Le premier sol de la musique, c’est sa partition : l’immense lit blanc totalement vierge de toute forme, à rayures horizontales ou au contraire immaculé, sur








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date de publication08.06.2018
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Supports

Le premier sol de la musique, c’est sa partition : l’immense lit blanc totalement vierge de toute forme, à rayures horizontales ou au contraire immaculé, sur lequel viennent danser, se glisser, s’entrelacer ou s’étirer en silence, rarement ou précipitamment, des dessins innombrables, délicats et savants ; dessins de sons encore inouïs. Ce support-là, immatériel pour la musique, est définitivement muet à toute oreille, hors champ des sons, non dit, trace posée, immobile et éternelle d’un événement à venir, il n’a pas encore ”à voir” avec la matière qui s’exprime à sa surface et dont il est la raison d’être, il est un écrin formel suspendu, sage et souvent beau, en lui-même. Tout ce qui vient se poser sur lui est a contrario agité, éphémère, fugitif, inscrit dans une durée, virtuellement vivant et mouvementé. Il prend parfois des allures immenses, se durcit, cherche à se dresser au-dessus de son pupitre, méthodique et imposant, à déborder de haut en haut et de part en part, il prend parfois la taille d’un carnet d’enfant, intime et désordonné, minimal et mystérieux.
Ces inscriptions, longilignes et sans épaisseur, immuables sur leur support intemporel, fondations graphiques et historiques de la visibilité musicale, sont en fait constituées d’autres fondations : un support, posé sur un support, vient à servir un autre support, qui à son tour…
Mise en œuvre d’une architecture sonore !
Ainsi, des trames horizontales de timbres, des enchevêtrements de couleurs bâtissent des surfaces ; elles sont soutendues par des motifs, des thèmes qui jouent la fonction de base, de socles, de pieds : les structures creuses ou pleines qu’ils habitent ensemble construisent en elles-mêmes ou les unes par rapport aux autres de petites architectures porteuses, sur lesquelles viennent se hisser encore, flâner ou éclater toutes sortes de formes sonores variées, sons émergents, mélodies, expressions singulières… Ces fonds parfois orchestrés comme des tours ou des échafaudages, dressent ailleurs des espaces d’audition supérieurs, homogènes ou stratifiés. Autant d’imaginaires auditifs, dressés, couchés, adossés ou lovés… promettant çà et là à nos oreilles la sensualité qu’elles guettent ou redoutent.
Bien qu’encrés dans le sol, dans le papier et la plume, les cordes, le vent et le bois, le bronze, la peau et le crin, le boyau et le feutre, les sons sortent de leur statut de sons, s’élèvent, montent sur des marches, des angles, des rebords et des appuis, se suspendent aux dossiers, aux embouchures et aux archets, s’évadent entre eux, résonnants et fugaces, disparaissent pour se poser hors de «portée», à l’écoute des autres. C’est çà. Quand l’un se pose, il pose aussi quelque chose, une idée, une forme, un état, et tout autour, interpelle la pose, l’idée, la forme, l’état.

Le support, c’est la mise en œuvre de ce tout autour, par lequel l’un, puis l’autre puis les autres chacun, déterminent la posture de leur rapport à ce qui est posé.

Nicolas Frize
Contribution pour l’édition de l’ouvrage « Supports » de Philippe Délis
Edition Intégral Studio - 2001

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