Concepts, actions et outils linguistiques








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20 ans après…
ou de l’enquête individuelle aux grands corpus




Gisèle Prignitz



L’excellent numéro de l’Information grammaticale (n° 94 de juin 2002) qui traite de la langue française au XXe siècle néglige (mis à part la contribution de Klinkenberg, qui montre que la volonté d’uniformiser le français ne s’oppose pas à la variation régionale) le domaine francophone. On sait par ailleurs combien la constitution de « grands corpus » a fait avancer la recherche dans le domaine de la langue comme dans celui de la sociolinguistique. Les devanciers célèbres sont au Québec et en Suisse. La Belgique avec Valibel a devancé les Français. Mais les corpus en français restent maigres comparés à ceux qui ont été rassemblés pour l’anglais et le portugais (cf C. Blanche-Benveniste dans ce même numéro, p. 14).

Le domaine phonétique, curieusement, n’a pas fait l’objet d’études approfondies, ni monographiques (sur le français) ni contrastives (en comparant la phonologie d’une langue décrite en regard de celle du français). C’est souvent pour relever des « erreurs » chez les apprenants que l’on a fait mention de certains faits d’ordre phonétique. Seule exception à ma connaissance, celle que nous devons à S. Lafage, qui a fait une étude contrastive sur la prosodie de l’éwé et du français en 1976 (parue en 1985)65.

Pour ma part, c’est à l’occasion d’une enquête sociolinguistique que j’ai pu sélectionner un certain nombre de traits qui font l’objet d’un repérage particulier, puisqu’ils concourent à «identifier » un locuteur. En effet, leur prononciation des phonèmes du français reflète probablement chez les sujets observés et retenus comme locuteurs de telle ou telle langue (Mossi, Bobo, Gurunsi, Dagara, Peul, etc.) les habitudes articulatoires des locuteurs de leurs langues maternelles respectives. Dire que l’on peut reconnaître à coup sûr un locuteur de l’une de ces langues est peut-être trop s’avancer, car l’observation spontanée ne révèle rien de très systématique, mais il est vrai que certains phonèmes sont devenus autant de repères (comme le fameux R des Mossi – qui est en fait une vélaire constrictive []).

Certains de ces traits du reste sont stigmatisés, plus ou moins ouvertement selon qu’ils sont – ou non  retenus comme éléments d’identification au même titre qu’une scarification faciale, par des membres de communautés ethniques entretenant des relations de parenté à plaisanterie66.

D’autre part, l’écart constaté entre la prononciation des phonèmes français par des locuteurs africains n’est pas relevé de la même façon selon les auteurs. Cela s’explique par l’extrême variabilité qui existe en ce domaine.

Une expérience de modeste envergure a eu lieu en 1991 à la Baume-les-Aix autour du professeur Manessy, qui a abouti à la constitution d’un embryon de corpus (Corpus africains, publiés à Nice) sur lequel s’est exercée l’analyse des membres d’un groupe réuni sur la notion de « norme endogène et normes pédagogiques ».

J’avais personnellement versé à ce collectif des enregistrements d’entretiens semi-directifs menés en 1981 au Burkina Faso (à l’époque Haute-Volta), qui représentaient des données datées et organisées en un échantillon des divers degrés d’exposition au français et des niveaux de son apprentissage.
I Observation des réalisations phonétiques des locuteurs burkinabè

Je me contenterai donc d’évoquer les observations convergentes, sur des corpus réduits. Une étude complète reste à faire. Travaillant sur des données séparées, je présenterai d’abord les traits phonétiques du locuteur basilectal, par opposition à la prononciation du locuteur mésolectal.
A Traits phonétiques du locuteur basilectal :

a) consonnes

Le son [ʃ] palatalisé n’est pas réalisé chuintant, mais sifflant :

/le cours mondial des [aRasid] sont tombés / [L1Fas]TPR24.31,4/

Il en est de même pour le [ʒ] d’encourager prononcé [z] :

/le ministre /du, de/ commerce + à cette époque achetait les arachides avec les [kilitivatR] à 85 F le kilo -- pour les [ãkuraze] / [L1Fas] TPR24.31,4/ ;

de même on aura [z] et [s] :

/je [] dis bon d’accord + j’ai essayé d’envoyer un telex à gauche [agos] à droite [L1Fas] TPR24.31,11./

Une des difficultés résiduelles de l’apprentissage du français par des locuteurs non précoces est celle qui consiste à restituer le groupe consonantique en deux syllabes : ainsi le [lt] de cultivateurs

/le ministre /du, de/ commerce + à cette époque achetait les arachides avec les [kilitivatR] à 85 F le kilo -- pour les [ãkuraze] / [L1Fas] TPR24.31,4/

et le [pR] dans il propose [el poropoz] et présente [pirizat] :

/compte tenu la conjoncture en 1975 + le Sénégal [el poropoz] parce que c’est le : le seul pays qui ne cultiv/e, ait/ pas des arachides c’était le Togo -- donc le Sénégal il propose les arachides dans le l’huile brute au gouvernement togolais et le Niger à côté il [pirizat] les arachides /[L1Fas]TPR24.31,15/

Napon (1998 : 328) constate que l’introduction de voyelles épenthétiques entraîne une modification de la structure syllabique des mots (il cite palace, peremier, péréssé, filim, pérésident, respectivement pour place, premier, pressé, film, président) :

Ce palace c’est servé = cette place est réservée

On remarquera en outre dans cet exemple l’alternance (variante libre) de d/r à l’initiale, marque de l’influence du système phonologique mooré.
b) voyelles

Des phénomènes d’assimilation se produisent : celle du [ə] à [a] devant [ã] :

/c’était à ce moment-là + que Zoma Emmanuel m’a damandé + Fasano /[L1Fas]TPR24.31,8/ /j’ai damandé de.aider la Haute-Volta enfin qu’il puisse s’en sortir/ [L1Fas] TPR24.32,4/

Du reste ce même phonème [ə] est souvent prononcé [e] ; les « le »sont prononcés [le] :

ex. je [ze] /je suis parti voir le président directement / [L1Fas] TPR24.32,2./

Le passage de [a] à [ã], très fréquent se retrouve dans une attestation écrite, celle de l’emprunt au baoulé cacaba, qui a pénétré au B. F. sous la forme cancaba) :

Le jour où vous verrez Boureima faire crédit à un cancaba sans le « gnon, le flous » ou les « ors » comme on dit, c’est ce jour là, il aura plu. [Chron., p. 61]

Il y a également nansara à côté de l’arabe nasara (variante orthographique nassara)67 :

nansara : Il viendrait du mot arabe devenu obsolète NASSARA. C’était par ce mot que les arabes appelaient les chrétiens, par extension les européens et (...) les blancs [Sisso, 63]

Pour le corpus oral, citons :

/rendu dans les locaux mangasins de Lomé il propose à 75 F le kilo et + Nigeria il propose à 70 f de kilo + le Mali il propose à 80 f de kilo [L1Fas] TPR24.31,18/

Voici l’explication que fournit B. Coulibaly (1994 : 66) à propos de déjà, qui « devient curieusement [dezã] ».

Cela se remarque aussi bien chez des locuteurs mooréphones que julaphones. Dans le contexte du jula nous expliquons l’apparition de la nasale en faisant appel à la notion d’« harmonie syllabique ».

Le déséquilibre entre les deux syllabes produit par le passage de la chuintante sonore à la sifflante doit être compensé par la nasalisation « qui donne plus de force à la voyelle ». Ce qui est surprenant, c’est que B. Coulibaly cite ce phénomène comme relevant du niveau mésolectal. Le fait est que l’on constate ce passage de [a] à [ã], notamment à l’écrit, de la préposition à à la préposition en, mais l’explication n’est peut-être pas que de nature phonologique. Les réalisations [ã] de [a], lorsqu’elles perdurent dans l’écrit, peuvent être considérées comme des traits d’une appropriation du français ; il ne s’agit plus de traces du basilecte qui subsisteraient au niveau mésolectal.

La réalisation du glide [ų] est soit ramenée à [w], soit ignorée : [pis] pour « puisse » :

/j’ai envoyé un telex en damandant j’ai besoin + quelqu’un enfin que (puisse) [pis] voir le matériel et acheter [L1Fas] TPR24.34,9./

On ne trouve pas appliquée automatiquement la règle d’élision à la frontière des morphèmes ; il y a hiatus ou pause :

/faudrait me.aider pour qu’on puisse vendre ces arachides parce que + y avait le ministre des finances Garango qui refuse + de ne pas me donner l’argent dans mon département + qui faudrait que je vends ces arachides là [L1Fas] TPR24.31,9/

/j’ai damandé de.aider la Haute-Volta enfin /qui, qu’il/ puisse s’en sortir/ [L1Fas] TPR24.32,4/

/c’est la première fois que.entre vous et le la Haute-Volta vous allez faire un échange commercial [L1Fas] TPR24.32,20./

c) la segmentation du mot, inversement, alors qu’elle est préservée par l’absence d’élision, est perturbée par l’enchaînement :

/tout a été choisi le même l’endroit [L1Fas] TPR24.34,17./

/il m’avait dit voilà Fasano j’ai donné ma parole -- au l’armée pour partir [L1Fas] TPR24.33,13./

Très caractéristique de la prononciation des locuteurs du basilecte, on trouve l’aphérèse de la première syllabe, souvent réduite à une voyelle.

/vous savez je vais vous dire ceci -- y a des hommes et des hommes -- y a des hommes qui sont tirés + malgré que quand même je suis commerçant y a des hommes qui sont tirés à l’argent + y a des hommes qui réfléchir demain [L1Fas] TPR24.35,2./.

Il s’agit bien sûr, avec tirés à, d’attirés (par). La confusion de construction induite par le phénomène, et la délimitation du lexème ainsi identifié entraînent une interprétation sémantique supplémentaire. L’argent, dans le contexte africain, a quelque peu partie liée avec la magie : « être tiré à l’argent » en dit plus qu’une simple attirance, croyons-nous. La force magnétique de l’attrait est d’un ordre plus métaphysique que psychologique.

Ce fait d’aphérèse est à rapprocher des Corpus africains (1991) :

(12.3) mais la langue on peut prendre ça (13.9-10) faut prendre un métier comme ça (tailleur burkinabè qui n’a pas « fait l’école »),

commentés par G. Manessy (1991 : 56), qui y voit une confusion lexicale entre prendre et apprendre ; il est probable que pour le locuteur basilectal ce sont deux homonymes. Pour les incidences sémantiques de la réduction à deux homonymes de termes par ailleurs parfaitement univoques prendre / apprendre ou tirer / attirer, il suffit de penser à l’étymologie : si l’on fait une étude sémantique on trouvera davantage de sèmes communs favorisant la confusion des deux unités de chaque couple, que de sèmes spécifiques. Napon (1998 : 327) confirme cette tendance par des exemples de réductions :

- aphérèse : « On a fermé lui au commissariat »; « Eh c’est toi on peler de venir »,

- ou apocope : bago pour bagages.

On trouve un écho de cette habitude (involontaire, mais dont jouent les pasticheurs ou, comme ici, les romanciers) dans l’écrit [Bill p. 120]. C’est un artisan qui est censé parler :

Là, vraiment, vous me trahissez ! Toute l’année, je me suis carcassé pour chercher les clients et vous allez encourager quelqu’un pour travailler contre moi.

Mais à l’origine, il est probable, comme le pense S. Lafage (1990 notamment), qu’il y a une influence des habitudes articulatoires des langues de substrat, qui ne connaissent que peu ou pas les initiales vocaliques dans les radicaux verbaux (1990 notamment).

Pour Y. Ouédraogo (2000) la compétence des locuteurs basilectaux consiste à adapter les éléments du français à leurs habitudes articulatoires ; il baptise « créations nouvelles », des « substitutions, ajouts et suppressions » phonétiques. Mais il est vrai qu’il travaille à partir d’un corpus écrit. Il relève [e] employé à la place de [ə] ou de [œ] ; [z] à la place de [ʃ] ou de [ʒ] ; les amalgames dans la segmentation des mots : nopital (avec liaison), zarbre, la disyllabation de groupes : boloqué pour bloqué ; ou encore les apocopes : coutez pour écoutez… B. Coulibaly (1994) interprète ses créations comme des métaplasmes qui s’expliquent par la nécessité de conformer le mot français à la langue source, donc un phénomène d’interférences (cf. mes propres constats dans Bazié, Chroniques : Prignitz, 2001c).
B Prononciation : un signum de classe ?

L’orthoépie est un aspect de l’usage linguistique qui peut constituer un indice quand il s’agit de déterminer la position du locuteur par rapport à une stratification socio-linguistique. Ainsi une prononciation appuyée (il n’est que de penser à la prononciation « contrariée » dans les haricots, signum revendiqué par les gens qui se piquent de correction) peut-elle être une marque d’hypercorrection..

Nous avons pu constater ce genre de phénomène avec le h dit « aspiré » dans hache : /à la ’hache/ ; le h initial de haine est accompagné d’un coup de glotte :

/à l’époque le CMRPN était l’ennemi du peuple voltaïque parce que la’haine avec laquelle il s’acharnait contre les libertés individuelles et collectives avait fait de lui un ennemi du peuple [L2 juge] TPR 5/

/les gardes l’ont vu ils ont vu à la ’hâte tous les documents [L3PM] /TPR30.I,90.1./ /la république de la Haute-Volta a été proclamée 11 décembre 1958 le 11 décembre 1958 la république de ’Haute-Volta a été proclamée [L2 GéKaO] TPR CFI.A./

Pour des raisons probablement différentes de ce souci de « bonne prononciation », la fermeture en [ø] de la syllabe ouverte (en eu) se retrouve dans peuple, preuve, feuille, œil, veuille et même jeune

/ah mon impres. ma une : impression personnelle : je pense que personnellement j’ai voulu aider le : CMRPN pour que : on acquière au peuple68 voltaïque : une certaine : liberté euh de vivre /[L5 Ka] /TPR3.52,1./ /c’est quand même curieux que le MDV /veut69, veuille/ s’aligner sur le RDA qu’ils aient les mêmes idéaux [L3 juge] TPR CFI.A./

La prononciation avec s final dans moins, gens, en revanche, n’indique rien sur l’origine socio-culturelle ; il s’agit d’une variante individuelle, semble-t-il, tout au plus d’une hypercorrection pour certains locuteurs, qui pensent qu’il faut faire sonner la consonne finale (un peu comme certains semi-lettrés qui prononcent les doubles lettres70 de l’écrit comme des géminées dans les mots collège, collègue, solliciter, etc.)71. Une autre interprétation serait la trace d’une habitude régionale contractée auprès de Français d’origine méridionale, supposant une fréquentation – à l’époque coloniale (?) – de locuteurs méridionaux. L’hypothèse du contact – qu’il se soit fait par des instituteurs venus de France ou par des étudiants africains ayant séjourné dans certaines régions françaises (voire extérieures à la France : Belgique, Québec, Suisse, autres pays africains)72 – n’est pas exclue, et l’on voit des traits régionaux se répandre par l’intermédiaire des médias, même actuellement. Il n’est que de comparer des enregistrements à la radio française d’il y a trente ans à ceux d’aujourd’hui pour voir la progression des traits méridionaux dans la prononciation et l’évolution de l’accent.73

/il s’agit d’un travail d’une amorce de travail qui devait être fait entre ces gens-là ces personnes-là et euh et les organisations de masse + ce qui n’a jamais été fait./[L12 KanWA] /TPR5/

/je les ai vus vivre et à mon âme et confian euh conscience à moins qu’ils me cachent ça très bien ils n’avaient aucun avantage de plus ou de moins que n’importe quels autres membres euh : du CMRPN /[L12 KanWA] /TPR5/

Les voyelles fermées [i] et [y] sont très souvent confondues et en cas de succession, fréquemment inversées (munition réalisé /minution/, /dimunition/ pour diminution). Ici il y a assimilation :

/il n’est pas sûr que beaucoup de Voltaïques dans leur service géné : géné : généreux du moins pourront peut-être --- pourront faire preuve de cette minitie là [L2 juge] TPR.Lam./

La conséquence est le caractère non distinctif qu’elles prennent entraînant des confusions de lexèmes ([ri] et [ry] sont confondus au niveau basilectal seulement, au niveau mésolectal considéré, ce n’est que dans une suite phonique avec répétition que pourra s’installer l’assimilation). Autre confusion due à la succession de voyelles d’aperture proche, la métathèse : rémunérer est réalisé /rénumérer/. Il est vrai que la paronomase peut avoir entraîné une attraction de sens, le numéraire ayant d’ailleurs un rapport évident avec l’argent qu’on reçoit en salaire.

Ce trait n’est pas propre à la catégorie des lettrés, mais il subsiste chez ces locuteurs. Il n’est pas absent chez les locuteurs français non plus (même chose avec les séquences « difficiles » comme arct- (arctique, infarctus, infraction), ou encore aér- (aéroport, aréopage).

Pour Suzanne Lafage (1990 : 775), citée par A. Queffélec (2000 : 823), il existe des traits phonétiques répandus assez largement en Afrique :

réalisation des voyelles antérieures arrondies, en général absentes des langues maternelles, disparition fréquente du [ə], [r] apical roulé, confusions entre voyelles orales et nasales, principalement à l’initiale (attendre confondu avec entendre, apporter avec emporter), hypercorrections *[nəsesɛr] pour [nesesεr], hésitations sur [ʃ, s, ʒ, z] (…) Les langues maternelles étant pour la plupart des langues à tons, les locuteurs ont tendance à remplacer les accents du français liés à l’existence de groupes rythmiques, par des variations de la voix d’une syllabe à une autre. Notons enfin des prosodèmes expressifs très fréquents un peu partout : [il à parti/dépui : :] « il y a longtemps qu’il est parti », [il a travàjé/zyskä : :] « il a travaillé très longtemps ».74

La « manière africaine » de prononcer le français pourrait tenir à des influences réciproques des phonologies des langues considérées, appartenant à des aires apparentées ou du moins en contact (aire des langues mandé, gur, etc.). C’est l’hypothèse de Manessy qui parle de cryptotypes (bien qu’il l’applique plutôt à la syntaxe qu’à la phonologie) « affleurant » dans les structures de la langue d’emprunt.
II Traits panafricains

L’enquête de 1982, exploitée dans les corpus africains du projet « norme endogène et normes pédagogiques » a pu mettre en évidence des points communs et des différences dans la perception de la norme de prononciation et l’évaluation des locuteurs.75
A Déroulement de l’enquête

Une série d’entretiens semi-directifs qui comportaient des questions sur l’usage de la langue française mais aussi l’insertion d’étrangers francophones africains en Haute-Volta a servi de base à un test d’évaluation. L’exploitation des premières données recueillies ont été phonétiques puisqu’il fallait établir une liste de phénomènes marquant l’origine des locuteurs, et permettant de les identifier, soumise ensuite à un « jury » chargé de les classer à l’audition d’une minute d’enregistrement.

Une bande-test montée à partir de une sélection d’enregistrements d’une minute environ de quinze locuteurs différents et représentant diverses nationalités africaines a été proposée à 48 sujets chargés de donner leur opinion à travers les questions suivantes :

1- quelle est la nationalité supposée de chaque locuteur ?

2- à quels indices les reconnaissez-vous ?

3- comment jugez-vous son maniement du français ?

4- quelles erreurs pouvez-vous relever dans son usage ?

5- quel niveau d’études lui attribuez-vous ?

6- quel âge et quelle profession ?

7- sa personnalité : est-elle sympathique ? rassurante ?

Une analyse a été faite du dépouillement des réponses. Une partie des résultats de l’enquête a permis de relever comment étaient perçus les traits linguistiques propres au Burkina ; en effet ce sont ceux qui sont le mieux connus entre tous, l’enquête se déroulant à Ouagadougou ; la conscience d’une variation linguistique en français naît essentiellement, chez les expatriés africains, en comparaison ou à l’égard des Burkinabè. Cela ne suffit pas cependant à déterminer une "norme endogène" : il faudrait pour cela que ces variantes fassent l’objet d’une choix préférentiel de la part d’un grand nombre de locuteurs.

Le deuxième intérêt de la confrontation des données de l’enquête a donc été sociolinguistique (cf. ma contribution « Le normal et le normatif », 1994). J’en donne quelques exemples également dans le n° 1 de Dynamiques sociolangagières (1998). Certains traits, relevés lors de la transcription des interviews, présentant des "écarts" par rapport à la norme centrale, se retrouvent chez les locuteurs d’origine différente : ils permettent de postuler une norme inter-africaine. Ils sont assortis de jugements épilinguistiques sur les « caractéristiques » des « autres », souvent d’autres ethnies de leur propre pays, voire des voisins francophones, dont ils « repèrent » les accents par rapport à leur propre pratique du français. Exemples de jugements épilinguistiques76 :

- B.F. 3 un peulh qui parle français en tout cas on le reconnaît / en tout cas moi en tout cas on parle de ceux qui ont l’accent régional moi en tout cas je reconnais les peulh ceux qui ont l’accent en tout cas moi je les reconnais/ on les confondrait plutôt à un gourmantché

- CAM. 2 il y a même trop de blagues en français que tu ne peux même pas le traduire en patois / il faudrait trop de courtoisie pour pouvoir causer avec un voltaïque

- C.I. ce n’était pas du nouveau pour moi d’entendre leur manière de parler / j’avais fréquenté chez moi dans mon village où tout le monde en parlait le dialecte /sinon par ma manière de parler automatiquement les gens savent que je suis ivoirien / moi personnellement c’est avec l’accent seulement je peux reconnaître que tel est de telle nationalité

- CON 1 : si bien que -- même dans le taxi-là quand on parle lingala tu vois / chez nous même c’est pas facile de de bricoler une fille en langue vernaculaire

- MAU 2 : rare je rencontre des gens qui parlent poular

- NIG quand tu veux utiliser la langue vernaculaire pour exprimer tes sentiments à une fille tu passes le plus souvent par des proverbes par des proverbes quoi bon ou bien des indirects / tu as des tournures en pagaille comme ça hein / (à propos du français de Côte d’Ivoire) : un français qu’on ne met pas les articles

- SEN. quand tu n’as pas de moto les gens connaissent que tu es étranger / il n’y a pas longtemps que les sérères ont eu à intégrer cette pratique de la religion / il y a des valeurs que je n’aimerais pas qu’on refuse pour y intégrer d’autres / je trouve la société africaine comme fanatique

- SEN. 2 le sénégalais n’a jamais su que les autres pouvaient s’ex(e)primer mieux que lui / il se croit avoir maîtrisé la langue française épousé son accent mieux que les autres nationalités / il y a des individus qui ne déchiffrent pas comme il faut les mots /// ils mangent des mots

- TCHAD 1 : le nordiste aussi quand il parle français on sent parce que il y a une certaine dureté je crois due à l’influence de l’arabe

- TOGO. c’est surtout les sénégalais dont l’accent tire sur le wolof que sur le français

Enfin les résultats ont permis de confirmer quelques conclusions sur des traits appartenant à la norme « panafricaine » dont voici quelques exemples explicitement repérés :

- B.F. 7 : a) ce sont des années hein -- ça vaut dix ans de cela. / même s’il y avait un mossi qui ne connaît pas danser / il y a d’autres aussi qui sont dans le quartier qui nous financent un peu d’argent

- B.F. 8 (femme) l’anglais est beaucoup plus utilisé par rapport au français / je conseille aux gens par exemple qui ont la possibilité de se perfectionner en anglais que c’est pas perdu

- B.F. 9 je vais prendre un exemple sur les gens qui ont fréquenté la C.I. en les écoutant on sait que telle ou telle personne a fait la côte d’ivoire

- B.F.11 : j’ai eu à faire une interruption pendant une année pour reprendre la craie / si on devait se limiter à l’utilisation de ces langues /// la communication allait être un peu difficile car ce n’est pas tout le monde qui comprend chacune de ces langues / il se trouve en tout cas que la grande majorité de la population du moins celle qui a été à l’école du du - blanc comprend / il y a plusieurs paramètres qu’il faut -- tenir - compte.

Un document consultable contient une compilation de jugements épilinguistiques, qui a été établie à partir de cette vaste enquête de 1982, exploitée en 1992.
B Constats sur le plan de la description phonologique

On retrouvera aussi bien chez le locuteur basilectal que chez les autres l’habitude articulatoire du glide [j] entre les deux voyelles en hiatus :

/après maintenant que je suis venu ici pour créer77 ces partis/ [L1Fas] TPR24.30,11./

Ce trait se retrouve partout en Afrique.

Un autre constat concerne l’articulation des nombres dans les dates : soixante-seize (avec appui sur le [ə] pour éviter le groupe consonantique -ts- dû à la rencontre de -t et s- à la frontière des morphèmes ; avec un et de transition quatre-vingt-et-un, contrairement à l’habitude de prononcer en hiatus vingt’ /un – peut-être analogique du nombre sur lequel il est formé : vingt-et-un.

Les traits caractérisant le français parlé par les Africains trouvent une confirmation à l’écrit : ce qui passerait pour des coquilles peut être interprété comme un reflet approximatif de l’oral. Les erreurs sur la graphie de certains mots montrent que des confusions existent au niveau articulatoire et phonologique :

- le [ə] étant le plus souvent absent des langues du Burkina Faso, on l’entend réaliser par [e], ce qui se traduit dans l’écriture par un /é/ [CLE 13, 10]

Aujourd’hui on voit des prétendus dévins ou charlatans* recevoir des femmes dans leur case à fétiches* et prétendre après qu’ils détiennent des fétiches*.

Les gens auront le sentiment d’une justice à deux vitesses, ce qui crée des frustrations, et entame le crédit de l’État au lieu de le réhausser. [CLE 20, 10].

Tous ceux qui ont la « genouflexion » rapide, le sourire démésurement large, le « oui patron » immédiat et fréquent sont ses hommes. C’est dans ce groupe qu’il pensionnera les traîtres et les délateurs qui lui bâtiront les géoles de ses ennemis [CLE 35, 2].

Le PAS est bien dans les poches et dans les caléçons, comme dans les marmites et les paniers [CLE 38, 2].

Personnel : un médécin, des nutritionnistes (publicité pour la Crèche internationale, [CLE 53, 7]).

La corruption, la gagie et l’injustice ont été érigées en systèmes de gouvernement. [CLE 66, 10].

Cet aspect ne semble aucument intéresser la jeune « ghando », elle soupire plutôt pour le ramasseur de bouteilles... [Ou. 022, 9]

Les voyelles fermées [i] et [y] sont parfois mal distinguées78. La succession de syllabes contenant [i] et [y] se solde par une inversion, voire une assimilation (phénomène tout à fait courant dans le français populaire, voir Frei ou Guiraud) :

Et comme chacun y va avec ses moyens, des armes cripiteront le temps de faire de nouveaux nantis avant le retour – à nouveau – à l’État de droit. [CLE 17, 3].

Cette poignée de tribalistes* et de fascistes, manupulant l’armée ont ainsi mis fin à trois mois de régime démocratique au Burundi. [CLE 88, 7].

Lorsque les habitants du bas d’immeuble de la MACO ont ébruité l’affaire, le garde pour les dissuader de toute tentative rafala en l’air et vida toutes ses minutions. Heureusement cela a pris. [Le Pays du 23/10/91 « Le célèbre Diala Daouda s’évade de la MACO » (Maison d’Arrêt et de Correction de Ouagadougou)]

/nous avions eu le temps de demander à ce que l’on supprime tous les équipements qui étaient pratiquement inutiles79 [L16Namwa] TPR7.30,3./

Il en est de même des voyelles [ɛ̃] et [̃œ̃] (du reste l’opposition n’est plus pertinente en français central, ou standard v. Martinet), d’où la confusion d’emprunt avec l’adjectif empreint

Après de brèves salutations d’usage, empruntes d’amitié, Olivier reprit l’histoire de bout en bout. [Ou. 025, 3]. Celui-ci, dans un discours emprunt d’amitié et de fraternité, a une fois de plus sollicité le soutien des communicateurs.[Ou. 025, 4]

Certains faits peuvent être attribués à d’autres phénomènes (purement phonographiques) et recevoir d’autres justifications : ainsi la dérivation sur une base analogique peut expliquer le parallèle entre genouflexion et genou ; ex. [CLE 35, 2]. Enfin l’apocope peut être invoquée pour rendre compte de cette réduction (mais on peut aussi penser à la dérivation80 sur « parent » : (ap) parenté :

Ousmane n’est pas locataire dans la cour, mais étant parenté au propriétaire de la cour, il bénéficiait d’une chambre... [Ou. 019, 6].

Le chapitre est cependant loin d’être clos. Depuis, j’ai pu enrichir ce corpus et contribuer à l’« accumulation des savoirs » devenue si nécessaire à l’établissement d’un projet cohérent de recherche et d’enseignement de la variation du français – dans sa dimension polylectale, englobant aussi l’évolution dans sa épaisseur diachronique.
III. Perspectives
III.1. interprétation sociolinguistique

Une étude de Batiana (1993 : 203-212) pose le problème de l’intonation du français par les Burkinabè, en constatant d’abord que la principale différence consiste dans la typologie des langues en présence :

Au Burkina Faso, à l’exception du fulfuldé, langue des Peulh du groupe ouest-atlantique selon la classification de D. Westermann, toutes les autres langues nationales sont des langues à tons. Le français qui n’est pas une langue à tons donne une impression de monotonie à un auditeur dont l’oreille est sensible à la hauteur mélodique des syllabes dans sa langue. Aussi les locuteurs francophones du Burkina Faso ont-ils tendance à produire des syllabes intonées lorsqu’ils parlent français. (205)

Batiana précise bien qu’il s’agit d’une hypothèse empirique, qui demanderait à être confirmée par un dispositif précis, mais le sentiment des locuteurs est à la base d’un jugement normatif qui disqualifie d’emblée toute intonation « copiée » sur celle du Blanc. Cela porte même un nom qui stigmatise cet habitus : chogobiter, « autrement dit, parler comme un français » :

Avoir l’accent français est perçu par les Ouagalais comme indécent, comme un manque de modestie ou tout simplement comme une volonté de son auteur de s’identifier au « blanc ». (204)

En revanche, la prononciation courante du français n’est pas marquée par un groupe linguistique en particulier, en tout cas en ce qui concerne l’intonation

Tout se passe comme si un consensus s’était fait autour de la hauteur mélodique dans les énoncés en français. Il y aurait donc bien une norme tonale du français au Burkina Faso. (206)

En outre la prononciation de certains phonèmes, non usuels dans les systèmes phonologiques des langues maternelles, relève d’une pratique « chogobitante », c’est-à-dire non conforme à la norme admise, comme la réalisation « grasseyée » (uvulaire) du [r] (vibrante roulée) ou l’étirement en [e] de la voyelle centrale [œ] ou [ø].

Cela constitue un indice de discrimination pour la majorité des locuteurs francophones burkinabè qui remplacent les sons inexistants dans leur langue par des sons proches qui leur sont familiers.
2- Intégration des données phonologiques

Mais la procédure de recueil de données et les conclusions qu’on peut en tirer datent déjà d’une vingtaine d’années et demandent à être réactualisées. Un vaste projet qui consiste à recueillir des données phonétiques du français contemporain (PFC)81, dont je me suis rapprochée, s’inscrit parfaitement dans une dynamique qui n’a qu’à peine été entamée. D’abord il s’agit de réunir des corpus, de la même manière que des équipes comme le GARS d’Aix-en-Provence autour de C. Blanche-Benveniste – dont s’inspiraient les corpus africains de l’équipe de G. Manessy.

Dans son protocole, il est prévu d’administrer un questionnaire, le même pour tous les enquêtés du monde francophone (actuellement en France, Belgique, Louisiane, Québec) et de le soumettre à un traitement informatisé, dont je donne les références.

Il semble raisonnable d’envisager d’administrer de la même façon auprès des locuteurs africains du français les tests de lecture de texte, lecture de mots et discours guidé / libre prévus par le protocole d’ensemble, si l’on veut pouvoir comparer les résultats. On peut se demander s’il est transposable tel quel – ainsi le texte à lire est-il plus proche des réalités européennes qu’africaines. Mais en proposant un protocole adapté, ne risque-t-on pas de marginaliser une fois de plus les Africains par rapport aux autres francophones ?

On risque bien sûr de passer à côté de spécificités africaines, mais il y a d’autres expériences, comme le SMIC de Chaudenson, le Test d’Abidjan, les CORPUS africains et leur analyse qui ont déjà été l’objet de travaux collectifs (La Baume-Les Aix avec Manessy, Gerbaut, Dumont, Prignitz, Wenezoui ; cf. Manessy 1991, 1992, 19993a).

Dans les variables à observer, on peut tester, outre le schwa, la diérèse et la liaison, qui ont déjà fait l’objet de descriptions avancées82, les articulations vocaliques « centrales » [ø] / [œ] : l’opposition des étirées [i] et [y] : les consonnes constrictives [z] et [ʒ], la prononciation du [R], le traitement des groupes consonantiques, et de l’hiatus (cré-er > [kreje]), la syllabation de manière générale.

Concernant le public d’enquête visé, la réflexion devra porter sur les critères de sélection des participants. L’échantillonnage socio-professionnel est un canevas à suivre mais à moduler. Un artisan n’ayant pas fait d’études mais au contact d’une clientèle européenne (ex. Touaregs illettrés fabriquant des objets d’artisanat en cuir ou des bijoux en argent) peut se révéler bien plus habile qu’un enseignant au contact d’élèves peu débrouillés en français. Evidemment le test de lecture implique un niveau d’étude correct.

On peut retenir un niveau CEP ou BEPC pour certaines professions comme les employés de bureau, habitués à utiliser l’écrit de manière courante, et préférer les titulaires du Bac ou plus pour des professions qui n’impliquent pas un maniement régulier du support écrit (commerçants, artisans, agents techniques), bien qu’avec l’usage de l’informatique, on arrive à neutraliser la perte de la lecture chez de nombreux « illettrés fonctionnels ».

Quant aux critères d’âge et d’origine, je propose une répartition entre tranches de 20 à 30 ans (jeunes, qui ne doivent pas être des enfants), de 30 à 50 ans (adultes) et au delà de 50 ans.

Les origines ethniques recoupent les distinctions linguistiques : mossi, jula, gurunsi, samo et peul sont les principaux groupes ; l’aire mossi est la plus importante numériquement. Elle a la réputation d’avoir un « accent » identifiable ; ce sera l’occasion de vérifier cet a priori. Il faudrait veiller à choisir des locuteurs d’âges différents dans chaque communauté. Le problème des migrants peut se poser : faut-il écarter systématiquement des locuteurs récemment installés à Ouagadougou ? Enfin dernière question : faut-il se limiter à la capitale ? Je pense qu’il serait bon d’explorer les grands centres urbains du Burkina Faso.
3- Traitement des données

Si mes premières enquêtes devaient trouver un traitement de fortune, quasiment artisanal pour établir des tableaux croisés, à une époque où l’informatique n’était qu’une affaire de spécialistes, on peut aujourd’hui constituer des bases de données plus aisément et surtout les interroger et les manipuler pour des utilisations multiples.

Que ce soit l’analyse de la syntaxe, le repérage de particularités lexicales, ou les connotations socioculturelles, le stockage des données joue un rôle appréciable, et commence à être largement utilisé. Dans le projet décrit plus haut il s’agit d’outils en cours d’élaboration, qui sont mis au service des chercheurs et qui donneront une beaucoup plus grande fiabilité aux résultats. Ils permettront aux équipes et aux chercheurs d’être autonomes, une fois la phase expérimentale surmontée. Par le biais d’internet, on peut penser que leur accessibilité sera une réalité partagée. Pour une information tout à fait complète je renvoie aux trois articles suivants d’Elisabeth Delais-Roussarie et alii, qui donnent un aperçu de la littérature sur le sujet :

- Constitution et annotation du corpus : méthodes et recommandation (2003 : 89)

- Quelques outils d’aide à la transcription et l’annotation de données audio pour constituer des corpus oraux (op. cit. p. 127) et

- Annoter et segmenter des données de parole sous PRAAT (p. 159).
Conclusion

Je pense qu’on peut trouver là des outils, que je m’efforce de modéliser, qui permettent, grâce à des tests de type labovien (distinguant, en particulier les styles surveillés et non surveillés) de

- dresser un état de la prononciation du français actuel (standard et régional), donc de redéfinir les contours d’une phonologie différentielle, et de contribuer aux recherches prosodiques actuelles.

- retrouver dans la morphologie et la syntaxe des productions enregistrées et transcrites (grâce à des logiciels expérimentaux mais qui pourraient devenir partagés) des éléments de réflexion sur l’évolution du français – et ses constantes, ce qui définit la francophonie.

- constituer un formidable outil de référence utilisable et interrogeable de quelque région que ce soit de l’espace francophone concernée, à l’instar de la BDLP proposée pour le Lexique par l’équipe de M. Francard.

Il offre multiples utilisations possibles comme référentiel et outil méthodologique. S’y ajoute la possibilité de mettre en réseau les apports de chaque discipline (phonologie, morphosyntaxe, sociolinguistique…).
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