Le rituel de mort et de resurrection. 30








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A MYSTIQUE, MAGIE, MEDECINE


« C'est un scandale pour l'intelligence, une profonde offense au sentiment de l'ordre, de voir des psychologues ou des sociologues, ou même des philosophes et des métaphysiciens, s'emparer de l'expérience mystique pour juger de sa nature à leur lumière, c'est‑à‑dire pour la méconnaître systématiquement ».

Jacques MARITAIN. Les Degrés du Savoir.

« L'homme pense, aime, souffre, admire et prie à la fois avec son cerveau et avec tous ses organes ».

Alexis CARREL, L'Homme, cet Inconnu.

Depuis que nous avions lu (à neuf ou dix ans !) De l'Amour, de Stendhal, nous savions que nous écririons un jour sur l'amour... Voici donc un ouvrage qui ne parle que d'Amour, mais de l'Amour avec un grand A, de technique de l'Amour, de pratique de l'Amour, de l'Amour suprême qu'il faut atteindre par l'Amour. Car Dieu‑Amour, qui dans cette « vie ne peut être connu par Lui‑même, mais peut être aimé par Lui‑même » peut être blessé d'amour avec Ses propres armes, peut être conquis, peut être aimé autant qu'Il aime : « Le amarà tanto como es amada » chante le Poète des Nuits.

Si nous utilisons le propre germe d'Amour, l'étincelle d'Amour qu'Il a mise en nous, pour attirer par « l'exercice d'amour unissant » son Esprit d'Amour, et finalement le faire prisonnier « avec un cheveu », nous pourrons sans cesse remonter vers Lui et l'attirer sans cesse en nous jusqu'à ce que, par un débordement d'Amour, brûle en nous la Vive Flamme d'Amour, prémices du Corps de Lumière.

Mais notre époque ignore l'Amour, et lorsqu'elle le cherche, c'est généralement par des pratiques sans issue, voire inversées, car on n'enseigne (quasi) plus les voies de l’Amour. Nous avons, dans un ouvrage précédent (auquel il convient nécessairement de se reporter) « Pour toute âme vivant en ce monde » rappelé la doctrine oubliée. En ce nouvel essai, il s'agit, tout au contraire, de la doctrine à faire.

Ce n'est plus un fruit, c'est un germe.

Afin d'éviter toute mésinterprétation, il est nécessaire d'insister sur le sens précis de cette étude.

Notre ouvrage « Pour toute âme » (Tome Premier), expose les méthodes et degrés d'oraison ; c'est une étude de théologie mystique fondée sur des recherches historiques. Elle sert de base aux critères intérieurs de la mystique authentique dont nous n'envisageons que les reflets corporels dans ce nouvel ouvrage.

Ici, en « Je dors, mais mon cœur veille » il ne s'agit point (et il ne pourrait s'agir) de critères intérieurs vu les sujets traités. C'est un ouvrage de technique, portant sur des critères extérieurs physiologiques, sur ce qui est mesurable ‑ et donc hors du domaine de la foi ‑ dans l'expérience mystique vraie comme dans les fausses expériences d'ordre mystique, magique ou médical.

Nous nous tiendrons donc sur le plan des « reflets », des « échos », des « retentissements » passifs de l'expérience mystique pour pouvoir juger des phénomènes provoqués, analogues (en apparence) pour l'observateur inexpérimenté.

Ainsi nous évitons l'erreur scientifique des études sur la psychologie des mystiques ou la phénoménologie... lesquelles ne saisissent rien, ni des critères intérieurs qui ‑ appartenant au pneuma ‑ sont au delà du psychologique, ni des critères extérieurs qui sont d'ordre physiologique.

Nous ne tombons pas non plus dans les déviations théologiques qui se sont multipliées lors des Congrès de (prétendue) psychologie religieuse, lesquels ignorent expérimentalement et l'esprit et le corps des « transformés ». Comme il ne peut y avoir de critère psychologique intermédiaire ‑ sauf néga­tif ‑ ces congrès se sont enfoncés de plus en plus, mais logi­quement, de la psychiatrie asilaire aveugle dans le marécage psychanalytique.

Par sa méthode même, notre étude doit donc entraîner une révision des positions du « psychologisme » qui sévit en notre monde désincarné, abstrait, irréel.

Ajoutons encore qu'en suivant le grand clinicien des âmes, Jean de la Croix, nous avons rejeté toute référence aux vi­sions et révélations, c'est‑à‑dire aux phénomènes extraordi­naires caractérisés par des notices distinctes. Nous nous sommes tenus sur le plan du « toucher généralisé » disent les biologistes, des notices générales dit le Docteur des Nuits. Ainsi que nous l'avons rappelé dans « Pour toute âme », ces touches et leurs rejaillissements font partie de l'union et l'on ne doit pas « se comporter avec celles‑ci négativement comme en les autres appréhensions » 1.

Certes, nous ne nous faisons aucune illusion, dégager exac­tement le véritable cheminement de l'Amour parmi toutes les erreurs magiques ou pseudo‑médicales devrait être une tâche collective. Si nous avons du l'entreprendre seul, c'est parce que nous ne pouvions plus attendre, à la vue des misè­res spirituelles, autrement plus grandes que les misères sociales.

Nous pensons néanmoins avoir éclairé de nombreux points grâce à nos observations et expériences de toutes sortes, dans les milieux les plus divers, depuis vingt‑cinq ans. Nous avons même pu, ces dernières années, observer in vivo trois « transformés », aux tempéraments initiaux des plus dissem­blables : Une artiste dévorée du besoin de savoir, mais de san­té précaire ; un intellectuel dévoré par une soif inextinguible d'amour et doté d'un équilibre biologique exceptionnel. En­fin une ex‑protestante montée par la voie mariale, malgré toutes les antinomies psychologiques observables ; c'est un vivant témoignage de ce que l'amour est dans la pure volonté, le pneuma, nullement dans l'affectivité, le psychisme.

Par un scandale sans précédent, la vie mystique est devenue, à notre époque, quasi un enseignement secret. Les mystiques sont rejetés dans une sorte d’église occulte… dont les membres s'ignorent d'ailleurs. C'est la plus grande trahison envers l'Esprit qui vous « parle à l'oreille » pour que vous le « clamiez sur les toits » comme Marie proclame le Magnificat...

Si la cause profonde du mépris de la mystique remonte à l'humanisme renaissant, la cause visible de la « peur » du clergé vient de la querelle du quiétisme. Nous avons crevé l’abcès, en montrant, sur le plan expérimental, l'erreur des deux parties et en rappelant la grande tradition de la prière perpétuelle, explicitée dans « Pour toute âme ».

Après avoir rappelé ce que sont le Feu-du-Ciel et la Nuit, la Montagne et la Caverne, avoir brièvement résumé le Château de Thérèse d'Avila et expliqué le grand oublié : Jean de la Croix, nous sommes passé à l'analyse des phénomènes supranormaux du magnétisme expérimental - que les milieux médicaux ont gravement confondu avec l'hypnotisme sensoriel - et qui nous donnent la clef pratique des divers yogas et de la psychanalyse.

Etroitement liées entre elles, ces deux intrusions orientales en Occident devaient être étudiées à fond pour en dissiper les criminelles équivoques. Ce fut un travail délicat, comme le jour où nous dûmes défaire un entrelacs de serpents-corail à Sao-Paulo.

Le yoga vulgarisé actuel est une dégradation érotico-magique d’une voie de dévotion primitive ; quant à la psychanalyse, comme l'a montré Emil Ludwig - c'est la plus grande escroquerie du siècle. Les analystes sont devenus les parasites des riches familles aux Etats-Unis ; ils tentent en France d'exploiter les pauvres... au compte de la Sécurité Sociale.

Nous avons essayé d'éclairer ces problèmes d'occultisme (stricto sensu) à la lumière vacillante de l'anatomie et de la psychologie. En comparant les traités les plus estimés, nous avons été surpris du grand nombre de points d'interrogation subsistants, depuis vingt ans, et avoués par les auteurs honnêtes 2.

Si la psychologie religieuse ignore l'expérience totale, que dire de la biologie ! Parler de physiologie humaine, comme tous en parlent, c'est poser axiomatiquement soit qu'il n'y a qu'une âme vitale sans esprit, c'est-à-dire psyché sans pneuma, soit que le psychisme domine le pneuma réduit à une pure abstraction, comme un cheval emportant un mannequin en guise de cavalier. C'est une position de vétérinaire pouvant se dire spiritualiste ; mais elle ne peut appartenir ni scientifiquement à une médecine totale, ni théologiquement au christianisme 3.

La position chrétienne, autant que scientifique, est que le pneuma doit dominer la psyché, qu'il est doué pour cette fonction maîtresse et que nos contacts avec le monde, avec l'altérité dirait Sartre, n'ont point d'autre but que de nous entraîner à une domination toujours plus parfaite du supérieur sur l'inférieur 4.

Notre parcours terrestre est un moyen en vue d'une fin, jusqu'à ce que l'homme pneumatique - comme dit saint Paul - remplace l'homme psychique qui n'est qu'un animal supérieur. Faut-il faire remarquer qu'une psychologie chrétienne (où le psychisme restera toujours à la porte du Verbe : extra Verbum) et une physiologie chrétienne (où la psyché peut être totalement, non seulement dominée, mais transformée par le canal du pneuma) restent entièrement à faire.

Voilà plus de mille ans peut-être (et depuis Descartes d'une façon généralisée) que la psyché, lentement, a étouffé le pneuma. Aujourd'hui quasi tous sont « marqués du signe de la Bête » ! Si pour des questions de méthodes nous sommes forcés de citer quelques noms en référence, qu'on n'oublie pas qu'il ne s'agit que d'exemples entre mille. Le vrai scandale n'est point de voir des chefs de file ignorer, pratiquement, le pneuma mais bien de n'entendre aucun cri d'alarme chez ceux qui ont pour métier d'enseigner l'homme total.

Les persécutions sanglantes des premiers temps, comme celles de l'Est actuel, ne sont rien vis-à-vis de la persécution de l'intelligence qui sévit en Occident 5. Cette persécution est organisée, entretenue par de faux-savants et demi-savants (qu'on se rappelle le sursaut de Lecomte du Noüy), qui sont parvenus à imposer aux peuples des idoles éclipsant l'Amour, le Circulus Trinitaire, le pneuma. Ils sont parvenus à marquer toute tentative d'explication du signe de la Bête ! Car, ne nous y trompons pas, si les faux-savants dissimulent une partie de la vérité expérimentale c'est par peur, parce qu'ils ne veulent pas affronter la Vérité. Quand on a la passion de la vérité, la probité scientifique jusqu'au martyre de soi-même, on ne peut que déboucher dans les deux grands bras ouverts de Celui qui répondit à Pilate : « Je suis la Vérité ».

Si d'autres faux-savants commettent sciemment des impostures (comme celle de l'homme de Piltdown) le plus grave est sans doute l'attitude des demi-savants, des vétérinaires spiritualistes. Certes, ceux-ci parlent d'esprit, parlent de Dieu. Mais ce n'est pas le pneuma, mais ce n'est pas le Dieu vivant ; il s'agit d'un Dieu des philosophes, d'un Dieu monolithique. Et qui n'a pas la connaissance inviscérée du Dieu Trine, de l'extraordinaire Circulus Trinitaire, fondement de toute la création-vestige comme de l'homme-image, ne peut évidemment rien comprendre. Il s'attire justement les invectives d'un Sartre ou de tout autre assiégeant d'une religion qui ne se présente plus guère que comme sociologisme des masses ou psychisme dévotionnel.

Face à cet étonnant mélange de psychisme dominant et de spiritualité désincarnée - qui ne répond pas plus à la réalité qu'à la Révélation - nous ne pouvons qu'opposer la présentation objective de l'expérience mystique. Qui peut s'en désintéresser aujourd'hui ? Alors que le psychisme humain peut être cliniquement modifié par des interventions chirurgicales, peut-on oublier les autres formes de modification ? L'accidentelle par traumatisme et la fondamentale par exercice de la volonté pure, par le jeu du pneuma ? Qu'un explosif coléreux devienne patient, qu'un obsédé sexuel devienne chaste, et ceci instantanément par réception de l'Esprit, est une expérience autrement importante que l'intervention délibérée d'un chirurgien.

Elle révèle en effet l'action du pneuma 6, au lieu de rester sur le plan instrumental de la psyché, qui peut s'étudier chez les pigeons thalamiques ou les chiens décortiqués. L'homme reste un inconnu et pose un véritable défi aux sciences humaines. Qui le relèvera ?

L'homme reste un inconnu. Et nous pensons que seul un panorama complet à tous les niveaux végétatif, animal et rationnel, seule la considération des expériences les plus hautes (information adamique du transformé) comme les plus basses (commande des sphincters du yoguin) peuvent permettre d'éclairer la situation de l'homme dit normal c'est-à-dire resté sur le plan naturel, et qui est au « transformé » ce que l'animal est à l'homme.

Bien entendu, il ne peut être question de fonder le plus sur le moins, de s'élever de niveau en niveau, mais tout au contraire, de suspendre tout l'édifice à la plus haute expérience, à la plus haute conscience en la Mémoire de Dieu. Ceci n'avait (croyons-nous) point encore été tenté dans le contexte historique actuel. Une psychologie qui cherche son éclairage (!) lunaire du côté de la pathologie ne peut être redressée et solairement illuminée que par l'expérience mystique. Car c'est « l'existentiel » total qui découvre tout « l'essentiel ». Toutes les découvertes contemporaines sont à « juger par l'homme spirituel » pour en intégrer le peu qui est effectivement valable.

Ce livre d'Amour est donc un livre de Technique, de supratechnique de l'Amour, de pratique de l'Amour; l'art de l'oraison n'est rien d'autre 7. Ces techniques - car tout art consiste en une pratique supérieure des techniques - n'ont qu'un but, nous remplir d'Amour, faire le plein d’Amour, nous conduire vers les chemins secrets de l'Espérance, c'est-à-dire de la Nuit de la Mémoire et du Grand Oubli, où Dieu seul peut nous mener. Il n'y a rien d'autre à savoir, sinon que Dieu est Amour, et qu'on l'atteint par l'exercice d'amour unissant. Aussi serons-nous très bref sur cet exercice qui se pratique... comme doit se pratiquer un traité de natation, et ne consiste ni en grands discours ou recherche d'émotions, ni en rêves éveillés. Notre ouvrage « Pour toute âme vivant en ce monde... ». complète heureusement ce chapitre sur le plan pratique.

Comme jadis Carrel, dans son petit ouvrage sur la Prière 8, nous pouvons dire que l'auteur parle en ces matières délicates de mystique, magie et médecine, « seulement de choses qu'il a vérifiées lui-même ou qu'il tient d'hommes capables d'observations honnêtes et précises ».

Ces observations sont concrétisées par nos graphiques sur la Nuit et sur le Feu. En effet nous avons pu faire enregistrer pour la première fois - grâce à la mise au point du gayographe électronique, ces dernières années - ce qu'Alexis Carrel affirmait, à savoir que la « Prière est la forme d'énergie la plus puissante que l'on puisse susciter, une forme aussi réelle que la gravitation universelle ». Ces enregistrements, donnés in fine, confirment la pensée profonde de saint Thomas, à savoir que toute opération intellectuelle, même la plus élevée, exige toujours un recours physique, sensible, donc mesurable.

La connaissance précise des « rejaillissements corporels des touches substantielles » montrera que l'Occident n'a rien à attendre des pratiques d'Extrême-Orient et que le chrétien peut atteindre, ici-bas, non seulement les plus hauts états surnaturels, mais même (sans les chercher) les plus totales transformations corporelles, fait ignoré (sauf par les saints) depuis plusieurs siècles.

Notre époque est dans la confusion totale, car généralement les (l°) écrivains, savants ou techniciens étiquetés (2°) catholiques, ne sont pas des (l°) catholiques (2°) écrivains, savants ou techniciens. Cela provient en grande partie de ce que la plupart des chefs de file sont des convertis minima. Expliquons-nous. Ces convertis qui devraient pro-pulser l'Eglise effectivement par leurs grâces neuves, n'ont pas été éclairés suffisamment avant leur conversion, ils se sont convertis à ce qu'on leur a enseigné... eux ne sont point coupables, mais il y a de lourdes responsabilités. Leur conversion et en conséquence leur action, reposent sur des « compromis » modernes, voire modernistes, une religion émasculée du surnaturel.

Aussi, généreusement tournés vers les hommes, vers le monde, tournent-ils le dos à Dieu. Il est aisé de vérifier que « ceux qui cherchent » dans le tohu-bohu actuel, ne vont pas vers la religion catholique, mais vers la théosophie, l'indouisme, l'occultisme, voire des sectes de guérisseurs.

Avouons-le, ceci est normal.

Quel intérêt peut bien présenter pour celui-qui-a-soif-de-Dieu, soif d'Amour Infini, la pseudo-religion catholique moulue dans les prônes dominicaux ? C'est un encouragement à faire le Bien sur la Terre, mais où est la vie d'intimité avec un Dieu Personnel, avec le Premier Amour ? Quant à l'origine et à la fin de l'Homme, à l'eschatologie, surtout, on se garde d'y toucher 9.

On peut voir un religieux « chef de file » responsable d'une revue scientifico-catholique - où les positions catholiques n'occupent pas 10% des pages - écrire naïvement (nous donnons cet exemple entre mille autres) après la proclamation du dogme de l'Assomption, qu'il n'avait jusqu'ici « éprouvé le besoin d'escompter le bénéfice (!) de la résurrection de la chair » ; récitant le Credo... sans le comprendre, depuis quarante ans.

Ce dangereux angélisme conduit évidemment à la persécution de la mystique qui est expérience incarnée de la vie divine, grâces anticipées, prémices du Corps de Lumière.

Cet escamotage de l'eschatologie a conduit maints chrétiens en acte ou en puissance (comme la Hiérarchie est forcée de le constater) dans les bras de sectes aussi pittoresques qu'absurdes, comme les Adventistes du 7e jour, les Témoins de Jéhova, les Amis de l'Homme, le Mouvement de Pentecôte, la Christian Science ou les Antoinistes à gibus...

Chez ces derniers l'absurdité disparait dans l'enthousiasme d'une mystique, déviée en mysticisme, mais vivante ; dans l'espérance d'une vie future, que ne peut remplacer le « socialisme baptisé » des cléricalo-activistes de tous poils ; dans une com-union à laquelle ne se peut substituer le moralisme ascétique des pharisiens.

Au cours de nos grands voyages, nous avons été confronté avec bien des personnes et expériences mystiques. Si d'ordinaire, en la carlingue, vous voyagez plutôt avec une modiste ou un chanteur de charme, vous retrouvez sur tous les continents, dans toutes les capitales et parfois les bourgades, les mêmes têtes. Tel ce professeur, ce conférencier, cet inspecteur en mission, cet ingénieur d'une grande compagnie de construction mécanique qui va, d'usine en usine, vérifier le matériel... en tous pays, depuis déjà plusieurs années.

Vous comprendrez dès lors l'abondance des documents rassemblés dont nous ne donnons ici que quelques exemples précis. Nous avons puisé également dans les Cahiers de Jean et d'Odile-de-la-Joie - que nous pourrons publier un jour. Comme la plupart des contemplatifs dont nous parlons sont encore en vie, nous les avons désignés par un prénom, parfois suivi d'un qualificatif lorsque leur spiritualité est particulièrement marquée ; des initiales auraient fait moins vivant... pour des faits qui touchent à la vie la plus intense et la plus oubliée de notre basse époque.

Soyez certains d'une pluie de grâces pour laquelle il vous suffit d'être prêt. « Le Christ n'est pas mort pour rien... » mais pour nous ouvrir le Ciel. Nous connaissons toute la valeur de cette affirmation depuis certain soir...

Une nuit, veille de Notre-Dame auxiliatrice, nous revenions avec quelques couples de contemplatifs dans les rues désertes d'une capitale européenne. Ils avaient insisté pour nous accompagner à pied, et vu le plaisir d'amitié que nous leur causions, nous avions accepté, malgré notre hâte de rentrer faire oraison. Chacun d'eux chantait sa joie et sa paix, ce qui fait « du bien, oui, beaucoup de bien » dit Thérèse d'Avila.

Ils rappelaient les grâces qu'ils avaient reçues et n'en croyaient pas leur entendement, ni leurs sens. « Comment cela est-il possible ? Nous sommes tellement indignes ! » Nous avons explosé : « Le Christ n'est tout de même pas mort pour rien » ! A l'instant même, l'impérieux « sifflet » dont parle Mère Thérèse 10 se fit entendre. Nous avons regardé autour de nous. Seul, nous l'avions entendu. Jésus manifestait sa présence et son approbation. Nos amis continuèrent à marcher et à deviser dans la joie et l'amitié... nous restions attentif, car trois ou quatre fois encore le sifflet du Pasteur se fit entendre dans le silence de la ville endormie, mais moins impérieux désormais, plus doux quoique toujours aussi profond. Le Christ était au milieu de nous...

Nous avons mesuré, ce soir-là, l'étrangeté de notre petit groupe (« Voyez comme ils s'aiment... ») au milieu de la métropole rendue plus indifférente qu'hostile par le tabou mystique, depuis des siècles. Et c'est pour rompre ce tabou que nous livrons ici tant de fruits d'oraison pour « les pauvres estropiés, les aveugles et les boiteux » que le Père de famille veut faire assister (de force) à son repas de Noces...
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