Dans l’ombre, la main du préfet








titreDans l’ombre, la main du préfet
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Je suis capable du meilleur comme du pire.

Mais, dans le pire, c’est moi le meilleur !

Coluche


DANS L’OMBRE, LA MAIN DU PRÉFET



Quatrième partie

La Misère business

Anti-conte de Noël

La Secte

Le savoir de ces philosophes à la sauce accord participe passé « être et avoir », et avoir été sans jamais avoir existé, se limite à la philosophie des squelettes. « Hegel, Diderot, Leibniz, Voltaire, Kant, Marx, Heidegger, Montesquieu, Descartes postales, le Jean-Paul, etc. » Il y en a plein les bouquins, des vieux ossements.


La Misère business

J’avais dit ! Je n’en parlerais jamais. Jamais !
Promis, juré, craché : « JA … MAIS ! »

Bon, j'vous raconte.
Le hasard, sans doute ! Encore lui ! Bref, je l’avais trouvée.

C’était une invitation pour participer à une journée conférence débat sur les misères du monde. Encore une ! Plus précisément, la misère et la faim dans les pays les plus pauvres. Tout au moins, c’est ce que l’on est en droit de penser à la lecture de l’invitation.
Ce colloque est organisé par une association. On l’aura compris. Le Fonds International de Développement Agricole (le FIDA).
Bien sûr, il n’est pas précisé si l’on doit parler du développement de l’agriculture « des pays pauvres » ou du développement de l’agriculture « des pays riches ». Ce qui est sûr, c’est que du développement de l’agriculture des pays pauvres, on va en parler beaucoup. On ne va parler que de çà ! C’est tout dire !

Au FIDA, on ne s’ennuie pas !
Ce qui attire mon attention, c’est que ce colloque a lieu au Centre de Conférences Internationales de Paris (CCIP).

Il faut le savoir ! Le CCIP, c’est le Ministère des Affaires Étrangères.
Bien sûr ! C’est la moindre des choses. Il est prévu un repas pour le midi et un cocktail pour le soir.
Un bien bel endroit, le Ministère des Affaires Étrangères ! On m’en avait parlé. J’en connaissais la réputation. Il fallait voir ça au moins une fois dans sa vie. J’ai pas raté mon coup !
Assurément, le CCIP, c’est l’endroit parfait pour se plonger sur la misère du monde. Certains disent : « Se vautrer dans la misère ».
Bon ! On ne va pas commencer à dire du mal des humanitaires. Quoique, on pourrait.


J’avais décidé de me mettre à la hauteur de l’évènement. Costume ministre, chemise et cravate qui font corps. Et, mocassins noirs ministre (chaussures sans lacets), on va comprendre l’intérêt.

Ce matin-là … en arrivant … j’étais bien accueilli … Ho ho … ho … la-la !
Par un grand noir au sourire émail qui m’offre le célèbre sac « FIDA ».
Bon, on n’est pas tous obligés de savoir. Sur le sac en tissu est imprimé le symbole incontournable d’un épi de blé. Et, le sigle FIDA en plusieurs langues :

  • IFAD, International Eund For Agricultural Development ;

  • FIDA, Fonds International de Développement Agricole ;

  • FIDA, Fondo Internacional de Desarrollo Agricola ;

  • xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxX IFAD,


Adresse de tout ça (pour les puristes) :

Via del Serofico

107.00142 ROME ITALY

Email: ifad@ifad.org

Web Site: www.ifad.org

Bon vous savez tout. Ou presque ! On peut commencer.
Le sac est d’un tissu d’une très bonne qualité. Le sac contient une luxueuse et abondante documentation portant les actions de la lutte contre la faim dans le monde. Plus luxueux, tu meurs !
Visiblement, la lutte contre la faim et la misère du monde commence par nourrir les imprimeurs et les fournisseurs de papier de luxe. Il faut bien commencer par quelque chose. Il est vrai.
Le sac en tissu, je l’ai conservé.
D’une certaine façon, je participe moi aussi au développement agricole.

Ce sac est idéal pour stoker les pommes de terre que je ramène du marché.
Même si je n’ai aucune idée si ces pommes de terre que j’achète au marché de Barbès viennent des pays pauvres ou des pays riches, ma certitude est que ces patates ont bien été cultivées dans de la vraie terre. Ce qui n’est plus toujours le cas de certains légumes que l’on trouve aux étals des commerçants.
Les bras déjà chargés d’une abondante documentation grâce à laquelle, on va venir à bout des misères du monde, un chemin d’hôtesses me conduit à la salle de conférences.
Je suis un peu en retard. J’entre en ignorant le présentoir des colliers de traduction. Mon souci est de me placer pour tout voir. Je me décide pour le fond de la salle, à l’opposée de l’entrée. Pour être précis, la première place, de la dernière rangée.
Au fond de la salle, je peux tout observer. Je m’installe donc. Je sors mon cahier de notes. J’y porte le nom de l’association, le FIDA. J’indique l’endroit, avenue Kléber, Paris 16ème. Je précise l’heure, la date, le nombre total des personnes présentes, 200, l’objet des débats.
Voilà ! Moi, je suis prêt. On peut commencer. L’organisateur a dû deviner ma pensée. Il ouvre le colloque. Il présente brièvement l’association et donne la parole au Président du Fonds International de Développement Agricole.

Tout en anglais !
Bien sûr, je ne parle ni ne comprends l’anglais. Bien sûr, je n’ai pas pris de collier de traduction. Et bien sûr, il est hors de question que, pendant le discours du Président, je me paye une diagonale de la salle pour aller chercher un de ces colliers magiques.
Il ne me reste qu’à attendre, faire semblant de comprendre, calquer mon attitude sur celle du public. Applaudir comme tout le monde, de préférence en même temps. Cela, je suis capable de faire.
Faute de connaître l’anglais, j’ai rien compris au discours du Président. À vrai dire, je n’ai pas l’impression d’avoir perdu grand chose. En revanche, je ne sais trop pourquoi, mais je pense que le Président y a gagné.
Déjà une demi-heure de passée. Je profite de la présentation de l’intervenant suivant pour me rendre à l’entrée chercher un collier de traduction. La chose est du meilleur effet. D’autant que, maintenant, toutes les interventions se feront en français.
Me voilà affublé de mon nouveau jouet. Numéro un pour l’anglais, numéro deux pour le français, les autres numéros, ce sera pour une autre fois. Ce jour-là il n’y a que deux traductions.
Deux milliards de gens sous le seuil de pauvreté
Ces colliers de traduction simultanée, c’est génial ! Pour un peu, on pourrait apprendre les langues. Je m’y essaye. Je suis vite fatigué. Pendant ce temps, le ronronnement du colloque commence.
Deux milliards de personnes qui, sur la planète, vivent au-dessous du seuil de pauvreté. Le seuil de pauvreté étant fixé à un dollar par jour et par personne.
Toute la journée, les différents orateurs vont le répéter, et le répéter. À tel point que je finis par me poser la question. S’ils répètent cela ? Est-ce qu’ils n’ont rien d’autre à nous dire, et gagnent du temps en attendant dix huit heures ?
Où, répètent-ils cela pour, insidieusement, nous convaincre : « Moins d’un dollar par jour, t’es pauvre ! Plus d’un dollar, t’es riche ! »
La note positive de tout cela, c’est que l’on n’arrête pas la marche du temps. Les pendules tournent. Nous voici arrivés à la première pose de la matinée. Au menu, café, thé, jus d’orange, jus de pamplemousse. Le tout agrémenté de pâtisseries petit déjeuner.
Tout cela est servi dans un petit salon sympa ouvert entre deux couloirs. Après le café, j’opte pour le jus de pamplemousse. Le jus de pamplemousse frais est agréablement amer. Même si je fais partie des riches à plus d’un dollar par jour, ma richesse ne me permet pas de m’offrir des jus de fruits d’une pareille qualité.
Les humanitaires, eux, se sont rassemblés. Ils discutent entres eux, par petits groupes. Ces gens se connaissent. Ils semblent faire cela tous les jours. Leur attitude mondaine ne m’inspire pas. Je préfère partir à l’aventure dans le premier couloir.

Le luxe ! Était-il nécessaire de la préciser ?
Le couloir dessert une multitude de salles de conférences. Je suis intrigué par des locaux techniques qui juxtaposent ces salles. Je comprends rapidement qu’il s’agit des locaux destinés aux traducteurs.
Ce qui m’accroche, c’est la moquette du couloir. Cette moquette épaisse est agrémentée d’un riche motif central sur toute la longueur du couloir. À l’interception des couloirs, je suis intrigué par les raccords de moquette. Vu de loin, on a l’impression que cette moquette a été réalisée sur mesure d’un seul tenant.
Je m’approche. Aucune couture n’est visible. Néanmoins, certains raccords de motifs trahissent la présence des coutures. C’est du très grand art !
Je conclus que, si au Ministère des Affaires étrangères on n’a pas encore solutionné le problème de la misère et de la faim dans le monde, pour ce qui est de la misère et de la faim des fabricants et poseurs de moquette, on n’a de leçons à recevoir de personne.
Pour tromper mon ennui, entre deux remplissages de mon verre en jus de pamplemousse, je pars à la recherche des coutures de moquette. Intéressant ! Non ?
Il faut dire que les humanitaires ne me branchent pas. Les bribes de conversations que je perçois n’atteint ni la qualité, ni le niveau des coutures de moquettes.
Quand je pense que, tous les jours, partout en France, dans des tas de bistrots, des milliers de gens font, et refont, le monde ! Et qu’ici, avec tout ces humanitaires, ça n’intéresse personne.
Pourquoi organiser ce genre de colloque dans un endroit aussi prestigieux ? Alors qu’un modeste préfabriqué municipal dans une quelconque banlieue aurait été plus approprié et aurait parfaitement fait l’affaire. Ces humanitaires ne se seraient rendus compte de rien. Enfin, peut-être !

Au travail !
Heureusement, la nouvelle séance de travail est annoncée. C’est une bonne nouvelle. Cette reprise veut dire que l’on avance vers le repas de midi.
Je découvre, à côté de moi, de nouveaux voisins. Ce sont deux africains. Ils seront bientôt trois. Ce sont des Africains purs jus qui débarquent de leur Afrique natale. Même à Paris, on n’en a pas des pareils !
Ils sont en Boubous. Leur tête est surmontée d’un drôle de chapeau cylindrique. Le tout avec plein de couleurs. On les sent frais débarqués. On devine la poussière de l’Afrique encore collée sur leurs chaussures.
À coté de ces Africains purs jus, j’ai conscience que mon costard ministre fait un sévère contraste. Heureusement, face à cette situation, il y a longtemps que je me suis fais une philosophie.
Il est préférable de n’être rien et d’être habillé comme un Ministre. Que, d’être Ministre et d’être habillé comme un clochard. Surtout, si l’on ne peut espérer être Ministre.
Il faut dire aussi que je ne m’imagine pas avec le look de ces trois Africains. En matière vestimentaire, s’il y a des gens à qui tout va. C’est pas mon cas.
Ces trois africains mènent une discussion animée. Passionnée, on peut dire. Visiblement, ils sont heureux de se retrouver là. Ils dénotent vraiment avec l’ensemble des humanitaires présents.
Je profite d’une accalmie dans leur débat pour tenter le contact. Je leur donne, à chacun, un de mes tracts. Ils sont surpris ! Ils me gratifient d’un franc sourire mais, ont le regard de gens qui voient un marciens. Visiblement, croiser quelqu’un qui écrit des textes, ils ne s’y attendaient pas. Surtout dans un endroit pareil.
Il faut préciser que, si je suis moi-même submergé de tracts, les gens qui les écrivent, ces tracts, je n’en ai pratiquement encore jamais vu. Mis à part une exception.
L’exception
C’était une réunion qui m’avait attiré pour son énorme enjeu financier. Une faute malencontreuse de l’élu communiste organisateur m’avait fait localiser un petit brun à lunettes très discret mais, qui visiblement avait une vraie importance quant à la manipulation des gros coups tordus.
À aucun moment, il n’a pris la parole, ce petit brun à lunette. Mais en revanche, il était du genre, sur un même sujet, à écrire simultanément un tract Communiste, un tract UMP et, si besoin est, un tract Front national. La rédaction d’un tract est simpliste. Cette rédaction ne pose aucun problème. Moins il y a d’idées, plus le tract est compréhensible.
Quant au vocabulaire spécifique à chaque qualité d’Hommes politiques, c’est un jeu d’enfant pour quelqu’un qui a l’habitude.
Le principe est toujours le même. On pleurniche abondamment sur la misère que l’on fabrique et, il n’y a plus qu’à ramasser la tune publique ou sociale, suivant les cas. Dans ce cas précis, l’affaire du squat de l’ancien siège social de la Sécu, on y reviendra, ce sera les deux caisses qui vont fonctionner, caisse sociale et caisse publique. Une très bonne affaire, en vérité !

Le casse tête financier de l’aide aux pauvres
Ma tentative d’entrer en contact avec les Africains n’ayant pas vraiment aboutie, je me remets à l’écoute de l’intervenant. L’orateur nous apprend que, aider financièrement les pauvres, c’est pas simple. On ne fait pas n’importe quoi n’importe comment.
Avant d’aider financièrement les pauvres, il faut préalablement effectuer une étude précise des rouages financiers locaux. En effet, le seuil de pauvreté étant de un dollar, par jour et par personne, il est important de bien définir préalablement la bonne personne à qui l’on va distribuer ce précieux dollar.
Il faut que ce dollar, dans la même journée, parcourt un maximum de poches.
Exemple :

Si ce précieux dollar est judicieusement distribué. Si, dans la même journée, ce dollar passe dans dix poches différentes, avec un seul dollar, on aura fait dix riches. C’est pas con ! Non ? C’est quand même mieux que si ce dollar séjourne dans la poche d’un collectionneur.
On a envie de proposer qu’en ayant recours à quelque stratège simpliste, pour des gens de ce niveau d’instruction, on pourrait imaginer que ce précieux dollar, en fin de journée, revienne dans la poche du donneur. Ce qui permettrait de créer dix riches par jour, sans dépenser un sou.
De plus, il faut toujours avoir en tête. Dix fois un dollar, ça fait dix dollars qui viennent grossir le PIB. De la croissance, de la richesse, de l’argent pour ceux qui en ont besoin. (Pour les riches !)
Finalement, cet exposé, j’aurais pu faire moi-même. La différence aurait été que beaucoup se seraient imaginé entendre parler des pays riches. À tort, bien sûr !
Dans les pays riches, on ne pratique pas de cette façon. Trop complexe !
Dans les pays riches, on a recours à un procédé beaucoup plus simples. Ce procédé ne nécessite pas de longues études, ni de recherches fastidieuses. Et, le résultat est assuré.
Dans les pays riches, on extrait parmi la masse des individus, des images de réussite. Moins il y a d’images de réussite moins cela coûte cher. Et, plus l’effet est saisissant.
Bien sûr, l’image de réussite n’est qu’une image. Une sorte d’image d’Épinal ! Pour faire une image de réussite, on ne sélectionne pas un monstre de cérébral. Bien au contraire !

L’image de réussite n’a qu’à radoter l’intox primaire qui va : « Faire courir les petites fourmis humaines le plus vite possible, le plus dans le plus de sens possibles et, le plus inutilement possible ».
Une image de réussite, c’est simple. Il doit répéter genre : « Quand on travail, on gagne de l’argent ! » Bien sûr, image de réussite oblige, l’image a besoin d’argent. Beaucoup d’argent ! (Sans travailler !)
Pour les autres, question argent, ce n’est pas un problème. Ils ont la recette. Il n’y a qu’à travailler.
Quant aux pauvres, les vrais, ceux qui sont dans la périphérie extrême de la misère, le problème de l’argent ne se pose pas non plus. (Pour être pauvre, on n’a pas besoin d’argent !)
On arrive à cette conclusion un peut surprenante : « Dans les pays riches, pour être pauvre on n’a pas besoin d’argent. Et, on voudrait nous faire croire que pour être pauvre dans les pays pauvres, on en aurait besoin ».
Je pense que cette conclusion devrait être débattue. À cet effet, je propose un colloque avec repas de midi et un cocktail pour le soir. De préférence, au Ministère des Affaires étrangères, avenue Kléber, Paris 16ème. Pourquoi pas ? Elle n’est pas bonne ? Mon idée !
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