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LETTRES

ÉDIFIANTES

ET

CURIEUSES

*

Lettres de Chine

1. sous l’empereur Cang-hi

publiées sous la direction de

Louis AIMÉ-MARTIN

1843



à partir de :

LETTRES ÉDIFIANTES ET CURIEUSES

concernant l’Asie, l’Afrique et l’Amérique, avec quelques relations nouvelles des missions, et des notes géographiques et historiques

publiées sous la direction de Louis AIMÉ-MARTIN (1781-1847).

A Paris, Société du Panthéon littéraire, MDCCCXLIII.

LA CHINE : Tome III, pages 1 à 329.

Les Lettres, édition du Panthéon, sont disponibles en fac-simile sur gallica.bnf.fr. Les illustrations proviennent de l’édition Querbeuf/Mérigot, 1780-81, disponible sur archive.org.

mise en mode texte par

Pierre Palpant

www.chineancienne.fr
TABLE DES LETTRES ET MÉMOIRES

contenus dans ce volume

Préface

Lettre du père Prémare au révérend père de La Chaise, confesseur du roi. — Traversée de France en Chine. — Cap de Bonne-Espérance. — Asham, Malacca, Sancian, Macao.

Lettre du père Bouvet au père de la Chaise. — Traversée. — Canton et les environs. — Voyage à Nankin. — Réception que l’empereur fait aux jésuites.

Lettre du père Prémare au père Le Gobien. — État de la Chine. — Excès de population. — Misère du peuple. — Travaux des missionnaires.

Lettre du père Pélisson au père de La Chaise. Église chrétienne construite à Pékin. Persécution.

Lettre du père du Tartre à son père. — Traversée. — Cap-Vert. — Gorée. — Cap de Bonne-Espérance. — Îles de la Sonde. — Détroit de Java. — Les Malais. — Golfe du Tonquin. — Tempête. — Chine méridionale.

Lettre du père Chavagnac au père Le Gobien. — Sancian. — Macao. — Canton. — Usages chinois. — Efforts des missionnaires.

Lettre du père Fouquet au duc de La Force. — État des missions en Chine. — Difficultés de leurs progrès.

Mémoire sur l’état des missions de la Chine. — Travaux des jésuites portugais et français.

Lettre du père Chavagnac au père Le Gobien. — Provinces intérieures. — Détails sur le pays, sur les mœurs, sur les conversions, sur les dames chinoises, sur les idoles.

Lettre du père Fontaney au père de La Chaise. — Aperçu de l’établissement des missions en Chine. — Tombeaux des fondateurs. — Maladie de l’empereur. — Médecine chinoise.

Lettre du même. — Discussions entre les différents ordres de missionnaires. — Nouveaux détails sur l’église de Pékin. — Notions sur Nangasuki et le Japon. — Églises de Canton.

Lettre du père Jartoux au père Fontaney. — Description de la nouvelle église. — Scrupules des jésuites au sujet d’une espèce de sceptre. — Soupes économiques distribuées aux pauvres.

Lettre du père Gozani sur les Juifs de la Chine. — Remarques sur la lettre du père Gozani.

Lettre du père d’Entrecolles sur la mort du père Charles de Broissia.

Lettre du père Gerbillon. — Plan de Pékin et des environs. — Prédications et conversions.

Lettre du père Bouvet. — Confrérie fondée à Pékin.

Lettre du père d’Entrecolles. — Disgrâce d’un prince. — État de la cour.

Explication d’une figure.

Mémorial du père Thomas sur la visite de l’illustrissime seigneur Charles Thomas Maillard de Tournon.

Lettre du père Parennin sur le progrès des missions.

Lettre du père Jartoux sur le gin-seng et sur la récolte de cette plante.

Lettre du père d’Entrecolles. — État du Kiang-si et de ses Églises.

Lettre du père Jacquemin sur l’île de Tsong-ming dans la province de Nankin.

Lettre du père d’Entrecolles sur la fabrication de la porcelaine.

Lettre du père Laureati sur le thé, les arbres, les métaux.

Lettre du père Parennin. — Mort du frère Bernard Rhodes. — Détails sur ses travaux.

Lettre du père d’Entrecolles. — Progrès des travaux apostoliques. — Difficultés toujours renaissantes au-devant des missionnaires. — Calomnies répandues de toutes parts contre eux.

Lettre du père de Mailla au père Colonia. — Navigation. — Forme et équipage des vaisseaux. — Île Formose.

Lettre du père Domenge. — Récit d’une persécution.

Lettre du père de Mailla. — Entraves mises au commerce avec les étrangers. — Persécutions contre les chrétiens. — Notions des Chinois sur les îles Lieou-kieou, Formose, les îles de la Sonde et le midi de l’Asie.

Extrait d’une lettre écrite de Pékin. — Sur le musc.

Lettre d’un missionnaire de la Chine. — Mort de l’impératrice. — Deuil. — Maladie de l’empereur.

Lettre du père Porquet. — Voyage en barque.

Lettre du père d’Entrecolles. — Tremblements de terre.

Lettre du même. — Enfants exposés et baptisés. — État des familles chinoises. — Usages relatifs aux sépultures. — Édits sur les chemins, etc.

Lettre d’un missionnaire sur une ambassade russe et sur une révolte à Formose.

Lettre du père d’Entrecolles. — Porcelaine. — Notions nouvelles sur sa fabrication.

Lettre du père Jacques à M. l’abbé Raphaëlis. — Traversée. — Île Bourbon. — Archipel de Poulo-condor. — Camboge, Tsiompa, Cochinchine. — Canton et les pays environnants. — Mœurs et usages.

Lettre du père Gaubil. — Désolation dans les chrétientés. — Remarques sur les enfants exposés.

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PRÉFACE

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p.001 Les tentatives faites pour introduire le christianisme dans les contrées centrales et orientales de l’Asie remontent aux temps les plus reculés. Dès le Ve et le VIe siècle on rencontre dans le Tibet, le Kaptchax et la Mongolie des traces d’ouvriers évangéliques. Les apôtres de la foi se rendaient par terre de Constantinople à Gartope, et de là côtoyant les fleuves, franchissant les montagnes, traversant les forêts et les plaines, ils pénétraient jusqu’à l’empire du Catay, car c’était ainsi qu’ils nommaient la Chine septentrionale.

Les Arabes, qui s’étaient mis en rapport avec la partie méridionale du même empire l’appelaient Sin ou Tsing, du nom de la dynastie qui régnait lors de leur découverte, et c’est ce nom arabe qui, adopté par l’Europe, est devenu pour elle celui de Chine, qu’elle a donné depuis à toute cette vaste domination de l’Orient.

Les premières descriptions de ce pays nous vinrent de deux moines franciscains l’un, Jean Carpin, né en Italie, l’autre, connu sous nom de Rubruquis, né dans le Brabant.

Tous deux, au XIIIe siècle, furent envoyés au camp des Tartares, savoir : Carpin, par le pape Innocent IV, et Rubruquis, par roi Louis IX, pour ouvrir des communications qui devaient tourner au profit de l’Europe et de toute la chrétienté.

A leur retour ils publièrent des lettres qui furent dès ce temps-là curieuses et édifiantes, et qui excitèrent l’intérêt au plus haut point.

Nicolas et Matthieu Paolo, Vénitiens, mais surtout Marc Paolo, leur fils et neveu, voyagèrent vers la même époque, s’enfoncèrent plus avant dans la contrée, et les récits qu’ils en firent étant venus à la connaissance de Henri III, roi de Portugal, ils firent naître dans l’esprit hardi de ce prince l’idée d’une expédition qui devait, par ses résultats inouïs, changer la face de la politique et du commerce.

En 1418, il fit armer deux vaisseaux, qui, s’étant élancés vers le sud, atteignirent le cap des Tempêtes, le doublèrent et parvinrent aux Indes par une route qu’aucun navire jusque-là n’avait pratiquée.

Un établissement considérable fut fait à Goa, et un siècle après en 1517 le vice-roi de ces provinces conquises, Lopez Souza, jaloux d’agrandir les possessions de son maître, expédia huit vaisseaux chargés de marchandises, et les mit sous le commandement de Fernand d’Andrada, avec Thomas Pereira qui reçut le titre d’ambassadeur. D’Andrada, d’un caractère doux et liant gagna l’amitié du mandarin gouverneur de Canton, et fit avec lui un traité de commerce avantageux.

Pereira partit pour se rendre à Pékin. Mais pendant qu’il était en route, les Portugais restés au bas de la rivière de Canton se conduisirent avec tant de violence, que les Chinois prirent les armes et leur retirèrent toute la faveur qu’ils leur avaient d’abord accordée.

L’empereur, promptement informé de ces excès, reçut fort mal Pereira ; il le fit arrêter, charger de fers et reconduire à Canton, où le malheureux ambassadeur fut jeté dans un cachot où il périt de misère et de chagrin.

Cependant quelques années après, les Portugais rentrèrent en grâce. Ils eurent occasion de rendre aux Chinois un service signalé, et de réparer ainsi la faute qu’ils avaient commise. Ils prirent un pirate qui infestait les mers de la Chine et en désolait les côtes. L’empereur, en reconnaissance de ce service, leur permit de s’établir à Macao, mais avec les restrictions sévères que les Chinois imposent encore aux Européens.

Saint François-Xavier avait prêché au Japon. Son exemple excita le zèle des missionnaires, qui envahirent bientôt toute la colonie portugaise, contre la volonté des princes qui gouvernaient ces lointaines régions.

Il faut suivre ces premiers pasteurs et assister pour ainsi dire à leurs études, à leur préparation, à leurs travaux, pour juger de l’étendue de leur mérite, de la difficulté de leur entreprise, de la constance de leurs efforts et de la gloire de leurs succès.

Ce succès même excita l’envie, et ceux qui s’étaient voués à une tâche aussi louable et aussi pénible, attaqués dans leurs moyens et jusque dans leurs intentions, eurent besoin de défenseurs.

Laissons parler un de leurs apologistes, et traçons par son secours l’histoire abrégée des pères Ricci, p.002 Schall et Verbiest, ces trois vénérables religieux, qui furent regardés comme les fondateurs des missions de la Chine.

Le père Matthieu Ricci naquit à Macerate, dans la marche d’Ancône, en 1552. Après ses études de belles-lettres, il fui envoyé à Rome pour y faire son droit. Il n’y négligea pas la science du salut, et, se sentant appelé à la vie religieuse, il entra au noviciat des jésuites en 1571. Il eut pour maître le père Alexandre Valignan missionnaire célèbre, qu’un prince de Portugal appelait l’apôtre de l’Orient. Le disciple se sentit vivement inspiré par un tel maître, et quand celui-ci s’en retourna aux Indes, d’où il ne s’était absenté que pour un temps, l’autre n’eut point de repos qu’il ne fût admis à l’y accompagner. Dès que cette faveur lui eut été accordée, il redoubla ses soins pour apprendre tout ce qu’il était nécessaire de savoir afin de réussir dans la conversion des infidèles, et de bien remplir, de toutes façons, les devoirs qu’il s’était imposés. Car un dessein pareil à celui qu’il formait exige qu’on joigne des connaissances profondes et sûres à des vues saines, justes, droites ; à beaucoup de détachement et d’oubli de soi-même, de sang-froid et de résolution.

Au jour marqué, Valignan partit pour Macao avec Ricci. Quand il y fut rendu, il se sentit extraordinairement touché de voir les Chinois, peuple si fameux, encore assis dans l’ombre de la mort. La difficulté de pénétrer dans une région ennemie de tous les étrangers ne le rebuta pas. Ses premières tentatives n’eurent point de succès ; mais elles ne lui firent pas perdre courage. On l’entendait quelquefois soupirer et s’écrier, en se tournant vers le rivage de la Chine :

— Rocher, rocher, quand t’ouvriras-tu ?

Il choisit les ouvriers qu’il crut les plus propres à cette entreprise noble et difficile, et voulut qu’ils s’appliquassent surtout à apprendre la langue chinoise. Je ne crois pas que chez aucun peuple il y en ait une plus épineuse : elle n’a pas un grand nombre de mots, mais chaque mot y signifie un grand nombre de choses, dont il n’y a qu’un ton très délicat qui détermine le vrai sens. L’écriture y est une science sans bornes, parce qu’il y a peu de termes qui ne s’écrivent avec un caractère particulier ; mais que ne peut point la charité dans des cœurs bien pénétrés de Dieu ! Les élèves du père Valignan en surent bientôt assez pour entrer dans la Chine ; mais ces voyages ne produisirent d’autres effets que de se procurer la bienveillance de quelques Chinois, de les familiariser un peu avec des étrangers, de diminuer l’horreur et le mépris qu’ils ont pour eux. Il fut cependant impossible de s’y arrêter plus longtemps, ce qui était néanmoins nécessaire pour y prêcher et y établir solidement la religion. Ce ne fut qu’après bien des tentatives qu’on y réussit. La patience du père Ricci surmonta tous les obstacles : Dieu bénit son courage, et, dans un temps où Macao et ses habitants avaient essuyé de grandes pertes, il y trouva des secours pour acheter un terrain, bâtir une maison, fournir à son entretien et à celui de deux de ses confrères, et faire des présents aux mandarins et aux autres officiers dont il fallait acheter la protection.

Ce fut au commencement de septembre 1583 que Ricci arriva à Choaquin, et obtint des lettres-patentes portant permission de s’y fixer, et d’y acheter un endroit convenable pour son habitation. Ce premier pas fait, il fallait étudier les mœurs de ses nouveaux hôtes, connaître leur caractère, saisir les moyens les plus propres à les instruire, à les éclairer.

Le père Ricci, étant depuis à Pékin, disait qu’il était effrayé quand il pensait à tout ce qu’il avait fallu faire, et plus encore à ce qu’il avait fallu éviter, pour en venir où en était. De toutes les nations du monde, la chinoise est la plus délicate et la plus difficile à vivre pour les étrangers. Naturellement elle les méprise, et il faut qu’ils sachent s’y montrer par des endroits bien estimables pour s’y attirer de l’estime. L’aversion est égale au mépris, et elle paraissait en ce temps-là si insurmontable qu’il n’y avait qu’un grand intérêt qui pût faire tolérer aux Chinois le commerce d’une autre nation. Par-dessus tout cela, les conquêtes que les Espagnols et les Portugais avaient faites, depuis quelque temps, en divers lieux proches de la Chine, avaient inspiré beaucoup de défiance à ces peuples ombrageux, en sorte qu’aucun mandarin ne pouvait voir sans inquiétude un étranger dans son gouvernement.

La connaissance de ces obstacles à surmonter fit résoudre les missionnaires à garder de grandes mesures, et à ne traiter avec les Chinois qu’avec une grande circonspection. Ils tachèrent de les apprivoiser peu à peu, et de gagner insensiblement leur estime par les sciences, pour gagner plus sûrement leurs cœurs par la prédication. Ils commencèrent à les attirer chez eux en exposant dans leur chapelle des tableaux de dévotion très bien peints ; ce qui était une chose fort nouvelle pour les Chinois. Ensuite, connue ils n’ignoraient pas l’estime que ces peuples faisaient des mathématiques le père Ricci qui avait étudié à Rome sous le fameux Clavius, se fit une grande réputation par l’habileté qu’il y montra. Il leur fit une carte de géographie qui leur plut extraordinairement, et par laquelle il les détrompa de l’erreur grossière où ils étaient de croire que la plus grande partie du monde fût la Chine, et que tout le reste n’était que des morceaux de terre rangés autour d’elle pour lui servir d’ornement, s’étant toujours imaginé que la terre était carrée, et que la Chine en occupait le milieu.

Cette opinion de science, où les missionnaires se mirent d’abord, leur attira l’estime des personnes distinguées par leurs emplois et par leurs talents. On les visitait souvent, et l’on s’en retournait d’auprès d’eux charmé de leur érudition et même de ce qu’ils p.003 disaient de la morale de notre religion ; car ils commencèrent par là leur prédication, et, avant que de leur parler de nos mystères, ils expliquèrent, à ceux qui les visitaient, les préceptes du Décalogue.

Animé par ce premier succès, Ricci composa un petit catéchisme qui se répandit dans toute la Chine, mais qui ne produisit encore que des applaudissements stériles. Le peuple même était toujours également prévenu ; il voyait avec peine les égards que les grands avaient pour ces étrangers, et il les insultait, les maltraitait même toutes les fois qu’il en trouvait l’occasion. Ces progrès si lents de la religion firent accuser les missionnaires de ménagements politiques, et on commença dès lors à écrire contre eux et à décrier amèrement leur conduite.

Cependant Ricci avançait toujours, faisait quelques conversions, et, quoiqu’elles fussent en petit nombre, il crut devoir multiplier les résidences et les missionnaires. Ce fut sans succès : ils furent obligés de se retirer. Ricci resta seul assez longtemps, luttant toujours contre les préjugés et l’avidité du peuple et des mandarins. Il fut enfin obligé de céder à la tempête, et de se retirer à Macao.

Après un court séjour dans cette ville, il retourna dans sa chère mission, et, à la faveur des mathématiques, il s’établit dans une autre ville de la Chine, nommée Chao-Cheu. Il donna à quelques Chinois des leçons de cette science, pour les préparer à en recevoir de plus importantes sur la religion chrétienne et sur le salut.

Il retira quelques fruits de sa persévérance ; on ouvrit enfin les yeux à la vérité, et le nombre des néophytes grossit et se multiplia ; mais la populace, quoique contenue par les égards et la distinction dont les mandarins usaient envers Ricci, saisissait toutes les occasions de marquer à ce Père et à ses coopérateurs les préventions et la haine qu’elle avait contre eux ; elle les maltraitait de paroles et quelquefois même les accablait de coups de pierre. Ricci eut un autre chagrin bien plus amer ; il perdit ses deux compagnons, le père Antoine d’Almeyda et le père François Petri, l’un et l’autre pleins de l’esprit de Dieu, de l’amour de la prière et de la mortification. Cette perte lui fut d’autant plus sensible, qu’elle arriva dans un temps où il avait plus de besoin de leurs conseils : il méditait le projet d’aller à Pékin et d’y porter la lumière de l’Évangile. L’opinion qu’on avait conçue de son habileté dans les mathématiques et dans la géographie lui parut propre à le faire parvenir jusqu’à l’empereur, et il se flattait que, s’il pouvait le rendre favorable à la religion, elle en ferait des progrès plus sûrs et plus rapides. Il crut que, pour exécuter ce grand dessein, il devait quitter l’habit de bonze, assez méprisé à la Chine, et prendre celui des lettrés, qui y est dans une grande considération. Il conjura ensuite un grand mandarin d’armes dont il avait gagné l’amitié et l’estime, et que l’empereur venait d’appeler à la cour de lui permettre de l’accompagner. Le mandarin y consentit. Ricci se mit en chemin avec lui ; mais dans la route le mandarin changea d’avis, et, craignant qu’on ne lui fît une fâcheuse affaire d’avoir amené un étranger si avant dans l’empire, il voulut le renvoyer dans la province de Canton ; mais à force d’instances, Ricci obtint de le suivre jusqu’à Nankin. Ne pouvant espérer de faire de solides biens dans cette grande ville, il reprit le chemin de Nanchan, repassant dans son esprit les immenses travaux qu’il avait employés pour cultiver cette terre ingrate. Ces affligeantes pensées ne lui ôtaient cependant pas toute espérance. Il fut très accueilli, très recherché à Nanchan par le vice-roi, les mandarins et les lettrés. Il y composa quelques ouvrages de science et de morale qui furent goûtés et répandus dans toute la Chine. Le vice-roi lui proposa lui-même de s’arrêter dans cette ville. Le père Ricci y établit une résidence et obtint encore d’aller à Pékin avec un mandarin nommé
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