Consultation de la société civile sur la Stratégie conjointe ue-afrique : Quels sont les résultats de la première phase ?








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    Consultation publique sur la Stratégie conjointe UE-Afrique :

    Où en sont les débats ?

    1





    ECDPM, Maastricht (Pays-Bas), Mai 2007


Une consultation publique a été lancée début février 2007 par la Commission de l’Union africaine et la Commission européenne afin de rassembler les recommandations de la société civile sur la future Stratégie conjointe UE-Afrique qui sera adoptée lors du second sommet UE-Afrique prévu en décembre 2007. La première phase de ces consultations s’étendait jusqu'à la fin avril et le 15 mai 2007,  « les grandes lignes de la stratégie2 » ont été adoptées lors de la réunion de la troïka ministérielle UE-Afrique. 3
Cette consultation a été facilitée par le Centre européen de gestion des politiques de développement (ECDPM) en tant que fondation indépendante. Ce processus de consultation publique a principalement pris la forme d’une consultation sur Internet ouverte à tous les contributeurs européens et africains, ainsi que d’un séminaire organisé par la Commission de l’Union africaine (CUA) à l’intention d’un certain nombre de représentants de la société civile africaine, à Accra, au Ghana, du 26 au 28 mars, et d’une conférence organisée par l’ECDPM et la VENRO à Bad Honnef, en Allemagne, les 23 et 24 avril4. Cette consultation publique est axée sur cinq thèmes identifiés à la suite du premier sommet UE-Afrique des chefs d’État et de gouvernement au Caire en 2000, à savoir : (1) Vision partagée, (2) Gouvernance, démocratie et droits de l’homme, (3) Questions clés du développement, (4) Commerce et intégration régionale, et (5) Paix et sécurité.
Dans le présent article, l’ECDPM souhaite présenter un rapide résumé des recommandations formulées jusqu’ici par la société civile en Europe et en Afrique sur la future Stratégie conjointe UE-Afrique. Ces suggestions sont issues principalement des séminaires précités et de la consultation sur Internet, mais comprennent aussi des commentaires faits dans divers forums. La seconde partie du présent document est l’analyse faite par l’ECDPM de la manière dont les points soulevés par la société civile ont été ou non repris dans les grandes lignes de la stratégie adoptées le 15 mai dernier. Sur la base de cette analyse, ce document suggère ensuite un certain nombre de points qui pourraient être débattus lors de la poursuite de la consultation publique jusqu’au sommet prévu à la fin de l’année.



  1. Consultation de la société civile sur la Stratégie conjointe UE-Afrique : Quels sont les résultats de la première phase ?


Cette première partie propose un résumé des commentaires faits jusqu’à présent par les représentants de la société civile dans le cadre de la consultation publique.
Scepticisme quant au processus devant mener à une stratégie conjointe UE-Afrique
Au niveau du processus et du rôle de la société civile, l’une des préoccupations exprimées lors de ces consultations porte sur la brièveté du calendrier et la nature du processus devant mener à une stratégie conjointe UE-Afrique. Si l’on veut que cette consultation soit constructive, il faut l’assortir d’un processus transparent spécifiant clairement qui décide de la participation et des résultats, ainsi que le calendrier du processus et la manière dont les contributions seront prises en compte. Dans tous les forums, les représentants de la société civile ont insisté sur le fait que le processus de consultation ne doit pas s’arrêter en mai et qu’une seconde phase de consultations est nécessaire afin d’assurer une participation correcte de toutes les catégories d’acteurs non étatiques en Europe et en Afrique.

Si l’on veut mettre en place un véritable partenariat UE-Afrique, toutes les catégories d’acteurs doivent être associées à ce processus de consultation.
Les participants à la consultation publique estiment que le Sommet de Lisbonne doit être envisagé davantage comme une nouvelle étape de ce processus de stratégie conjointe que comme une fin en soi, et qu’il convient par conséquent de réfléchir également à ce qui doit se passer après le sommet. Il s’agit notamment d’étudier quels mécanismes seraient les plus appropriés pour suivre le processus de mise en œuvre. Davantage de structures décentralisées de reddition de compte doivent être mises en places. Ce processus de suivi requiert l’adoption d’un plan d’action assorti d’indicateurs, et le processus officiel doit être accompagné d’un suivi par la société civile. Des espaces indépendants de dialogue et de suivi doivent être créés à l’intention de la société civile.
Quelle sera la valeur ajoutée de la stratégie conjointe ?

Même si les débats à Accra et à Bad Honnef ont été très fructueux, ils semblent avoir mis au jour plus de questions que de réponses, en particulier sur l’impact sur le terrain de la future stratégie conjointe UE-Afrique, la relation de la stratégie conjointe avec les partenariats et les instruments de coopération et de dialogue politique existants entre l’UE et l’Afrique, et la question de savoir si la stratégie conjointe se traduira simplement par une intégration de ces structures ou au contraire débouchera sur de nouvelles initiatives.
Ces consultations ont cependant aussi fait apparaître un large consensus sur les principes et les valeurs. On ne peut envisager le développement d’une stratégie conjointe sans prendre pleinement conscience du fait que jusqu’ici les relations entre l’Afrique et l’Europe n’ont jamais été des relations d’égal à égal, la forme la plus récente prise par ces relations inégales étant celle de « bénéficiaire » et de « donateur ». La stratégie conjointe doit viser la mise en place d’un partenariat et d’une approche participative entre l’Afrique et l’UE, mais aussi entre le niveau politique et la société civile. Les conclusions des séminaires et de la consultation sur Internet plaident en faveur d’un nouveau partenariat centré sur les gens et déterminé par les gens, reposant sur un ensemble de principes communs, et notamment : reddition mutuelle de compte, respect mutuel, partenariat d’égal à égal, démocratie, confiance, justice, État de droit, sécurité humaine, égalité, droits de l’homme, droit au développement, citoyenneté, appropriation, prise en compte de la question du genre et durabilité.
La valeur ajoutée potentielle d’une stratégie conjointe pourrait résider dans le fait qu’elle crée un réel changement de la relation UE-Afrique. De manière plus spécifique, elle pourrait en effet permettre une meilleure intégration de divers accords sectoriels en remédiant à la fragmentation actuelle de la relation UE-Afrique et en en rapprochant les aspects. Une stratégie conjointe UE-Afrique pourrait également mieux refléter les récents changements et évolutions au sein de l’Union africaine et de l’Union européenne, et leur volonté de traiter ensemble les problèmes à un niveau mondial. Elle pourrait de plus avoir des effets positifs pour les populations des deux continents, si elle leur permet de se faire entendre de manière correcte. Pour finir, elle pourrait conduire à la création d’un cadre plus structuré visant à associer systématiquement la société civile aux relations officielles entre les deux continents. À ce sujet, un certain nombre de représentants de la société civile plaident en faveur d’un mécanisme garantissant l’application des engagements pris de part et d’autre.
Les commentaires traduisent également un réel scepticisme. Le risque existe en effet que la Stratégie conjointe ne soit finalement que « un document stratégique de plus ». Plusieurs représentants de la société civile soulignent à ce sujet la nécessité de procéder tout d’abord à une évaluation critique des politiques et partenariats existants, d’étudier dans quelle mesure ils remplissent leurs promesses et de tenter d’améliorer leur mise en œuvre, avant de se lancer dans un nouvel exercice. Cette nouvelle initiative améliorera-t-elle véritablement la cohérence des politiques de l’UE concernant l’Afrique et en faveur du développement ? Le processus de cette stratégie englobera-t-il aussi les voix critiques ? Aura-t-il une influence sur le cours d’autres débats essentiels dans lesquels l’UE reste sourde aux revendications africaines, comme c’est le cas au sujet des APE ?
Les représentants de la société civile insistent également sur la nécessité de ne pas limiter cette stratégie à une longue liste de recommandations et de traiter de front les problèmes structurels de la relation actuelle UE-Afrique. Il convient également de traduire ces recommandations en engagements concrets pouvant faire l’objet d’un suivi.
Principales recommandations pour chaque thème
Les divers acteurs ont fait des suggestions concrètes sur la manière dont on peut traduire dans chacun des cinq domaines retenus ce vœu d’un « réel changement » des relations UE-Afrique. Les paragraphes ci-dessous résument pour chaque thème les principales recommandations exprimées.
Vision partagée :

  • Souhait d’un partenariat d’égal à égal reposant sur des principes tels que respect et reddition mutuelle de compte ;

  • Nécessité de mettre fin à la grande fragmentation de la relation UE-Afrique afin de traiter l’Afrique comme un seul et même continent, et d’adapter en conséquence les politiques et les instruments existants ;

  • Participation accrue des acteurs non étatiques, tels que la société civile, les collectivités locales et le secteur privé, à la formulation, à la mise en œuvre et au suivi des politiques au moyen d’un mécanisme de dialogue structuré multi-acteur ;

  • Renforcement du partenariat UE-Afrique en nouant des alliances au sein des forums internationaux ;

  • Nécessité d’une relation se traduisant par des effets positifs en termes de développement et de prospérité pour les populations africaines.


Gouvernance, démocratie et droits de l’homme :

  • Appropriation de la gouvernance et soutien de la part de l’Union européenne des initiatives et instruments développés du côté africain ;

  • Soutien des principaux acteurs de la gouvernance tels que les parlements, les cours de justice et la police, ainsi que d’autres organes de reddition de compte, et adoption d’une approche de la gouvernance de bas en haut. Le niveau local et la société civile sont particulièrement importants pour assurer la gouvernance et doivent être associés à toutes les initiatives.

  • Attention accrue aux violations assez communes des droits de l’homme en Afrique. La Stratégie conjointe offre à l’UE la possibilité de renforcer son soutien aux structures africaines de défense des droits de l’homme ;

  • Mise en place d’un cadre permettant de discuter des différends, tels que le cas du Zimbabwe ;

  • Reddition mutuelle de compte, principe de base de la mise en œuvre de la gouvernance des deux côtés de la relation. La bonne « gouvernance de l’aide » est un des aspects clés de ce principe de base. Dans ce cadre, la conditionnalité doit être convenue d’un commun accord et non pas imposée de manière unilatérale.

  • Participation de la société civile africaine à l’initiative européenne de gouvernance afin d’assurer des processus appropriés de prise de décision, de programmation et de mise en œuvre des politiques.


Questions clés de développement :

  • Baser la Stratégie conjointe sur les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) ;

  • Concentrer les efforts de l’UE sur l’application de ses engagements en matière de niveau et d’efficacité de l’aide ;

  • Annulation totale de la dette africaine ;

  • Egalité d’accès pour tous aux programmes de développement, y compris les groupes vulnérables, afin de réaliser les OMD. La question du genre doit également faire partie intégrante des programmes.

  • Traitement des causes profondes de la migration et réaffirmation du rôle de la diaspora. Adoption de conventions internationales sur les droits des migrants et la traite des êtres humains, et garantie des droits des réfugiés ;

  • Maintien de la santé et de l’éducation comme priorités et mise en œuvre des engagements actuels dans ces domaines ;

  • Reconnaissance de la responsabilité de l’Europe dans le changement climatique, respect par toutes les parties des accords internationaux sur l’environnement et ouverture à des financements « non APD » d’un éventuel partenariat Europe-Afrique dans ce domaine.


Commerce et intégration régionale :

  • De très vives recommandations, attirant l’attention sur les campagnes anti-APE actuellement en cours, telles que la campagne « Stop APE ! », ont été exprimées au sujet des APE : inclusion de mécanismes de sauvegarde dans les APE et les autres accords de commerce, octroi d’un traitement préférentiel pour les pays en développement, non-prise en compte des questions de Singapour, extension des calendriers de négociation des APE, réponses favorables aux demandes des pays ACP ;

  • Soutien à la compétitivité et à la productivité accrues de l’agriculture africaine et modification de la politique agricole de l’UE de manière à l’orienter davantage sur le développement ;

  • Poursuite des efforts d’amélioration des contraintes de l’offre, en particulier au niveau des infrastructures, et renforcement des partenariats public-privé ;

  • Association plus étroite du secteur privé à la formulation et à la mise en œuvre des politiques ;

  • Soutien du processus d’intégration mis en place par l’Afrique, c’est-à-dire le traité d’Abuja (Communauté économique africaine - CEA).


Paix et sécurité :

  • Meilleure prise en compte dans les différents agendas du lien étroit entre développement et sécurité. Les politiques en matière de commerce, de ressources naturelles, etc. ont elles aussi un impact fondamental sur les conflits. Tous les engagements de l’UE doivent tenir compte de leur impact potentiel sur les conflits.

  • Adoption, en vue de la paix et la sécurité basées sur la notion de sécurité humaine, d’une approche « holistique » et durable, englobant la gestion de crise, la consolidation de la paix à long terme, la prévention des conflits et la gouvernance. La prévention des conflits et le traitement des causes profondes des conflits doivent être des priorités et dotées de financements prévisibles. Les opérations militaires ne doivent pas être financées par l’APD.

  • Nécessité de poursuivre de manière prioritaire le renforcement des capacités africaines et l’appropriation africaine en matière de prévention et de résolution de conflits par le biais de l’Architecture africaine de paix et de sécurité (APSA) ;

  • Importance d’un dialogue permanent avec la société civile, permettant entre autres d’associer les femmes, les jeunes et les groupes d’origine confessionnelle à ce processus. La Stratégie conjointe doit prévoir la mise en place de structures spécifiques, en particulier en matière d’alerte et d’intervention précoces.

  • Faire du contrôle du commerce des armes et du mercenariat un des objectifs de l’Afrique et l’UE. Il faut mettre fin à l’impunité et les systèmes législatifs et judiciaires africains doivent être renforcés dans ce domaine.

  • Rejet de toute intervention externe unilatérale dans des conflits en Afrique. Toutes les interventions doivent reposer sur une résolution de l’ONU ou de l’UA

  • Respect par les multinationales actives sur le continent africain des normes de responsabilité d’entreprise.



  1. État d’avancement des débats et étape suivante


Les idées et recommandations issues de la première phase de la consultation publique ont été présentées de diverses manières par l’ECDPM et la CUA.5 L’analyse des grandes lignes de la stratégie adopté le 15 mai dernier montre qu’un certain nombre des préoccupations de la société civile ont été reprises. Il existe cependant d’autres questions qui ne figurent pas encore dans le texte adopté. Ces points pourraient alimenter la poursuite des discussions puisque le débat continue jusqu’à la date du sommet.
Les préoccupations de la société civile déjà reprises dans l’aperçu de stratégie du 15 mai.

Dans un certain nombre de cas, les idées exprimées par les représentants de la société civile et celles des experts se rejoignent. Il s’agit notamment de la nécessité pour la Stratégie conjointe de ne pas s’arrêter à l’aide et d’inclure un large éventail de questions globales, mais aussi du soutien aux instruments africains de gouvernance et de défense des droits de l’homme, du soutien à l’Architecture africaine de paix et sécurité (APSA), de l’application des engagements pris en matière de niveau et d’efficacité de l’aide, d’un ensemble de principes incluant notamment la reddition mutuelle de compte et l’appropriation, etc.
Pour ce qui est de la paix et de la sécurité, on note un certain consensus entre les grandes lignes de la stratégie et les propositions issues jusqu’à présent de la consultation publique. La nécessité de passer à une relation de continent à continent, impliquant la révision graduelle des instruments existants correspond aussi à certaines des propositions faites par la société civile. Il en va de même pour les principes mentionnés dans les grandes lignes de la stratégie.
Il serait un peu simpliste d’attribuer la reprise de certaines idées dans les grandes lignes de la stratégie uniquement à la pression de la société civile et aux recommandations exprimées par ses représentants. En effet, comme mentionné ci-dessous, certaines des idées avancées et défendues par la société civile avaient déjà été évoquées par les experts. Pour certaines d’entre elles, on pourrait cependant avancer que dans le cadre de campagnes par le passé, la société civile a joué un rôle non négligeable dans la défense de ces idées. Un certain nombre d’idées faisant l’objet d’un consensus ont toutefois bien été reprises dans l’aperçu de stratégie à la suite des recommandations rassemblées dans les rapports des deux conférences et de la consultation sur Internet, et la formulation utilisée par la société civile a également permis aux experts d’affiner le texte adopté le 15 Mai dernier.
L’un des premiers points avancés par certains acteurs institutionnels et repris dans les grandes lignes de la stratégie est l’idée de les assortir d’un plan d’action6 afin de le traduire plus facilement en engagements concrets pouvant être mis en œuvre et faire l’objet d’un suivi. De manière générale, la nécessité d’associer la société civile au dialogue sur les divers thèmes et au suivi de la Stratégie conjointe a été réaffirmée en soulignant l’importance d’un dialogue permanent avec la société civile, le secteur privé et les parties prenantes locales sur les questions couvertes par la Stratégie conjointe dans le cadre de sa mise en œuvre. Le droit au développement et la sécurité humaine figurent désormais parmi les principes directeurs de ce partenariat. En matière de paix et de sécurité, le texte actuel souligne, dans le droit fil des engagements existants, la nécessité de promouvoir la paix et la sécurité humaine sur la base d’une approche « holistique » et durable, englobant la gestion des crises, la consolidation de la paix à long terme reliée à la gouvernance, la prévention des conflits. Il réaffirme également la nécessité de traiter en priorité les causes profondes des conflits, ainsi que l’engagement à garantir un financement flexible et prévisible des opérations africaines de soutien de la paix. Dans le cadre du thème « Commerce & Intégration régionale », le texte mentionne la nécessité de respecter et de soutenir le processus d’intégration mis en place par l’Afrique. À la demande de diverses catégories d’acteurs, le thème « Questions clés de développement » a été subdivisé en plusieurs sous-thèmes. Une référence spécifique à la notion de cohérence des politiques afin que les politiques européennes et africaines aient un réel effet sur le développement de l’Afrique a été ajoutée. Il en va de même pour l’intégration de la question du genre et la garantie de l’égalité d’accès aux services sociaux, des femmes, des groupes vulnérables et en particulier des groupes aux besoins spécifiques.
Questions à mettre éventuellement à l’ordre du jour de la seconde phase de la consultation ?
Les points avancés par la société civile et repris dans les grandes lignes de la stratégie sont résumés ci-dessus. Que cela signifie-t-il pour la seconde phase de ce processus de consultation ? Dans le cadre de notre rôle de facilitateur indépendant, nous avons remarqué qu’un certain nombre de questions clés font l’objet de vives controverses. Afin de stimuler une appropriation la plus large possible de cette nouvelle stratégie, il pourrait être utile de poursuivre les discussions sur ces questions et de voir par la suite dans quelle mesure un consensus est éventuellement possible.

Un des éléments mis clairement en évidence par la rencontre de Bad Honnef est que la société civile souhaite être associée de manière beaucoup plus structurelle, et voudrait que l’on passe « de la consultation à l’implication véritable ». Les modalités de cette évolution éventuelle doivent certainement être étudiées, mais il nous semble également important de dresser l’inventaire des questions clés pouvant éventuellement être discutées lors de la seconde phase :


  1. Accords de partenariat économique (APE)7: Les sociétés civiles européennes et africaines ont régulièrement soulevé la question des APEs (comme mentionné dans la première partie de cet article) et ont réclamé en particulier l’extension de la date limite fixée pour la négociation des APEs. Le sommet devant se tenir au moment de la fin prévue des négociations des APEs, le risque de voir les débats du Sommet et de la Stratégie submergés par les désaccords sur les APEs est clair à moins qu’une solution constructive ne soit trouvée avant cette date. Bien entendu, la Stratégie conjointe devrait idéalement être un cadre de dialogue et de recherche de solution sur les divergences existantes.




  1. Un autre débat récurrent en matière de commerce est la demande d’une politique agricole européenne plus favorable au développement. Même si l’aperçu de stratégie fait notamment référence à l’amélioration de la cohérence des politiques afin de favoriser le développement, cette question pourrait tout de même être au centre des débats, tout comme l’application des engagements déjà pris dans ce domaine.




  1. Une plus forte intégration du rôle de la société civile en tant qu’acteur de la gouvernance en Europe et en Afrique : ce rôle mériterait d’être davantage souligné par la Stratégie conjointe. La société civile pourrait en effet jouer un rôle non négligeable dans le suivi de la mise en œuvre de la Stratégie conjointe et le contrôle de la réalisation des promesses faites par l’Europe et l’Afrique. En tant qu’acteur de la gouvernance, elle devrait également être pleinement associée à la discussion sur l’initiative de gouvernance et sur sa programmation, qui devrait également être au cœur des discussions d’ici à la fin de l’année. Il pourrait également être utile de poursuivre les discussions sur les droits de l’homme - puisqu’il s’agit d’une des principales préoccupations à la fois de la société civile européenne et de la société civile africaine - et sur les moyens de protéger efficacement les militants des droits de l’homme.




  1. La promotion de politiques « tenant compte de leur impact potentiel sur les conflits » par l’UE et l’Afrique à tous les niveaux et en particulier en matière de ressources naturelles, d’énergie, de commerce des armes et de mercenariat, et le renforcement des dispositions législatives et judiciaires de lutte contre l’impunité est également un domaine qui pourrait être mis davantage en évidence. Il pourrait cependant se révéler peu aisé de parvenir à ce sujet à un consensus entre tous les États membres européens et africains. Les moyens de renforcer la responsabilité d’entreprise pourraient être un des volets de ces discussions.




  1. En ce qui concerne la migration, l’aperçu de stratégie se concentre sur les engagements contenus dans la déclaration de Tripoli. Certains aspects ne sont cependant pas encore inclus à la déclaration de Tripoli et mériteraient sans doute d’être discutés. L’adoption de conventions internationales sur les droits et la protection des migrants, par exemple, est un domaine auquel la société civile pourrait s’intéresser. Une autre question revenant fréquemment dans la consultation est la reconnaissance du rôle de la diaspora et l’utilisation des capacités de ses membres.




  1. L’annulation totale de la dette fait également partie des revendications avancées par les sociétés civiles européenne et africaine, ainsi que par les institutions africaines. À ce sujet, il est fait référence de manière spécifique au « deux poids, deux mesures » dont fait preuve l’Union européenne en matière d’annulation de la dette bilatérale (par ex. dans le cas de l’Irak). Il n’est pas certain que l’option retenue jusqu’ici dans la Stratégie conjointe (à savoir traiter cette question dans les forums appropriés) réponde de manière satisfaisante aux revendications exprimées par la société civile et des solutions plus spécifiques pourraient être discutées telles que la mise en place d’un groupe d’experts conjoint pour assurer le suivi des conclusions de la Troïka Ministérielle de Dublin sur ce sujet en 2004.




  1. Depuis la publication du rapport annuel de l’OCDE de cette année, les ONG de développement participent de manière particulièrement active au débat sur la question de savoir si l’UE parviendra dans les années à venir à tenir ses promesses en matière d’ADP. Ce débat se poursuivra sans doute dans le cadre de la discussion sur la Stratégie conjointe UE-Afrique. La mise en œuvre des engagements pris en matière d’efficacité de l’aide fera sans doute aussi l’objet d’une attention particulière ainsi que la programmation du 10ème FED, qui sera un des instruments clés dans la mise en œuvre de cette Stratégie conjointe.




  1. La valeur ajoutée exacte de la future Stratégie conjointe UE-Afrique devrait rester une des questions au centre des débats. La question de la relation entre la Stratégie conjointe et les accords et instruments déjà existants est étroitement liée à cet aspect. Le calendrier et la manière dont les instruments et accords actuels seront adaptés à la nouvelle relation « de continent à continent » continueront certainement à alimenter les débats.




  1. Les représentants de la société civile souhaitent la formulation d’engagements concrets afin de renforcer la Stratégie conjointe. La troïka ministérielle a demandé aux experts de préparer un projet de plan d’action. C’est sans conteste un premier pas dans cette direction et une grande attention sera sans doute accordée aux engagements opérationnels pris et au suivi dont ils feront l’objet.




  1. Comme le montre le rapport de la conférence de Bad Honnef, un certain nombre de représentants de la société civile souhaitent passer « de la consultation à l’implication véritable ». Cette évolution possible impliquerait entre autres que la société civile joue un rôle de premier plan dans les mécanismes de suivi de la Stratégie conjointe. Quelle structure donner aux mécanismes de suivi afin d’assurer la réalisation des engagements pris ? Quel sera le rôle de la société civile dans ce domaine ? Les représentants de la société civile et les responsables politiques devront apporter une réponse à ces questions afin de définir les mécanismes de suivi et de mettre en place une répartition claire des responsabilités.










































European Centre for Development Policy Management (ECDPM)
Onze Lieve Vrouweplein 21 Rue Archimède 5,

NL-6211 HE Maastricht B-1000 Brussels

The Netherlands Belgium

Tel +31 (0)43 350 29 00, Tel +32 (0)2 237 43 10,

Fax +31 (0)43 350 29 02 Fax +32 (0)2 237 43 19
More information: info@ecdpm.org www.ecdpm.org

1 Note : Ce document a été préparé par l’ECDPM en sa qualité de facilitateur indépendant de ce processus et ne représente en aucun cas les vues ou opinions de l’Union africaine ou de l’Union européenne.

2 Note du traducteur : en anglais « outline of the Strategy »

3 L’aperçu de stratégie adopté le 15 mai 2007 sera publié dans les jours à venir. Veuillez consulter www.europafrica.org ou www.europafrique.org

4 Les rapports et les détails de ces deux conférences et de la consultation sur Internet sont disponibles sur : http://europafrique.org/2007/05/01/resultats/



5 Les principaux messages mis en évidence par la conférence organisée à Bad Honnef (les 23 et 24 avril) et la consultation sur Internet ont été présentés par l’ECDPM, tandis que la CUA s’est chargée de la présentation des conclusions de la conférence d’Accra (du 26 au 28 mars) lors d’une réunion conjointe d’experts qui s’est tenue du 26 au 28 avril. Des propositions d’insertion concrètes ont été faites sur cette base et discutées par les experts. Les rapports de la consultation sur Internet, de la conférence d’Accra et de la conférence de Bad Honnef, ainsi que toutes les prises de position reçues ont été transmis à tous les experts africains et européens.

6 Comme mentionné dans le communiqué de la troïka ministérielle UE-Afrique du 15 mai 2007. http://www.consilium.europa.eu/ueDocs/cms_Data/docs/pressData/en/er/94126.pdf


7 Pour des raisons liées aux limites de capacités, ce débat a jusqu’ici surtout eu lieu dans d’autres forums que cette consultation publique.

Consultation publique sur la Stratégie conjointe UE-Afrique : Où en sont les débats ?

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