Mark Rothko : «l’extase, la tragédie, la mort»








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1.3) La notion d’après-coup
L'après-coup (Nachtrâglichkeit sous sa forme substantive) développé par Freud définit de façon spécifique la dimension de la temporalité et de la causalité psychique. Cette notion peut nous permettre d’entendre ce qui, au niveau du sujet, opère le passage du temps zéro au temps un, c’est-à-dire en fait comment le zéro ne peut être posé qu’une fois que l’envoi dans la réalité représentative a eu lieu.
« […] je pars de l’hypothèse que notre mécanisme psychique s’est établi par un processus de stratification : les matériaux présents sous forme de traces mnémoniques se trouvent de temps en temps remaniés suivant les circonstances nouvelles », écrit Freud dès 1896.
Nous pouvons retenir ici l’idée générale de l’après-coup pour la rapporter à la question de l’origine : ce qui nous importe est de penser que l’origine de la représentation n’est posée que secondairement, rétroactivement, comme telle.
La notion trouve de plus amples formulations dans les recherches de Freud sur l’étiologie de l’hystérie. On lira par exemple : « […] ce ne sont pas les expériences vécues elles-mêmes qui ont une action traumatique mais leur reviviscence sous forme de souvenir […]10 », à un moment où l’élaboration psychosexuelle permet une saisie nouvelle du sens de l’événement.
Plus proche de notre problématique, cet après-coup est, dès l’Esquisse pour une psychologie scientifique (1895)11, mis en lien avec la perte de l’objet dans ce que Freud appelle première « expérience de satisfaction » (Befriedigungserlebnis) : une expérience originaire de satisfaction, sous forme de réponse donnée à un besoin du vivant (pas encore sujet, Ich), va s’inscrire sous forme de traces mnésiques. Quand paraîtra à nouveau l’état de tension (lié au besoin), les traces mnésiques seront réactivées, produisant « quelque chose d’analogue à la perception, c’est-à-dire une hallucination » - en effet, en ce temps logique, perception et hallucination ne sont pas distinguées, le jugement d’existence intervenant justement suite à cette tentative et à la « déception [qu’elle] ne manquera pas de produire ».

Ce n’est qu’avec une seconde séquence du type : malaise du vivant – cri – réponse – pacification que la première sera dite telle et aura donné forme à un objet, un objet de désir. Un objet perdu au sens où il ne se (re)présentera plus à l’identique.

La perte se situe entre la première et la seconde séquence : la seconde n’étant pas identiquement identique à la première. Derrida12 soulignera l’importance de cette différence pour penser ce qu’il en est de la mémoire chez Freud :

« La différence entre les frayages, telle est la véritable origine de la mémoire et donc du psychisme » (p.299).
Le premier objet est ainsi constitué dans l’après-coup, comme objet déjà perdu.

Déjà perdu en effet puisque que dans le même temps où il est reconnu, il est marqué du sceau de la perte. Lacan dira des objets a qu’ils ont été, dans un temps mythique, objets de jouissance et sont donc par la suite traces tout aussi mythiques d’une jouissance perdue13.

Dans « La Lettre 52 »14, Freud remonte plus avant encore vers l’origine de la représentation.

Avec la Befriedigungserlebnis nous sommes, semble-t-il, à la charnière entre ce que Freud présente ici comme enregistrement des « signes de perception », et enregistrement des « souvenirs de concept » ; ces registres relèvent respectivement des temps deux et trois du traitement des perceptions15. La dite première expérience de satisfaction est en place de bascule entre représentations non représentatives (hors représentation) et représentations de choses ; entre atemporalité et inscription d’une première séquence causale ; entre jugement d’attribution (la réponse, pacifiante, constitue un « bon » objet) et jugement d’existence (l’insatisfaction du besoin, au moment de l’hallucination, va entraîner une vérification quant à la réalité de ce qui se présente). Ce que nous nommons origine serait à situer en deçà, dans un temps premier sans inscription mnésique des perceptions, dites alors « perceptions apparaissantes », qui dessinent en creux le « vase constitué initialement par la perte liée intimement aux premières perceptions et sensations »16.
D'un point aveugle

Le réel de l’origine serait un trou, une béance, dont un réseau de signifiants forme le contour, de sorte qu’en remontant la chaîne des signifiants nous ne parvenons jamais au signifiant premier, nous tournons autour.

Là réside l’interminable de la cure chez Freud (1937, Analyse sans fin et analyse avec fin17), l’incurable chez Lacan. Selon une lecture de ces deux auteurs, le point de départ (et d’arrivée si l’on pense au roc de la castration ou au Penisneid sur lequel bute la cure) semble être le signifiant phallique qui subsume les premiers objets perdus, les objets a selon Lacan.

Nous proposons de voir ce qu’il en est de ce point aveugle dans la notion d’ombilic du rêve – mais nous aurions pu tout autant évoquer cette idée de trou de réel à partir du refoulé originaire18 ou du traumatisme (« trou-matisme »).
L’ombilic du rêve est une expression qu’amène Freud en deux endroits de L’interprétation du rêve 19  :

« Dans les rêves les mieux interprétés, on doit souvent laisser un point dans l’obscurité, parce que l’on remarque, lors de l’interprétation, que commence là une pelote de pensées de rêve qui ne se laisse pas démêler, mais qui n’a pas non plus livré de contributions supplémentaires au contenu de rêve. C’est alors là l’ombilic du rêve, le point où il repose sur le non-connu. Les pensées de rêve auxquelles on arrive dans l’interprétation doivent en effet, d’une manière tout à fait générale, rester sans achèvement et déboucher de tous côtés dans le réseau inextricable de notre monde de pensée. D’un point plus dense de cet entrelacs s’élève alors le souhait de rêve, comme le champignon de son mycélium » (p. 578).

Freud écrit à propos du passage du rêve de l’injection faite à Irma dans lequel il inspecte la cavité buccale de sa patiente et qui condense des pensées de rêve concernant trois femmes de son entourage:

« Chaque rêve a au moins un point où il est insondable, en quelque sorte un ombilic par lequel il est en corrélation avec le non-connu » (p. 146 note 2). 
Lacan, dans Le Moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse (pp. 204-236)20, relit ce rêve à la lumière des catégories de l’imaginaire, du symbolique et du réel. Le passage de l’examen de la bouche d’Irma21 est repéré par lui comme rencontre avec le réel :

« […] ce quelque chose d’à proprement parler innommable, le fond de cette gorge, à la forme complexe, insituable, qui en fait aussi bien l’objet primitif par excellence, l’abîme de l’organe féminin d’où sort toute vie, que le gouffre de la bouche, où tout est englouti, et aussi bien l’image de la mort où tout vient se terminer […] » (p. 226).
La formule de la triméthylamine qui clôture le rêve aurait une fonction de relève symbolique face à l’horreur de cette rencontre. Ce n’est sans doute pas anodin si Freud insère une note sur l’insondable à cet endroit là du récit de rêve, c’est-à-dire au moment où le rêve donne à voir quelque chose du réel du corps, et où les associations (sur les trois femmes : Irma, son amie qui aurait pu faire une patiente plus docile, « idéale », et la femme de Freud) évoquent la mort22.

Quel est plus précisément ce qui lie l’ombilic du rêve à la dimension du réel ?

L’ombilic du rêve relève de la représentation : c’est « une pelote de pensées de rêve » d’une densité particulière par rapport au reste de l’ « entrelacs », du « réseau » des pensées ; c’est un nœud resserré de signifiants. Il ne relève pas du réel donc, mais il y prend ses racines, il en émerge, semble dire Freud lorsqu’il évoque le champignon qui s’élève de son mycélium. Il est le lieu de la rencontre entre les signifiants et l’inconnaissable : « ce point des associations où le rêve prend son intersection dans l’inconnu » écrit Lacan (p.217). Comment faut-il comprendre cette intersection ? Le paragraphe de l’Interprétation du rêve (p.578) cité ci-dessus soulève plus d’interrogations qu’il n’en apaise. Notamment la question du passage de l’origine, du néant, de l’autre de la représentation, à la réalité représentative.

Ici l’ombilic semble être ce qui fait médiation entre les deux champs, mais il appartient lui-même au domaine de la représentation, des « pensées de rêve », des associations. Comment est-il lié à l’insondable ?

Freud écrit qu’il est le « point » où le rêve  « repose sur le non-connu », est en « corrélation » avec lui. Or les deux expression : « reposer sur » et « être en corrélation », ainsi que celle d’ « intersection » qu’utilise Lacan, ne disent pas la même chose. L’idée de « corrélation » semble assez peu pertinente ici et doit sans doute être rapportée à une imprécision de traduction23. « Reposer sur24 » permet de maintenir l’idée d’une hétérogénéité, d’un « sans commune mesure ».  L’image du champignon et de son mycélium donnerait l’autre de la représentation comme fondement de la réalité, comme socle duquel surgit le possible du sens (et du non-sens). Le terme d’« intersection », pris dans le sens de la logique des ensembles et des cercles d’Euler (qu’utilise volontiers Lacan dans ses démonstrations), peut faire entendre qu’il s’agirait de deux champs différents mais pas « sans commune mesure » : il y aurait un (ou des points) qui appartiendrai(ent) à l’un et à l’autre ensemble. Que situer dans cette lunule ? Qu’est-ce qui pourrait relever à la fois de l’inconnaissable et du symbolique ? Nous pensons ici à l’objet a, même si Lacan ne l’a pas thématisé encore à ce point de son enseignement. Vingt ans après (dans RSI, 1974) l’objet a sera clairement le point de coincement par lequel les trois registres, réel, symbolique et imaginaire, indépendants l’un de l’autre, tiendront ensemble dans la présentation du nœuds borroméen.

« L’objet a est la lettre en tant qu’elle se détache du signifiant. Alors que le signifiant est dans le symbolique, la lettre en tant que lettre (et non image ou support d’une combinatoire) est dans le réel […]. Partie du symbolique « chue » dans le réel par l’effet de l’articulation signifiante, elle fait le frayage du signifié».
L’ombilic du rêve est donc ce qui reste après que le rêve ait été travaillé par l’interprétation. Il est une cicatrice témoignant d’une part qu’autrefois un passage, un « frayage25 », existait, et d’autre part qu’on ne peut plus retourner en arrière. C’est en ce sens que nous le mettons en lien avec la notion de refoulé originaire.
1.4) Refoulement originaire, signifiant du manque et trace de la perte
Le refoulement originaire (Urverdrängung) est amené par Freud en 191526 ; il s’agit d’un premier moment logique où le représentant de la représentation « se voit refuser la prise en charge par le conscient », est mis à l’écart.

Le refoulement originaire est présenté chez Lacan comme refoulement du signifiant phallique.

Ce qui nous amène à cette interrogation : la béance que nous posons à l’origine n’est-elle pas en fait un point, le phallus, comme signifiant du manque ?

C’est ce que suggère la notion de refoulement originaire. En fait il nous semble que le phallus vient à cette place, dans cette béance réelle, et ce justement en tant que signifiant du point où le signifiant manque. Il s’interpose entre le langage (dans son sens le plus large de substitution) et le réel.
La béance, le trou de réel que le signifiant du manque amène à une dimension symbolique, n’en garde pas moins un statut primordial, originaire. Le phallus évide la béance – au sens où le symbolique évide le réel - tout en faisant signe de sa présence – le réel n’étant rendu palpable que pris dans des coordonnées symboliques et imaginaires.

De ce point particulier la topologie lacanienne rend compte notamment à l’aide du cross cap, surface contenant tous les signifiants, avec un signifiant en plus, le phallus, point particulier en ce qu’il ferme la surface. D’autre part, l’ensemble des signifiants tournent autour de ce point. On retrouve le thème de l’ombilic du rêve comme point de béance - occupé par le signifiant du point où le signifiant manque - autour duquel viennent faire nœud par association les autres signifiants, les « pensées de rêve ».

Il en va de même pour le refoulé originaire, le ça, qui n’est pas lui-même fait de représentations mais qui donnera lieu, par l’émission de rejetons, au refoulement proprement dit des représentations associées. Le ça est l’ombilic de l’appareil psychique : cicatrice qui témoigne qu’autrefois un passage existait et qu’on ne peut plus revenir en arrière.
Reste à rendre compte de l’introduction du signifiant à partir de la béance. Dans la Lettre 52 (06.12.96), Freud distingue – de façon non exhaustive27 - différentes étapes, ou « stratifications » de la mémoire, permettant de passer de l’absence d’inscription à l’inscription de représentations de choses puis de mots.
1.5) Signifiant du manque et trace de la perte
Si nous disons que ce qui est refoulé originairement est un représentant (Vorstellungsrepräsentanz), il s’agit donc tout autant de la présence évoquée (représentance) de la représentation, que de son absence.

L’absence, le manque, la non coïncidence à soi-même, ne sont pas le fait du refoulement originaire, ils semblent déjà inscrits dans cette idée de représentance psychique. Ce qui a mis en place la possibilité de la réalité pour un sujet par le truchement d’ « une première trace de la perte »28 est donc logiquement antérieur au refoulement originaire.

La trace de la perte est laissée par ce que Freud nomme dans cette lettre « les signes de perception ». Le terme de signe indique bien qu’il ne s’agit pas encore de représentation. Sans cette première trace - qui fonde la perte elle-même, le concept de perte, condition de possibilité de toute perte ultérieure - rien de symbolique ne peut advenir et faire qu’il y ait du sujet (en tant qu’il est ce qu’un signifiant représente pour un autre signifiant, selon la formule bien connue de Lacan). La notion de perte impliquant le non identique, la temporalité (il y a un avant et un après à partir du moment où la perte, la différence, est ressentie).
S’il y a quelque chose plutôt que rien c’est parce qu’il y a eu perte, et inscription d’une trace de cette perte.

Pourquoi y a-t-il trace de la perte et pas rien ? Cela renvoie à toute la question de la mémoire, et ce n’est pas anodin que cette interrogation soit au fondement des découvertes freudiennes29. Faute de pouvoir développer suffisamment ce point ici, rappelons l’intérêt de la notion de frayage et de différence30 perceptible entre deux frayages qui entraîneront Freud à concevoir un temps du psychisme qui ne soit ni linéaire ni cyclique, mais qui soit une synchronicité se déployant pour une conscience sous forme diachronique.

L’après-coup a bien pour condition de possibilité cette synchronicité de l’inconscient et l’inscription diachronique que l’on peut voir à l’œuvre dans le mythe, le roman individuel, le récit du rêve, le scénario du fantasme… dans tous les cas il s’agit d’une mise en scène, d’un déploiement narratif, d’une fiction représentant ce qui se joue sur l’Autre scène de façon synchronique, pour ne pas dire structurelle. Et, nous l’avons vu, l’origine est elle-même reprise sous une forme représentative qui lui est logiquement hétérogène, que ce soit avec les mythes des origines ou les fantasmes originaires : autant de représentations d’une origine irreprésentable comme telle – c’est-à-dire comme origine de la représentation même.

On peut bien sûr dire que la dimension lacanienne du réel relève elle-même de ce type de fiction ou de représentation : c’est inévitable lorsque le langage se mêle de l’origine ; mais ce sont des pensées non dupes qui traitent cette question comme, in fine, intraitable (et Lacan de souligner l’errance des non dupes31 ; errance que l’on peut attribuer dans notre propos à une pensée en exil par rapport à son objet puisque ce dernier exclut le cogito).
Le refoulement originaire ne porte pas sur cette inscription mais sur un signifiant : le signifiant phallique. Si celui-ci est définit comme signifiant du manque, il semble bien avoir comme condition de possibilité, avant tout refoulement, l’inscription d’une possibilité de la perte, « soit une matrice primitive de la castration » (Rey-Flaud, 2002) . Le refoulement originaire tel que le conceptualise Freud ne concerne pas la trace de la perte, celle-ci lui est logiquement antérieure.

La psychanalyse pose donc un sujet issu d’une béance, d’un rien, que nous désignons comme perte dès lors qu’il y a pour nous représentation possible d’un quelque chose et « concept du manque »32 de cette chose, que nous situons au niveau du mythe.

D’autre part, cette béance ne quitte pas le sujet défini comme sujet divisé (par son désir, par le signifiant).
Le réel n’est pas seulement ce qui arrive de l’extérieur et que doit prendre en charge la représentation. Cette dualité extérieur/intérieur se complexifie : le réel fonde le sujet en son cœur. Le sujet est d’abord cette faille, cet ombilic, ce trou de réel autour duquel glissent les signifiants, tentant de l’accrocher, de le fixer à une identité.
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