Littérature québécoise








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Arthur Buies

L
a Lanterne


BeQ

Arthur Buies

(1840-1901)

La Lanterne

(Montréal, 1884)

La Bibliothèque électronique du Québec

Collection Littérature québécoise

Volume 151 : version 1.0

Arthur Buies (1840-1901) a été journaliste et a publié de nombreux ouvrages, dont Chroniques, humeur et caprices et Petites chroniques pour 1877. Il a, entre autres, fondé un journal éphémère mais qui a reçu un certain écho, La Lanterne, dans lequel il donnait libre cours à ses idées républicaines et anticléricales.

La Lanterne était, selon Marcel-A. Gagnon, qui publia en 1964 une anthologie d’Arthur Buies, « le plus irrévérencieux et le plus humoristique des journaux du siècle dernier ».

Préface


La Lanterne fit son apparition en 1868, vers la fin de septembre, et s’éteignit dans le Seigneur au mois de mars suivant, 1869, après une existence de vingt-sept numéros publiés hebdomadairement.

Chaque numéro contenait seize pages remplies de terribles vérités qu’on ne pouvait, sans une témérité inouïe, exprimer à cette époque d’aplatissement général dans toutes les classes de la société, et surtout parmi la jeunesse presque tout entière accaparée par les jésuites. Ceux-ci trouvaient dans l’évêque Bourget un appui obstiné par aveuglement et despotique par fanatisme.

Ce que cet homme-là a fait de mal à la religion catholique est chose incalculable ; ce qu’il a fait aussi pour prévenir les voies au libéralisme moderne l’est également. Que ses quatre-vingt-cinq ans lui soient légers !

La présente édition de la Lanterne ne peut comprendre autant de numéros qu’il en a paru réellement. Nous avons dû faire trop de changements et de suppressions, pour ne garder que ce qui est exclusivement le fait de l’auteur. Ainsi nous avons retranché les reproductions, les variétés et les articles divers qui, tout en se rattachant à l’esprit de l’œuvre, n’en constituent pas moins des éléments étrangers. C’est pour cette raison que nous n’avons pu fixer une date pour chaque numéro de la présente édition ; nous nous sommes contenté de mettre simplement 1er, 2ème, 3ème numéro... et ainsi de suite, pour marquer les séparations qui se présentent d’elles-mêmes à la lecture de l’ouvrage. L’essentiel est que l’on connaisse l’époque à laquelle fut publiée la Lanterne et la durée de son existence. Cette durée fut courte, par la raison que la Lanterne venait trente ans trop tôt, et que l’auteur dût succomber sous la persécution et sous les effets de la guerre sourde, mais persistante, haineuse et acharnée, qu’on lui faisait de cent manières différentes.

Aujourd’hui il semble que le jour de la rétribution s’annonce. Des symptômes certains l’indiquent. La jeunesse d’il y a quinze ans, devenue virile, entraînée inconsciemment dans le mouvement rapide du progrès, brusquement instruite par les événements, a ouvert les yeux, s’est éclairée et affranchie progressivement, a vu et compris bien des choses qu’elle ne voyait ni ne comprenait au temps de la Lanterne. La jeunesse d’aujourd’hui, en revanche, semble échapper au joug néfaste qui pesait alors sur les intelligences et les consciences, et se sent toute pénétrée, comme débordée par les idées modernes dont l’application se fait chaque jour sans secousses, sans révolutions, sans violence.

Le temps est donc venu de faire paraître une nouvelle édition de la Lanterne, d’autant plus que cette édition nous a été demandée et redemandée maintes fois depuis plusieurs années. Nous profitons de ces dispositions favorables d’une grande partie du public, et nous faisons paraître de nouveau la Lanterne corrigée, mais non amoindrie : bien plus, nous en recommandons instamment la lecture à la génération actuelle, pour qu’elle voie ce qu’elle a gagné sur sa devancière et juge du bel avenir qui l’attend, si, non seulement elle n’est pas réfractaire aux idées de progrès qui l’enveloppent de tous côtés, mais encore s’y prête avec ardeur et en suive hardiment le cours, sans regarder en arrière ni se laisser arrêter par des craintes chimériques.

Montréal, ce 30 juin 1884.
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