Concepts, actions et outils linguistiques








télécharger 4.44 Mb.
titreConcepts, actions et outils linguistiques
page5/74
date de publication21.01.2020
taille4.44 Mb.
typeDocumentos
ar.21-bal.com > droit > Documentos
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   74








Séance d’ouverture


Allocution d’ouverture




Aloyse-Raymond Ndiaye


Vice-recteur à la régionalisation

Agence universitaire de la Francophonie

Monsieur le Président Joseph Paré, Président de l’Université de Ouagadougou,

Monsieur le Président du conseil scientifique de l’AUF

Mesdames et Messieurs les professeurs, chercheurs, étudiants étudiantes,

Chers invités,

Chers collègues,
Monsieur le Président, Madame Michèle Gendreau-Massaloux, Rectrice de l’Agence universitaire de la Francophonie, que j’ai l’honneur de représenter à cette cérémonie d’ouverture des « Premières Journées scientifiques communes des réseaux de chercheurs concernant la langue », m’a chargé de vous transmettre ses regrets de ne pas pouvoir elle-même, en ce moment solennel, vous adresser la parole et de vous assurer qu’elle nous rejoindra au cours de nos travaux et qu’elle sera présente à la séance de clôture. En son nom, je tiens à vous remercier d’avoir accepté d’accueillir, dans votre jeune université, cette première manifestation scientifique commune de nos réseaux de langue. Je voudrais, à travers vous, remercier la communauté universitaire du Burkina-Faso qui s’est mobilisée pour assurer à l’ensemble des participants le meilleur accueil.

Nous avons été très sensibles à la présence des autorités politiques et gouvernementales du Burkina Faso qui, tout au long de la préparation de cette rencontre, ont accompagné nos équipes régionales et le comité d’organisation, veillant à ce que les conditions les plus favorables à la tenue de ces premières Journées soient réunies. Je vous prie, Monsieur le Président, d’être notre interprète pour leur transmettre notre gratitude. Nous leur sommes reconnaissants, non seulement de leur soutien d’aujourd’hui, mais du soutien qu’elles nous ont toujours apporté et qu’elles continueront, j’en suis sûr, à nous apporter dans l’accomplissement des missions de l’AUF au service des universités du Sud, qui ont aujourd’hui la tâche de former les élites de demain, des agents de développement qui sauront, à leur tour, aimer le savoir, aimer leur pays et le servir.

Je ne saurais oublier de remercier ceux sans lesquels ces Journées n’auraient pas de raison d’être, c’est-à-dire vous, les chercheurs, professeurs, étudiants, et vous aussi Mesdames et Messieurs les invités qui avez accepté de répondre à l’appel qui vous a été lancé de venir contribuer par votre œuvre, par votre présence et votre soif de savoir, à un débat pluridisciplinaire, interdisciplinaire, transdisciplinaire, un débat scientifique, c’est-à-dire critique, animé par la seule passion de la vérité. Le débat sera universitaire, non pas abstrait, ni spéculatif, mais universitaire c’est-à-dire, me référant à la définition que Jacques Derrida donne de l’Université, qui porte la marque d’« un engagement sans limite envers la vérité ». Je suis persuadé que cet engagement sera tenu, à en juger par les talents, les compétences qui sont ici réunis.

Il ne m’appartient pas d’aborder le thème autour duquel vos réflexions vont s’organiser. Le professeur Joseph Paré, Président de l’Université qui nous reçoit et Marc Cheymol l’Administrateur délégué du programme sous lequel s’inscrit vos activités de recherche, viennent de nous livrer quelques pistes de réflexion auxquelles nous allons consacrer deux Journées de débats. Cependant, permettez-moi de poser une question : Pourquoi des Journées sur les langues et le développement ? Car, c’est bien ce rapport, ce lien, qui est sous-jacent au thème de ces Journées : « Penser la Francophonie : concepts, actions et outils linguistiques ».

La Francophonie, en effet, depuis que ses pères fondateurs l’ont portée aux fonts baptismaux, donne à penser. Le concept mérité d’être clarifié. Ce n’est pas une mince affaire. Léopold Sédar Senghor, Habib Bourguiba, Hamani Diori, Norodom Sihanouk, avaient peut-être, ou plutôt sûrement, de la Francophonie une idée claire. Mais, depuis lors, le monde a changé. La Francophonie elle-même a évolué.

Au Sommet des Chefs d’État et de Gouvernement qui a eu lieu à Beyrouth, le thème qui était retenu, « le dialogue des cultures », a été l’occasion pour la Francophonie d’affirmer son ambition politique. Elle a eu raison et ce fut positif. Elle a su répondu aux attentes des pays de la région. Son engagement fut perçu comme un progrès.

Le thème de ces Journées de Ouagadougou qui s’inspire de celui du prochain Sommet prévu ici-même, au Burkina Faso, en terre africaine, et consacré au développement durable, ne nous donne-t-il pas l’occasion de répondre aux aspirations des populations africaines, à celles de sa jeunesse ? L’Afrique, nous le savons, a également changé. Inutile d’énumérer tous ses problèmes : la pauvreté, les guerres, les conflits ethniques, l’insécurité, la corruption, l’instabilité, les frustrations de la jeunesse, les pandémies… Nous n’en avons pas le monopole, mais, ici plus qu’ailleurs, l’espoir d’en sortir semble s’éloigner de plus en plus. Ce ne sont pas cependant les ressources qui manquent, ni les femmes et les hommes de talents. Il n’y a aucun doute sur la créativité de nos populations.

Se pose alors la question de l’utilité de la Francophonie, de son rôle dans le développement des pays du Sud, particulièrement de l’Afrique francophone. Depuis longtemps, depuis les indépendances, et même avant, nos universités se sont interrogées sur les rapports de la langue, des langues nationales et du développement. Mais elles se sont interrogées sur le sujet sans tenir compte de la Francophonie, ou plus exactement elles ont mené leur réflexion à l’écart de la Francophonie et de ce fait en la mettant à l’écart.

Ces premières Journées de Ouagadougou marquent, avec évidence, une évolution, un progrès dans les relations entre la Francophonie et nos langues dont les premières impulsions, me semble-t-il, ont été données à l’occasion des États généraux du français tenus à Libreville, au Gabon, en 2003. Une nouvelle solidarité entre la Francophonie et les langues pour le développement est en train de naître, elle est appelée à changer nos vies, la vie de nos populations : sans développement, nous l’expérimentons tous les jours, pas de démocratie, pas d’État de droit, pas de souveraineté d’un peuple. On doit reconnaître à l’Agence universitaire de la Francophonie le mérite de s’être engagée très tôt, depuis sa refondation, dans la voie du changement, de l’évolution, ce qui lui vaut d’être crédible, attractive, d’être reconnue dans sa légitimité. Si le thème de ces premières Journées nous renvoient donc au rapport entre les langues et le développement, la question ultime reste l’Éducation. Aussi, permettez-moi, Monsieur le Président, d’évoquer ce que Madame la Rectrice rappelait récemment aux ambassadeurs francophones à Ottawa. Elle leur faisait remarquer que la plupart des grands problèmes du monde, des problèmes alimentaires aux grandes pandémies, en particulier le SIDA, et même le terrorisme ont à leur source l’Éducation. La question qui me vient alors à l’esprit et que suscite le thème de vos Journées je la formulerai ainsi : Quelle Éducation, quelles langues pour le développement ?

Je terminerai, si vous me le permettez, en me tournant vers les organisateurs de ces Premières Journées scientifiques communes des réseaux de chercheurs concernant la langue : « Penser la Francophonie : concepts, actions et outils linguistiques ». Ils nous invitent à un véritable concert de langues, une symphonie des langues. Je traduis par là, la rencontre des disciplines, la fusion des langues, la communialité des langues. Je les soupçonne d’avoir choisi la date d’aujourd’hui, pour notre rencontre, pour cette « fête des langues», parce qu’ils savaient que ce serait le lundi de Pentecôte. Le jour de la Pentecôte, dans la tradition religieuse chrétienne, selon le récit qui nous est parvenu, les apôtres ont reçu l’Esprit sous la forme d’une langue de feu au-dessus de leur tête. Au même instant, ils se mirent alors à parler à la foule venue de toutes les contrées et chacun les comprenait dans sa langue. Mais la Pentecôte, selon le calendrier liturgique catholique, est toujours célébrée un dimanche. C’était donc hier. Que s’est-il passé le lendemain de la Pentecôte ? Après ce merveilleux moment de compréhension universelle, de fusion universelle des langues, le récit des apôtres nous apprend qu’ils s’en allèrent annoncer la Bonne Nouvelle. Ce qui veut dire, en clair, je prends la liberté de traduire, qu’ils passèrent à l’action.

Tel me semble être aussi le signe que les organisateurs ont voulu nous adresser : que l’heure est maintenant à l’action. L’appel à l’action, aux projets concrets, n’est-il pas inscrit en toute évidence dans l’énoncé même du thème de ces Journées ? S’il en est ainsi, il ne me reste plus, Monsieur le Président, Chers collègues, qu’à vous souhaiter plein succès dans vos travaux.
Je vous remercie.

1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   74

similaire:

Concepts, actions et outils linguistiques iconRapport d’outils Raknet
«Raknet», ce document est donc une explication de certains des principes de «Raknet» ainsi que de ses concepts fondamentaux et comment...

Concepts, actions et outils linguistiques iconParcours Fonctionnements Linguistiques et

Concepts, actions et outils linguistiques iconLes écoles de linguistiques

Concepts, actions et outils linguistiques iconContenus linguistiques: (vocabulaire, grammaire…)

Concepts, actions et outils linguistiques iconObjectifs communicationnels, culturels et linguistiques’

Concepts, actions et outils linguistiques iconAdos le spécialiste des séjours scolaires linguistiques et aventures

Concepts, actions et outils linguistiques iconBts se r V ice s I n f or m a t I qu e s a u X o r g a n I s at I on s
Dans tous les cas, les candidats doivent se munir des outils et ressources techniques nécessaires au déroulement de l’épreuve. Ils...

Concepts, actions et outils linguistiques iconLes outils de développement de Telelogic mettent l’industrie automobile sur la voie du succès
«Les outils Tau de Telelogic ont déjà fait leurs preuves dans le secteur des télécommunications où le zéro défaut est une devenue...

Concepts, actions et outils linguistiques iconMichel Vinaver, Écritures dramatiques, Essais d'analyse de textes de théâtre, Actes Sud, 1993
«lecture au ralenti» consiste dans le pointage des actions d'une réplique à l'autre ou même à l'intérieur d'une réplique, c'est-à-dire...

Concepts, actions et outils linguistiques iconConcepts et Techniques








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
ar.21-bal.com