Débarqués dés 9 heures d’un appareil en provenance d’Alger spécialement mis à notre disposition par le Gouvernement Algérien, la visite démarre sur le tarmac








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date de publication08.06.2018
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La Perle du désert
Débarqués dés 9 heures d’un appareil en provenance d’Alger spécialement mis à notre disposition par le Gouvernement Algérien, la visite démarre sur le tarmac. Ordonnancement très protocolaire, tout ce que dénombre la région comme élus, responsables et autorités nous attendent, rangés au pied de l’avion. Et au bout de la ligne formée par cet aréopage prestigieux, une petite « Perle du désert », Kadia Hadj Skizo, intimidée certes mais rayonnante de ses cinq ans et des ors du costume de fête des femmes de la Vallée du M’Zab. Réception chaleureuse dans la plus pure des traditions, avec offrande des dattes et lait de chèvre à qui franchit le seuil de l’oasis au milieu du désert.
Avec ses 296 000 habitants, la Vallée du M’Zab, se situe dans le ressort de la Wilaya de Ghardaïa, un « concept né pendant la Révolution à laquelle j’ai participé », nous explique le Wali, Yahia Fahïa, « une sorte de division administrative qui a remplacé la Préfecture du temps des coloniaux ». « Le Wali, ajoute Mr Fahïa, est un développeur ; il gère actuellement les  millions de dollars pour le développement de la Vallée du M’Zab classée depuis 1982 au Patrimoine de l’UNESCO ». « Cette région, dit-il, est riche du soleil, de la pluie, des ressources d’une architecture unique où les habitations troglodytiques façonnent encore les paysages. Quant à l’immense fléau du terrorisme, il s’éloigne… ».

La Wilaya dénombre 13 communes (Berriane, Bounours, Dhayet Bendhahoua, Et Atteuf, El Guerrera, El Menia, Ghardaïa, Hassi Fehal, Hassi Gara, Man Soura, Metlilli, Sebseb, Zelfrana) et 7 oasis : Ghardaïa, Beni Isguen qui se flatte « d’être l’agglomération la plus rigide dans ses principes », « la ville sainte par excellence », Melika, Bounoura, El Atteuf, Guerrera et Berriane.
Très encadré et sous bonne escorte quand même notre périple, « une belle surprise que lui a fait la Présidence de la République hier soir », précise encore le Walli Fahïa, peut commencer.

Première étape, le village voisin. Des slaves de tir au fusil et l’odeur de la poudre. On avance, en cortège. Une avocate glisse : « J’ai l’impression d’être figurante dans un film ». On inaugure un séminaire sur « La lecture et l’enfant ». Tout ce que compte la commune, d’écoles, de chorales, de musiciens, de danseurs, d’élus, de « notables » est sorti dans la rue. Il n’y a pas de femmes. Et seuls de jeunes garçons – regard profond, teint de velours sombre, sarouel banc plissé, chemise immaculée, gilet bleu océan, arhakia (le calot blanc que porte tous les hommes) visé sur la tête, entonnent des chants à capella : hymne national et couplé révolutionnaire contre l’oppression. Pas plus de jeunes filles que de femmes ici non plus. Et au Wali qui salue la « Délégation de la Commission européenne » par ces mots : « Vous êtes aujourd’hui le printemps de la pensée et du savoir », l’animateur de la cérémonie, un instituteur trilingue, poète et érudit – que nous retrouverons le soir à Beni-Isguen, c’est lui qui nous fera visiter le village-, répond : « A partir d’aujourd’hui, lorsque j’évoquerai la justice, je planterai du jasmin dans mon jardin ! ». Quant au Cheich, le plus ancien et donc le plus important des « notables » – robe de laine écrue, burnous et turban blancs-, en quelque sorte, l’une des plus hautes autorités morales de la communauté, il entrecoupe son ministère d’invocations à Allah ; la salle reprend ; nous demeurons cois ; difficile, c’est en langue arabe.

Un saut de puce et nous voilà sur la Place du marché de El Atteuf, envahie d’enfants occupés à divers ateliers de lecture. Une dizaine de petites filles, jupes courtes, yeux de braise et cheveux noirs s’activent aussi. Peu ou pas de touristes, l’impression d’une situation sociale sereine ; par petits groupes, commentaires et explications du Procureur général, des diverses autorités, s’ajoutent à la présentation de notre guide.

Après la culture et l’éducation, l’urbanisme et la protection de l’environnement. Sur les hauteurs de El Atteuf se dresse un complexe d’habitat social, une « ville nouvelle de 3500 âmes », aux ocres dominants, ruelles impeccables et maisons basses dans le pur style du pays. Le responsable du District observe que l’opération, menée avec le concours de l’Etat, a pour premier objectif, « l’arrêt du phénomène de migration des jeunes vers le Nord ». Le second est d’offrir un « nouveau type d’urbanisme prenant en compte la mixité sociale ». On nous indique que vivent ici, médecins, professions libérales, petits fonctionnaires, ouvriers et – semble-t-il, au bas de l’échelle sociale -, « 38% de femmes seules avec enfants, à condition que ce soit des veuves ». Alors, en levant les yeux au détour d’une rue, on aperçoit furtivement dans le soleil des silhouettes blanches gonflées par le vent qui glisse rapidement d’une maison à l’autre en rasant les murs…

Soixante kilomètres d’autoroute en plein désert, et nous voila à Zelfrana. Au cœur même de sa propre palmeraie, le Maire, un agriculteur entouré de son Conseil municipal a fait dresser par des bénévoles une tente, sous laquelle un déjeuner traditionnel nous sera servi. Sans protocole, nous prenons place sur les coussins autour des tables basses installées sur des tapis. Et la fête commence ! Merveilleuse Algérie. Tard dans la nuit, le Wali a prévenu le Maire ; celui-ci a battu tambour, à midi, c’est la communauté entière qui nous reçoit, au plutôt qui accueille « l’Europe qui lui fait l’honneur de venir jusqu’à elle ».

Retour en arrière, destination la Palmeraie de Ghardaïa. Briefing : l’agriculture et le mode de vie des paysans, l’hiver sur les hauteurs au village, l’été, en bas dans la palmeraie. Le soleil plombe l’énergie de la délégation, l’ombre salutaire appelle à la rêverie dans les chemins creux. Ce n’est pas l’avis de la police qui nous suit depuis le matin, l’heure est aux modes culturaux et aux systèmes ancestraux d’irrigation, dont la réglementation de l’eau, proche cousine de celle de Tribunal de l’Eau de Valencia, nous ramène en Espagne. Ou plus vraisemblablement à l’inverse, avant que Boabdil n’en soit chassé par les Rois Catholiques à Granada.

La place du marché de Ghardaïa est entourée d’arcades et de boutiques, c’est un lieu de rencontre fort animé jusque tard dans la soirée. L’espace donne le reflet de deux sphères masculines qui semblent se contrarier : un monde traditionnel représenté par les plus vieux revêtus de costumes de laine écrue, une société plus moderne des jeunes en blues jeans et chaussures de sport. De sa stature impressionnante, le Procureur général Djamel Mahzong semble veiller sur nos troupes qui s’égarent. L’heure du décollage est déjà bien dépassée ; et dernière étape mais pas la moindre, on nous attend à Beni-Isguen.

Derrière les remparts qui enserrent une ville de 6800 habitants, nous retrouvons dans le rôle de guide l’instituteur érudit du matin. De toutes les agglomérations de la pentapole ibadite du M’Zab, Beni-Isguen est celle « qui a su le mieux résister à l’assimilation, préserver des institutions uniques dans le monde islamique ». Il y est interdit de boire de l’alcool, de fumer, les femmes, très séparées des hommes (ils occupent tout le dehors), vivent essentiellement dans leur maison. Celle qui sort dans la rue doit être totalement cachée sous son voile, le haïc, qui ne laisse apparaître que son œil gauche. D’où les silhouettes furtives et blanches aperçues le matin. Et encore aujourd’hui, le Conseil fédéral des « notables » y dispose d’une arme redoutable à l’égard de celui ou celle qui s’avise de transgresser l’interdit : la tabriya, la mise à l’index, dont les nuances vont de la mise en quarantaine à l’exil, autrefois mortel pour qui était chassé de ces oasis au milieu du désert.

Un autre monde est , à Hassi-Messaoud et Hassi-R’Mel, celui du pétrole et du gaz qui ont fait des villes du M’Zab la plaque tournante du Sud Algérien. Venus du Nord, des milliers l’Algérois, se sont en quarante ans installés entre Beni-Isguen, Gardaïa et Melika fusionnées en agglomération. La communauté « étrangère » forme désormais la moitié de la population de la Vallée. Elle est devenue le refuge de ceux des Ibadites qui, plus tentés qu’auparavant, violent les interdits ancestraux.

Pour l’heure, sur la place en forme de triangle bordée de « loges », un local dont la possession marque l’appartenance aux institutions qui veillent à la tradition, se déroule une vente aux enchères, selon un ordonnancement issu de la nuit des temps. Les chalands : des hommes encore, âgés, et à l’inverse de Ghardaïa, pas de jeunes sur cette place. Rejet de la tradition ? Interdit de la modernité ?



Nous retrouvons le Préfet Fahïa à l’aéroport. On peine à se séparer, et jusqu’à la passerelle, ceux du matin sont encore tous là. Ne manque que Kadia, petite « Perle du désert ». La nuit est tombée.

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