Un tournant géopolitique vers le nouvel ordre mondial et la gestion de l’environnement ?








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Chapitre 2

L’environnement et la métaphore de la géostratégie militaire




La métaphore militaire en géopolitique de l’environnement



Le côté catastrophique, critique de la question environnementale mise en perspective des limites de la planète, inspire les discours de mobilisation générale. Tout comme Guy Aznar appelle aux roulements de tambour pour réveiller l’opinion face au fléau du chômage, Pierre .i.Samuel réfléchit sur le rapport entre guerre froide et “guerre environnementale” et conclut qu’on peut utiliser la métaphore de la guerre pour s’attaquer à “l’ennemi” universel que serait la pollution ou le risque de désastre. S’inspirant de K. Galbraith, il rappelle certaines fonctions de la guerre et de la préparation à celle-ci : -stabiliser l’économie par des dépenses massives d’armement; être un moteur de la recherche et du développement technique; faire exister un ennemi, un “empire du mal”, aide à la cohésion politique et sociale, et qui fournit un ciment idéologique.

La disparition-implosion de l’empire soviétique prive le monde occidental d’un ennemi humain contre lequel se mobiliser. Les ennemis humains potentiels (immigrés de couleur, rivaux industriels, Etats musulmans) ne sont pas à la hauteur et ne sauraient justifier des dépenses massives d’armements, pas même les nations en développement rapide d’extrême-orient, du moins tant que les restes du communisme opéreront un clivage dans ce bloc. Mais les atteintes à l’environnement, et les menaces qui pèsent sur lui sont un ennemi de première grandeur. Les dépenses annuelles correspondantes pourraient être de l’ordre de mille milliards d’ECU si “l’agenda 21” de Rio était mis en oeuvre, somme voisine des dépenses militaires mondiales .

De nombreuses sciences et techniques bénéficieraient d’un tel effort, même ce qu’on appelle la “Big Science”. La communication décrit les voies par lesquelles un consensus social contre la “pollution” pourrait être atteint et justifier quelques sacrifices, d’ailleurs favorables à l’économie en général. Il est réaliste de penser que la “guerre à la pollution” ferait un bon substitut à la guerre froide. Cette guerre sera-t-elle menée dans un esprit de solidarité entre le Nord et le Sud? Ou conduira-t-elle à un clivage Nord-Sud ? Malgré la préférence de Pierre Samuel pour le premier scénario, il ne saurait trancher. Et c’est là tout le problème : l’humanité saura-t-elle se contenter d’un leurre pour dériver ses pulsions guerrières, ou utilisera-t-elle l’environnement comme un objet de transition, un prétexte pour attaquer la nouvelle figure de haine : le peuple pauvre du Sud ?

György Széll va beaucoup plus loin que Pierre Samuel dans la comparaison entre environnement et militarisation : pour lui, nous en sommes rendus à un choix binaire de plus en plus drsatique : ou bien la guerre à la nuisance, ou bien la guerre tout court. Mobilisation pour l’environnement et mobilisation guerrière sont en vis-à-vis comme des alternatives. Széll nous rappelle que les conflits environnementaux sont aussi vieux que l’humanité La destruction des ressources naturelles (eau, bois, etc.) a toujours été un moyen de l’emporter sur l’adversaire. Mais le récent conflit du golfe -surtout entre les Etats-Unis et l’Irak, a montré des dimensions complètement nou- velles de la destruction de l’environnement comme arme.

Le chercheur distingue cinq formes différentes de conflits environnementaux :

1. Les conflits pour la contrôle des ressources naturelles.

2. les conflits pour la prévention de l’immigration de masse, et pour conserver le niveau de vie de chacun.

3. La destruction des ressources naturelles.

4. le transfert des risques environnementaux.

5. La défense des ressources naturelles.

Aujour’d’hui, nous sommes encore plus éloignés d’un idéal de paix qu’avant la fin du rêve d’un socialisme éternel. Non seulement les conflits dans l’ex-Yougoslavie, l’ex-Union soviétique, en Afghanistan, en Somalie,. ne prennent pas en compte l’environnement mais elles le détruisent délibérément. L’exportation des déchets toxiques est continuelle. L’écofascisme ou la “première révolution globale” sont-elles les seules alternatives pour surmonter les conflits environnementaux, comme le proclame le Club de Rome ? La recherche sur la paix et la guerre a largement négligé jusqu’ici la dimension de la géopolitique. Il est urgent de combler cette lacune. Du désarmement et de ses “dividendes de paix”, rappelle Széll, nous sommes (deux ans après la guerre du golfe, parmi de nombreux conflits dans l’ex-URSS, en Yougoslavie, en Somalie, en Afghanistan -juste pour nommer les plus visibles) plus éloignés que jamais. Il y avait pourtant l’espoir d’utiliser les fonds dégagés de la course aux armements pour la protection de l’environnement et la recons-truction du tiers-monde. Les seules alternatives sont-elles l’écofacisme ou une révolution démocratique radicale, -pour contrôler les ressources rares, comme le suggère le Club de Rome dans son dernier rapport “la première révolution globale”, ou Dennis.L. Meadows, dans son “Révolution dans les Esprits? “. Il ne nous reste plus guère de temps. Certains disent qu’il est déjà midi cinq... Et Gyorgy Széll de nous dire : les conflits environnementaux d’aujourd’hui et à venir forment le plus grand défi pour l’humanité, et la communauté scientifique, justement comme alternative à la guerre mondiale.

Nous ramenant aux dangers de guerre que recèle l’environnement, Lu Loufa analyse la possibilité d’une continuation de la guerre froide dans ce domaine. Le chercheur chinois rappelle que la guerre froide au sens propre du terme a terminé avec la dislocation de l'ancienne Union Soviétique, tandis que la sécurité environnementale préoccupe davantage la communauté internationale.

Les problèmes de la sécurité environnementale se sont posés non seulement parce que la dégradation de l'environnement menace l'existence de l'humanité, mais aussi que les problèmes environnementaux créent la tension et des conflits entre certains pays.

Ces conflits se développement sur la base de problèmes écologiques et environnementaux qui menacent la sécurité et l'existence de l'humanité. L'explosion démographique, le mode de développement, l'exploitation excessive des ressources naturelles limitées... dégradent l'écosystème et l'environnement.

C’est sur cette base générale que les problèmes insolubles peuvent être traduits en termes conflictuels, plus habituels, plus “traditionnels”, dans le prolongement de la guerre froide. On assiste par exemple au transfert des risques et des crises environnementaux par des pays développés vers les pays en voie de développement.

La répartition des ressources naturelles et les grands travaux de construction pourraient entraîner des conséquences malheureuses au niveau international, certains pays en profitant pour intervenir dans les affaires intérieures d'autres pays.

De graves accidents soudains, nuisibles à l'environnement, créeraient des différends et des conflits internationaux. Des échanges commerciaux injustes entre les pays développés et les pays en voie de développement aggravent l'état arriéré et la pauvreté de ces derniers, les rendant incapables de faire face à l'insécurité environnementale et au déséquilibre écologique, créant enfin la tension entre le Nord et le sud.

Cette guerre froid Nord-Sud, étayée par le motif environnemental, composante de la tension internationale, pourrait entrainer des crises politiques, économiques et sociales au niveau international.

Pour Lufa Lu, elle cache une guerre chaude potentielle, nuisant ainsi à la paix mondiale et à la sécurité internationale. Elle gêne les échanges économiques normaux et nuit au développement commun de l'économie mondiale.

Il s’agirait donc moins de déclarer la guerre à la nuisance, que d’éviter qu’elle ne se transforme en ".i.guerre froide" environnementale.

Les pays développés, forts en ressources financières et en technologie, devraient prendre la responsabilité de la sécurité environnementale, sans profiter d'abord des problèmes environnementaux internationaux pour créer la "guerre froide".

Lufa Lu considère que les cinq principes de la coexistence pacifique doivent être appliqués pour rajuster les relations internationales. Il ne faut pas recourir à la force armée pour régler tout différent et conflit. La fin de la "guerre froide" environnementale dépend de l'établissement du nouvel ordre politique et économique mondial, de la mise en valeur de l'ONU et d'autres organisations internationales, et la coopération internationale, et notamment de l'arrêt complet de l'essai et de la fabrication, et la destruction totale, des .i.armes biocides; qui peuvent être évoquées précisément dans le contexte d’une insensible métamorphose de la guerre pour l’environnement en guerre contre l’humanité.

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