oppose tantôt à fer, tantôt à Argent, tantôt à Ivoire, tantôt à Ebène. Ivoire et Ebène s'attirent, comme Albâtre attire Charbon ou Jais, qui s'oppose à Neige, qui craint l'Eau (et le Feu, qui évoque d'un côté la Terre (d'où Ciel), de l'autre Feu ou Flamme qui appelle ici Fumée, là Cendre, etc. Les valeurs symboliques de l'Eau (Larmes), de Fer (chaînes de l'Amour), de Flamme (de l'Amour encore) , de Cendres (la mort) viennent enrichir le système.(...) Ainsi se constitue un curieux langage cristallin où chaque mot reçoit sa valeur du contraste qui l'oppose à tous les autres(...) On peut donc voir dans l'antithèse la figure majeure de la poétique baroque.

Séance 2: (deux heures) Lecture analytique du texte 1: MARBOEUF. Et l'amour et la mer...

le caractère ostentatoire de l'écriture de Marboeuf: une variation virtuose sur le thème rebattu de la souffrance amoureuse

analyse de la paronomase et des chiasmes, construction du poème avec la pointe finale...

La vision du monde proposée par le texte: instabilité et fragilité de toute chose

analyse des motifs (feu, eau...) et des figures qui permettent de l'exprimer. (antithèse, paronomase, oxymoron...)

En quoi ce texte est-il manifeste-t-il la sensibilité baroque ?

Il manifeste une sensibilité baroque

      par sa forme

      et par le traitement du thème de l'amour.

par sa forme : exubérance et virtuosité ostentatoires dans un texte solidement structuré.

          le jeu d'échos sur la paronomase et les sonorités en assonances ou en allitérations qui va jusqu'à l'anagramme (armes/larme = amers) complication à l'infini, Marbeuf exploite avec virtuosité toutes les potentialités sonores et sémantiques

          le jeu de comparaison entre la mer et l'amour (relever les mots à double sens : amer d'abord bien sûr, puis abîme, orage, naufrage,)

          ce feu d'artifice de mots se fonde cependant sur une structure profonde très ferme : 1 l'amertume de l'amour // de la mer - 2 La possibilité de fuir, écartée. - 3 le thème du feu + image de Vénus. l'antagonisme de l'eau et du feu ; celle de l'amour-feu et de l'eau-larmes 4 Synthèse des thèmes dans les deux vers de la chute

          Quatre images/thèmes se succèdent : la mer - Vénus mère - l'eau et le feu - les larmes

          Le jeu des métaphores eau/feu ainsi que le goût de la périphrase et de l'hyperbole est précieux.

par le traitement du thème de l'amour : violence du sentiment et pessimisme

           la présence obsédante de l'amour : nombre d'occurrences, place à la rime ou à l'hémistiche. L'amour choisi librement (péjoratif : "celui qui craint" = le couard qui ne sait profiter de la vie)

           la superposition de l'amour et de la douleur. cf paronomase amour / amer et rime amoureux/douloureux ; les occurrences de la souffrance = présence constante indissociable de l'amour (larmes orage naufrage

           une méditation : absence de la femme aimée = un texte abstrait, d'analyse de l'amour et de soi. Présent de vérité générale. On/celui qui.

Application au poète et à l'être aimé en fin de sonnet seulement. Focalisation cadrage différent

Tableau lecture analytique 1 : Pierre de Marbeuf « Et l’amour et la mer »

Première partie : Le caractère ostentatoire du poème : la musicalité du poème

Procédés

citations

Analyse

  1. le jeu des echos

paronomase/assonances/allitérations/rythme

l’ensemble de ces figures ne cessent de se répondre comme dans un jeu de miroirs rappelant l’aspect ostentatoire de l’art baroque.

« et l’amour et la mer ont l’amer pour partage »

« aimer » « « amour » « mer » « amer » « larmes » « armes »

Le rythme composé essentiellement d’alexandrins rappelle le flux et le reflux des vagues= le mouvement régulier et répétitif.= tétramètre= 3/3/3/3. ce mouvement est renforcé par la répétition du « et » (polysyndète).

Le jeu sur les sonorités disséminé tout au long du poème enferme le lecteur tel le poète pris au piège par l’amer amour. Il en appelle essentiellement au sens à travers la musicalité.


  1. le jeu des analogies

Comparaisons/Métaphores

Les images d’analogies permettent de revisiter les images traditionnelles de la poésie amoureuse

« l’on s’abîme en l’amour aussi bien qu’en la mer »

«celui qui craint les eaux »…  « Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage »

« que j’eusse éteint ton feu de la mer de mes larmes »

Tout le poème développe l’analogie entre la mer et l’amour= c’est essentiellement le naufrage amoureux qui est développé. La complémentarité de ces deux éléments est renforcée par la présence de deux chiasmes au premier quatrain= l’analogie se fait au sens propre= l’amertume de la mer comme au sens figuré. L’amour et la mer sont des éléments qui font appel aux mêmes notions de danger.


Deuxième partie : La vision du monde proposée : instabilité et fragilité de toute chose

Procédés

citations

Analyse

a) les thèmes

Vocabulaire du sentiment/Nature

Les thèmes proposés vont donc révéler toute la complexité de la nature du sentiment amoureux.

« amour » « celui qui craint » « aimer » « souffre » « douloureux »

« mer » « orage » « eaux » « feu »

L’amour est donc un sentiment complexe qui comme le rappelle le poète à travers l’allégorie du premier tercet (Vénus sortant des eau) a pour origine l’eau mais est par essence feu. La complexité du sentiment est comparé à l’instabilité de la mer : l’image du feu qui sort de l’amour et l’amour de la mer révèle cette instabilité (jaillissement, idée du mouvement).



  1. Les oppositions et les superpositions

Antithèses

Les antithèses concrétisent la complexité du sentiment amoureux

« que j’eusse éteint ton feu de la mer de mes larmes »

« le feu sort de l’amour, sa mère sort de l’eau »

« Mais l’eau contre ce feu ne peut fournir des armes »

La contradiction va surtout révéler un paradoxe physique= l’eau ne peut éteindre le feu. Ici il est préciser grâce au démonstratif « ce » qu’il s’agit de la passion amoureuse.



  1. Du général au particulier

Temps des verbes/énonciation

Le poète nous livre ici une vision particulière de l’amour.

« ont » « sort » « craint »= présent de vérité générale.

« si l’on pouvait »= conditionnel

« j’eusse éteint »= plus-que-parfait du subjonctif

La majeure partie du poème est formulé de manière impersonnelle au présent de vérité générale= nous sommes donc face à une méditation sur la souffrance amoureuse. Cette réflexion va être brisée par l’apparition d’un destinataire « ton » et de la première personne « je » révèle sa souffrance et l’impossibilité (le conditionnel et subjonctif) de l’arrêter. La pointe du sonnet hyperbolique conclut de manière précieuse ce sonnet.

Conclusion= a) Synthèse de l’analyse/b) réponse à la problématique/c) réflexion plus générale sur le poème

Ce poème traduit donc de manière remarquable le mouvement et l’analogie de la mer et de l’amour. La complexité de ces deux notions révèlent la souffrance intime du poème. L’esthétique baroque nous propose donc une vision assez tourmentée de l’amour et la difficulté qu’a l’homme de surmonter ses passions.
Tableau lecture analytique 2 : J de Sponde « Mais si faut-il mourir »

Première partie : La morale tragique liée à l’esthétique baroque

Procédés

citations

Analyse

a) le registre tragique

champ lexical de la mort/ la fatalité








  1. Les aspects du changement

Oppositions/ les marques de l’inconstance










Deuxième partie : Le caractère didactique du poème

Procédés

citations

Analyse

  1. la forme particulière du sonnet

régularité/ circularité





  1. L’expérience personnelle

Enonciation/ les majuscules






  1. la conscience de la mort

les affirmations



.

Conclusion= a) Synthèse de l’analyse/b) réponse à la problématique/c) réflexion plus générale sur le poème

Séance 3: Commentaire du texte 2. J. de SPONDE. Mais si faut-il mourir... (2h00)

L'étude de ce deuxième texte permet de découvrir un autre aspect de la production littéraire baroque, la poésie funèbre... Nous avons abouti à un plan en trois parties, la première développant l'idée que le texte propose une morale tragique, la seconde s'intéressant au caractère didactique du poème, la troisième traitant de l'utilisation particulière de la forme du sonnet, que Sponde exploite pour dire l'enfermement de l'homme dans sa condition et pour provoquer une sorte de vertige. (répétition, variation, clôture)

Jean de Sponde (1557 - 1595)

Né dans le pays basque, d’un père calviniste. Jeune, il traduit Homère en latin, et compose des Amours, sonnets qui ne paraîtront qu’après sa mort.
Puis il se tourne résolument vers la foi, et compose des Méditations sur les Pseaumes qu’accompagnent un Essay de quelques Poemes Chrestiens, ensemble de stances et de sonnets d’inspiration religieuse, publié en 1588, puis oublié pendant deux siècles et demi (réédité en 1949).
Introduction

      Le poème « Mais si faut-il mourir » est paru en 1588. C’est un sonnet issu du mouvement Baroque, où Sponde développe le thème de la mort. Il s’appuie sur un texte imagé.
      Jean de Sponde traite le thème de l’instabilité de la vie, c'est-à-dire sa fragilité. Il s’y rattache le thème fréquent de la mort avec l’idée que « la vie est un éclair ». Dans ce dernier recueil, il évoque la mort à l'œuvre dans le monde qui entoure l'homme.

Etude

I. Forme particulière du sonnet

- Structure claire, sonnet  brisé par cette époque, qui montre le désordre.
- On retrouve toujours la même structure : sujet + verbe + complément. C’est régulier, répétitif. « Flambeau » : métaphorique, qui va s’éteindre un jour.
- Du général au particulier, v. 1 à 14  processus d’anéantissement
- 1ère hémistiche vers 1 et 2ème hémistiche vers 14 sont identiques : structure circulaire en boucle qui peut symboliser la fatalité de la mort.
- Rimes masculines : syllabes accentués ; rimes embrassées, suivies et croisées (cf. fiche sur les rimes)  montre le désordre.
II. Le texte propose une morale tragique liée à l’esthétique baroque

- 3 sens humains : l’ouie, la vue, le goût. Différents temps verbaux: présent, futur, passé composé ; chiasme : opposition mort / vie.
- Opposition (« Mais ») envers la certitude de la mort. Mort présente partout, dans la nature, dans les productions humaines.
- « fureurs »  (force aveugle) éléments de la fatalité. Enumération ou accumulation d’éléments naturels ou fabriqués qui sont promis à la mort.
- La fleur symbolise le caractère éphémère de la vie et de la beauté. « flambeau » représente le feu, « neige » l’éternel et « flots » l’eau.
- Echo de sons identiques qui donne un effet de miroir : propre au baroque. Présence de Majuscules à certains mots. Thèmes et métaphores  Art Baroque
- Toutes ces images fonctionnent comme des métaphores allégoriques de la mort. La mort est toujours là, la mort est partout.
- Connotation religieuse, il fait peut-être une allusion à l’apocalypse, personnification de la mort : « ses colères, ses fureurs ».
- « rugissants », « sans rage »  le lion pourrait représenter les Hommes, symbolisant l’orgueil.
- La condition humaine est tragique. Mort présente dans la nature, productions humaines.
- Registre tragique : champ lexical de la mort : « mourir », « mort ». Intervention des Dieux / force transcendante « Cieux », « fureur », « tonnerre ».
- mort > symbole de l’inconstance : aspect du changement : « haleront » « crèvera », « ternira », « rompront », « éclatera », « fondre », « tarir », « sans rage ».
- Vanité > champ lexical de l’illusoire « journalière », « ardeurs », « venteuse », « beau », « flamme », « sire », « huile », « clairs ».
III. Le caractère didactique du poème

- Les tercets marquent une rupture : changement d’énonciation, Jean de Sponde s’exprime à la 1ère personne. Vers14, justifie, élucide opposition exprimée par « Mais ».
- Assonance en [i], donne rythme, un ton sur (« Mais si faut il mourir ») > assertion : affirmation, constat. Insistance, mise en relief de la mort (césure v.1-2 « mourir », « la mort »)
- Annonce finale : mots antagonistes : « vivez » et « mourir ». Conscient de la mort inéluctable, le poète s'adresse à ses semblables.
- Texte à la 1ère personne du singulier. Le récit est donc présenté ici comme une expérience vécue. Le poète se pose comme un témoin, il nous fait part de son expérience, la rend plus réelle  expérience personnelle, insistance et pessimisme
- 3 Majuscules : adjectif démonstratif  poète montre du doigt, tous les éléments concrets qui nous entourent, qui sont promis à la mort.
- Phrases rhétoriques  désarroi du personnage. Il rend compte de l’expérience universelle de l'homme et de son défi de vivre.
Conclusion

      Ce poème est très bien structuré. Jean de Sponde traduit la place de la mort de la religion, dans un monde changeant, montrant son angoisse devant l'existence. On trouve dans son œuvre les principaux thèmes de la littérature baroque : la hantise de l'inconstance, les masques, l'apparence et la mort. La mort au sein de la vie exprime l'aspiration vers l'au-delà, et suscite le besoin d'en appeler à Dieu.
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